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Guerre américano-britannique de 1812 - Détournement d'histoire pour développer l'unité canadienne

Robert Comeau - Historien  12 octobre 2011  Actualités en société
Après l'article de The Gazette du 25 juin 2011 qui rappelait le bicentenaire de la guerre de 1812 oubliée au Québec («The war Quebec forgot»), voilà qu'il y eut un article dans La Presse du premier octobre 2011, intitulé «Bicentenaire de la guerre de 1812. Les Québécois peu intéressés par les festivités», faisant état d'un rapport commandé par le gouvernement Harper pour mettre sur pied une campagne publicitaire faisant la promotion des célébrations entourant le bicentenaire de cette guerre.

Une capsule publicitaire pour la télévision pour célébrer l'unité canadienne en utilisant la commémoration de 1812 a déjà été préparée au coût de 1,5 million de dollars. Le gouvernement Harper prétend que «le pays n'existerait pas si l'invasion américaine de 1812-1814 avait réussi», comme si tel avait été l'enjeu en 1812.

Or il faut savoir que la très grande majorité des historiens américains ne considèrent pas du tout la conquête du sol canadien comme étant une des causes de cette guerre. Bien sûr, une fois la guerre déclenchée entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, il s'est trouvé des politiciens comme Thomas Jefferson qui se sont mis à rêver de l'acquisition du «British North America».

Vraies causes d'une guerre

Mais quelles étaient les véritables causes de cette guerre? Le Royaume-Uni, en guerre alors contre la France napoléonienne, pratique un blocus contre les navires qui approvisionnent la France. Les États-Unis, pays neutre, approvisionnaient la France. Les Britanniques veulent non seulement étouffer économiquement la France, mais empêcher la flotte marchande américaine de prendre trop d'importance et de lui porter ombrage.

Les Américains déclarent alors la guerre aux Britanniques, non seulement pour défendre la liberté du commerce international, mais aussi parce que des Britanniques ont arrêté des navires américains qui ont recruté des marins britanniques qu'ils considèrent comme des déserteurs. De plus, les Américains n'acceptent pas que les Britanniques soutiennent des autochtones des États-Unis en leur fournissant des armes. On se souviendra qu'après 1763, date du traité de Paris où la France céda le Canada, les Britanniques avaient créé une réserve amérindienne entre les Appalaches et le Mississippi. En 1787, les États-Unis, devenus un pays indépendant, avaient mis fin à cette situation en créant des États comme l'Ohio. Or voilà que les Britanniques fournissent maintenant des armes aux autochtones, ce que ne tolère pas le gouvernement américain.

Voilà les enjeux de cette guerre qui eut lieu en pleine mer, ainsi qu'à Washington, à la Nouvelle-Orléans et dans la région des Grands Lacs. L'idée de s'emparer du Canada n'était pas l'objectif des Américains, quoi qu'en dise le ministre de Patrimoine canadien, James Moore. Même le site de Parcs Canada ne fait pas mention de la menace de l'annexion du Canada comme enjeu explicite de cette guerre, que certains Américains qualifient de «seconde guerre d'indépendance des États-Unis». Par conséquent, le Québec n'a absolument rien à célébrer de cette guerre entre l'Empire britannique et les États-Unis.

La «bataille» de Châteauguay de 1813

Il est exact qu'il y a eu un raid à Châteauguay en 1813 avec des échanges de coups de feu sporadiques lorsque les troupes du Bas-Canada dirigées par Charles de Salaberry, et formées de quelques centaines de miliciens canadiens et d'une vingtaine d'Amérindiens, ont repoussé des miliciens américains qui s'étaient aventurés en sol canadien pour tenter d'occuper les lieux pour empêcher tout approvisionnement vers le Haut-Canada. La «bataille» de Châteauguay, où il n'y a pas vraiment eu de corps à corps, ne dura que quatre heures et n'a rien à voir avec l'unité nationale.

Lors de la «bataille» de Châteauguay, le but des milices américaines, qui ne faisaient d'ailleurs pas partie de l'armée régulière, n'était pas d'attaquer le Canada. Les Américains n'avaient alors aucune visée d'annexion du territoire canadien. Car en 1783, les Américains avaient déjà doublé leur territoire en faisant l'acquisition de la réserve située entre les Appalaches et la rive droite du Mississippi. Ils avaient acheté de la France en 1803 l'immense territoire entre le Mississippi et les Rocheuses. L'annexion du Canada n'était pas alors dans leur plan.

