Au coeur de l'économie sociale et solidaire - Les femmes, premières actrices de cette nouvelle économie
L'activité «Femmes au cœur de l'économie sociale et solidaire» précédera la soirée d'ouverture du FIESS et sera l'occasion de réunir des femmes issues de toutes les régions du monde pour partager des expériences et des perspectives féministes de l'économie sociale et solidaire. Lise Saint-Germain, professeure au Département de travail social de l'Université du Québec en Outaouais et directrice du Centre de recherche sociale appliquée, et Linda Gagnon, chargée de programme à Solidarité union coopération (SUCO), font toutes les deux partie du comité organisateur.
Pourquoi avoir choisi une activité spécifiquement axée sur les femmes en économie sociale et solidaire? Il s'agit tout d'abord, selon Linda Gagnon, de rendre hommage à la place des femmes dans ce domaine.
«L'économie sociale et solidaire est un milieu très féminin, explique-t-elle. Nous voulions donner plus de visibilité au fait que les femmes y sont très présentes, et nous avons décidé d'organiser une activité pour regrouper des hommes et des femmes de tous les horizons pour parler des femmes dans les problématiques de l'économie sociale.»
Les femmes y sont tout d'abord présentes en tant qu'actrices: l'économie sociale et solidaire étant beaucoup axée sur les questions sociales, ce sont «souvent les femmes qui en sont les porteuses. De nombreux projets, comme les cuisines collectives, les services de garde ou les soins à domicile, sont des ghettos d'emplois féminins», rappelle Linda Gagnon.
Mais elles y sont également en tant qu'usagères. Nous le savons: les femmes sont plus durement touchées par la pauvreté et affectées par la précarisation du marché du travail. Si un sixième de la population mondiale souffre de la faim, 60 % sont des femmes. «Même si, au cours des dernières années, de plus en plus d'hommes s'y sont engagés, il s'agit d'un espace qui sert beaucoup aux femmes, puisqu'il s'agit de projets qui permettent à des gens marginalisés de retourner sur le marché du travail.»
Aussi bien au Québec qu'à l'international, de nombreux projets d'entreprises solidaires ont permis à des femmes exclues du marché du travail de s'y intégrer et d'avoir une source de revenus. Pour la plupart, il s'agit de populations très vulnérables de femmes seules, isolées ou marginalisées, amenées à participer à des projets économiques divers, des coopératives de textile, d'artisanat ou encore d'agriculture.
Contrer l'exclusion
L'activité préforum fera ainsi un tour d'horizon de plusieurs expériences et initiatives, tout en amorçant des réflexions sur les moyens d'améliorer la condition économique des femmes. L'activité se déroulera en trois temps: dans un premier temps, un montage vidéo de différents témoignages de femmes engagées dans des activités d'économie sociale et solidaire autour du monde, de la Thaïlande au Pérou en passant par le Mali, l'Espagne, le Québec ou encore la Bolivie, permettra de lancer les discussions.
Au cours du deuxième temps de l'activité, les participants seront invités à s'installer autour d'une trentaine de tables, dans les trois langues du Forum, afin de partager des réflexions autour de plusieurs enjeux-clés, comme les conditions pour que l'économie sociale et solidaire continue d'améliorer l'autonomie des femmes sur les plans social, politique et économique, les politiques publiques mises en oeuvre et les possibilités de réseautage.
Le troisième et dernier temps de l'activité préforum sera consacré à un groupe d'invitées, des femmes engagées dans des activités d'économie sociale et solidaire, qui sera amené à réagir aux réponses données par les tables et à poursuivre les échanges.
Au final, l'activité permettra d'aborder les différents enjeux économiques et sociaux qui sous-tendent la place des femmes dans l'économie sociale et solidaire.
Défi économique
Que ce soit à travers la mise sur pied d'une coopérative destinée à donner des rudiments d'informatique, d'une pharmacie, d'un centre de santé, d'un restaurant communautaire ou encore d'une laverie, il s'agit de projets qui permettent de mobiliser la collectivité, de lutter contre la pauvreté et de donner aux femmes une meilleure sécurité économique. Ainsi, l'économie sociale et solidaire devient, pour les femmes les plus vulnérables, une porte de sortie, d'espoir et d'avenir.
