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    Itinérance des femmes - Les centres d'hébergement ne suffisent plus

    Micheline Cyr, directrice de l’Auberge Madeleine<br />
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Micheline Cyr, directrice de l’Auberge Madeleine
    L'Auberge Madeleine, qui vient en aide aux femmes itinérantes, a hébergé récemment une femme de 83 ans qui sortait d'un séjour de six mois à l'hôpital. Elle avait dû quitter un logement insalubre et était confuse quant à son propre compte en banque.

    «Nous l'avons aidée à se trouver un autre logement. Mais cela a pris trois mois. Ce n'est pas normal que les services de santé envoient directement quelqu'un de l'hôpital à la rue», disait hier Micheline Cyr, directrice de l'Auberge Madeleine.

    Mme Cyr participait hier au cri d'alarme lancé par cinq organismes spécialisés dans l'aide aux femmes itinérantes, pour dénoncer le manque criant de ressources pour cette clientèle. Les centres d'aide à l'itinérance disent entre autres accueillir un nombre croissant de femmes de plus de 70 ans.

    Chaque soir, un organisme comme Le Chaînon doit refuser quelque six femmes en quête d'hébergement d'urgence. L'organisme La Rue des femmes, qui ne compte que trois places d'hébergement d'urgence, accueille de façon récurrente des femmes en surnombre sur des matelas.

    «L'an dernier, nous avons dû distribuer des couvertures pour permettre à des femmes d'aller dormir dans des parcs», se désole Suzanne Bourret, de La Rue des femmes.

    En effet, toutes les données indiquent que l'itinérance des femmes est en croissance. La Rue des femmes, Le Chaînon et l'Auberge Madeleine ont toutes dû opposer près de 4000 refus d'hébergement au cours de la dernière année.

    Crise économique et hausse des loyers


    Pourtant, les femmes font en général tout ce qu'elles peuvent pour ne pas être dans la rue, ce milieu inhospitalier et dangereux, souligne Mme Bourret. Pour expliquer la croissance des demandes, les organismes évoquent la crise économique, qui fait des ravages encore aujourd'hui, et aussi la hausse du coût des loyers. Micheline Cyr faisait hier état d'une étude qui mentionnait qu'il était de plus en plus difficile pour les femmes de 65 ans et plus de trouver à se loger.

    Les personnes assistées sociales, quant à elles, doivent vivre avec un montant minimum de 575 $ par mois, ce qui ne leur laisse pas grand-chose pour manger une fois payé un loyer de quelque 400 $ par mois. «On voit de plus en plus d'insécurité alimentaire, note Mme Bourret. À La Rue des femmes, on offre des repas gratuits au centre de jour, et plusieurs femmes nous disent que c'est leur seul bon repas de la journée.»

    Nouvelles places d'urgence, nouveaux bâtiments, accroissement des programmes, les demandes présentées aux trois ordres de gouvernement par les organismes venant en aide aux femmes itinérantes de Montréal totalisent environ 21 millions de dollars.

    Or, si tous s'entendent pour dire que les besoins dans ce domaine sont réels, aucun gouvernement n'a encore plongé dans ses poches pour pallier le manque à gagner.
     
     
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