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Lunettes roses

Que n'avons-nous pas entendu et lu sur les campeurs urbains à l'indignation à fleur de peau? Pour plusieurs, ils représentent la bonne conscience d'une société qui n'en a guère. Pour d'autres, ils incarnent une expression nouvelle de la guérilla non violente. Certains les considèrent comme l'avant-garde d'une révolution politique en devenir, révolution à construire sur les ruines éventuelles des institutions politiques du système capitaliste.

Ces campeurs ont aussi des vertus qui valent cher de nos jours. Ils sont jeunes, les médias les aiment, ils dédaignent l'argent, le pouvoir, l'autorité et les contraintes sociales. Quelques-uns ont un petit côté anarchiste, une touche romantique qui ajoute à la sympathie qu'ils ont d'abord suscitée. Leur désir de changer les choses en se sédentarisant au coeur de la ville dans des campements de fortune les rend assimilables aux yeux d'un certain nombre aux réfugiés de la planète sans feu ni lieu.

Ils évoquent ces hordes d'exilés des guerres, des catastrophes naturelles, dépossédés de ces biens vitaux qui en font des êtres humains. Dans un premier temps, ils sont dérangeants, déstabilisants, et les bien-pensants leur ont voué une admiration inversement proportionnelle à leur envie de les imiter. En un sens, les campeurs indignés permettent aux indignés attachés à leur confort de vivre par procuration dans la précarité des tentes posées sur l'asphalte au milieu du bruit incessant de la ville, de l'agitation des foules et des intempéries.

Au fil des semaines, la sympathie à leur endroit s'est érodée inévitablement. Les lunettes roses n'ont pas suffi à masquer les problèmes que pose dans une ville une pareille occupation des lieux publics. Le fait qu'aucun discours cohérent ne soit venu justifier cette forme de protestation, qu'une espèce de «lutte des classes» opposant les campeurs aux itinérants toxicomanes ou mentalement perturbés se soit dessinée, cela oblige à réfléchir sur la stratégie de ces opposants multiformes. Ils ont cru à un miracle: celui de créer un vaste mouvement populaire.

Le peuple dont les indignés campeurs se réclament est rarement aux rendez-vous fixés par les marginaux, c'est-à-dire ces activistes, étudiants, agitateurs professionnels et militants utopistes qui ont passé des semaines dans des sacs de couchage au square Victoria. Le peuple québécois, que cela plaise ou non, ne concrétise pas ses sautes d'humeur, ses indignations quotidiennes, sa dérision permanente face aux pouvoirs, voire son cynisme récent en sacrifiant sa sécurité psychologique, son confort routinier, ses acquis matériels, fussent-ils fort modestes, par des gestes d'éclat dans la rue.

Le peuple, malgré ses outrances verbales, ses raccourcis qui l'amènent à comparer ses malheurs avec les indignés arabes, les sans-abri de Wall Street ou les réfugiés de toutes les misères, sait très bien l'envie qu'il suscite partout dans le monde de vivre dans un pays, certes moins prospère que dans un passé récent, mais toujours et encore pacifique. Le peuple québécois, s'il doute en ces temps difficiles, croit toujours aux institutions et fait la distinction entre ces dernières et ceux qui les servent ou devraient les servir.

La multiplicité des partis politiques, si elle pose problème dans notre système électoral d'inspiration anglo-saxonne, indique aussi que les citoyens ont un choix et qu'ils ont foi dans l'action politique institutionnalisée. Qu'ils soient de gauche avec Québec solidaire, de droite avec l'ADQ, du centre gauche avec le PQ, du centre droit avec le PLQ ou ni de gauche, ni de droite avec la CAQ, ils s'affrontent à l'intérieur de partis qui tous respectent les règles démocratiques. En ce sens, les Québécois, malgré leur flirt avec les agitateurs à la Michel Chartrand ou Pierre Falardeau, leur attirance ambivalente pour les délinquants politiques du genre FLQ à une autre époque, s'empressent de remettre leurs lunettes roses dans leur étui quand il s'agit de porter au pouvoir à Québec un parti qui devra s'occuper de leurs intérêts, de leur stabilité économique, de leur tranquillité d'esprit.