Par le traité de Gand de 1814, ratifié en 1815 et qui mit fin au conflit, on retourna au statu quo. Mais les Américains y gagnaient sur plusieurs points: l'Angleterre mettait fin au soutien des Amérindiens du territoire américain et c'était la fin du contrôle commercial avec la France.

De quoi célébrer?

Pourquoi célébrer une guerre qui a donné satisfaction aux Américains et qui a consacré le début des pertes considérables des Amérindiens vivant en sol américain? Le Québec n'a rien à célébrer de cette guerre qui n'a pas à voir avec l'unité nationale, car il n'y a jamais eu, en 1812, de menace d'invasion du territoire par les États-Unis. Pourtant, le gouvernement Harper compte célébrer avec faste ce bicentenaire et ériger un monument en l'honneur de cette guerre dans la région de la capitale fédérale pour célébrer, selon ses termes, «les efforts héroïques déployés par l'armée et la marine britannique, les miliciens volontaires francophones et anglophones ainsi que les Alliés des Premières Nations en vue de repousser l'invasion». On est prévenu: le ministre du Patrimoine et le premier ministre Harper comptent «souligner le courage des héros de cette guerre durant tout le mois d'octobre 2012»!

C'est ainsi que l'argent des contribuables du Québec servira au développement du nationalisme canadian. Le gouvernement fédéral ne manque pas une occasion pour construire sur des mythes son identité et développer le nation building canadian. S'il y a une guerre dont les Québécois devraient pourtant se souvenir, c'est plutôt celle de la conquête britannique du 13 septembre 1759, qui entraîna notre défaite.

Le 10 février 2013 marquera les 250 ans du traité de Paris consacrant la cession de notre pays à l'Angleterre, mais cette date ne fait pas partie des événements que le gouvernement Harper rappellera. On apprend aujourd'hui que c'est plutôt en 2015 que le gouvernement conservateur compte bien marquer le 200e anniversaire de naissance de Sir John A. Macdonald. En 2012, il fêtera aussi le jubilé de diamant d'Elizabeth II.

***

Robert Comeau - Historien
 
 
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  • Yves Côté - Abonné
    12 octobre 2011 03 h 15
    Pour bien fêter la monarchie...
    Pour bien fêter la monarchie, selon moi, rien ne vaudra que de célébrer au Québec les valeurs de la république...
    Vive le Québec libre et républicain !
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    12 octobre 2011 08 h 17
    Le hic
    Les québécois ne veulent rien fêter, si ce n'est avec Paul McCartney qui leur dira "Bonjour toute la gang!". Alors là ils seront contents, parce qu'on leur dira qu'on les aime. En fait, j'ai déjà vu ce film quelque part...
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  • Jean-Pierre Martel - Abonné
    12 octobre 2011 08 h 49
    Oui à ces célébrations
    Les Américains aiment croire que leur pays n'est pas un pays impérialiste et qu'à la différence des pays communistes, ils n'ont jamais cherché à envahir les pays voisins.

    Il n'est donc pas étonnant que la conquête de Montréal et le siège de Québec par des troupes de la jeune république américaine ne soit jamais enseignés dans les écoles publiques américaines. Parce que cela est contraire à l'image que les Américains aiment d'avoir d'eux-mêmes. Or ils l'ignorent mais ils ont la manie de vouloir "libérer" les peuples contre leur gré (Canada, Cuba, Irak, etc.)

    De plus, les Américains n'aiment pas se voir perdants. Ce sont des gagnants par nature : ils ont la victoire inscrite dans leurs chromosomes. Or la guerre canado-américaine, ils l'ont perdue. Lamentablement.

    Et cette défaite résulte de l'utilisation d'une arme de destruction massive par le Canada : les rigueurs de l'hiver canadien.

    En plein février, les conquérants américains ont levé le siège de Québec, n'étant pas vêtus correctement. Instinctivement, il ont compris la leçon : depuis ce temps, ils reviennent seulement l'été, au cours de nos festivals (où ils sont les bienvenus par ailleurs)...

