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L'itinérance, le problème des indignés?

Louis Gaudreau et Michelle Duval - Professeurs à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal  21 novembre 2011  Actualités en société
La présence d'itinérants et de personnes souffrant de maladie mentale rend certainement l'organisation et le fonctionnement sécuritaire d'un campement en plein centre-ville plus difficiles, mais elle n'en fait pas pour autant une entreprise moins légitime.
Photo : François Pesant - Le Devoir
La présence d'itinérants et de personnes souffrant de maladie mentale rend certainement l'organisation et le fonctionnement sécuritaire d'un campement en plein centre-ville plus difficiles, mais elle n'en fait pas pour autant une entreprise moins légitime.
Depuis quelques semaines, l'accueil plutôt favorable d'abord reçu par le mouvement d'occupation des «indignés» a progressivement laissé sa place à des préoccupations d'ordre sécuritaire. On a notamment fait grand état de la présence dans ces campements d'itinérants et de personnes aux prises avec de multiples problèmes, dont les comportements déviants auraient pour conséquence de détourner ce mouvement de ses objectifs initiaux et d'en diluer le message.

Dans une chronique récente, la journaliste Michèle Ouimet de La Presse parlait d'une contestation «kidnappée» par les sans-abri, comme si cette occupation perdait de sa pertinence depuis qu'elle comptait ceux-ci parmi ses participants. Le spectacle est peut être moins agréable à regarder, moins sympathique et moins rassembleur, mais il illustre avec force une autre facette, tout aussi intolérable, de la crise sociale dans laquelle nous a plongés le capitalisme financiarisé.

En effet, celui-ci n'a pas seulement créé au sein de la classe moyenne un vaste sentiment d'indignation, mais il produit quotidiennement, et depuis longtemps déjà, une misère sociale en constante augmentation. C'est précisément à ce phénomène que renvoient les difficultés vécues présentement par les occupants du square Victoria et des autres grandes villes du continent.

La présence d'itinérants et de personnes souffrant de maladie mentale rend certainement l'organisation et le fonctionnement sécuritaire d'un campement en plein centre-ville plus difficiles, mais elle n'en fait pas pour autant une entreprise moins légitime. Il faut donc se garder de faire porter aux indignés ou aux itinérants (tel qu'il semble que l'on doive les distinguer) la responsabilité d'un problème de société qu'ils n'ont pas créé.

Leur action a le mérite de remettre au jour une réalité que les opérations de revitalisation du centre-ville des récentes années ont tenté de rendre moins visible. Les difficultés organisationnelles bien réelles rencontrées par ce mouvement montrent surtout que l'itinérance est, au même titre que tout ce que dénoncent les occupants, une question politique qui nous interpelle collectivement et qui nous force à repenser le type de société que nous souhaitons nous donner.

Il est évidemment à l'avantage des autorités fédérales, provinciales et municipales d'évacuer cette dimension politique du problème en s'efforçant de rediriger l'attention du public sur ses conséquences sur la gestion interne du campement. Ce détournement leur permet d'une part d'éviter de se prononcer sur les enjeux fondamentaux soulevés par le mouvement mondial des indignés, c'est-à-dire sur l'emprise grandissante de la finance capitaliste sur le devenir de la société et ses répercussions sur une vaste majorité de la population. D'autre part, l'itinérance réduite à un problème d'ordre administratif constitue une occasion pour les pouvoirs publics d'utiliser la réglementation municipale pour renvoyer les indignés chez eux et les itinérants dans leurs refuges, là où ils étaient bien moins dérangeants auparavant.

***

Louis Gaudreau et Michelle Duval - Professeurs à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal
 
 
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  • Citoyen cynique - Inscrit
    21 novembre 2011 09 h 38
    Un pouvoir illégitime
    Un gouvernement qui n'a pas pour objectif premier de rendre la dignité aux plus démunis d'entre nous n'a aucune légitimité.
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  • Viktoria13 - Inscrit
    21 novembre 2011 12 h 33
    L'arbre cache-t-il la forêt?
    Certains semblent croire que ce sont les démunis qui manifestent, et ça fait plus d'une fois que certains lancent aux indignés « Au lieu de t'écraser sur la place publique, trouve-toi donc une job! ».