Dans l'histoire politique du Québec, le risque n'a pas tenu une grande place et cela en dépit de tous les discours incendiaires qu'ont tenus nos grands ténors charismatiques, de Papineau à Lévesque, en passant par Bourgault, Bouchard, Parizeau. S'il y avait une étiquette que l'on pourrait s'attribuer, ce serait d'être des conservateurs progressistes, fascinés mais aussi méfiants à l'égard des extrêmes, quels qu'ils soient.

Nous nous sommes laissé toucher d'une manière quasi folklorique par les indignés du square Victoria à Montréal et de la place de l'Université-du-Québec à Québec. Leur présence nous rassurait sur notre appartenance symbolique à tous les protestataires des campings urbains de la planète. Le Québec était sur la «map», comme on le dit, avec la fierté rattachée à notre statut de minoritaire craignant de passer à côté des mouvements et des tendances du moment.

L'époque actuelle n'est pas rose, loin de là. L'inquiétude palpable, la déception douloureuse, l'espoir malmené nous rendent ombrageux, tristes, collectivement irritables. Mais notre avenir ne passe ni par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par la violence. Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos voeux.
 
 
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  • Normand Carrier - Abonné
    26 novembre 2011 07 h 13
    L'intention est noble , mais les moyens limités ......
    Faisant la lecture du livre de poche d'Amin Maalouf qui traite du Dérèglement du monde , nous constatons que les avancés technologiques sont spectaculaires mais que les reculs philosophiques et moraux sont très grands ... Le fait de constater que 1% des citoyens les les plus riches aux U.S.A. possèdent presque toutes les richesses est aberrant et démontre la désintégration sur le plan humain de cette société .... Quant les grandes banques de ce pays sont la cause de la dernière crise financière qui a eu un impact majeure a travers le monde et dont nous nous somme pas relevé .... Il est aberrant de constater que ces dirigeants de corporations se donnent encore des salaires et bonis plantureux après tout le mal qu'ils ont fait a l'économie et ceci avec la passivité de l'état ... Voir les républicains et le <Tea party> empêcher toutes augmentations des impôts pour ces milliardaires donne des hauts de coeur .....

    Il faut sortir du cynisme ambiant et seul l'implication des citoyens dans des partis politiques et des groupements sociaux changeront les choses .... Chialler et déblatérer dans le confort de son foyer ne règle rien si ce n'est un léger défoulement ..... Mais pour cecla , il faut que les électeurs fassent l'effort de s'informer , de suivre les débats , connaitre les programmes des partis politiques et non voter sur des coups de tête comme on la fait le 2 mai dernier .......
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    26 novembre 2011 07 h 35
    C'est plutôt : Les lunettes de la réalité avec regard rose d'espoir
    Je dirais plutôt que s'il y avait une étiquette que l'on pourrait s'attribuer,ce serait d'avoir le syndrome du larbin http://youtu.be/HH5fVD-1_I4

    Vous dites:«Mais notre avenir ne passe ni par la rue,ni par la désobéissance civile,encore moins par la violence.Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos voeux.»

    Non mais!Sur la continuité de se faire....
    En ce qui a trait aux jeunes indignés du Square Victoria:Où est-il question de passer notre avenir par la rue,par la désobéissance civile et par la violence?

    Pour les indignés,il est ici question de passer un message d'injustice et d'indignation face aux médias qui manipulent l'information pour le bénéfice du 1%.Il ne reste donc plus que les lieux des centre-villes pour déranger ce 1%,avoir la documentation pertinente à la portée des mains pour la donner aux citoyens afin d'en réveiller le plus possibles face aux abus subtiles et bien cachés de leurs droits fondamentaux imbriqués dans la Charte des droits et liberté et faisant pourtant partie intégrante de la Constitution de notre pays supposément démocratique,et qui n'est pas du tout respecter par ce 1%.Entendez-vous par violence le fait que certains prennent tout un coup violemment conscience qu'ils se font abusés et manipulés par le 1% grâce aux médias de désinformation comme ceux de QuébecOr et les autres qui mentent par omission d'informations?Entendez par violence,la prise de conscience que plusieurs québécois sont rendus égocentriques,mais qu'au bout du compte,ils en seront les premiers perdants face à ce 1% qui les utilise à outrance sans déontologie?Entendez par violence,la prise de conscience d'être atteint du syndrome du larbin?

