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Lettres - Recettes pour mettre le français à sa place

Normand Breault - Le 23 novembre 2011  26 novembre 2011  Actualités en société
Tu continues à répondre en anglais quand on te salue en anglais, dans la rue, au restaurant ou dans les commerces, t'imaginant faire ainsi preuve d'une belle ouverture à l'autre.




Tu continues à pratiquer ton anglais en conversant avec tes amis anglophones ou allophones, oubliant que tu pourrais leur donner l'occasion de pratiquer leur français.

Tu continues à baragouiner ton français, parlé et écrit, tout en t'empressant de signaler twofivefoursix...

Tu continues à passer aussitôt à l'anglais dès les premiers mots prononcés avec un accent qui n'est pas tout à fait de souche.

Tu continues à utiliser de nombreux mots anglais, comme en France, négligeant le fait que, là-bas, le vocabulaire est ample et les structures de phrases, bonnes; on n'y a pas vécu deux siècles et demi de colonisation anglo-saxonne.

Tu laisses le bilinguisme s'installer partout, dans les réunions formelles ou informelles, sans tenir compte que, sans crier gare, l'une d'elles va prendre toute la place. Laquelle, d'après toi?

Tu ne réagis pas contre les enseignes en anglais seulement dans les rues que tu parcours, te contentant du bilinguisme à l'instar de l'OQLF dans sa campagne sur l'affichage.

Tu acceptes que les «vraies affaires» doivent passer avant la langue, comme le proclament les «vrais» politiciens.

Tu ne prends pas parti sur la question de la langue, assuré que tu ne peux rien y faire, pas plus, d'ailleurs, que les personnes de ton entourage immédiat.

Tu te fous de tout ce qui précède.

Bientôt, tu n'auras plus besoin de recettes, car, en choeur, tes enfants et tes petits-enfants te chanteront: «Mommy, Daddy, I love You dearly».

***

Normand Breault - Le 23 novembre 2011
 
 
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  • André Fournier - Abonné
    26 novembre 2011 08 h 17
    Bravo!
    Quelle belle recette! C'est de cette façon que les Franco-Ontariens qui sont encore coriaces ont pu persévérer malgré les avis de décès de la part de plusieurs. La survie de la langue française n'est pas une question politique, mais bel et bien une démarche personnelle. Il semblerait qu'au Québec, les gens ont perdu cette capacité de lutter pour la langue, laissant les instances politiques faire les devoirs et les efforts pour eux. La langue française, c'est comme la religion, c'est une affaire de famille, un processus individuel qui se transmet et non une force politique. Bravo! C'est pourquoi mes enfants en Ontario et mes petits enfants parlent encore le français, leur première langue apprise et encore comprise!
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  • Christopher Withers - Inscrit
    26 novembre 2011 08 h 40
    Inspirez-vous
    Le combat contre la minorisation peut avancer les choses. En effet, arriver à une égalité sociale malgré la co-officialité des langues, c'est-à-dire l'égalité de jure, représente un défi aussi important que noble pour les francophones du Québec et d’ailleurs au Canada. Au fond, jouir de ses libertés évite le statut de citoyen de deuxième rang.

    Pourquoi ne pas s’inspirer des efforts de promotion des libertés linguistiques entrepris en Catalogne, où cent pourcent de la population catalanophone est bilingue et doit, a tous les jours, déférer aux hispanophones unilingues ? L’association Plataforma per la llengua offre un guide convivial qui explique comment les bilingues catalanophones peuvent réagir dans de pareilles situations de communication publique ou interpersonnelle. Voici le lien : http://www.plataforma-llengua.cat/estudis/interior
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  • Franfeluche - Abonné
    26 novembre 2011 09 h 14
    À Paris
    Mon épouse et moi entrons dans un magasin à Paris. Le jeune serveur nous accueille en anglais. Aussitôt, nous lui faisons comprendre que nous parlons français, mais il continue de nous parler en anglais tout fier de nous montrer qu'il peut s'exprimer en cette langue. L'intervention du propriétaire est arrivé à point
    pour envoyer son jeune employé dans l'arrière boutique.