    Le Canada a raison de souligner cette guerre. Il est temps que les Américains apprennent qu'ils sont un peuple comme les autres, dont le pays, dynamique et créatif, est capable de grandeurs autant que de misère...
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    12 octobre 2011 08 h 57
    @ M. Comeau a, par interprétation, pas mal tout faux
    Vous écrivez : «S'il y a une guerre dont les Québécois devraient pourtant se souvenir, c'est plutôt celle de la conquête britannique du 13 septembre 1759, qui entraîna notre défaite.»

    Le fédéral voulait souligner cette conquête mais les Québécois n'ont pas voulu.

    Vous ajoutez : «Le 10 février 2013 marquera les 250 ans du traité de Paris consacrant la cession de notre pays à l'Angleterre, mais cette date ne fait pas partie des événements que le gouvernement Harper rappellera. »

    Le gouvernement Harper ne tentera plus de souligner cet évènement qui est même pire, pour les Québécois francophones, que la défaite des Plaines, vu que les Québécois, en profiteraient pour déchirer leurs chemises en public et manifester contre la fête d'une autre défaite française.

    Par contre, c’est bien connu que les Canadiens-français du Bas-Canada, ne voulaient pas être annexés aux États-Unis. Ils voulaient demeurer citoyens britanniques. C'est la raison qui les a fait combattre les Américains en 1813 avec M. de Salaberry.

    Nous fêterons bien ce que nous voulons, si nous le voulons, sans tenir trop compte des séparatistes enragés comme ceux qui ont fait canceller les fêtes des Plaines à Québec, ce qui a fait économiser de l’argent au fédéral et réduit le nombre de touristes européens à Québec.
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    12 octobre 2011 09 h 25
    P'tite histoire d'un puissant peuple!
    À peine plus de cent ans. Le Canada anglais n'a pas d'histoire, et encore la job de bras a souvent été tenu par ces Canadiens français conquis avec GRAND honneur (ça aussi on semble l'oublier).

    C'est vrai que ce grand peuple, quoique plutôt sympathique à une certaine époque, noircit allègrement les pages de l'histoire depuis quelques années! Mais laissons-leur ces p'tites galéjades, un peu de compassion ;-)

    Certes nous là-dedans? L'histoire parler d'elle même! Cette histoire, cette INDÉPENDANCE, est aussi à portée de main!

    En attendant, c'est à la merci et aux besoins de ce peuple que notre folklore s'anime sans plus. Bien cuit comme un autochtone ou une tourtière sans tourte!
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  • Geoffroi - Abonné
    12 octobre 2011 09 h 32
    Un oubli Monsieur
    « Le Royaume-Uni, en guerre alors contre la France napoléonienne, pratique un blocus contre les navires qui approvisionnent la France.»

    La France pratiquait aussi un blocus contre le Royaume-Uni:

    «Épisode important de l'histoire du Premier Empire, le Blocus continental est le nom donné à la politique suivie par Napoléon qui tentait de ruiner le Royaume-Uni en l'empêchant de commercer avec le reste de l'Europe, initiée par le décret de Berlin en novembre 1806.»

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Blocus_continental
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  • Marie Mance Vallée - Inscrite
    12 octobre 2011 09 h 37
    N'importe quoi !
    Il se dit tout et rien au sujet de cette guerre de 1812. Certains vont même jusqu'à prétendre qu'elle aurait été occultée par les maîtresses d'école ou les religieuses enseignantes du Département de l'Instruction publique, bien sûr, évidemment, au temps de la grande noirceur !!!

    Ce n'est pas mon cas. J'ai très bien appris les tenants et aboutissants de cette guerre dans mon petit village natal dans le nord du Québec, dans les années quarante et cinquante. Et ce sont les religieuses qui me l'ont enseignée.

    Comme d'habitude les idiots utiles sévissent... désinforment et etc... En somme, ils font de la petite politique.
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  • Claude Jean - Inscrit
    12 octobre 2011 13 h 18
    L'opinion de Jacques Lacoursière.
    Qui se souvient de la guerre de 1812 qui allait opposer les deux alliés indéfectibles que sont aujourd'hui le Canada et les États-Unis?

    Ottawa a décidé d'ériger un monument permanent en mémoire de cette guerre et de restaurer plusieurs sites de batailles.