    Sachez Madame Bombardier,que ces jeunes indignés vous dépassent de très loin en valeurs,en intégrité et en congruence malgré votre grande expérience.La vraie intelligence,c'est de savoir s'en servir pour le bi
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  • Darwin666 - Inscrit
    26 novembre 2011 07 h 53
    Les lunettes roses des uns ne sont pas celles des autres...
    «En ce sens, les Québécois, (...) s'empressent de remettre leurs lunettes roses dans leur étui quand il s'agit de porter au pouvoir à Québec un parti qui devra s'occuper de leurs intérêts, de leur stabilité économique, de leur tranquillité d'esprit.»

    C'est en ignorant ainsi la gravité des problèmes actuels et surtout le mur vers lequel on se dirige si on ne change pas de direction qu'on met des lunettes roses. Ou qu'on se met la tête dans le sable, choisissez l'analogie qui vous plaît davantage!

    «Mais notre avenir ne passe ni par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par la violence. Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos voeux.»

    Je ne vois pas pourquoi Mme Bombadier parle ici de violence.

    Oui, l'engagement politique est important, mais la démocratie ne consiste pas seulement à voter aux quatre ans et à militer au sein d'un parti politique, mais aussi de suivre les événements qui influencent nos vies quotidiennement et d'y réagir au besoin. C'est ce que les indignés ont fait et on peut les en remercier!
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  • michel lebel - Inscrit
    26 novembre 2011 08 h 31
    Les roses...
    Aucune époque n'est rose! Comme disait ma mère, le vie n'et pas un lit de roses! De toute façon, les roses s'acompagnent d'épines! Pour le reste, un texte correct, mais rien de transcendant. On ne peut pas être inspiré tout le temps!
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    26 novembre 2011 08 h 58
    Lucide et bien articulé
    Chère Denise, votre regard sur notre société me semble garder sa touche critique, mais j'y vois poindre de semaine en semaine une teinte de tendresse et d'espérance. Je suis de tout coeur avec vous.
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  • Pierrot66 - Inscrit
    26 novembre 2011 09 h 08
    Le peuple selon madame B
    Le soi-disant peuple auquel fait référence Madame B. est très attendrissant.

    Le mot peuple est une expression pour "faire peuple" ?


    Je m'indigne !

    Qui fait parti du "peuple" de Madame B. ?
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  • Chambord - Inscrit
    26 novembre 2011 09 h 12
    À fleur de peuple
    D'accord avec l'analyse descriptive à fleur de mouvements sociaux de Denise Bombardier. Nos indignés sont bien le résultat d'amalgames inconsistants et l'occasion pour la masse de faire semblant de croire en quelque chose. D'accord aussi, donc, pour dire qu'on porte des lunettes roses parce que, justement, cela nous permet de vivre quelque chose -enfin!- par procuration, en faisant semblant de croire dans les valeurs désincarnées de ce mouvement "qu'aucun discours cohérent [n'est] venu justifier".

    Pas d'accord avec madame, cependant, pour dire que "le peuple québécois, s'il doute en ces temps difficiles, croit toujours aux institutions". "Se laisser porter par", ce n'est pas la même chose que "croire en", premièrement. Et, surtout, pour le niveau d'analyse adopté par madame Bombardier, dans la situation c'est le bon niveau, les institutions sont toujours des moyens, jamais des fins auxquelles on croit.

