La planète sera solidaire ou ne sera plus!
L'«autre» économie propose en modèles ses réalisations
«On change de modèle.» C'est par cette phrase-choc, presque un slogan, que le Groupe d'économie solidaire du Québec, le GESQ, lance l'invitation à participer à un rendez-vous international ce lundi qui vient, soit le 17 octobre, au Centre Saint-Pierre de Montréal. Au programme: comment l'économie sociale et solidaire contribue à relever les défis qui permettront la réalisation d'un développement durable.
Nous étions en 1992, à Rio de Janeiro, au Brésil, et les tenants d'une nouvelle démarche écologique, soit celle de ceux qui affirmaient qu'il fallait contrer ce développement qui faisait fi, dans sa réalisation, des changements climatiques, ces gens enregistraient une victoire: on allait pouvoir mettre fin à une pratique où le profit avait préséance sur toute autre mesure d'action.
La planète serait ainsi protégée. Ensuite il y eut Montréal, puis Copenhague, ces grandes rencontres écologistes ont finalement imposé une réorientation des actions: des pays — le Canada d'un Stephen Harper devenant d'ailleurs le ténor dans le concert des capitalistes purs et durs — ont tout fait pour mettre à mal ces programmes de contrôle et d'encadrement des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place de multiples mesures de protection de la qualité de l'environnement. Et le rêve que le mot «Kyoto» avait recouvert s'est transformé en cauchemar.
Ajoutons à cela une crise économique et voilà que les campagnes publicitaires de la droite se font entendre pour proclamer que la nécessité d'une reprise économique autorise à nouveau tous les abus. Et c'est le retour dans ce «Far-West» économique qui est pourtant le grand responsable de ces pertes qui s'évaluent aujourd'hui à des milliers de milliards, qu'ils soient des dollars, des euros, des pesos ou des yuans.
Espoir
Heureusement, d'autres voix, d'espoir cette fois, se font entendre. Et on parle de l'émergence d'une nouvelle économie, qui, elle, est au service des gens et promeut même une utilisation rationnelle des ressources. «Avec la dernière crise qui a entraîné des pertes d'emplois et une récession économique sans précédent, rappelle ainsi Pierre Patry, trésorier et responsable du dossier de l'économie sociale à la Confédération des syndicats nationaux, il y a un questionnement à l'échelle internationale pour trouver une façon de repenser l'économie en fonction des besoins des personnes. Il y a donc, depuis deux ou trois ans, de plus en plus de réseautage à l'échelle internationale pour faire émerger un nouveau mode de développement.»
Nous arrivons alors dans le monde des coopératives et des divers organismes citoyens, ces OBNL qui sont d'ailleurs devenus des acteurs majeurs de l'économie québécoise: on pense ici à Desjardins, aux fonds de travailleurs, à la Coop fédérée, voire aux divers centres de la petite enfance. Et un mouvement de même nature agit à l'échelle internationale, comme le signale Réjean Lantagne, représentant des coopératives canadiennes auprès de l'Alliance coopérative internationale région des Amériques: «Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles dans le monde équivalent à la 10e économie mondiale en matière de revenus générés.»
Action
Il y aura donc un nouveau Rio en 2012, ce Rio +20. Et l'occasion est donc donnée de rencontrer les dirigeants de la planète pour leur faire admettre que l'économie traditionnelle a été incapable de relever le défi du développement: l'accumulation des richesses pour le seul profit de quelques-uns a été la cause de la grande débandade économique. Et alors, la richesse d'un pays ne se mesure pas au nombre de Mercedes ou de Cadillac par habitant!
Rendez-vous est donc fixé à Rio. Mais, d'ici là, on s'y prépare. En cette année qui précède l'Année internationale des coopératives, le milieu associatif demande que, en économie, on change de modèle. Un lundi, donc, de rencontres, ce 17 octobre, au Centre Saint-Pierre, en ce jour d'ouverture du Forum international de l'économie sociale et solidaire (qui, lui, se déroule au Palais des congrès, et ce, jusqu'au 20), puis déplacement vers Chamonix, où se tiendront en novembre les Rencontres du Mont-Blanc, puis Rio en juin prochain, avant de conclure dans un an par le Sommet international des coopératives.
Et on aurait la formule gagnante, comme le souligne Jean-François Lisée: «Cette économie sociale, face à la crise du capitalisme, est à la fois un rempart et un programme. Je parle d'un rempart parce que, que ce soit ailleurs ou au Québec, les entreprises qui ont le mieux résisté à la crise de 2008, ce sont les coopératives et les entreprises d'économie sociale; elles y sont arrivées notamment parce qu'elles ne sont pas cotées en Bourse et qu'elles sont protégées des fluctuations du marché.»