    Ottawa compte d'ailleurs multiplier les reconstitutions historiques au cours des quatre prochaines années, des investissements majeurs pour commémorer avec faste une guerre qui a jeté les bases d'un Canada « libre et indépendant », selon le ministre du Patrimoine, James Moore.

    Michel Désautels en parle avec Jacques Lacoursière, auteur et historien qui a aussi présidé le Groupe de travail sur l'enseignement de l'histoire.

    http://www.radio-canada.ca/emissions/desautels/201

    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#u

    Bonne écoute et découvertes!
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  • Georges Paquet - Abonné
    12 octobre 2011 16 h 58
    En 1812, Napoleon s'épuisait à traverser et retraverser la Berezina.
    Depuis 1812, la campagne de Russie, 1813 la campagne allemande, l'abdication de Napoleon en 1814 et la défaite à Waterloo en 1815, la France n'avait aucun intérèt à ce qui se passait outre-Atlantique. La Américains ne rencontraient aucune résistance à l'expansion au sud et à l'Ouest. Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient voulu sonder la résistance à une progression territotiale vers le Nord. On reconnaît cet état d'esprit quand on constate avec quelle détermination, nos voisins américains refusent de reconnaître la souveraineté du Canada dans le Grand-Nord et sur les voies de communications.
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  • Gaston Deschênes - Abonné
    12 octobre 2011 17 h 28
    Pourquoi 1812?
    Curieux, cette célébration de 1812? Pourquoi pas plutôt la fin de la guerre? y a-t-il quelqu'un qui fête 1914 et 1939?
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  • cpoulin - Inscrit
    12 octobre 2011 19 h 37
    Détournement d'attention
    Mon commentaire ne vise pas à faire changer d'idée ceux qui pensent que la célébration de la victoire de la guerre de 1812 fait parti d'un complot conservateur pour "développer l'unité canadienne". Ils ont droit à leur opinion. Je pense toutefois que le rappel de cet événement mis en contexte servirait à briser ce mur de l'ignorance à propos de l'importance du rôle joué par les E-U dans l'évolution de notre pays (y inclus Québec). Or les propos du professeur Comeau, me semble-t-il, détournent l'attention sur une question essentielle. Et cela en réduisant la réalité évidemment complexe de cette guerre pour arriver à sa conclusion sur le phénomène de la Conquête (la défaite de 1759). On reconnaît le parti pris idéologique auquel il a consacré son engagement personnel et qui colore son titre d'universitaire. Pour ma part, ayant consacré 32 ans à l'enseignement de l'histoire dans un cégep (Canada/Québec/États-Unis) j'ai acquis la conviction que l'on ne peut pas étudier l'histoire du Canada (du Québec) sans avoir toujours à l'esprit celle de nos voisins. Parce qu'en somme, elle va marquer chacun des grands virages de notre évolution. Pour ce faire, il faut tenir compte des phénomène économiques et celui de l'expansion territoriale qui conditionnent plus que tout les développement du Canada. Inutile de rappeler la situation de la Nouvelle France et de son Empire des fourrures qui entraîne les rivalités que l'on sait et dont le résultat est justement le traité de Paris. Il en est de même pour les autres chapitres alors que les grands changements constitutionnels résultent toujours du besoin de résister à l'expansion démographique et économique des américains. Mais bon, comme il semble qu'il vaut mieux simplifier les choses trop difficile pour les non instruits. Les mythes ont la vie longue. Claude Poulin
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  • Jacques Boudreau - Inscrit
    12 octobre 2011 21 h 41
    À M. Jean-Pierre Martel (en réponse à votre commentaire)
    Monsieur Martel,

    Vous mentionnez le fait que les Américains ont capturé Montréal et assiégé Québec, sans préciser à quels moments ces événements ont eu lieu.

    Or, il s'avère que la capture de Montréal et le siège de Québec par les Américains n'ont pas eu lieu pendant la Guerre de 1812-1815, mais bien plutôt pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783).

    Montréal est tombée aux mains d'une armée américaine dirigée par le général Richard Montgomery en novembre 1775 et n'a été évacuée par les Américains qu'em juin 1776.

    Une armée américaine dirigée par le général Benedict Arnold est arrivée dans les environs de Québec en novembre 1775 (via la Beauce) et a été bientôt rejointe par une partie de l'armée du général Montgomery, et ces troupes ont assiégé la ville fortifiée. Une tentative d'assaut de la ville a eu lieu le 31 décembre 1775, et s'est conclue par un désastre pour les Américains (le général Richard Montgomery a été tué dans cette attaque).

