Vilains vieux schnocks
La revanche des croulants
Photo : Source V
Défiant l’âgisme, les conventions sociales et la somnolence médicamenteuse associée à leur état, les vieux délinquants de l'émission Les détestables font davantage que nous divertir: ils bousculent nos préjugés.
À retenir
-
«La plupart des gens se sentent coupables de vieillir même s'ils n'y sont pour rien.»
«Si tu as moins de fric que de rides, si tu n'aimes pas la soupe, ça va très mal se passer.»
Denise Boucher - Au beau milieu, la fin
«Tout comme l'explosion de la jeunesse en son temps, celle du nombre des tempes grises peut être considérée tant comme une menace que comme une promesse. Redoutez-les et nos sociétés s'écroulent. Motivez-les et les perspectives sont sans fin.»
Fred Pearce - L'apocalypse démographique n'aura pas lieu
J'ai un vieil ami qui a brandi son majeur cet été, devant un parterre de journalistes en plus. Un beau doigt d'honneur bien senti, même pas enduit d'Antiphlogistine, qui vous expurge le méchant de façon symbolique. Il était outré de voir que les vieux avaient été relégués aux oubliettes.
Il a porté le bonnet d'âne quelques semaines, puis est remonté en selle grâce à ses 10 000 amis et fans Facebook. Suffit d'être de son temps. Si cet ami avait eu 20 ans, on aurait compris (voire admiré) son impétuosité, on l'aurait envoyé planter sa tente à Occupons Montréal et le combat de coqs se serait achevé de façon virile avec quelques plumes en moins.
Mais l'ami en question a 80 ans et beaucoup de panache dans le sourcil. Pensez un peu! Si les vieux commencent à se rebeller, où s'en va-t-on? Déjà qu'ils bandent encore grâce aux p'tites bleues... Au prix que l'assurance médicaments nous coûte, on s'attend à ce que la sédation soit plus efficace. Augmentez la dose et qu'ils fassent la sieste sans nous déranger!
Comme l'a si bien écrit la poétesse américaine Catherine Porter en guise d'épitaphe sur sa pierre tombale: «Excusez-moi pour la poussière.» C'est Denise Boucher, 75 ans, qui relate l'anecdote dans son premier et dernier roman, sublime dentelle d'écriture, vieille rebelle qui s'insurge intérieurement devant la déchéance inévitable, le sort qu'on lui réserve et sa peau usée qui lâche. À lire avant de mourir: Au beau milieu, la fin. Je l'étire doucement tellement j'aime son Adèle qui balance des phrases comme: «Il est interdit d'être vieille quand on est vieille.»
J'ai de petites nouvelles pour vous, ça ne fait que commencer... On prévoit qu'à partir de 2015, quand les baby-boomers partiront à la retraite, la planète comptera davantage de vieux que de jeunes pour la première fois de sa «jeune» histoire.
Comment vieillir sans déranger les jeunes
Au hasard de ma bibliothèque, je me suis replongée dans un petit recueil de Pierre Desproges, Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (1981), où il signe un texte particulièrement caustique sur la façon de vieillir sans déranger les jeunes, après s'être demandé qui emmener en voyage de noces et quoi faire de son hétérosexualité. Voyez le ton.
L'humoriste français se gausse un peu de la jeunesse, ce «levain de l'humanité», dont on apprenait cette semaine, dans un sondage Léger Marketing, qu'elle souffre de nostalgie, de solitude et du mal de vivre tout en étant très portée sur la consommation. Déjà vieille avant le temps!
Desproges donne des conseils aux vieux pour qu'ils s'éteignent sans faire de bruit, «comme un réfrigérateur qui cesse de trembloter quand on le débranche».
«En toutes circonstances, effacez-vous, gémissez doucement, claudiquez sans à-coups, emmitouflez vos vieux os, gantez vos arthrites métacarpiennes disgracieuses, étouffez vos tristes toux matinales, minimisez vos cancers», écrit l'humoriste-moraliste décédé du cancer.
Desproges suggère (très ironiquement) aux gens âgés de profiter de leurs insomnies pour rentrer le charbon dans la maison (aujourd'hui, on dirait «souffler dans l'éolienne pour faire du vent») ou pour repeindre leur chambre qui sera bientôt transformée en salle de jeu. S'ils sucrent les fraises, il leur conseille de frotter les cuivres ou de mettre au point un numéro de castagnettes. «Enfin, si vous n'êtes pas trop moche, offrez votre corps à la science pour éviter les frais d'enterrement.»