    Le problème consiste principalement dans l'ignorance des fins. Une industrie complète de faux-monnayeurs intellectuels ont inondé le marché des consciences de manière à ce que plus personne n'ose poser la question: "Pourquoi?" J'avoue que, pour parler de cela, il faut sans doute autre chose qu'une analyse à fleur de peuple...
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  • Hyperbolique - Inscrit
    26 novembre 2011 09 h 37
    Ouf!
    "Mais notre avenir ne passe ni par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par la violence. Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos voeux."

    On a ici la preuve que madame Bombardier ne comprend pas grand chose à la politique ni à l'histoire politique du Québec par ailleurs. Si ce n'était que des partis, la révolution tranquille n'aurait jamais eu lieu. Il va falloir que vous retournez sur les bancs d'école madame Bombardier.
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  • Louis-Philippe Dupuy - Inscrit
    26 novembre 2011 10 h 20
    De la retraite s'il-vous-plaît.
    Ces bourgeois boomers ont aussi des vertus qui valent chers de nos jours. Ils sont vieux, les médias les engagent et ils gardent leur job même à 70 ans, ils aiment l'argent, le pouvoir, l'autorité et, même s'ils s'en gardent bien, les contraintes sociales.

    Ils ont vécu 68 et prétendent que La Révolution tranquile c'est de leur faute. Ils ont profité d'emplois bien rémunérés, de protections socilales exeptionnelles qu'ils n'ont pas su transmettre à leurs enfants.
    Ils savent qu'ils laissent un monde pourri en complète désintégration aux générations suivantes et ils ont tellement peur qu'ils préfèrent faire la petite morale à ceux qui en sont rendus presque là pour vrai: camper dans un parc.

    À l'approche de votre départ, souvenez-vous que nous sommes la graine que vous avez plantée. Et, si l'arbre est mauvais, c'est à cause vos soins.
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  • Marco - Inscrit
    26 novembre 2011 10 h 21
    Là où se prennent les décisions...
    "L'époque actuelle n'est pas rose, loin de là. L'inquiétude palpable, la déception douloureuse, l'espoir malmené nous rendent ombrageux, tristes, collectivement irritables. Mais notre avenir ne passe ni par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par la violence. Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos voeux."


    J'ajouterais ceci: l'indignation n'est que passage obligé, s'il en est... Le risque, c'est de s'y fixer maladivement et de refuser de faire les pas suivants, les plus importants, ceux qui nous conduisent inévitablement vers une plus grande liberté!! En ce sens, l'occupation seule est symbole de passivité, de démission ou de solution facile, c'est selon, ce qui ne mène srictement à rien... comme le fait de tourner en rond et de faire du sur-place comme nous le faisons depuis plus de 40 ans!!...

    Les décisions véritables se prennent là où elles doivent être prises: individuellement d'abord, à l’intérieur de nous-même, dans nos vies personnelles, via nos prises de conscience parfois douloureuses et nos propres remises en question... Collectivement, par la suite, à travers nos institutions qui sont le reflet, le prolongement et le lieu d'accomplissement de nos propres aspirations en tant que peuple et société!

    Tout le reste est à faire... Et c'est tant mieux!! J’y suis…

    Marc Ste- Marie, Québec.
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  • Jean_Yves - Abonné
    26 novembre 2011 10 h 55
    «S'il y avait une étiquette que l'on pourrait s'attribuer, ce serait d'être des conservateurs progressistes»
    Votre texte est simplement lumineux madame!

    Lumineux parce qu’il éclaire un coté de nous même que l’on souhaite ardemment laissé dans l’ombre la plus opaque possible…
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  • Pierre Cardinal - Abonné
    26 novembre 2011 11 h 06
    Société distincte virtuelle
    Chère Madame Bombardier,

    Votre article est excellent, mais la conclusion se veut un peu déprimante, car elle confirme que le confort et l'indifférence semblent encore être la marque de commerce de la société capitaliste. Et qu'à ce titre, la nation québécoise est loin d'être distincte.
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  • Nelson - Inscrit
    26 novembre 2011 11 h 50
    OUI DENISE ; '' notre avenir ... repose sur l'engagement politique '',