    Le siège de Québec a continué jusqu'au début de mai 1776, lorsque la Marine britannique a apporté des renforts au général Sir Guy Carleton.

    Qualques centaines d'habitants canadiens se sont joints aux rebelles américains au cours de ce conflit, principalement dans le 1st Canadian Regiment et le 2nd Canadian Regiment (ce dernier étant aussi connu comme le Régiment de Moses Hazen, qui a recruté les Canadiens de ce régiment).

    Plusieurs de Canadiens rebelles ne sont pas retournés au Canada à l'issue du conflit, et ils ont éventuellement reçu des concessions territoriales dans ce qui est maintenant le nord de l'état de New York et dans la région de Détroit.

    Lors d'une rencontre d'une société de généalogie canadienne-française du Vermont, l'an dernier, j'ai rencontré un Monsieur Juneau du nord de l'état de New York, qui est un fier descendant d'un membre du 2nd Canadian Regiment de Moses Hazen.

    Lors de la guerre de 1812-1815, les Am
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  • Jacques Boudreau - Inscrit
    12 octobre 2011 22 h 06
    D'accord avec Monsieur Claude Poulin et en désaccord avec Robert Comeau
    Je partage l'essentiel de l'opinion de Monsieur Claude Poulin.

    Je crois par ailleurs que le biais idéologique et politique de l'historien Robert Comeau colore (trop ?) fortement son texte d'opinion.

    D'une part, et c'est un fait qui est peu connu au Québec, la participation de miliciens canadiens au conflit ne s'est pas limité qu'à la bataille de Châteauguay, à la frontière entre le Bas-Canada et l'état de New York.

    Il y a plusieurs années, j'ai pu consulter un livre où étaient répertoriés les patronymes de miliciens ayant participé aux batailles qui ont eu lieu à la frontière entre le Haut-Canada et les États-Unis. Le nombre de patronymes «canadiens» (ou «canadiens-français» si vous préférez) qui figuraient dans ces registres était impressionnant.

    Même si cela est maintenant en bonne partie occulté de notre histoire, il faut aussi comprendre qu'il y avait bon nombre d'habitants «canadiens» qui résidaient dans les villages et campagnes qui se trouvent maintenant du côté américain de la frontière, et qui ont été affectés par ce conflit. Pensons à Détroit et Monroe (alors nommée « Frenchtown»), au sud du Michigan), à la région de Mackinac (nord du Michigan), à Vincennes (maintenant en Indiana), à Prairie du Chien et d'autres localités de l'ancien Pays des Illinois, etc.

    Enfin, pensons à l'impact de ce conflit sur notre patrimoine bâti militaire. Dans les décennies qui ont suiivi ce conflit, à des fins défensives, les Britanniques ont fait construire (en bonne partie par des ouvriers «canadiens») la structure actuelle de la Citadelle de Québec (1820-1831), celle du Fort Lennox de l'l'île aux Noix (1819-1829), le canal Rideau (1826-1832) entre Ottawa (Bytown) et Kingston, le Fort Henry à Kingston (1832-1837), etc., etc.

    Et c'est sans parler de l'impact de l'approvisionnement en bois coupé par les Canadiens sur la construction navale britannique, ce qui a eu un impact décisif pendant les guerres napoléoni
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  • Jacques Boudreau - Inscrit
    12 octobre 2011 22 h 16
    Conclusion de mes 2 commentaires tronqués...
    1) Version complète du dernier paragraphe de mon commentaire « mercredi 12 octobre 2011 21h41 » :

    « Lors de la guerre de 1812-1815, les Américains n'ont donc pas capturé ni même assiégé Montréal et Québec... »

    2) Version complète du dernier paragraphe de mon commentaire « mercredi 12 octobre 2011 22h06 » :

    « Et c'est sans parler de l'impact de l'approvisionnement en bois coupé par les Canadiens sur la construction navale britannique, ce qui a eu un impact décisif pendant les guerres napoléoniennes et dans le volet naval de la Guerre de 1812-1815... »
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  • Jacques Boudreau - Inscrit
    13 octobre 2011 07 h 34
    Proclamation de William Hull aux habitants du Canada (12 juillet 1812)
    Le site suivant permet de lire la Proclamation de William Hull aux habitants du Canada (en date du 12 juillet 1812), lors de l'invasion américaine du Canada à partir de Détroit :

    http://www.pc.gc.ca/apprendre-learn/prof/itm2-crp-

    William Hull était brigadier-général et commandant de la North Western Army des États-Unis.

