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    Il est un petit honneur «qui fait grand plaisir!»

    Michèle Thibodeau-DeGuire a accédé à l'Académie des Grands Montréalais en 2001

    16 novembre 2011 |Claude Lafleur | Actualités en société
    Centraide encourage le développement du réseau des intervenants au sein de chaque quartier de Montréal.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Centraide encourage le développement du réseau des intervenants au sein de chaque quartier de Montréal.
    En 2001, Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal, s'est vu décerner le titre de Grand Montréalais, un honneur qui lui a fait réellement plaisir. «C'est très, très, très excitant, lance tout à fait joyeusement cette Acadienne de souche. C'est probablement même, de tous les honneurs que j'ai reçus, celui qui m'a le plus touchée!»

    «Cela m'a même surprise, se souvient Michèle Thibodeau-DeGuire, nommée «Grande Montréalaise» en 2001, et j'ai cherché à comprendre pourquoi cet honneur m'a touchée à ce point.» Ce serait le fait que cette distinction est décernée par «des gens qui sont proches de vous, qui vous connaissent donc réellement bien, dit-elle. J'ai donc ressenti une grande excitation.»

    Elle rapporte qu'elle n'a pas été la seule à ressentir une telle joie, puisque la grande comédienne Huguette Oligny a particulièrement apprécié de se voir elle aussi désignée «Grande Montréalaise» quelques années plus tard. «Ç'a été pour elle une consécration, relate Mme Thibodeau-DeGuire. C'est fou, mais c'est comme cela!»

    Un «club sélect»

    Désormais, toutes deux font partie de l'Académie des Grands Montréalais, qui, chaque année, sélectionne les nouveaux membres — d'où le fait que ces derniers sont choisis par des gens qui les connaissent bien. «Ce sont les anciens qui choisissent les nouveaux Grands Montréalais», confirme-t-elle. Tous les «anciens» peuvent d'ailleurs soumettre des candidatures dans l'un ou l'autre des quatre champs d'activité — économique, social, culturel et scientifique. Il y a ensuite un petit groupe qui se réunit pour établir une courte liste — trois ou quatre noms par secteur d'activité. Cette courte liste est ensuite soumise à la considération des anciens. «Je participe donc tous les ans au choix des nouveaux Grands Montréalais», indique Mme Thibodeau-DeGuire.

    Il s'agit, notons-le, d'un honneur intrinsèque qui ne comporte aucune bourse, ni ruban, ni autre marque tangible. «Cela ne donne aucun privilège, à part le fait que les gens vous reconnaissent à l'occasion comme Grand Montréalais», rapporte Michèle Thibodeau-DeGuire. En outre, lorsque je suis invitée à la table d'honneur d'un dîner organisé par la Chambre de commerce, on me présente alors comme l'un des Grands Montréalais... C'est un petit clin d'oeil qui fait vraiment plaisir!»

    La p.-d.g. de Centraide se fait fort de souligner qu'en vérité, si elle s'est vu attribuer cet honneur, c'est avant tout en raison de l'oeuvre que poursuit son organisme dans la collectivité montréalaise. «En 2001, ça faisait déjà dix ans que j'étais à Centraide, dit-elle, et c'est pour cela que j'ai été désignée «Grande Montréalaise». En fait, ce n'est pas tant moi qu'on honorait que Centraide...»

    Et si on éliminait la pauvreté en deux générations?

    Chaque année, Centraide recueille une cinquantaine de millions de dollars auprès des entreprises, des travailleurs et de la population en général afin de soutenir concrètement une foule d'organismes sociaux et communautaires.

    «L'argent que nous amassons, précise la p.-d.g., nous le redistribuons à des organismes et à des projets de concertation. Le plus gros de nos sous servent à briser le cycle de la pauvreté au moyen d'investissements dans les quartiers pauvres — auprès des enfants, des familles et des jeunes — puisque, si on veut briser ce cycle, il faut commencer par là.»

    «Ça fait déjà des années qu'on investit de la sorte et, l'an passé, c'étaient plus de 40 % de tous nos investissements, poursuit-elle. Et on veut investir encore plus massivement dans ce domaine, puisqu'on espère que, dans une ou deux générations, nous aurons brisé le cycle de la pauvreté. On est ambitieux, n'est-ce pas?! Mais on a l'impression d'avoir déjà fait un gros bout de chemin...»

    La stratégie de Centraide, rapporte sa directrice, consiste par exemple à inviter les personnes démunies à participer à des cuisines collectives, au lieu de leur donner des sacs de provisions. «En se rassemblant ainsi et en mettant en commun leurs ressources, non seulement ces personnes auront-elles la fierté de faire elles-mêmes leurs repas, mais elles vont en plus se faire des amies autour de la table... Des amies avec qui elles pourront échanger des services de garde d'enfants, par exemple. On encourage ainsi le développement de réseaux entre les gens d'un même quartier, leur permettant de se créer en quelque sorte une "famille" — des oncles, des tantes, des grands-pères...»

    De surcroît, Centraide encourage le développement du réseau des intervenants au sein de chaque quartier par l'entremise de tables de concertation. «Dans 29 quartiers de l'île de Montréal, on investit pour que la police, l'école, les organismes communautaires, le CLSC, etc., travaillent dans le même sens pour trouver des solutions avec les citoyens, indique Mme Thibodeau-DeGuire. Nous finançons donc des tables de concertation depuis près de vingt ans, afin de réunir les divers intervenants pour qu'ils s'entendent sur les priorités de leur quartier. La table réunit ceux qui possèdent une partie de la solution, ce qui a déjà tout un impact.»

    2011 sera une bonne année

    Malgré la crise économique qui sévit depuis 2008, Centraide n'en ressent aucunement d'effets négatifs lors de ses collectes de fonds, rapporte la directrice. «Dans les dernières années, dit-elle, nous avons obtenu des augmentations de dons qui avoisinent 1 %. Cette année, nous nous attendons même à une campagne historique... On a des chances d'atteindre 7 % d'augmentation!»

    Elle rapporte que la collecte de fonds pour 2011 progresse extrêmement bien «grâce aux stratégies mises en place, indique Mme Thibodeau-DeGuire. Il faut dire que les deux coprésidents de la campagne de financement — Pierre Beaudoin et Heather Munroe-Blum — n'ont rien laissé au hasard et qu'ils ont recruté une équipe du tonnerre!»

    Elle observe enfin que «c'est sûr que d'avoir été nommée «Grande Montréalaise» a été une belle reconnaissance pour tout le travail accompli par l'équipe de Centraide. C'était bel et bien une reconnaissance envers l'organisme, et non envers moi personnellement, et c'est à ce titre que je l'ai accepté avec grande fierté.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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