    Oui Denise,

    notre avenir repose sur notre ENGAGEMENT MAJORITAIRE AVEC DES PARTIS DE CENTRE-GAUCHE

    pour réguler, contrôler, encadrer le capitalisme industriel et financier que, sans contrôle, nous vole et nous abuse sans pitié.

    les preuves sont là,

    il faut récupérer les démocraties et pour cela il faut récupérer le pouvoir des griffes des capitalistes abuseurs que nous ont plongé dans la pire crise depuis 50 ans....nous sommes endettés et pris par la gorge par les financiers.

    vivement un contre-pouvoir que réprésente le 99% des citoyens ordinaires !!!!!!!!!!!
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  • Jacques Baril - Inscrit
    26 novembre 2011 12 h 58
    Quid?
    «[...] les sans-abri de Wall Street [...]». N'importe quoi!
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  • Geoffroi - Abonné
    26 novembre 2011 13 h 09
    Conservateurs progrssistes!!!
    Nous ne le sommes pas toutes et tous. Votre "nous" c'est votre "vous".
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  • Moteur - Inscrit
    26 novembre 2011 13 h 57
    Tout est lié!
    ''s'empressent de remettre leurs lunettes roses dans leur étui quand il s'agit de porter au pouvoir à Québec un parti qui devra s'occuper de leurs intérêts, de leur stabilité économique''

    Le taux de participation aux élections est environ 60%. Pour les 40 % qui ne votent pas, c'est peut-être pas si rose que ça! Le 60% sera probablement réparti en disons 2/3 pour le gagnant et un 20% d'insatisfaits restants alors si je les ajoute au 40%, ça donne 60% d'insatisfaits! Mon savant calcul (sic!) est aussi valable que votre affirmation gratuite!

    Tant que l'on va faire le lien entre les indignés et la situation en mode local, ça va donner raison aux détracteurs car c'est vrai que c'est assez moins pire que ailleurs mais l'opération était à l'échelle mondiale.

    Tout est plus que jamais interdépendant alors ce qui arrive ailleurs a de forte chance de se reproduire ici, un jour ou l'autre et dans ce sens, cette forme de soulèvement est justifié.

    Là aussi, il faut enlever ses lunettes roses!
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  • sco100 - Abonné
    26 novembre 2011 16 h 20
    Bravo!
    Vous avez magistralement frappé sur le clou et je vous en remercie.
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  • France Marcotte - Abonnée
    26 novembre 2011 20 h 37
    Lire les évènements pour vous
    Je remarque que madame Bombardier se prononce sur ce sujet seulement une fois le camp bien démantelé.

    Elle articule une sorte de nappe (ou un filet) qui couvre tout pour nous, ne laissant rien échapper, réfléchissant pour nous, nous mâchant une réflexion qui a l'avantage de se tenir...sans que cela pourtant en prouve la pertinence et la vérité.
    Il y a d'autres façons d'interpréter les mêmes évènements mais on se sent saisi dans le raisonnement-fleuve de madame comme dans un filet qui nous tient serré, un étau qui retient.
    C'est ainsi que je perçois que le lecteur, le citoyen, n'est pas ici respecté et au final je n'ai qu'un désir: m'échapper à défaut de pouvoir minutieusement répliquer.
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  • François Ricard - Abonné
    26 novembre 2011 21 h 36
    Conservateurs progressistes!!!
    Nous sommes plutôt des conquis qui ont en plus été colonisés par les conquérants.
    Depuis cette conquête, nous tentons de secouer ce joug qui entrave notre liberté. Pourtant il ne fait que s'alourdir à cause de notre minoration démographique inéluctable et constante.
    Nous avons eu des chantres éloquents et courageux: Papineau, Bourassa, Groulx, Bourgault, Lévesque, Parizeau. Mais comme tous les colonisés, nous avons eu des compatriotes qui ont préféré pactiser avec les conquérants: Cartier, Laurier, Trudeau, Bourassa, Charest.
    Et le plus grave, c'est que nous sommes doublement colonisés maintenant : colonisés par le ROC et colonisés par les oligarques dont le chef incontesté est Desmarais.
    C'est un double joug que nous avons à secouer.
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  • Geoffroi - Abonné
    26 novembre 2011 22 h 43
    D'un clavardeur fâché à lunettes rouges
    Nous sommes presque toutes et tous des conservateurs progressistes!/?* Les autres tiennent toutes et tous des discours incendiaires!/?* Et un ancien premier ministre d'Ottawa, qui a déjà affirmé avoir gagné une "guerre" contre la Québec, est-ce un modéré acceptable?

