lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Lettres - Des historiens qui ont l'oubli facile

Charles Gill - Montréal, le 14 octobre 2011  18 octobre 2011  Actualités en société
Dans sa prise de position publiée au Devoir contre le rapport intitulé Enseignement et recherche universitaire au Québec: l'histoire nationale négligée, Denyse Baillargeon, professeure au Département d'histoire de l'Université de Montréal, attaque la conception nationaliste de l'histoire dudit rapport.

En effet, Mme Baillargeon s'insurge contre la simplification à laquelle se livre le rapport, simplification qui néglige l'apport de l'histoire sociale et des divers métissages dans le choix des objets étudiés. Son analyse repose pourtant sur la conception qu'une histoire plus nationale se réduit (elle aussi) à «l'étude du rôle joué par certains membres de l'élite masculine du passé (la Conquête, les Rébellions, la Confédération)», alors que son histoire sociale «élargirait le champ de l'histoire politique et nationale en l'ouvrant à d'autres préoccupations».

Ce commentaire montre justement la faiblesse de l'histoire au Québec, même chez les professeurs d'université. Mme Baillargeon travaille sans doute au pavillon Lionel-Groulx. Lionel Groulx a été le directeur de thèse de l'un des premiers professeurs d'histoire nationale au Québec, Maurice Séguin (1918-1984). Or, ce même Séguin s'est évertué, durant toute sa carrière à l'Université de Montréal (1949-1984), de montrer à quel point le culturel, le social, l'économique et le politique étaient en interrelation.

D'après Séguin, toute société est structurellement subordonnée à cette interaction et un peuple qui perd la maîtrise du politique se condamne à subir de lourdes pertes sur les plans économique, social, culturel, géographique, démographique, linguistique, etc. Dans le cas des relations entre le Canada français au Canada anglais, l'assujettissement des Canadiens français (puis des Québécois) fut une constante, la variable indépendante qui influencera négativement toutes les autres.

Donc le problème de l'histoire sociale, c'est justement de réduire par exemple la question nationale et les débats «au choix d'un bon tabac», alors que la structure même du financement de la recherche et des universités au Canada renforce la culture et une perspective canadienne aux dépens du Québec (comme le surfinancement de notre réseau universitaire anglophone), une autre conséquence de la minorisation politique dont les Canadiens français sont victimes depuis 1840. [...]

***

Charles Gill - Montréal, le 14 octobre 2011
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Claude Jean - Inscrit
    18 octobre 2011 06 h 27
    Citations sur l'histoire
    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

    Jacques Lacoursière
    Un peuple qui ne connait son passé est un peuple amnésique.

    Claude Béland
    Comment voulez-vous développer une fierté quand vous ne savez même pas d’où vous venez

    Harry Truman
    Ce qu'on dit être nouveau en ce monde, c'est l'histoire qu'on ignore

    Il y a trois catégories d'hommes : a) ceux qui racontent leur histoire ; b) ceux qui ne la racontent pas ; c) ceux qui n'en ont pas.
    Max Aub
    Extrait de Contes certains

    Bonnes réflexions!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Ouimet - Abonné
    18 octobre 2011 07 h 36
    Querelles de spécialistes
    Qu'on me permette d'intervenir en tant que récent diplômé de la maîtrise en histoire qui a passé assez de temps dans les départements universitaires pour avoir une bonne idée des guerres qui s'y jouent.

    Mme Baillargeon se défendait contre une vision effectivement assez conservatrice de l'histoire nationale, soit, précisons-le, de l'histoire de l'objet qu'est la nation, en postulant qu'il y en a une, ce qui implique de la définir, et donc de considérer le devenir historique du groupe ainsi constitué. La prof prouve assez que la spécialisation universitaire pousse les dédales des c*ls de mouche à un niveau de complexité qui laisse le citoyen moyen perplexe. Nous devons encourager la recherche libre, multidisciplinaire et ouverte sur tous les horizons cela va de soi.

    Mais je peux témoigner que lorsqu'on fait ou qu'on se fait dire qu'on fait de l'histoire nationale au Québec, cela est quelque peu mal vu dans les conférences et séminaires, ça fait un peu ringard et on nous ramène toujours à la vision simpliste que les détracteurs du rapport peignent. Sans souvent prendre le temps de lire les travaux. Il y a un préjugé négatif, j'en témoigne. Je me suis fais davantage recalé dans un concours de bourse qu'un autre étudiant nettement moins doué (je parle d'un cas épique dont tout le département se souvient et moins doué que la normale - euphémisme). En comparant les dossiers, c'était absurde. Mon sujet était l'histoire de la Saint-Jean-Baptiste de 1960 à 1990, et le sien la prise de la Bastille. C'est là que j'ai compris comment les choses se passent. Le FQRSC est aseptisé et l'organisme fédéral, pensez-vous?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Ouimet - Abonné
    18 octobre 2011 07 h 39
    suite
    Dans un autre ordre d'idées, ces chicanes de profs qui amènent leurs jalousies de pré carré de sur-spécialistes sur la place publique montre à quel point l'histoire universitaire est déconnecté du besoin d'histoire de la société civile. Ce besoin est constitutif de toute société démocratique et il est faiblement comblé. Il faut s'en inquiéter: l'histoire nationale a un impact civique bien plus grand que les autres champs historiques, qu'on veuille l'admettre ou non.