On se gardera pourtant de penser que le chemin est dépourvu d'obstacles. Même s'il s'agit d'un milieu foisonnant et dynamique depuis une vingtaine d'années, de plus en plus reconnu et diversifié, notamment au Québec, où les services de garde et les soins à domicile ont connu de réelles avancées, beaucoup d'initiatives amorcées dans les pays du Sud connaissent des conditions beaucoup moins favorables. «Les entreprises d'économie sociale et solidaire peuvent être fragiles. Pour les aider, les gouvernements doivent s'engager et fournir leur appui. Dans les pays où il y a moins de soutien financier, ces initiatives rencontrent plus d'obstacles et ont moins de chances de percer», explique Linda Gagnon.
Lise Saint-Germain insiste, quant à elle, sur l'importance du réseautage, parfois insuffisant, qui permet pourtant de briser l'isolement des femmes. «Ces projets émergent pour répondre aux besoins d'un milieu donné. S'ils ne sont pas réseautés, ils n'ont pas de voix pour revendiquer, se faire reconnaître. Ils ont besoin d'être regroupés pour structurer les revendications et consolider les entreprises.»
Ces entreprises se heurtent enfin à l'écueil de la rentabilité, parfois difficile à maintenir en raison de la nature même des projets. «Ces initiatives ont beau relever du domaine social, il s'agit tout de même d'économie: pour faire rouler l'économie et permettre à une région de survivre, elles doivent générer des fonds et devenir rentables», poursuit Linda Gagnon.
Mais, après avoir fait le tour des enjeux et des défis que représente la place des femmes en économie sociale et solidaire, l'objectif des coorganisatrices de l'événement se situe par-delà la réflexion. «Nous voulons que les femmes inscrites au forum, après la discussion, deviennent des porte-parole de la réflexion qu'on a eue tout au long de la journée. Nous espérons que, après cette rencontre, les femmes en sortiront gagnantes. Il faut continuer à sensibiliser les gens à l'économie sociale et solidaire, à la place qu'occupent les femmes et aux les enjeux spécifiques qui les concernent.»
***
Collaboratrice du Devoir
Pourquoi avoir choisi une activité spécifiquement axée sur les femmes en économie sociale et solidaire? Il s'agit tout d'abord, selon Linda Gagnon, de rendre hommage à la place des femmes dans ce domaine.
«L'économie sociale et solidaire est un milieu très féminin, explique-t-elle. Nous voulions donner plus de visibilité au fait que les femmes y sont très présentes, et nous avons décidé d'organiser une activité pour regrouper des hommes et des femmes de tous les horizons pour parler des femmes dans les problématiques de l'économie sociale.»
Les femmes y sont tout d'abord présentes en tant qu'actrices: l'économie sociale et solidaire étant beaucoup axée sur les questions sociales, ce sont «souvent les femmes qui en sont les porteuses. De nombreux projets, comme les cuisines collectives, les services de garde ou les soins à domicile, sont des ghettos d'emplois féminins», rappelle Linda Gagnon.
Mais elles y sont également en tant qu'usagères. Nous le savons: les femmes sont plus durement touchées par la pauvreté et affectées par la précarisation du marché du travail. Si un sixième de la population mondiale souffre de la faim, 60 % sont des femmes. «Même si, au cours des dernières années, de plus en plus d'hommes s'y sont engagés, il s'agit d'un espace qui sert beaucoup aux femmes, puisqu'il s'agit de projets qui permettent à des gens marginalisés de retourner sur le marché du travail.»
Aussi bien au Québec qu'à l'international, de nombreux projets d'entreprises solidaires ont permis à des femmes exclues du marché du travail de s'y intégrer et d'avoir une source de revenus. Pour la plupart, il s'agit de populations très vulnérables de femmes seules, isolées ou marginalisées, amenées à participer à des projets économiques divers, des coopératives de textile, d'artisanat ou encore d'agriculture.