    Ce texte est tellement remplis d'opinions préconçues ou d'idées reçues rétrogrades que je comprendrais que le censeur soit malheureusemnt obligé de ne pas publié les commentaires de blogueurs vraiment fâchés.
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    27 novembre 2011 00 h 49
    Est-ce que les banguiers millitent dans les partis politiques?

    Le vrai pouvoir s'exerce dans les partis politiques dites-vous?

    Moi, je ne vois pas beaucoup de banquiers et de grands capitalistes millitant dans les partis politiques...mais il est clair que ce sont ceux-ci qui tirent les ficelles du pouvoir comme le dénoncent les indignés.

    La politique c'est beaucoup plus complexe que ça. Relisez vos livres de science politique Mme Bombardier!
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  • francaisdamerique - Inscrit
    27 novembre 2011 09 h 37
    C'est le message qui est important...
    "Mais notre avenir ne passe ni par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par la violence. Il repose sur l'engagement politique au sein des partis auxquels nous décidons librement d'adhérer ou d'appeler de nos vœux."

    Plusieurs critiques comme Mme Bombardier vous assommeront avec des répliques que le message véhiculé est anarchique et sans direction. Que ceux qui occupent les divers parcs à travers le monde, est composé de gens qui critiquent pour critiquer et qu'il existe d'autres façons de démontrer son mécontentement envers les systèmes qui sont de plus en plus impersonnels. Ils mentionneront aussi que le fait qu'occuper des espaces publiques est anti-démocratique et envoie un signal à la désobéissance civile.

    Et si le message transmis par les indignés semble incohérent, que ceux qui sont présents dans les divers parcs du monde sont critiqués comme étant des flâneurs, ils représentent néanmoins la frustration de la plupart des gens ordinaires qui ne peuvent être là et qui alimentent ces systèmes tout en voyant les propres pouvoirs démocratiques et économiques s'effriter au cours des années. C'est le message et non les messagers qui sont importants.

    Et quand vous entendez des petits politiciens ou personnalités médiatiques se moquer et démontrer du dédain envers ce mouvement populaire, ils devraient faire leur propre mea culpa. M'écoutez-vous Mme Bombardier?

    Cyril Dionne
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  • Benoît Lauzière - Abonné
    27 novembre 2011 11 h 15
    Remarquable
    Chronique remarquable, à tous égards.