    Je me demande comment ça se fait que la police est omniprésente au square Victoria pour soi-disant protéger les indignés, mais cette même police ne fait visiblement rien pour nettoyer les rues des itinérants. Pourquoi la police les laisse aller crècher au campement, alors qu'elle est officiellement censée protéger et les indignés et les itinérants? Somme toute, elle ne fait ni l'un ni l'autre.

    Se pourrait-il que l'immobilisme de la police face au problème cache un outil de démantèlement du campement? Après tout, les policiers relèvent aussi de l'administration de la Ville.
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  • Lise Moga - Inscrite
    21 novembre 2011 14 h 17
    Chers indignés,
    Vous êtes pour le partage de la richesse des individus avec ceux qui ont moins.
    Il y a des gens qui ont moins que vous et qui veulent partager votre richesse. En quoi votre problème de partage en est-il un? Est-il différent du mien, qui ne m'identifie pas à vous comme une indignée? Vous ne voulez pas vous impliquer avec des gens qui ne coopèrent pas avec l'effort collectif d'augmenter l'avoir ou l'effort de votre collectivité... je ne veux pas m'impliquer avec des gens qui ne coopèrent pas avec l'effort collectif d'augmenter l'avoir de ma collectivité.
    C'est quoi votre problème de partage? En quoi est-il différent du mien? Est-il nécessaire d'occuper une tente à -5° ou -10°, pour comprendre que si quelqu'un, qui peut le faire, ne coopère pas à l'effort collectif pour survivre, il n'a pas part au même banquet que celui qui coopère.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    21 novembre 2011 14 h 53
    Nettoyer la rue des itinérants?
    Les itinérants ont le droit d'aller sur une place publique. On considère même que le police est beaucoup trop souvent sur leur dos, d'ailleurs.
    Et vous voudriez quoi, Viktoria13? Qu'on les jette en prison? Qu'on les mette en désintox' de force? Pourquoi pas les workhouses, comme dans le bon vieux temps?
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  • Jordan Guerin - Inscrit
    21 novembre 2011 15 h 25
    Le problème
    J'ai constaté les problèmes du mouvements depuis quelques semaines, beaucoup d'itinérants venaient aux camps pour venir chercher de la nourriture et occupait des tentes qui ne leur appartenaient pas. Ils ne venaient pas nous voir pour qu'on leur attribue une tente, il l'a prenait sans demandé à personnes. Mais, il ne faut pas généraliser non plus, il y a quelques itinérants qui étaient au mouvement et qui aidaient le mouvements en participants aux comités et tous, mais beaucoup venaient seulement pour la nourriture gratuite et ils allient se drogué à la vue de tout le monde. Le mouvement ne tolère pas l'alcool ni la drogue, donc nous étions obligé de les avertir d'aller faire sa ailleurs que ce n'est pas la place ici, du coup, la moitié d'entre-eux devenait violent et nous étions obligé d'aller demander de l'aide de d'autres gens pour leur faire comprendre d'aller faire sa ailleurs et qu'ils pourraient revenir si il respectaient ces règles. Le problème, c'est qu'ils revenaient et ils ne respectaient toujours pas les règles. Nous ne sommes pas des travailleurs sociales, nous n'avons pas de psychologues. Ces gens là ont besoin d'aide et le mouvement n'est pas équipé pour distribuer cette aide. Nous avons demandé l'aide de bénévoles, mais ils ne sont venu que pendant quelques heures.
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  • Nelson - Inscrit
    21 novembre 2011 17 h 08
    Il faut récuperer la démocratie et l'économie des griffes des vautours de la finance mondial.
    Il est assez clair que le monde est contrôlé par un petite gang des malades, requins, vautours sans coeur ni patrie, sans éthique ni limites, rien de rien.