    Hors de l'université point de salut pour la recherche disent les uns, mais cette baraque-là est croulante. Il faut de nouvelles façons de supporter la culture, je propose l'économie sociale et les réseaux issus de la société civile. Il faut de nouvelles façons de la diffuser, je propose le Web et l'accessibilité pour tous. Une révolution se prépare.

    www.lysenfetelysenfeu.net
    www.marcouimet.net

    @Claude Jean: On a déjà vu ces citations plusieurs fois dans d'autres articles, changez-donc de cassette
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    18 octobre 2011 07 h 52
    Fierté et job
    Nos jeunes ne sont pas tentés par la fierté mais par "texter", l'environnement, et le futur : un job bien rémunéré ou partir une affaire.

    Comment développer une grande fierté avec notre histoire, composée de batailles, quand nous avons perdu toutes nos guerres, sauf une en 1837 à Sr-Denis. Celle de 1812 contre les Américains n'a pas été au nom des Canadiens-français mais au nom de la couronne anglaise. Nous avons alors défendu notre envahisseur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    18 octobre 2011 11 h 58
    La pierre philosophale.
    On nous rabat sans cesse les oreilles avec la "question nationale". Il n'y a pas de question nationale mais il y a une histoire nationale, qui est l'évolution d'une population dont les histoires politique, sociale, démographique (anglaise, française, juive...) informent le citoyen et lui permettent d'orienter ses réflexions. Ce terme de question nationale est devenu la tarte à la crème des nationalistes en mal d'une histoire téléologique dont l'indépendance est la fin nécessaire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Jean - Inscrit
    18 octobre 2011 13 h 26
    Nouvelle citation sur l'histoire.
    Ce n'est pas nous qui faisons l'histoire. C'est l'histoire qui nous fait. Martin Luther King Extrait de La Force d'aimer
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Jean - Inscrit
    18 octobre 2011 17 h 25
    Citation sur la culture.
    Une autre conséquence de la minorisation politique dont les Canadiens français sont victimes depuis 1840.

    François Mitterrand
    C'est blesser un peuple au plus profond de lui-même que de l'atteindre dans sa culture et sa langue.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    18 octobre 2011 17 h 52
    Faiblesse de l'histoire au Québec
    Vous avez raison M. Gill.

    Mais les mots ont un sens. Le plus gros problème: la plupart des oeuvres généralistes publiés traitent de l'histoire des "Canadas", du Canada-français ou du Canada-Québec. Une nouvelle oeuvre surtout centrée sur l'histoire nationale du Québec et de son environnement nord-américain et mondial - pas seulement le Canada hors Québec -, est-ce que ça existe? Où est notre Jules Michelet et sa très attendue nouvelle Histoire du Québec.

    Du travail pour la fondation Lionel-Groulx.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Simard - Abonné
    18 octobre 2011 22 h 09
    @ Jacques Saint-Cyr
    La question nationale est une question en soi car il y a trop de Québécois qui n'ont pas conscience d'être une nation, et plusieurs de l'équipe dépendantiste qui n'ont aucun souci de perpétuer et de développer cette nation.

    Quand les dépendantistes auront autre chose à proposer que la reddition sans conditions, car le soit-disant fédéralisme d'aujourd'hui, ce n'est que cela, peut-être la question nationale aura-t-elle avancer un peu. Mais on peut toujours faire l'autruche ou se mettre un sac sur la tête comme le nouveau fan-club des caquistes, ça ne change pas que la question nationale devra être résolue de manière que la nation québécoise puisse s'épanouir dans le respect d'elle-même. Et connaître un minimum de notre histoire nationale est un préalable à la résolution de la question nationale. Mais quand on dénie sa québécité et qu'on dit oui-oui au Dominion du Canada, il est sûr qu'il n'y a pas de question.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Laurent Desbois - Inscrit
    19 octobre 2011 09 h 21
    Leur reine Victoria, qui le symbolise, est tout de même belle avec le drapeau des patriotes, mais ces derniers veulent l’enlever.
    Occupation Québec
    La vraie occupation, c’est le Canada qui occupe le Québec !
    Leur reine Victoria, qui le symbolise, est tout de même belle avec le drapeau des patriotes, mais ces derniers veulent l’enlever.


    À Occupy Montreal - Occupons Montréal
    Samedi dernier, il y avait une Marche et conférence d'Andrée Ferretti « Octobre 70, JE ME SOUVIENS! »
    https://www.facebook.com/#!/event.php?eid=244677755583717
    Il y a 41 ans, l'armée débarquait dans les rues de Montréal et imposa la loi martiale. Cette loi suspendit les droits et libertés des citoyens et plus de 500 québécoises et québécois furent emprisonnées, dû à un profilage politique et social.
    Où étiez-vous? Prosterné aux pieds de la statue de votre reine Victoria?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012