    Benoit Lauzière
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    27 novembre 2011 12 h 45
    Entre deux rounds
    Je cours remettre mes lunettes roses. Je suis quasiment aveugle sans elles...
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  • cpoulin - Inscrit
    27 novembre 2011 13 h 39
    Raisons pour l'engagement
    « S'il y avait une étiquette que l'on pourrait s'attribuer, nous dit Madame Bombardier, ce serait d'être des conservateurs progressistes, fascinés mais aussi méfiants à l'égard des extrêmes, quels qu'ils soient ». Cette proposition nous rappelle le constat que fait l’historien Jocelyn Letourneau à propos de notre histoire politique. Selon lui, la recherche des Québécois en matière de politique a avant tout été marquée par une marque distinctive de patriotisme et celle « d’un affirmationnisme réfléchi ». Ce qui appelle notre ambivalence serait « une expérience du Soi dans le temps qui s’est conformé par nécessité, par choix, par occasion saisie dans la dynamique du moment, par imposition et par obligations ». Il en arrive à proposer, et cela évidemment après un examen approfondi des grandes étapes de notre évolution sociale. Rappelons ici que l’approche de Letourneau vise à se distancier du modèle nationaliste; soit de la marche de l’histoire vers la souveraineté, pour privilégier une approche plus rationaliste. Selon sa vision, cette ambivalence plutôt que d’être un vice, une sorte d’opportunisme malsain, aurait été une vertu politique qui aurait finalement bien servi notre communauté politique dans le passé...et pourquoi pas pour l'avenir? À la sortie de l’un de ses essais que je recommande, Que veulent vraiment les Québécois? Louis Cornellier, bien qu’en désaccord avec cette thèse, avait écrit que Jocelyn Letourneau était un « historien original et un essayiste brillant ». Pourquoi pas y aller voir? On y trouvera des raisons de plus pour l'engagement et l'espoir. Ce dont nous parle Madame Bombardier dans sa conclusion. Claude Poulin Québec
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  • Roland Berger - Abonné
    27 novembre 2011 15 h 37
    Toujours la même morale !
    Bien oui, les « campeurs urbains » s’indiguent pour rien. Une indignation à fleur de peau. Et, ô malheur, ils sont jeunes et, parce que jeunes, nécessairement ils « dédaignent l’argent, le pouvoir, l’autorité et les contraintes sociales ». Et la volée de jugements moraux continue. Contrairement à Madame, ils vivent par procuration. Et le déclin qu’ils ont connu dans l’estime publique est dû à leurs propos incohérents, non pas aux médias qui, comme à l’habitude, se sont trouvés de nouveaux choux gras. Des « activistes, étudiants, agitateurs, agitateurs professionnels et militants utopistes » ! Voilà ce qu’ils sont, selon Madame, bien sûr indignes de son monde, de l’élite, de son élite. Et, toujours selon Madame, ces fauteurs de trouble ont l’indécence de comparer leurs malheurs avec ceux des indignés arabes, que, certainement, elle connaît sûrement personnellement.
    Si ces indignés avaient le bon jugement de Madame, ils s’empresseraient de rentrer dans le rang, d’inscrire leur action dans les institutions politiques, et dans les partis pourris qui les utilisent à leur dessein, faisant fi du bien commun. Peu importe. L’avenir du peuple duquel ils se marginalisent comme de vrais adolescents non pas « par la rue, ni par la désobéissance civile, encore moins par le violence », violence, dont, selon Madame, les indignés ont sombré, violence qui a échappé aux médias, ces incompétents.
    La leçon morale revient à toutes celles que Madame nous a servies dans un style alambiquée dont elle est « maîtresse » : le passé, mon passé, était grand et noble ; le présent est méprisable, rempli d’êtres incapables de penser… et d’écrire. D »une manière, Madame reprend le cri de Trudeau aux séparatistes : Finies les folies !
    Et j’imagine for bien que Madame est certaine de rendre service à son Québec.
    Roland Berger
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  • henri gabrysz - Inscrit
    27 novembre 2011 15 h 51
    @cpoulin
    heureux de voir létourneau cité, mais encore plus heureux de lire pour une rar re fois un commentaire mieux écrit que DB et je dirais même plus sans fautes ni de frappe ni de rien... je ne serais donc pas le seul ici
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  • Jean Michaud - Inscrit
    27 novembre 2011 16 h 15
    Plus facile de frapper les pauvres
    Les commentaires autant de Mme Bombardier que des autres me font rire. Des gens pour la plus part aisés, inconscient de ce que représente un chèque de BS, inconscient de ce que représente le désir de penser autrement, de vivre autrement. Il est facile de se gonfler le torse et de sortir c'est gens de la où ils étaient, frapper sur les pauvres, avec notre confort de tous les jours, y a rien là. En même temps, vous passez votre vie à chiâler contre la bureucratie, contre les politiciens, contre les abus mais quand des pauvres le disent à votre place, vous vous dites, ils sont pauvres, comment peuvent-ils en savoir plus que moi?? Moi, j'aime mon moi, moi, qui est retraité de la fonction publique, moi qui a toujours fait la même chose à la même heure, tous les jours, la même chose, moi, hummm, moi, je sais ce qui est bon pour la socièté, oui, moi, je sais, eux, de petits pauvres sympatique, je ne les envie pas, ils n'avaient rien à faire, mais moi je vais leur dire que je prend le flambeau, qu,ils retournent pâtir dans les rues, moi, moi, je vais changer le monde, par mes commentaires caché derrière un pseudonyme, moi, humm j'aime mon moi, je vais changer le monde...je préfère voir nos politiciens coucher dans de grands hôtels que de voir ces indigners coucher dehors. Je suis heureux d'être un travailleur autonome..
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  • zerg zerg - Abonné
    28 novembre 2011 10 h 15
    La démocratie est a priori celle du peuple, pas des partis
    Mme Bombardier,