Voilà comment il faut mourir: sans faire de bruit.
Heureusement que certains vieux font la sourde oreille. Tenez, cet Indien centenaire qui a terminé le marathon de Toronto dimanche dernier, encore coiffé de son turban et après avoir commencé sa carrière de marathonien à 89 ans. Moi, ça me laisse la rotule carrément perplexe.
Les détestables
Mais pas autant que les exploits hebdomadaires des neuf vieux schnocks qui nous distraient chaque semaine depuis la rentrée à l'émission Les détestables de V. Que de rires arrachés devant l'inconvenance de ces comédiens qui jouent à la pétanque sur une belle auto, abordent des jeunes pour suggérer un trip à trois, volent à l'étalage, débarquent d'une voiture sport, se lutinent dans les buissons et brisent allègrement les conventions sociales en parlant sexe, drogue et technologie.
Je vais me rappeler longtemps de la scène des vieilles religieuses qui apostrophent deux jeunes gars de la construction cassant la croûte sur leur banc, les invectivant parce qu'ils ne sifflent plus les femmes et terminant le sermon par un «Bande de gais» bien senti. Pas du tout PC. La tronche des mecs? Impayable. Dans le genre caméra cachée, on ne fait pas mieux depuis Les insolences d'une caméra d'Alain Stanké (c'était à la même époque que Les recettes de Juliette et Allô Boubou, pour nos jeunes lecteurs).
Et la musique rétro, les réactions des jeunes dindons de la farce confrontés à ces délinquants à marchettes soupçonnés d'être confus, Alzheimer ou simplement séniles, nous donnent de quoi sourire, et parfois pleurer. L'émission produite par Louis Morissette est un beau pied de nez au conformisme ambiant. Et un vent de fraîcheur qui annonce ce qui nous attend. Du moins, je l'espère. Ce serait plus distrayant.
J'ai toujours apprécié la compagnie des vrais vieux — ceux de 80 ans ou plus — parce que, généralement, ils n'ont plus rien à perdre. Avoir l'air fou les fait moins souffrir que l'arthrose. Après avoir passé leur vie à «se la fermer», ils décident de se l'ouvrir pour autre chose qu'avaler leurs tranquillisants. Grand bien leur fasse. Et à nous aussi. La sagesse est un beau brin de folie.
«Il faut redevenir délinquant le plus vite possible», m'a confessé mon ami le père Lacroix (95 ans), à qui je racontais l'épisode des religieuses dans Les détestables. «Il le faut, car les conventions se multiplient.»
Venant d'un homme qui a traversé le siècle dernier debout comme un chêne en bravant les conventions de son Église, je trouve que la remarque a non seulement du poids, elle a des racines.
Bientôt, un seul doigt n'y suffira plus. Préparez-vous à brandir toute la main.
cherejoblo@ledevoir.com
Twitter.com/cherejoblo
***
Et les zestes
Souri en visionnant Les détestables. Toutes les émissions sont disponibles sur le Web. Si vous n'avez pas Internet, sortez vos oreilles de lapin le mardi soir, 19h, à V.
Aimé le livre 60 biscuits chinois de Lew Yung-Chien (éditions du passage). Soixante pensées sages d'un vieux Chinois dont j'ai déjà tiré le portrait ici. Les planches sont écrites en trois langues et les dessins de Yung traduisent la sagesse universelle de ces petites phrases courtes. Pour le reste, le vieux Chinois n'est peut-être pas aussi sage que ses biscuits. Un autre grand sage pas si sage signe la préface: Jacques Languirand.
Acheté le premier numéro la revue des vieux de 27 à 87 ans, Schnock. Et c'est parti pour les produits destinés aux baby-boomers dégarnis du bonnet et tremblotants du zizi. Une entrevue avec le comédien Jean-Pierre Marielle à qui on consacre tout un dossier. Des souvenirs de vieux schnocks, des biscuits de schnocks (un peu méchant), un entretien avec Bernard Kouchner sur la défunte revue L'Actuel. Si ce n'était du ton «on ne me la fera pas à moi» légèrement condescendant, j'achèterais le prochain numéro. Trop franchouillard, finalement.
Déballé le livre Yoga tout. Le yoga des aînés de Carole Morency (Éditions de L'Homme). Du yoga sur une chaise, même le salut au soleil, c'est possible. Voyez plutôt! Et quelques exercices pour les articulations des mains, histoire de pouvoir encore brandir le doigt du milieu. DVD compris. Je le conserve pour mes vieux jours.
