Alliance coopérative internationale - Les coopératives font partie de la solution
« Un Terrien sur deux bénéficie d'au moins une des 750 000 coopératives et mutuelles du monde »
Alors que le monde vit une triple crise, écologique, sociale et économique, les coopératives se positionnent comme une partie de la solution. Entrevue avec Réjean Lantagne, représentant des coopératives canadiennes à l'Alliance coopérative internationale, région des Amériques (ACI-Amériques).
L'année 2012 sera importante pour les coopératives. D'abord, l'ONU a décrété que ce sera l'Année internationale des coopératives. De plus, ce sera le Sommet de la Terre de Rio 2012. Deux événements où l'ACI-Amériques souhaite faire rayonner l'oeuvre des coopératives pour faire en sorte que le monde soit plus durable.
«Les coopératives agissent sur l'aspect social, économique et écologique. Elles font du réel développement durable», affirme Réjean Lantagne, également directeur général de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI).
Par sa définition, la coopérative appartient à ses membres. «Dans un monde où les inégalités sociales sont croissantes, la coopérative permet de redistribuer la richesse équitablement entre ses membres. La coopérative offre un grand avantage en matière d'équité sociale», affirme M. Lantagne.
Une force économique
Les coopératives génèrent aussi énormément de revenus. C'est une force économique. «Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles dans le monde équivalent à la 10e économie mondiale en matière de revenus générés, indique M. Lantagne. Pourtant, c'est méconnu.»
Plusieurs pays ont réussi à développer leurs régions grâce à des coopératives. «Je pense par exemple aux coopératives agricoles aux États-Unis, indique M. Lantagne. L'épargne, le crédit et les assurances sont aussi des secteurs où on retrouve énormément de coopératives. On retrouve 100 millions de coopérateurs aux États-Unis.»
Le Canada est également très bon élève avec ses 17 millions de coopérateurs, selon ses chiffres. «C'est un Canadien sur deux, précise-t-il. À l'échelle de la planète, on parle d'un septième de la population qui fait partie d'une coopérative. Si on étend ce nombre aux familles, cela représente un Terrien sur deux qui bénéficie d'au moins une des 750 000 coopératives et mutuelles du monde.»
Réjean Lantagne est convaincu que le modèle coopératif est encore plus attirant en temps de crise économique. «D'ailleurs, l'Organisation internationale du travail (OIT) a démontré que de plus en plus de gens se tournent vers les coopératives, avec la crise», affirme-t-il.
À ses yeux, c'est tout à fait logique. «Alors que les banques ont fait faillite, les coopératives ont mieux résisté. Pourquoi? Parce que les coopératives ne sont pas seulement tournées vers l'argent, comme les entreprises capitalistes. Elles sont d'abord tournées vers leurs membres. Le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) a d'ail-leurs démontré, dans une étude, que les coopératives sont deux fois plus durables dans le temps que les entreprises ordinaires», indique M. Lantagne.
Des entreprises inquiètes du sort de la planète
Plusieurs coopératives sont directement dépendantes de l'environnement. «Plusieurs coopératives sont actives dans le monde rural. Elles vivent de la terre, de la forêt, donc elles se doivent de les protéger. Les coopératives font partie de la solution. Plusieurs vont d'ailleurs vers la nouvelle économie verte, comme l'énergie solaire, l'éolienne et la biomasse», remarque M. Lantagne.
Il affirme que les coopératives agricoles au Québec sont en train de mettre en place un système de notation en matière de développement durable. «Elles veulent voir où elles sont rendues et mettre en place une stratégie pour s'améliorer. Cela ne veut pas dire que tout est parfait, mais la conscience du problème est là et plusieurs font beaucoup pour améliorer les choses», indique M. Lantagne.
Il croit également que plusieurs coopératives multiplient les efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. «Par exemple, chez Desjardins, qui est le deuxième employeur privé au Québec, les nombreux déplacements entre Montréal et Québec que les employés doivent faire se font avec les transports collectifs. De plus, la SOCODEVI a mis sur pied un programme pour compenser les émissions de gaz à effet de serre de ses membres en plantant des arbres. En trois ans d'existence, nous avons maintenant neuf de nos membres qui ont embarqué dans le projet», affirme-t-il.
Soutenir le développement de coopératives au Sud
Toutes ces raisons expliquent pourquoi le directeur général de la SOCODEVI trouve si important que les coopératives d'ici soutiennent la création et le renforcement de coopératives dans les pays du Sud. «De plus, avec une coopérative, l'argent reste dans le pays, alors que, avec les multinationales, tout le profit ressort», affirme M. Lantagne.
Il déplore le fait que les actions des coopératives québécoises à l'étranger sont encore méconnues. «La SOCODEVI et Développement international Desjardins sont très actifs dans une quarantaine de pays en développement, au total. Ce sont des millions de dollars qui sont investis en appui aux coopératives du Sud», précise-t-il.
Réjean Lantagne croit toutefois que davantage pourrait être fait. «Il y a un potentiel énorme. Il y a aussi une volonté des coopératives d'ici d'en faire plus. Il faudrait toutefois que davantage d'argent soit disponible pour appuyer ces initiatives.»
Le Sud particulièrement à risque
Aux yeux de Réjean Lantagne, c'est bien la moindre des choses que les pays riches payent pour améliorer la situation dans les pays pauvres. «Une étude de la Banque mondiale démontre que, entre 1850 et 2005, les pays riches qui regroupent un milliard de personnes, soit 1/7 de la population mondiale, ont été responsables de 64 % de toutes les émissions de CO2 de la planète. Les pays les plus pauvres, qui regroupent 1,5 milliard de personnes, en sont responsables de seulement 2 %», affirme-t-il.