Contrer l'exclusion
L'activité préforum fera ainsi un tour d'horizon de plusieurs expériences et initiatives, tout en amorçant des réflexions sur les moyens d'améliorer la condition économique des femmes. L'activité se déroulera en trois temps: dans un premier temps, un montage vidéo de différents témoignages de femmes engagées dans des activités d'économie sociale et solidaire autour du monde, de la Thaïlande au Pérou en passant par le Mali, l'Espagne, le Québec ou encore la Bolivie, permettra de lancer les discussions.
Au cours du deuxième temps de l'activité, les participants seront invités à s'installer autour d'une trentaine de tables, dans les trois langues du Forum, afin de partager des réflexions autour de plusieurs enjeux-clés, comme les conditions pour que l'économie sociale et solidaire continue d'améliorer l'autonomie des femmes sur les plans social, politique et économique, les politiques publiques mises en oeuvre et les possibilités de réseautage.
Le troisième et dernier temps de l'activité préforum sera consacré à un groupe d'invitées, des femmes engagées dans des activités d'économie sociale et solidaire, qui sera amené à réagir aux réponses données par les tables et à poursuivre les échanges.
Au final, l'activité permettra d'aborder les différents enjeux économiques et sociaux qui sous-tendent la place des femmes dans l'économie sociale et solidaire.
Défi économique
Que ce soit à travers la mise sur pied d'une coopérative destinée à donner des rudiments d'informatique, d'une pharmacie, d'un centre de santé, d'un restaurant communautaire ou encore d'une laverie, il s'agit de projets qui permettent de mobiliser la collectivité, de lutter contre la pauvreté et de donner aux femmes une meilleure sécurité économique. Ainsi, l'économie sociale et solidaire devient, pour les femmes les plus vulnérables, une porte de sortie, d'espoir et d'avenir.
On se gardera pourtant de penser que le chemin est dépourvu d'obstacles. Même s'il s'agit d'un milieu foisonnant et dynamique depuis une vingtaine d'années, de plus en plus reconnu et diversifié, notamment au Québec, où les services de garde et les soins à domicile ont connu de réelles avancées, beaucoup d'initiatives amorcées dans les pays du Sud connaissent des conditions beaucoup moins favorables. «Les entreprises d'économie sociale et solidaire peuvent être fragiles. Pour les aider, les gouvernements doivent s'engager et fournir leur appui. Dans les pays où il y a moins de soutien financier, ces initiatives rencontrent plus d'obstacles et ont moins de chances de percer», explique Linda Gagnon.
Lise Saint-Germain insiste, quant à elle, sur l'importance du réseautage, parfois insuffisant, qui permet pourtant de briser l'isolement des femmes. «Ces projets émergent pour répondre aux besoins d'un milieu donné. S'ils ne sont pas réseautés, ils n'ont pas de voix pour revendiquer, se faire reconnaître. Ils ont besoin d'être regroupés pour structurer les revendications et consolider les entreprises.»
Ces entreprises se heurtent enfin à l'écueil de la rentabilité, parfois difficile à maintenir en raison de la nature même des projets. «Ces initiatives ont beau relever du domaine social, il s'agit tout de même d'économie: pour faire rouler l'économie et permettre à une région de survivre, elles doivent générer des fonds et devenir rentables», poursuit Linda Gagnon.
Mais, après avoir fait le tour des enjeux et des défis que représente la place des femmes en économie sociale et solidaire, l'objectif des coorganisatrices de l'événement se situe par-delà la réflexion. «Nous voulons que les femmes inscrites au forum, après la discussion, deviennent des porte-parole de la réflexion qu'on a eue tout au long de la journée. Nous espérons que, après cette rencontre, les femmes en sortiront gagnantes. Il faut continuer à sensibiliser les gens à l'économie sociale et solidaire, à la place qu'occupent les femmes et aux les enjeux spécifiques qui les concernent.»
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Collaboratrice du Devoir