    Ils font des guerres que nous coutent des trillions des dollars, ils spéculent avec tout, le pétrole, les maisons, les ressources, la bouffe, les dettes des pays, tout ce qu'a la valeur.

    IL FAUT S'INDIGNER ET RÉCUPÉRER NOS ÉCONOMIES ET NOS DÉMOCRATIES....avant que la nature et l'humanité soient anéantis !!!!!!!!!!
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  • Christian Montmarquette - Inscrit
    21 novembre 2011 18 h 10
    Chère Lise Moga...
    .


    Qui nous dit...

    «C'est quoi votre problème de partage? En quoi est-il différent du mien? Est-il nécessaire d'occuper une tente à -5° ou -10°, pour comprendre que si quelqu'un, qui peut le faire, ne coopère pas à l'effort collectif pour survivre, il n'a pas part au même banquet que celui qui coopère.» - Lise Moga


    «80 % de la richesse mondiale est détenue par 15 % de la population. »

    - Ignatio Ramonet / Le monde diplomatique

    Est-ce que ça répond à votre question ?

    Christian Montmarquette
    Indigné de Montréal


    .
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    21 novembre 2011 21 h 01
    Répugnant!
    « D'autre part, l'itinérance réduite à un problème d'ordre administratif constitue une occasion pour les pouvoirs publics d'utiliser la réglementation municipale pour renvoyer les indignés chez eux et les itinérants dans leurs refuges, là où ils étaient bien moins dérangeants auparavant »

    Je partage les propos de l’auteur.

    C’est un ostracisme répugnant de la part des autorités politiques à l’égard des pauvres et des plus démunis, ceux qu’on qualifie d’itinérants et de malades mentaux!

    Les plus démunis, ils ont tellement honte qu’ils se cachent sous des haillons, souvent le visage masqué par des casquettes ou je ne sais quoi.

    Il nous faut être rendus bien bas pour que certains les jugent de cette manière.

    Le Livre « L’empire de la honte », écrite par Jean Ziegler nous renseigne très bien sur ce que vivent des centaines de millions de pauvres, voir des milliards de personnes quotidiennement.

    Cette immense vague de pauvreté est une gifle évidente au visage immonde d’une mondialisation sauvage où les courbes de rendements financiers font plier l’échine des plus pauvres, les yeux rivés au sol, avec une perte d’espoir souvent permanente. Qui pourrait ne pas souffrir de troubles mentaux dans de pareilles conditions?

    Se servir des plus pauvres de cette manière provoque chez moi un profond dégoût d’une élite décrochée de la réalité. Ça laisse un goût très amer.
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  • Geoffroy Ménard - Abonné
    22 novembre 2011 01 h 42
    exagération
    J'irais pas jusqu'à dire, comme le font nos deux professeurs de travail social, que le capitalisme financier a CRÉÉ la misère sociale. Je suis pas historien mais j'aurais pensé que ça a toujours existé, incluant l'itinérance. Le capitalisme financier l'a peut-être exacerbée, soit, mais pas créée...
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    22 novembre 2011 17 h 55
    @Lise Moga
    Vous affirmez que les «indignés» ne veulent pas partager avec les «démuni», ce qui est absolument faux. Vous dites qu'il ne veulent pas participer à l'effort collectif, ce qui est aussi faux.

    Il est probablement vrai par contre que vous ne voulez pas partager avec les autres, c'est votre affaire. Mais ne tentez pas de vous justifier en accusant les autres à tort et à travers.

    Les indignés attirent l'attention sur les riches qui font la guerre en Afrique et au Moyen Orient pour leur voler leurs ressources naturelles et qui mettent des populations entières à genoux en Europe et vous attirez l'attention sur quelques pauvres démunis qui se les gèlent dans les rues de Montréal.

    Franchement Madame Moga, vous devriez faire un petit effort pour comprendre la différence entre la démarche collective des indignés qui réclament justice dans le monde entier et votre démarche individuelle, plutôt puérile, qui ne fait que justifier l'intolérable.

    Serge Grenier
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