    Il est important de comprendre que ce texte fut communiqué aux habitants du Canada en anglais et en français. Ceci est compréhensible, puisque la région de Détroit (Michigan) et celle de ce qui est maintanant Windsor (alors L'Assomption) en Ontario comptait un nombre considérable d'habitants «canadiens» (c'est-à-dire des descendants des premiers colons français de la région).

    On voit que le texte de William Hull vise en bonne partie à rallier et à rassurer les habitants «canadiens» en leur rappelant que certains de leurs ancêtres se sont ralliés à la Révolution américaine plus de 30 ans auparavant, et qu'ils peuvent compter sur la «liberté de religion» si les Américains capturent le Canada.

    Quelles que soient les causes premières de la Guerre de 1812-1815, il est évident qu'elle est profondément reliée à l'histoire du Canada et des Canadiens français, nonobstant ce que peut en penser Monsieur Robert Comeau...
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  • Jean-Pierre Martel - Abonné
    13 octobre 2011 08 h 21
    Désolé pour mon erreur
    Jacques Boudreau écrit : "Or, il s'avère que la capture de Montréal et le siège de Québec par les Américains n'ont pas eu lieu pendant la Guerre de 1812-1815, mais bien plutôt pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783)."

    Je vous remercie pour vos précisions.
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  • René Pigeon - Abonné
    13 octobre 2011 16 h 08
    Les Canadiens ont refusé de collaborer à l’annexion (« The Manifest Destiny ») à 3 occasions, les rendant ainsi un des deux peuples fondateurs.
    Même si les Américains avaient pour seul motif en 1812 de contrer l’agression britannique et non de conquérir le Canada, un politicien américain (Madison ?) a tout de même préconisé que le destin des É-U était de s’étendre jusqu’en Alaska et à l’Océan Arctique dans « The Manifest Destiny » qui fut l’objet d’un débat public. Plus important, toutefois, est que les miliciens canadiens – en accord avec une faible majorité de la population canadienne, je suppose – auraient rendu la conquête du Canada par l’armée américaine faisable si ces miliciens, les Amérindiens et une majorité de la population canadienne avaient combattu pour appuyer les Américains plutôt que l’armée britannique. En ce sens, les Canadiens ont renouvelé leur loyauté à la Couronne anglaise une 2e fois, la 1ère étant la Révolution américaine durant laquelle les chefs canadiens ont refusé (au nom de leur population) l’invitation livrée par lettre et en personne par Benjamin Franklin de joindre la Confédération américaine. Sans ces deux refus des Canadiens de collaborer avec les Américains, l’existence du Canada aurait été IMPOSSIBLE. Par ces deux faits, les Canadiens peuvent légitiment être reconnus comme un des deux peuples fondateurs du Canada, au sens constitutionnel du terme. Le fait de ne pas avoir invité les Américains et ne pas avoir collaboré avec eux pour annexer le Canada après que l’armée nordiste eu vaincu l’armée sudiste, ce qui était la principale raison pour confédérer les colonies canadiennes en 1865-67 invoquée par John A. MacDonald, renversant ainsi son plaidoyer pour garder la Province du Canada au sein du plus grand pays du monde : l’Empire britannique. M. Comeau veut-il commenter cette interprétation des deux peuples fondateurs, qui peut être jugée vraie et acceptable aussi bien par des fédéralistes que les partisans de la souveraineté-association ? René Pigeon
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  • Claude Bariteau - Abonné
    14 octobre 2011 08 h 06
    Comeau dit vrai; Pigeon et bien d'autres simplifient canadiennement
    La réplique de René Pigeon s’apparente à du patinage de haute fantaisie. Pour lui, le refus des Canadiens (?) à collaborer avec les Patriots (1775-1775), les Américains (1812-1813) et l’armée américaine (1864-1866) fait de ces derniers un des deux peuples fondateurs du Canada. Rien n’est plus faux.
    En 1775-1776, seuls des alliés (notables, seigneurs et leurs associés dépendants) supportent l’armée britannique alors que le peuple appuie et participe à l’assaut des Patiots contre l’armée britannique, qui s’en tirera grâce à l’arrivée de mercenaires allemands recrutés à l’époque par le roi de la Grande-Bretagne.
