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Forum jeunesse de l'île de Montréal - Rajeunir Montréal, un projet à la fois

Les «jeunes» aussi ont à coeur l'avenir de la métropole québécoise

Jean Sébastien Dufresne est président du Forum jeunesse de l’île de Montréal.<br />
Photo : Source Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain Jean Sébastien Dufresne est président du Forum jeunesse de l’île de Montréal.
Porter la voix des jeunes de l'île de Montréal auprès des décideurs locaux, mais surtout leur permettre de concrétiser leurs idées, souvent «novatrices» et «rafraîchissantes». Voilà le mandat que se sont donné le Forum jeunesse de l'île de Montréal et son président, Jean Sébastien Dufresne, qui croit que Montréal aurait avantage à accorder plus de place à ses jeunes, avant qu'ils ne désertent la grande ville pour les banlieues.

Arborant une chemise recouverte d'un gilet sans manche, une tasse d'espresso à la main, Jean Sébastien Dufresne ne correspond pas tout à fait à l'image qu'on se fait généralement d'un «jeune» Montréalais. C'est pourtant lui qui préside pour une deuxième année consécutive le Forum jeunesse de l'île de Montréal (FJIM), un organisme qui représente plus de 500 groupes jeunesse de la région.

C'est que, à 29 ans, M. Dufresne est encore un jeune aux yeux du FJIM. Il défend donc avec passion les intérêts et les idées des habitants de l'île de Montréal âgés de 12 à 30 ans. Le forum se décrit comme un espace de «concertation» et «d'action» pour la jeunesse, deux mots d'ordre que le président s'assure de faire respecter.

«Notre vision de Montréal, c'est une ville où les jeunes prennent pleinement leur place. Non seulement une ville qu'ils peuvent s'approprier, mais aussi avec laquelle ils peuvent vibrer, sentir finalement que c'est un endroit où ils peuvent se développer», explique le jeune homme d'une voix assurée.

Des projets soutenus

En tant qu'organisme de concertation de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), le FJIM porte la voix des jeunes lors de consultations ou de rencontres avec les élus, mais son rôle est «surtout d'encourager des projets qui n'auraient pas pu voir le jour sans l'appui financier et la reconnaissance des jeunes du forum», précise-t-il.

Chaque année, le gouvernement du Québec, par l'entremise du Secrétariat à la jeunesse, accorde 1,5 million au FJIM, une somme que les 26 élus de l'organisme octroient à des projets soumis par des jeunes sur le territoire montréalais. «C'est un comité de jeunes élu par des jeunes qui décide des projets qui obtiennent le financement», un pouvoir très précieux, estime Jean Sébastien Dufresne.

«C'est unique d'avoir cette confiance de l'État qui nous donne ce pouvoir de décider quelles sont les initiatives à encourager et quelles sont nos priorités. Cet appui signifie qu'on croit à la capacité des jeunes de pouvoir identifier leurs besoins et les enjeux qui leur tiennent à coeur.»

Au cours de la dernière année, par exemple, le FJIM a permis à 14 initiatives locales de voir le jour. Les projets vont du développement de l'autonomie culinaire des adolescents en milieu défavorisé à la démocratisation de l'art et de la culture de la relève ou encore à la présentation de pistes d'action pour une consommation plus responsable.

Plusieurs projets sont subventionnés, mais aussi plusieurs sont rejetés. Avec son budget limité et une forte demande, le FJIM se voit dans l'obligation de refuser environ 80 % des projets qui lui sont présentés chaque année.

«[Le financement] est un défi constant, concède M. Dufresne. On comprend qu'on vit dans un monde où les ressources sont limitées, mais quand on parle de ressources pour des projets de jeunes, on dirait que ça devient plus limité...»

Un engagement «essentiel»

Ce lauréat du prix de la personnalité par excellence du gala Forces avenir 2008 croit néanmoins que l'engagement citoyen des jeunes, à petite ou à grande échelle, est non seulement important, mais qu'il est essentiel. «Nous pensons que, lorsque les jeunes contribuent au développement de leur collectivité, ils s'approprient leur environnement, puis ils veulent y demeurer et s'y ancrer.»

Selon lui, le fait que de plus en plus de jeunes décident de quitter Montréal après leurs études pour s'installer en banlieue est un enjeu primordial pour l'avenir de Montréal. «Plus il y aura de jeunes qui vont s'installer dans les banlieues mais qui vont tout de même prendre leur voiture pour travailler à Montréal, plus on verra apparaître des coûts sociaux, économiques et écologiques importants», déplore-t-il, soulignant au passage le phénomène de l'étalement urbain.

Se tailler une place

Même s'il préfère parler de «défis» plutôt que de «problèmes», M. Dufresne reconnaît que les jeunes pourraient être mieux représentés, notamment au niveau municipal. «Il y a un travail de sensibilisation politique à faire, mais nous croyons que plus il y aura de jeunes dans les instances décisionnelles, plus l'apport des jeunes va être reconnu et valorisé.»

Alors qu'il peut se vanter d'avoir convaincu en avril dernier la Ville de Montréal et la STM d'accueillir un représentant jeunesse au conseil d'administration de la société de transport, le FJIM vient de perdre son siège au conseil exécutif de la CRÉ. Il doit maintenant se contenter d'une place au conseil d'administration. Voilà la preuve que rien n'est gagné d'avance.

«C'est également important de rajeunir la députation. Et, pour qu'on ait plus de représentants politiques qui sont jeunes, il faut que les partis politiques municipaux reconnaissent que cet enjeu est prioritaire. [...] Le travail doit donc se faire dans les deux sens: des jeunes vers les décideurs et des décideurs vers les jeunes», résume le président du FJIM.

Le problème provient, selon lui, d'une certaine méconnaissance des jeunes. «On entend souvent dire dans les médias que les jeunes participent peu, votent peu, sont peu intéressés par la politique. Nous, on dit: "Au contraire!" Les jeunes ne sont pas cyniques, ils transposent simplement leurs préoccupations de manière différente. Et pas nécessairement à travers les canaux traditionnels que sont les partis politiques», observe-t-il, en prenant le soin de saluer des initiatives jeunesse comme Génération d'idées, dont le 2e sommet est d'ailleurs prévu à la fin du mois de novembre.

En attendant le lancement, en décembre prochain, du Guide de l'engagement, du FJIM, Jean-Sébastien Dufresne espère que le travail accompli par les élus du forum et les jeunes engagés partout sur l'île de Montréal pourra servir d'exemple. «Il faut qu'on ait des modèles en place pour que la société québécoise ait un intérêt à aller vers les jeunes qui apportent quelque chose de différent, de rafraîchissant, plutôt que d'en avoir peur. [...] Et tout cela, au bénéfice des jeunes, bien sûr, mais aussi de l'ensemble de la population.»

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