Pourtant, les pays les plus pauvres souffrent davantage du réchauffement climatique. «Selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les pays en développement subissent 80 % des effets négatifs du réchauffement. Et nous en sommes les grands responsables.»
***
Collaboratrice du Devoir
L'année 2012 sera importante pour les coopératives. D'abord, l'ONU a décrété que ce sera l'Année internationale des coopératives. De plus, ce sera le Sommet de la Terre de Rio 2012. Deux événements où l'ACI-Amériques souhaite faire rayonner l'oeuvre des coopératives pour faire en sorte que le monde soit plus durable.
«Les coopératives agissent sur l'aspect social, économique et écologique. Elles font du réel développement durable», affirme Réjean Lantagne, également directeur général de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI).
Par sa définition, la coopérative appartient à ses membres. «Dans un monde où les inégalités sociales sont croissantes, la coopérative permet de redistribuer la richesse équitablement entre ses membres. La coopérative offre un grand avantage en matière d'équité sociale», affirme M. Lantagne.
Une force économique
Les coopératives génèrent aussi énormément de revenus. C'est une force économique. «Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles dans le monde équivalent à la 10e économie mondiale en matière de revenus générés, indique M. Lantagne. Pourtant, c'est méconnu.»
Plusieurs pays ont réussi à développer leurs régions grâce à des coopératives. «Je pense par exemple aux coopératives agricoles aux États-Unis, indique M. Lantagne. L'épargne, le crédit et les assurances sont aussi des secteurs où on retrouve énormément de coopératives. On retrouve 100 millions de coopérateurs aux États-Unis.»
Le Canada est également très bon élève avec ses 17 millions de coopérateurs, selon ses chiffres. «C'est un Canadien sur deux, précise-t-il. À l'échelle de la planète, on parle d'un septième de la population qui fait partie d'une coopérative. Si on étend ce nombre aux familles, cela représente un Terrien sur deux qui bénéficie d'au moins une des 750 000 coopératives et mutuelles du monde.»
Réjean Lantagne est convaincu que le modèle coopératif est encore plus attirant en temps de crise économique. «D'ailleurs, l'Organisation internationale du travail (OIT) a démontré que de plus en plus de gens se tournent vers les coopératives, avec la crise», affirme-t-il.
À ses yeux, c'est tout à fait logique. «Alors que les banques ont fait faillite, les coopératives ont mieux résisté. Pourquoi? Parce que les coopératives ne sont pas seulement tournées vers l'argent, comme les entreprises capitalistes. Elles sont d'abord tournées vers leurs membres. Le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) a d'ail-leurs démontré, dans une étude, que les coopératives sont deux fois plus durables dans le temps que les entreprises ordinaires», indique M. Lantagne.
Des entreprises inquiètes du sort de la planète
Plusieurs coopératives sont directement dépendantes de l'environnement. «Plusieurs coopératives sont actives dans le monde rural. Elles vivent de la terre, de la forêt, donc elles se doivent de les protéger. Les coopératives font partie de la solution. Plusieurs vont d'ailleurs vers la nouvelle économie verte, comme l'énergie solaire, l'éolienne et la biomasse», remarque M. Lantagne.
Il affirme que les coopératives agricoles au Québec sont en train de mettre en place un système de notation en matière de développement durable. «Elles veulent voir où elles sont rendues et mettre en place une stratégie pour s'améliorer. Cela ne veut pas dire que tout est parfait, mais la conscience du problème est là et plusieurs font beaucoup pour améliorer les choses», indique M. Lantagne.
Il croit également que plusieurs coopératives multiplient les efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. «Par exemple, chez Desjardins, qui est le deuxième employeur privé au Québec, les nombreux déplacements entre Montréal et Québec que les employés doivent faire se font avec les transports collectifs. De plus, la SOCODEVI a mis sur pied un programme pour compenser les émissions de gaz à effet de serre de ses membres en plantant des arbres. En trois ans d'existence, nous avons maintenant neuf de nos membres qui ont embarqué dans le projet», affirme-t-il.
Soutenir le développement de coopératives au Sud
Toutes ces raisons expliquent pourquoi le directeur général de la SOCODEVI trouve si important que les coopératives d'ici soutiennent la création et le renforcement de coopératives dans les pays du Sud. «De plus, avec une coopérative, l'argent reste dans le pays, alors que, avec les multinationales, tout le profit ressort», affirme M. Lantagne.
Il déplore le fait que les actions des coopératives québécoises à l'étranger sont encore méconnues. «La SOCODEVI et Développement international Desjardins sont très actifs dans une quarantaine de pays en développement, au total. Ce sont des millions de dollars qui sont investis en appui aux coopératives du Sud», précise-t-il.
Réjean Lantagne croit toutefois que davantage pourrait être fait. «Il y a un potentiel énorme. Il y a aussi une volonté des coopératives d'ici d'en faire plus. Il faudrait toutefois que davantage d'argent soit disponible pour appuyer ces initiatives.»
Le Sud particulièrement à risque
Aux yeux de Réjean Lantagne, c'est bien la moindre des choses que les pays riches payent pour améliorer la situation dans les pays pauvres. «Une étude de la Banque mondiale démontre que, entre 1850 et 2005, les pays riches qui regroupent un milliard de personnes, soit 1/7 de la population mondiale, ont été responsables de 64 % de toutes les émissions de CO2 de la planète. Les pays les plus pauvres, qui regroupent 1,5 milliard de personnes, en sont responsables de seulement 2 %», affirme-t-il.
Pourtant, les pays les plus pauvres souffrent davantage du réchauffement climatique. «Selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les pays en développement subissent 80 % des effets négatifs du réchauffement. Et nous en sommes les grands responsables.»
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Collaboratrice du Devoir








