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    Rapport du Bureau de l'enquêteur correctionnel - Les pénitenciers sont mal adaptés aux détenus vieillissants

    Le système de réhabilitation dans les pénitenciers fédéraux est mal adapté aux prisonniers vieillissants. Les services de santé, en particulier de santé mentale, sont insuffisants, et les droits des prisonniers mourants de bénéficier de libération conditionnelle pour des raisons humanitaires ne sont pas toujours considérés dans des délais raisonnables. Ce sont quelques-unes des conclusions auxquelles est parvenu le bureau de l'enquêteur correctionnel Howard Sapers, dans un rapport déposé au Parlement hier.

    Le Bureau de l'enquêteur correctionnel agit comme ombudsman auprès des prisonniers des pénitenciers fédéraux.

    Ce rapport survient alors que l'on constate une présence croissante de prisonniers de 50 ans et plus dans les pénitenciers fédéraux. C'est en effet une population qui a crû de 50 % depuis une dizaine d'années. Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC) calcule également que le vieillissement de la population est accéléré dans la population carcérale à cause des conditions de vie, et qu'un prisonnier de 50 ans en paraît en moyenne 60.

    Plus la population vieillit, plus la moyenne d'âge des prisonniers au début de leur peine est grande. Elle est actuellement de 33 ans dans les pénitenciers fédéraux, dont 20 % des prisonniers purgent une peine à perpétuité, c'est-à-dire qu'ils peuvent prétendre à une libération conditionnelle après 25 ans. 20 % de la population des pénitenciers fédéraux a présentement plus de 50 ans.

    Plaintes concernant les soins de santé

    Selon Marie-France Kinglsey, la directrice des enquêtes pour le BEC, un nombre important des quelque 6000 plaintes que le bureau reçoit chaque année est lié aux soins de santé prodigués en milieu carcéral.

    «Nous voyons une augmentation des prisonniers souffrant de problèmes de santé mentale, et il est difficile de recruter des psychologues dans les pénitenciers», dit-elle. Selon les données du BEC, 38 % des hommes et plus de 50 % des femmes emprisonnés dans les pénitenciers auraient besoin d'évaluations psychologiques approfondies.

    Pour ce qui est des personnes âgées, qui sortent parfois de prison après des décennies d'incarcération, il faudrait prévoir des services adaptés, pour trouver un logement par exemple, ou pour obtenir des soins. «Si vous êtes entré au pénitencier en 1975 et que vous sortez maintenant, par exemple, le monde a complètement changé entre-temps», dit Mme Kingsley.

    Aussi, les programmes de réadaptation et de réinsertion comptent souvent des formations liées à l'acquisition d'un nouvel emploi qui ne conviennent pas à des personnes de 70 ans et plus, par exemple.

    Alors qu'au Canada, les détenus mourants sont en principe admissibles à une libération conditionnelle pour des motifs humanitaires, le processus est parfois trop long et il arrive que le prisonnier meure avant d'en avoir vu le terme.












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