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Secteur économique - Aldo Bensadoun lance son entreprise au temps du Flower Power

«Je voulais commencer ma compagnie avec mes propres valeurs»

Pour Aldo Bensadoun, le commerce de la chaussure est une histoire de famille. Son grand-père était cordonnier en Algérie. <br />
Photo : Source Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain Pour Aldo Bensadoun, le commerce de la chaussure est une histoire de famille. Son grand-père était cordonnier en Algérie.
«Je n'ai jamais considéré les affaires ou le Groupe Aldo comme une simple source de revenus, mais plutôt comme un moyen de porter des actions à une échelle différente», affirme le fondateur, Aldo Bensadoun, qui vient d'être nommé Grand Montréalais en 2011, représentant venu du secteur économique.

La voix est posée, les mots sont bien choisis et éloquents. Le verbe est franc. Le ton est à la fois élégant et amical, et les rires ponctuent régulièrement ses phrases. Dans ses propos, on perçoit l'humaniste bien avant le prospère homme d'affaires.

Aldo Bensadoun a beau faire partie du palmarès des hommes les plus riches du Québec, il reste un homme humble, près des gens. Un entrepreneur qui se définit lui-même comme un brin hippie en raison des valeurs qui régissent sa vie et son entreprise. Car, pour lui, Aldo, c'est beaucoup plus qu'un magasin de chaussures, c'est d'abord et avant tout un moyen de s'engager dans la société pour créer un monde meilleur.

Le commerce de la chaussure, c'est une histoire de famille pour Aldo Bensadoun. On pourrait même dire qu'il est tombé dedans lorsqu'il était tout petit. Son grand-père, en Algérie, était cordonnier. Et son père possédait une petite chaîne de magasins de chaussures. Il semblait donc normal que, des années plus tard, celui qui a étudié les sciences économiques à l'Université McGill choisisse le domaine de la chaussure pour établir les bases de son entreprise.

«Je connaissais bien les chaussures et je voulais commencer ma compagnie avec mes propres valeurs, raconte le dirigeant de la multinationale dans un entretien téléphonique. Vous savez, dans les années 1960, au moment où j'ai étudié, c'était la période des hippies et nous étions tous, comment dirais-je, assez rêveurs.»

Le Flower Power, dans l'air du temps, l'a fortement inspiré au moment de fonder la société Aldo en 1972. Il ne voulait pas d'une entreprise comme les autres. Il souhaitait permettre à chacun de ses membres de grandir, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise, en ayant une influence sur la société. Quarante ans plus tard, il affirme être toujours fidèle à ces valeurs fondamentales.

La responsabilité sociale des entreprises

Aldo Bensadoun n'est pas tellement du genre à se vanter. Il se qualifie néanmoins de précurseur en matière d'engagement social entrepreneurial. C'est un sujet qui le passionne et sur lequel il est intarissable.

Dans les années 1980 déjà, Aldo tentait de sensibiliser les citoyens et ses clients au problème du sida. Il a distribué des brochures dans ses magasins et amassé des millions de dollars qui ont été envoyés un peu partout dans le monde pour aider la cause et tenter de trouver un remède à cette maladie incurable.

Plus récemment, il s'est attaqué au cancer en étant de toutes les marches et autres randonnées pour soutenir la cause. Occasionnellement, l'entreprise fait venir des employés des quatre coins de la planète pour aider des organismes ou des écoles de Montréal accueillant des clientèles défavorisées. L'entreprise engage également des gens handicapés dans ses entrepôts afin de leur offrir de nouvelles sources de fierté. «Je pourrais parler de cela jusqu'à demain matin!», affirme-t-il en riant d'aisance à l'autre bout du fil.

«Ce que j'aimerais, c'est que, en venant magasiner chez nous, les gens reconnaissent le nom et qu'ils s'y sentent bien en se disant: "Non seulement ils dessinent et fabriquent de beaux souliers et nous donnent du bon service, mais, en plus, ce sont des gens qui ont une conscience, qui font partie de notre société et qui tentent de rendre ce monde meilleur".»

Amour, respect et dignité

Dans le discours de l'homme d'affaires, les valeurs d'amour, de respect et d'intégrité reviennent constamment. Il croit que les entreprises ont une responsabilité sociale de participer à la société et il tente d'exporter ces valeurs en même temps que ses souliers, qui se vendent dans une soixantaine de pays. «Ce qui est bien lorsqu'on a sa propre entreprise, c'est que ça donne le privilège d'influencer les gens qui travaillent avec soi.»

Son engagement dans la société a été reconnu par l'Académie des Grands Montréalais, représentant le secteur économique dans cet organisme sous l'égide de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. C'est, pour le fondateur et président du conseil d'administration du Groupe Aldo, une marque d'appréciation qui le rend particulièrement fier.

«C'est tout un honneur, car Montréal est une ville d'adoption pour moi. Je trouve donc fantastique que ma ville d'adoption m'ait choisi comme Grand Montréalais. Je suis fier de cela. Mais je comprends aussi que ce n'est pas simplement grâce à moi, mais grâce à toute l'équipe que nous avons formée au Groupe Aldo.»

Au mois de mai dernier, il a également été intronisé à l'Ordre du Temple de la renommée de l'entreprise canadienne. Une grosse année? «Oh oui!, se réjouit-il. Mais j'espère que ce n'est pas le signe de quoi que ce soit, simplement une célébration du travail que j'ai fait ces 40 dernières années.»

Les secrets d'Aldo

Au quotidien, les défis sont nombreux pour le fondateur de l'entreprise, notamment en ce qui concerne les communications internationales et la normalisation des standards un peu partout dans le monde. L'autre éternel défi, c'est le lien avec le consommateur.

«Le secret de la réussite, c'est de grandir avec son client. Il faut comprendre le client et lui fournir ce dont il a besoin. Il faut donc continuellement créer de nouveaux outils, de nouveaux produits et de nouveaux décors dans le magasin, de manière à toujours exciter et faire rêver le client.»

En entrevue, Aldo Bensadoun refuse de divulguer son âge. «Ah non! Ça, c'est mon secret!», répond-il mystérieusement. Pourtant, l'homme d'affaires avoue qu'il commence à songer sérieusement à sa succession. «Le défi à court et moyen terme, c'est d'assurer la relève qui est existante et qui s'épanouit bien.»

Il fait référence aux directeurs de l'entreprise, mais également à ses fils, David et Douglas, qui travaillent tous les deux au sein du Groupe Aldo. Et à sa fille, la plus jeune, présentement à l'université, qu'il aimerait bien voir s'engager dans l'entreprise familiale. «On a toujours besoin de femmes dans une entreprise», affirme-t-il en conclusion d'entrevue.

Quelques minutes plus tard, le téléphone sonne. C'est son adjointe: «Monsieur Bensadoun voudrait ajouter deux mots.» À l'autre bout du fil, l'homme d'affaires remet les pendules à l'heure. «Vous avez parlé de mes fils, mais n'oubliez pas ma femme également, Diane, elle joue un rôle très important.» Preuve que, pour Aldo Bensadoun, les affaires, c'est beaucoup plus une histoire de famille que de souliers.

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Collaboratrice du Devoir
 
 
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