Sourcillé en feuilletant 1001 activités pour profiter de sa retraite de François Bernatchez (Bertrand Dumont éditeur). Vous pourriez aménager votre propre vert de golf, construire une horloge grand-père (normal!), souffler vos boules de Noël (Murano, here we come!), visiter l'Indonésie, vivre en mode slow movement, apprendre à taper du pied (très utile à l'urgence), devenir taxidermiste (si jamais il y a pénurie de thanatologues), lire toutes les clauses de vos contrats d'assurance ou faire des casse-tête. Et marcher le moonwalk. Mieux vaut en rire. Le gars qui a écrit ça est à la retraite.
Lu avec intérêt l'article «Grands-parents, mais pas trop» dans Clés (août-septembre 2011), disponible en kiosque. Ils sont actifs, ils voyagent, ils ne se sentent pas tenus d'être là pour leurs petits-enfants: une nouvelle génération de grands-parents a vu le jour. Désormais, on leur enseigne comment l'être à l'École des grands-parents européens, un service de médiation familiale (www.egpe.org). Mais on constate que le rôle n'est pas facile pour autant. Sois grand-parent et tais-toi? C'est ce que semblent constater les aînés qui se rebiffent.
Noté que la poétesse Denise Boucher sera à Tout le monde en parle ce dimanche pour parler de son livre Au beau milieu, la fin. Bien hâte de l'entendre. Et vive le pouvoir gris!
***
Nous serons vieux ou ne serons pas
Jacques Languirand en parlait à Par quatre chemins, son émission ressuscitée samedi soir dernier (vous irez l'écouter). Le dernier livre du journaliste Fred Pearce traite de démographie, le grand sujet de l'heure avec l'économie: L'apocalypse démographique n'aura pas lieu (éditions de La Martinière). Sept milliards d'humains sur la planète et une seule prévision certaine à 200 %: le vieillissement de la société annonce une «restructuration de l'économie, une refonte de la famille, une redéfinition des politiques et même une réorganisation de l'ordre géopolitique pour le siècle à venir».
La dernière partie du livre s'avère la plus intéressante, expliquant les conséquences du vieillissement et du faible taux de natalité partout sur la planète.
D'ici 2050, 1,5 milliard d'humains auront plus de 65 ans. Comme ils auront peu ou pas d'enfants pour s'occuper d'eux, on apprend aussi que déjà, certains démographes avancent qu'il n'y a peut-être qu'un seul moyen de résoudre le problème de la surpopulation de vieux: l'euthanasie. «En Chine, aujourd'hui, les médecins en parlent ouvertement. Les journaux rapportent que l'anlesi, ou "mort tranquille", est très répandue dans les hôpitaux», écrit l'auteur.
Voilà qui rassure. J'espère que ce sera couvert par le régime d'assurance maladie du Québec.
http://fr.chatelaine.com/blogues/jo_blogue
Il a porté le bonnet d'âne quelques semaines, puis est remonté en selle grâce à ses 10 000 amis et fans Facebook. Suffit d'être de son temps. Si cet ami avait eu 20 ans, on aurait compris (voire admiré) son impétuosité, on l'aurait envoyé planter sa tente à Occupons Montréal et le combat de coqs se serait achevé de façon virile avec quelques plumes en moins.
Mais l'ami en question a 80 ans et beaucoup de panache dans le sourcil. Pensez un peu! Si les vieux commencent à se rebeller, où s'en va-t-on? Déjà qu'ils bandent encore grâce aux p'tites bleues... Au prix que l'assurance médicaments nous coûte, on s'attend à ce que la sédation soit plus efficace. Augmentez la dose et qu'ils fassent la sieste sans nous déranger!
Comme l'a si bien écrit la poétesse américaine Catherine Porter en guise d'épitaphe sur sa pierre tombale: «Excusez-moi pour la poussière.» C'est Denise Boucher, 75 ans, qui relate l'anecdote dans son premier et dernier roman, sublime dentelle d'écriture, vieille rebelle qui s'insurge intérieurement devant la déchéance inévitable, le sort qu'on lui réserve et sa peau usée qui lâche. À lire avant de mourir: Au beau milieu, la fin. Je l'étire doucement tellement j'aime son Adèle qui balance des phrases comme: «Il est interdit d'être vieille quand on est vieille.»
J'ai de petites nouvelles pour vous, ça ne fait que commencer... On prévoit qu'à partir de 2015, quand les baby-boomers partiront à la retraite, la planète comptera davantage de vieux que de jeunes pour la première fois de sa «jeune» histoire.