Dans cette nouvelle économie, le Québec se veut un chef de file. Les réalisations passées l'autorisent. Et les tenants de cette démarche savent qu'ils ne sont point seuls: ne dénombre-t-on pas sur la planète près de 750 000 coopératives de toute nature?
Nous étions en 1992, à Rio de Janeiro, au Brésil, et les tenants d'une nouvelle démarche écologique, soit celle de ceux qui affirmaient qu'il fallait contrer ce développement qui faisait fi, dans sa réalisation, des changements climatiques, ces gens enregistraient une victoire: on allait pouvoir mettre fin à une pratique où le profit avait préséance sur toute autre mesure d'action.
La planète serait ainsi protégée. Ensuite il y eut Montréal, puis Copenhague, ces grandes rencontres écologistes ont finalement imposé une réorientation des actions: des pays — le Canada d'un Stephen Harper devenant d'ailleurs le ténor dans le concert des capitalistes purs et durs — ont tout fait pour mettre à mal ces programmes de contrôle et d'encadrement des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place de multiples mesures de protection de la qualité de l'environnement. Et le rêve que le mot «Kyoto» avait recouvert s'est transformé en cauchemar.
Ajoutons à cela une crise économique et voilà que les campagnes publicitaires de la droite se font entendre pour proclamer que la nécessité d'une reprise économique autorise à nouveau tous les abus. Et c'est le retour dans ce «Far-West» économique qui est pourtant le grand responsable de ces pertes qui s'évaluent aujourd'hui à des milliers de milliards, qu'ils soient des dollars, des euros, des pesos ou des yuans.
Espoir
Heureusement, d'autres voix, d'espoir cette fois, se font entendre. Et on parle de l'émergence d'une nouvelle économie, qui, elle, est au service des gens et promeut même une utilisation rationnelle des ressources. «Avec la dernière crise qui a entraîné des pertes d'emplois et une récession économique sans précédent, rappelle ainsi Pierre Patry, trésorier et responsable du dossier de l'économie sociale à la Confédération des syndicats nationaux, il y a un questionnement à l'échelle internationale pour trouver une façon de repenser l'économie en fonction des besoins des personnes. Il y a donc, depuis deux ou trois ans, de plus en plus de réseautage à l'échelle internationale pour faire émerger un nouveau mode de développement.»
Nous arrivons alors dans le monde des coopératives et des divers organismes citoyens, ces OBNL qui sont d'ailleurs devenus des acteurs majeurs de l'économie québécoise: on pense ici à Desjardins, aux fonds de travailleurs, à la Coop fédérée, voire aux divers centres de la petite enfance. Et un mouvement de même nature agit à l'échelle internationale, comme le signale Réjean Lantagne, représentant des coopératives canadiennes auprès de l'Alliance coopérative internationale région des Amériques: «Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles dans le monde équivalent à la 10e économie mondiale en matière de revenus générés.»
Action
Il y aura donc un nouveau Rio en 2012, ce Rio +20. Et l'occasion est donc donnée de rencontrer les dirigeants de la planète pour leur faire admettre que l'économie traditionnelle a été incapable de relever le défi du développement: l'accumulation des richesses pour le seul profit de quelques-uns a été la cause de la grande débandade économique. Et alors, la richesse d'un pays ne se mesure pas au nombre de Mercedes ou de Cadillac par habitant!
Rendez-vous est donc fixé à Rio. Mais, d'ici là, on s'y prépare. En cette année qui précède l'Année internationale des coopératives, le milieu associatif demande que, en économie, on change de modèle. Un lundi, donc, de rencontres, ce 17 octobre, au Centre Saint-Pierre, en ce jour d'ouverture du Forum international de l'économie sociale et solidaire (qui, lui, se déroule au Palais des congrès, et ce, jusqu'au 20), puis déplacement vers Chamonix, où se tiendront en novembre les Rencontres du Mont-Blanc, puis Rio en juin prochain, avant de conclure dans un an par le Sommet international des coopératives.
Et on aurait la formule gagnante, comme le souligne Jean-François Lisée: «Cette économie sociale, face à la crise du capitalisme, est à la fois un rempart et un programme. Je parle d'un rempart parce que, que ce soit ailleurs ou au Québec, les entreprises qui ont le mieux résisté à la crise de 2008, ce sont les coopératives et les entreprises d'économie sociale; elles y sont arrivées notamment parce qu'elles ne sont pas cotées en Bourse et qu'elles sont protégées des fluctuations du marché.»
Dans cette nouvelle économie, le Québec se veut un chef de file. Les réalisations passées l'autorisent. Et les tenants de cette démarche savent qu'ils ne sont point seuls: ne dénombre-t-on pas sur la planète près de 750 000 coopératives de toute nature?