    En 1812-1813, il y a encore des seigneurs et des notables, au Bas-Canada, qui s’allient <a l’armée britannique sous l’égide d’un de ses militaires nés au Bas-Canada. Le peuple du Bas-Canada ne participe pas. Des élites canadiennes alliées aux Britanniques, oui. Dans le Haut-Canada, c’est différent. Le marchand Baby, le frère de l’autre, devenu politicien haut placé dans le Haut-Canada, incitera des Canadiens à œuvrer avec des Loyalistes désireux de reconquérir des terres que la Grande-Bretagne a perdu à la suite de la reconnaissance de l’indépendance des États-Unis qu’a scellé la bataille de Yorktown en 1781.
    En 1864-1866, c’est le support britannique aux Sudistes qui provoquent l’ire de l’armée américaine. La Grande-Bretagne craint le pire. Elle appuie le projet d’union des Maritimes et incite les élus de l’Union à s’y associer tout en construisant les trois forts de Québec pour se protéger contre une éventuelle invasion américaine de la Grande-Bretagne, ce que craint Londres. Et elle fait des pressions pour que des élites canadiennes-françaises se solidarisent au projet de Dominion of Canada en incitant les promoteurs loyalistes et autres alliés britanniques à des aménagements en conséquence. Le peuple, à cette occasion, ne fut jamais consulté même si cette consu
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  • Claude Bariteau - Abonné
    14 octobre 2011 09 h 22
    Comeau dit vrai (suite à mon texte)
    consultation fut revendiquée par Dorion et bien d’autres.
    Alors, parler de refus des Canadiens (?) de s’allier aux Américains, c’est abusif. Il y eut plutôt une alliance d’élites locales aux forces britanniques et à leurs supporters locaux dans les colonies de cet empire. Et, cher monsieur Pigeon, c’est toujours le cas.
    Claude Bariteau
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  • Simon Landry - Inscrit
    14 octobre 2011 09 h 38
    M. Comeau allez faire vos devoir 1/2
    M. Comeau je vois clairement vos convictions politique. Hors plusieurs interprétations et faits historiques ne collent pas dans votre article.
    Le coeur de votre propos est de mentionner qu'il n'y avait pas, pendant la guerre 1812-14, de menace réelle d'invasion du territoire par l'armée américaine. Or, jamais vous ne mentionnez le plan d'Henry Dearborn: prendre Kingston pour préparer l'assaut sur Montréal afin de couper les voies d'approvisionnements et annexé le Haut-Canada. Vous parler de Thomas Jefferson, un politicien rêvant à l'annexion, alors alors qu'il se retire de la vie politique en 1808, après son second mandat. C'est plutôt John Clay et son groupe des "War Hawks" qui vont encourager le président James Madison à déclarer la guerre.
    De plus, vous avez d'autres erreurs majeures dans l'article. Vous mentionnez le faits que la Grande-Bretagne arme les amérindiens du territoires américains. Hors, après l'adoption du noninterclosure act, les commerçants Britannique n'ont plus le droits de faire du commerce sur le territoires américains. De plus, en considérant les rapports de la compagnie de la Nord-Ouest, les armes à feu échangée avec les amérindiens sont loin d'être le produit d'échange le plus commun.
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  • Simon Landry - Inscrit
    14 octobre 2011 09 h 57
    M. Comeau allez faire vos devoir 2/2
    Votre analyse de la bataille de la Châteauguay est aussi éronné. D'abord la bataille n'a pas eu lieu à Châteauguay, mais sur la rivière de la Châteauguay et ce à environs 50 km en amont de Châteauguay. Ensuite, il n'y a pas de miliciens du côté Américain, car la milice ne traverse pas la frontière. Dans les journaux du Brigadier-général Wade Hampton, les miliciens reste à la frontière lorsque lui et les forces régulières la traverse. Enfin, lors de la bataille, Charles-Michel de Salaberry ordonne le feu à volonté, alors que les troupes situés sur la rive sud engage les forces américaines au corps à corps.
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