    Combien sommes-nous au Québec à sacrifier dans certaines situations non-justifiées notre langue pour nous enorgueillir de notre bilinguisme ?
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  • camelot - Inscrit
    26 novembre 2011 12 h 26
    La sublime
    Ce texte n'est pas sans rappeller la sublime chanson interprétée par la non moins sublime Pauline Julien "Momy, momy."
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  • Jean Richard - Abonné
    26 novembre 2011 17 h 53
    Occupons... l'espace francophone
    Ce serait peut-être amusant d'occuper le mail de l'édifice de Radio-Canada entre 6 heures et 9 heures le matin pour faire savoir à l'insipide René “Hummer” Roy qu'il n'a pas besoin de tapisser ses commentaires de ses snobes petites expressions anglaises telles “as usual”. Du même coup, on pourrait demander à Annie Soleil s'il n'y aurait pas autre chose que des spectacles anglophones dans la région de Montréal.

    Ça pourrait être amusant également d'occuper les allées d'un certain marchand Metro (Metro, pas Métro) près du métro (métro, pas metro) Jean-Talon, après y avoir cherché du lait et n'y avoir trouvé que du Milk, les contenants étant plus souvent qu'autrement tournés du côté de l'affichage en anglais. Et sans doute que ce n'est pas le seul marchand où une telle pratique existe.

    Annonceurs dans une station de radio francophone ou gérant d'épicerie francophone dans une quartier francophone, qu'importe : le non respect de la langue et de ceux qui la parlent viennent souvent des... francophones eux-mêmes, et ça, c'est plutôt agaçant. Tourner le français la face au mur ou laisser croire aux auditeurs que le français est à ce point handicapé au point où il faille toujours emprunter à l'anglais pour faire une émission de radio en français, ça fait partie des ingrédients d'une bonne recette en vue de notre assimilation.
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  • Duncan Robertson - Inscrit
    26 novembre 2011 22 h 56
    Non je ne suis pas cette recette
    Ça fait 20 ans depuis que j'ai passé de l'anglais àu français avec mes enfants.

    Je garde quand même mon accent du NDG.

    Plus fréquemment qu'à ma tour quand je parle en français on me demande si je parle l'anglais.

    Ma réponse à cette subterfuge pour me faire parler une langue étrangère. «Non je suis au Québec. Ici je parle français.»

    Je trouve que cette formule invite le respect. (Et la sainte paix sur notre frontèere linguistique si mal sécurisée.)
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    27 novembre 2011 11 h 45
    Que faire si?
    La suggestion de M Christopher Withers est très intéressante et devrait inciter des gens d'ici à s’inspirer des efforts de promotion des libertés linguistiques entrepris en Catalogne, et de l'adapter à la situation au Québec.

    Voir le Guide pratique quoi faire dans des situations de communication publique ou interpersonnelle :

    http://www.plataforma-llengua.cat/media/assets/116
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  • Yves Côté - Abonné
    27 novembre 2011 12 h 08
    A Monsieur Robertson...
    Votre décision est remarquable et je vous en félicite.
    Mais pour tout nous en dire, pour que tout nous en sachions, pousseriez-vous un de ces jours la gentillesse jusqu'à nous parler de la réaction des anglophones qui vous entourent à celle-ci ?
    Des anglo Québécois et des Canadiens anglais que vous connaissez et qui vivent dans ce qu'il est convenu d"appeler le ROC ?
    Parce que le problème n'est pas de rencontrer quelque anglophone d'exception qui comprenne les enjeux et les risques d'un Québec qui meurt de sa langue, mais bien de réussir à entrer en communication avec celles et ceux qui ne cessent de percevoir notre volonté collective à parler et vivre en français au Québec comme une offense impardonnable à leur propre unilinguisme...
    Merci.
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  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit
    30 novembre 2011 14 h 28
    Renforcer l'influence du français
    Pour ce faire, il faudrait encourager encore et encore les étudiants de France à venir au Québec! J'ai lu dernièrement une polémique où l'on disait qu'il n'était pas normal que des étudiants français viennent étudier ici au Québec au frais du contribuable québécois. Ce raisonnement est stupide. Il faut selon moi continuer à encourager cette bonne immigration d'étudiants, et même leur faciliter ensuite l'accès au monde du travail et les intégrer au mieux ici au Québec. Cela favorisera le renforcement de la langue française. Il faudrait aussi que des étudiants québécois aillent en France faire leur études, et ainsi améliorer leur français. Cela sera utile aussi.
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