Comment vieillir sans déranger les jeunes
Au hasard de ma bibliothèque, je me suis replongée dans un petit recueil de Pierre Desproges, Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (1981), où il signe un texte particulièrement caustique sur la façon de vieillir sans déranger les jeunes, après s'être demandé qui emmener en voyage de noces et quoi faire de son hétérosexualité. Voyez le ton.
L'humoriste français se gausse un peu de la jeunesse, ce «levain de l'humanité», dont on apprenait cette semaine, dans un sondage Léger Marketing, qu'elle souffre de nostalgie, de solitude et du mal de vivre tout en étant très portée sur la consommation. Déjà vieille avant le temps!
Desproges donne des conseils aux vieux pour qu'ils s'éteignent sans faire de bruit, «comme un réfrigérateur qui cesse de trembloter quand on le débranche».
«En toutes circonstances, effacez-vous, gémissez doucement, claudiquez sans à-coups, emmitouflez vos vieux os, gantez vos arthrites métacarpiennes disgracieuses, étouffez vos tristes toux matinales, minimisez vos cancers», écrit l'humoriste-moraliste décédé du cancer.
Desproges suggère (très ironiquement) aux gens âgés de profiter de leurs insomnies pour rentrer le charbon dans la maison (aujourd'hui, on dirait «souffler dans l'éolienne pour faire du vent») ou pour repeindre leur chambre qui sera bientôt transformée en salle de jeu. S'ils sucrent les fraises, il leur conseille de frotter les cuivres ou de mettre au point un numéro de castagnettes. «Enfin, si vous n'êtes pas trop moche, offrez votre corps à la science pour éviter les frais d'enterrement.»
Voilà comment il faut mourir: sans faire de bruit.
Heureusement que certains vieux font la sourde oreille. Tenez, cet Indien centenaire qui a terminé le marathon de Toronto dimanche dernier, encore coiffé de son turban et après avoir commencé sa carrière de marathonien à 89 ans. Moi, ça me laisse la rotule carrément perplexe.
Les détestables
Mais pas autant que les exploits hebdomadaires des neuf vieux schnocks qui nous distraient chaque semaine depuis la rentrée à l'émission Les détestables de V. Que de rires arrachés devant l'inconvenance de ces comédiens qui jouent à la pétanque sur une belle auto, abordent des jeunes pour suggérer un trip à trois, volent à l'étalage, débarquent d'une voiture sport, se lutinent dans les buissons et brisent allègrement les conventions sociales en parlant sexe, drogue et technologie.
Je vais me rappeler longtemps de la scène des vieilles religieuses qui apostrophent deux jeunes gars de la construction cassant la croûte sur leur banc, les invectivant parce qu'ils ne sifflent plus les femmes et terminant le sermon par un «Bande de gais» bien senti. Pas du tout PC. La tronche des mecs? Impayable. Dans le genre caméra cachée, on ne fait pas mieux depuis Les insolences d'une caméra d'Alain Stanké (c'était à la même époque que Les recettes de Juliette et Allô Boubou, pour nos jeunes lecteurs).
Et la musique rétro, les réactions des jeunes dindons de la farce confrontés à ces délinquants à marchettes soupçonnés d'être confus, Alzheimer ou simplement séniles, nous donnent de quoi sourire, et parfois pleurer. L'émission produite par Louis Morissette est un beau pied de nez au conformisme ambiant. Et un vent de fraîcheur qui annonce ce qui nous attend. Du moins, je l'espère. Ce serait plus distrayant.
J'ai toujours apprécié la compagnie des vrais vieux — ceux de 80 ans ou plus — parce que, généralement, ils n'ont plus rien à perdre. Avoir l'air fou les fait moins souffrir que l'arthrose. Après avoir passé leur vie à «se la fermer», ils décident de se l'ouvrir pour autre chose qu'avaler leurs tranquillisants. Grand bien leur fasse. Et à nous aussi. La sagesse est un beau brin de folie.
«Il faut redevenir délinquant le plus vite possible», m'a confessé mon ami le père Lacroix (95 ans), à qui je racontais l'épisode des religieuses dans Les détestables. «Il le faut, car les conventions se multiplient.»
Venant d'un homme qui a traversé le siècle dernier debout comme un chêne en bravant les conventions de son Église, je trouve que la remarque a non seulement du poids, elle a des racines.