    Bien que je m’implique activement dans Québec solidaire, je ne suis pas d'accord avec votre conclusion. Le seul pouvoir démocratique que nous avons sur les instances provinciale et fédérale est d'élire maladroitement des gens qui ont peu ou rien à dire sur leurs décisions, qu'ils prennent d'ailleurs sans consultation. Ces élus risquent d'être renversés à tout moment par des dictatures financières, comme ça a été le cas récemment en Italie et en Grèce, ainsi que dans plusieurs pays africains. L'historien américain Howard Zinn serait d'accord avec moi: "Voting is easy and marginally useful, but it is a poor substitute for democracy, which requires direct action by concerned citizens."
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  • Geoffroi - Abonné
    29 novembre 2011 11 h 13
    Espoir mitigé
    @C. Poulin

    Vous écrivez concernant le texte de Madame Bombardier:
    «...On y trouvera des raisons de plus pour l'engagement et l'espoir. Ce dont nous parle Madame Bombardier dans sa conclusion. »

    Voici le début du dernier paragraphe de Madame :
    « L'époque actuelle n'est pas rose, loin de là. L'inquiétude palpable, la déception douloureuse, l'espoir malmené nous rendent ombrageux, tristes, collectivement irritables [pas pour toutes et tous]...».»

    Ce n'est pas vraiment un message d'espoir, plutôt du pessimisme autoflagellant à la Bombardier. Est-ce que l'engagement politique va seul régler pour de bon "notre" supposée ombrageuse, triste et irritabilité collective.
    !!!!///???***
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    29 novembre 2011 12 h 28
    Formatage
    La chroniqueuse fait depuis un certain temps déjà dans le formatage de l'opinion publique. Je suppose que ça remonte à sa prestation rénumérée par le clan Céline Dion. Denise Bombardier va certainement passer à l'histytoire pour son ''Elle est intelligente!'' à propos de la chanteuse populaire qu'on a vainement tenté de relooker en diva. Avec les indignés, je constate qu'on a droit à un ''Ils sont jeunes, ça va leur passer !''
    Dans les deux cas, on n'y croit que si on porte... des lunettes roses.
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  • Matulu Tremblay - Abonné
    4 décembre 2011 04 h 13
    Suis en retard dans mon commentaire.
    5 jours et je suis dépassée dans mon commentaire.

    1- Article (ou opinion) long et onéreux. Heureusement que vous ne parlez pas comme ça quand on vous voit ou entend dans les médias, vous ne seriez pas la Denise Bombardier du Québec.

    2- La vie n'est pas rose, etc pour les générations d'aujourd'hui? Quel hasbeen n'a pas dit cela? Retourneriez-vous, Madame, en 1980, même en 1990? Moi, non. Quelle époque, avant aujourd'hui, m'a permis de feuilleter Le Devoir à 4 hrs du matin? De lire vos trop longues élucubrations, de les trouver assommantes, d'avoir le luxe de vous l'écrire, ...

    3- Je suis de quelques heures votre aînée, madame, et plus j'avance dans cette vie, plus je suis surprise par le monde fantastique dans lequel on roule.

    4- Il y a de la vie après René Lévesque (paix à son âme) et ses pareils de la Révolution Tranquille. La nostalgie est mauvaise optométriste.
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