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    Les armoiries du parlement de Montréal sont retrouvées

    Un symbole majeur du parlement incendié retourne dans la métropole

    L’incendie du parlement du Canada-Uni à Montréal, le 25 avril 1849.<br />
    Photo : Musée McCord L’incendie du parlement du Canada-Uni à Montréal, le 25 avril 1849.
    Oubliées depuis 162 ans, les armoiries du parlement du Canada-Uni de Montréal, qu'on pensait disparues lors du célèbre incendie de 1849, viennent d'être retrouvées et léguées au Musée d'archéologie et d'histoire de Pointe-à-Callière.

    Sauvées des flammes, les armoiries qui trônaient au-dessus du siège du président de l'Assemblée législative du Canada-Uni constituent non seulement une découverte majeure sur le plan historique, mais le seul artefact rescapé du brasier à être rapatrié à Montréal.

    «C'est un objet extraordinaire au plan historique, parce qu'à peu près rien n'a résisté à l'incendie, mais aussi parce qu'il porte les séquelles de ces événements qui ont été marquants tant pour l'histoire du Canada que pour celle du Québec et de Montréal», soutient Louise Pothier, archéologue et responsable des expositions au musée Pointe-à-Callière.

    Lors des émeutes qui ont mené à l'incendie du parlement le 25 avril 1849, des témoins oculaires avaient rapporté que des tories, furieux contre la Couronne britannique qui venait de sanctionner la loi indemnisant les victimes des dommages causés par les rebellions de 1837-1838 dans le Bas-Canada, avaient arraché les fameuses armoiries du bâtiment en flammes pour les vandaliser. Toute trace de ces pièces avait cependant été perdue.

    L'improbable «redécouverte» a été faite grâce à l'ex-solliciteur général du Canada (1968 à 1993), Robert P. Kaplan, un amateur d'antiquités, qui a acquis l'imposante pièce dans un marché d'antiquaires de l'État de New York il y a environ 10 ans, sans se douter de sa provenance. «Ma femme et moi, nous nous étions rendus à un marché à Cazenovia, où nous avons acheté ces armoiries que j'aimais beaucoup. Le vendeur, qui était Québécois, nous a dit qu'il soupçonnait l'objet de provenir de l'ancien parlement canadien. Mais nous n'en avons pas cru un mot!» a expliqué M. Kaplan, qui vient de léguer ses pièces au musée, en entrevue au Devoir.

    Ce n'est qu'après avoir eu vent des fouilles amorcées l'été dernier à la place d'Youville pour retrouver les fondations de l'ancien parlement canadien que Robert Kaplan a cru bon de contacter le musée pour faire évaluer les armoiries par un expert, compte tenu de l'histoire racontée par le vendeur.

    La pièce de bois d'un mètre de hauteur et de largeur affiche un large écu, flanqué d'un lion et d'une licorne dont les têtes, symbole du royaume d'Angleterre, ont été vandalisées. Les armoiries portent en partie la devise britannique, «Dieu (et mon) droit», ainsi que celle de la haute chevalerie, «Honni soit qui mal y pense». Des traces de l'incendie sont décelables sur la peinture à divers endroits.

    Selon Louise Pothier, l'analyse des pigments, du bois utilisé et du style, réalisée par un expert des signes héraldiques, confirme qu'il s'agit bien des armoiries qui trônaient au Parlement du Canada-Uni, qui a siégé à Montréal de 1845 à 1849. «Les armoiries concordent avec les croquis de l'époque et les descriptions du parlement rapportées dans de nombreux écrits. On est sûrs à 99,9 %», dit-elle.

    À ce jour, cette pièce est le seul vestige de l'Hôtel du parlement de Montréal à être retourné dans la métropole. Seuls la masse parlementaire et un portrait de la reine Victoria, aujourd'hui conservés au Sénat à Ottawa, ont échappé aux flammes. Sur les 22 000 livres que comptaient les collections du parlement — l'une des plus anciennes d'Occident après celle du Congrès américain et celles de la Chambre des députés à Paris —, tout juste 100 à 200 volumes ont pu être sauvés.

    Ce don inespéré vient s'ajouter aux quelque 50 000 artefacts mis au jour depuis le début des fouilles amorcées l'été dernier à l'ouest de la place d'Youville, là où s'élevait le parlement incendié. Sous la couche de gravats issue de la destruction du parlement, et celle, subséquente, du second marché Sainte-Anne (de 1851 à 1901), les archéologues ont notamment retrouvé de la vaisselle fine, plusieurs services à thé, une paire de lunettes et de nombreuses bouteilles de grès intactes ayant contenu de la bière ou du cirage à chaussures.

    «Nous avons fouillé environ 25 % du site, et plus de 2000 objets qui étaient ensevelis dans la strate correspondant à l'époque de l'incendie ont été retrouvés. Nous avons la chance extraordinaire d'avoir un site demeuré presque intouché, puisque après la démolition du marché, le lieu est devenu un stationnement», soutient Mme Pothier.

    Les fouilles ont aussi permis de constater que la partie ouest de l'égout collecteur de la rivière Saint-Pierre, un des plus anciens ouvrages d'ingénierie de la métropole, avait servi de fondation au premier marché Sainte-Anne, et même de chambre de refroidissement pour les pièces d'entreposage des aliments logées au sous-sol. À la lumière de ces découvertes, le Musée Pointe-à-Callière souhaite que le conduit, en parfait état de conservation, soit mis en valeur et serve de tunnel pour relier les divers sites du projet de Cité de l'archéologie.
    L’incendie du parlement du Canada-Uni à Montréal, le 25 avril 1849.<br />
Les armoiries retrouvées portent les traces de l’incendie.<br />
     
     
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