Bientôt, un seul doigt n'y suffira plus. Préparez-vous à brandir toute la main.
cherejoblo@ledevoir.com
Twitter.com/cherejoblo
***
Et les zestes
Souri en visionnant Les détestables. Toutes les émissions sont disponibles sur le Web. Si vous n'avez pas Internet, sortez vos oreilles de lapin le mardi soir, 19h, à V.
Aimé le livre 60 biscuits chinois de Lew Yung-Chien (éditions du passage). Soixante pensées sages d'un vieux Chinois dont j'ai déjà tiré le portrait ici. Les planches sont écrites en trois langues et les dessins de Yung traduisent la sagesse universelle de ces petites phrases courtes. Pour le reste, le vieux Chinois n'est peut-être pas aussi sage que ses biscuits. Un autre grand sage pas si sage signe la préface: Jacques Languirand.
Acheté le premier numéro la revue des vieux de 27 à 87 ans, Schnock. Et c'est parti pour les produits destinés aux baby-boomers dégarnis du bonnet et tremblotants du zizi. Une entrevue avec le comédien Jean-Pierre Marielle à qui on consacre tout un dossier. Des souvenirs de vieux schnocks, des biscuits de schnocks (un peu méchant), un entretien avec Bernard Kouchner sur la défunte revue L'Actuel. Si ce n'était du ton «on ne me la fera pas à moi» légèrement condescendant, j'achèterais le prochain numéro. Trop franchouillard, finalement.
Déballé le livre Yoga tout. Le yoga des aînés de Carole Morency (Éditions de L'Homme). Du yoga sur une chaise, même le salut au soleil, c'est possible. Voyez plutôt! Et quelques exercices pour les articulations des mains, histoire de pouvoir encore brandir le doigt du milieu. DVD compris. Je le conserve pour mes vieux jours.
Sourcillé en feuilletant 1001 activités pour profiter de sa retraite de François Bernatchez (Bertrand Dumont éditeur). Vous pourriez aménager votre propre vert de golf, construire une horloge grand-père (normal!), souffler vos boules de Noël (Murano, here we come!), visiter l'Indonésie, vivre en mode slow movement, apprendre à taper du pied (très utile à l'urgence), devenir taxidermiste (si jamais il y a pénurie de thanatologues), lire toutes les clauses de vos contrats d'assurance ou faire des casse-tête. Et marcher le moonwalk. Mieux vaut en rire. Le gars qui a écrit ça est à la retraite.
Lu avec intérêt l'article «Grands-parents, mais pas trop» dans Clés (août-septembre 2011), disponible en kiosque. Ils sont actifs, ils voyagent, ils ne se sentent pas tenus d'être là pour leurs petits-enfants: une nouvelle génération de grands-parents a vu le jour. Désormais, on leur enseigne comment l'être à l'École des grands-parents européens, un service de médiation familiale (www.egpe.org). Mais on constate que le rôle n'est pas facile pour autant. Sois grand-parent et tais-toi? C'est ce que semblent constater les aînés qui se rebiffent.
Noté que la poétesse Denise Boucher sera à Tout le monde en parle ce dimanche pour parler de son livre Au beau milieu, la fin. Bien hâte de l'entendre. Et vive le pouvoir gris!
***
Nous serons vieux ou ne serons pas
Jacques Languirand en parlait à Par quatre chemins, son émission ressuscitée samedi soir dernier (vous irez l'écouter). Le dernier livre du journaliste Fred Pearce traite de démographie, le grand sujet de l'heure avec l'économie: L'apocalypse démographique n'aura pas lieu (éditions de La Martinière). Sept milliards d'humains sur la planète et une seule prévision certaine à 200 %: le vieillissement de la société annonce une «restructuration de l'économie, une refonte de la famille, une redéfinition des politiques et même une réorganisation de l'ordre géopolitique pour le siècle à venir».
La dernière partie du livre s'avère la plus intéressante, expliquant les conséquences du vieillissement et du faible taux de natalité partout sur la planète.
D'ici 2050, 1,5 milliard d'humains auront plus de 65 ans. Comme ils auront peu ou pas d'enfants pour s'occuper d'eux, on apprend aussi que déjà, certains démographes avancent qu'il n'y a peut-être qu'un seul moyen de résoudre le problème de la surpopulation de vieux: l'euthanasie. «En Chine, aujourd'hui, les médecins en parlent ouvertement. Les journaux rapportent que l'anlesi, ou "mort tranquille", est très répandue dans les hôpitaux», écrit l'auteur.
Voilà qui rassure. J'espère que ce sera couvert par le régime d'assurance maladie du Québec.
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