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    Noms anglophones d'entreprises - Les commerces doivent se conformer à la Charte

    L'OQLF veut plus de français dans l'affichage

    Lors d’une marche qui s’est déroulée la fin de semaine dernière à Montréal, les manifestants réclamaient que les commerces s’affichent en français.<br />
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Lors d’une marche qui s’est déroulée la fin de semaine dernière à Montréal, les manifestants réclamaient que les commerces s’affichent en français.
    Bravo aux Farine Five Roses, Lunetterie New Look et Rôtisseries Scores. Mais bonnet d'âne à tous les Future Shop et autres Best Buy qui continuent leurs activités sans qu'un descriptif en français soit accolé à leur nom d'entreprise. À ces récalcitrants, l'Office québécois de la langue française (OQLF) envoie le message qu'il leur faudra changer. Mais pas question de sanctions pour le moment.

    L'OQLF a lancé hier une campagne de sensibilisation pour convaincre les entreprises dont la marque de commerce ne comporte aucune inscription en français de se conformer à la Charte de la langue française. Celle-ci permet l'utilisation d'une marque de commerce unilingue anglaise, mais impose dans ce cas que le nom soit accompagné d'un terme descriptif ou d'un slogan en français.

    La campagne publicitaire est dotée d'un budget d'un peu plus de 500 000 $. Des messages seront diffusés à la télévision et sur le Web jusqu'à la mi-février. La présidente de l'OQLF, Louise Marchand, effectuera en parallèle une tournée d'information pour convaincre les entreprises de suivre le modèle adopté par le farinier et les lunetiers cités plus haut (des subventions sont offertes aux petites entreprises pour faciliter les changements — jusqu'à 50 000 $). Les conseillers de l'OQLF travailleront de leur côté avec les compagnies pour déterminer des délais de correction «raisonnables».

    Car l'approche sera courtoise: «souplesse, collaboration et non-confrontation» sont les mots d'ordre de cette campagne. En entretien avec Le Devoir, Mme Marchand défend cette méthode. «Lorsqu'une infraction est signalée, nous réussissons dans 98 % des cas à corriger la situation sans transférer le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales. On fait donc le pari que les entreprises vont accepter de se conformer [à la Charte].»

    Quand on lui demande pourquoi plusieurs entreprises connues n'ont jamais eu de problème avec ces manquements aux dispositions de la Charte, Louise Marchand répond qu'elles ont «souvent bien collaboré et que [leur nom] est un peu le dernier retranchement. On a mis des efforts dans beaucoup de secteurs: on est rendu là».

    L'OQLF n'a pas de statistiques précises sur le nombre d'entreprises visées par cette campagne. «Mais quiconque se balade en ville peut voir qu'il y a beaucoup de travail à faire», mentionne Mme Marchand. Cette dernière estime que le quart des plaintes qui parviennent à l'Office concernent l'affichage.

    Pourquoi payer?

    Les mesures annoncées hier par l'OQLF ont été mal reçues par le Mouvement Québec français (MQF), qui organisait une manifestation sur le même thème la semaine dernière. «On offre de payer jusqu'à 50 000 $ aux entreprises pour qu'elles respectent la loi 101: va-t-on dédommager les entreprises qui ont décidé de respecter la loi?», demande notamment Mario Beaulieu, président du MQF.

    Dans une lettre transmise à la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, M. Beaulieu vilipende la campagne de l'OQLF. «Les entreprises qui violent la loi devraient payer l'amende prévue par la loi [jusqu'à 20 000 $] plutôt que de se voir récompenser d'une subvention», dit-il.

    M. Beaulieu se questionne aussi sur le sens du «délai raisonnable» octroyé aux entreprises pour se conformer à la loi. «La loi 101 a été adoptée en 1977. Il nous semble qu'un délai de 34 ans était une échéance plus que raisonnable.»
     
     
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