Avec 2500 emplois et 1600 bénévoles - En Mauricie, l'économie sociale est devenue indispensable
En Mauricie, le secteur de l'économie sociale et solidaire croît sur une base régulière depuis plusieurs années. Un portrait statistique le dém ontre très clairement. Survol d'un secteur dont la Mauricie ne pourrait plus se passer, en compagnie de Lynn O'Cain, directrice du Conseil régional d'économie sociale de la Mauricie (CRES).
Lynn O'Cain fera partie d'une délégation d'une quarantaine de personnes de la Mauricie qui participera au Forum international de l'économie sociale et solidaire qui se tiendra à Montréal du 17 au 20 octobre. «Je vous avouerai qu'on est fébrile d'y participer. En plus, ce Forum se passe au Québec. J'ai eu l'occasion de participer à des forums mondiaux [dont un au Luxembourg en 2009]. Mais là, de savoir que ça se passe chez nous au Québec et de constater qu'autant de gens de la Mauricie y seront, c'est vraiment bien. Je me disais au départ que je serais fière si on était une dizaine de personnes de la Mauricie: on est une quarantaine...»
Ce Forum, dit-elle, est une occasion unique de créer des liens et de s'inscrire dans un réseau intercontinental. «On apprend tout le temps quelque chose dans ce type de rencontre. Il y a aussi la partie informelle [du Forum] où, durant les pauses, par exemple, ça peut devenir "payant". C'est dans ces occasions qu'on tisse des liens, qu'on crée des con-tacts. D'autant que maintenant on peut communiquer sur une base régulière par l'entremise des nouvelles technologies.»
Territoire et développement local
Les notions de territoire et de développement local seront au coeur de cette grand-messe. Par ailleurs, c'est à l'intérieur de ce thème que sera abordé de façon plus précise le rôle des pouvoirs publics et des acteurs locaux. Un thème qui interpelle au premier chef Lynn O'Cain.
«L'un des enjeux auxquels le secteur de l'économie sociale est confronté est celui de l'accès aux décideurs, aux élus. Nous, en Mauricie, on a la chance d'avoir un de nos maires de la région qui siège au sein de notre comité exécutif. Il croit à l'importance de l'économie sociale» comme facteur de développement régional.
Au bout du fil, on sent que Mme O'Cain connaît son sujet. Selon elle, sa région ne pourrait plus se passer de ce secteur. En d'autres mots, les projets à caractère social, communautaire et solidaire sont devenus des vecteurs de développement incontournables en Mauricie. Elle en veut pour preuve un portrait socio-économique des entreprises d'économie sociale de la Mauricie qui a été réalisé par l'Université du Québec à Trois-Rivières, en partenariat avec le CRES de la Mauricie. Le groupe ciblé par l'étude était composé de 129 entreprises d'économie sociale (organismes à but non lucratif, coopératives et organismes communautaires ayant un volet d'économie sociale). La prise des données a été réalisée de janvier à juin 2008. Le taux de réponse a été de 76 %.
Des chiffres à l'appui
Les secteurs d'activité sont nombreux, parmi lesquels on retrouve les services de garde (33 entreprises), les loisirs et le tourisme (28 entreprises), les services aux personnes, l'environnement, les arts et la culture (14 entreprises), l'habitation, la santé et l'agroalimentaire. Des entreprises qui, fait notable, fonctionnent dans la durée. À titre d'exemple, 47,9 % des organismes à but non lucratif existent depuis plus de 20 ans, 16,4 % ont de 15 à 19 ans d'existence et 12,3 % d'entre eux ont de 10 à 14 ans d'existence.
Les revenus de l'ensemble des entreprises d'économie sociale sont évalués à 100 millions. Ce secteur de l'économie mauricienne génère 2500 emplois et 1600 autres personnes y travaillent à titre de bénévole (une contribution providentielle évaluée à trois millions de dollars en salaires).
Toujours selon ce portrait, la moyenne salariale pour les postes de direction et de coordination (postes à temps plein) est de 21,70 $ l'heure. Le quart (26,5 %) des employés aux postes de direction ont de six à dix ans d'ancienneté et un autre quart (25,3 %) d'entre eux ont 16 ans ou plus d'ancienneté. De plus, 66,3 % des employés de direction possèdent un diplôme universitaire, alors que 36 % possèdent un diplôme collégial. Les entreprises ont en moyenne 20 employés. Les employés travaillant à temps plein sont payés en moyenne de 13 $ à 14 $ l'heure. Près du tiers des employés réguliers ont 35 ans ou moins. Les postes saisonniers représentent 18 % des emplois réguliers. Enfin, 14,9 % des entreprises d'économie sociale ont un syndicat et la majeure partie appartiennent au secteur des services de garde.
Prise en mains
«En Mauricie, poursuit Lynn O'Cain, on compte de plus en plus sur le secteur de l'économie sociale en raison de ses valeurs et de ses principes. Il y a des cas [de prise en mains par le milieu] qui sont devenus nos emblèmes dans la région.» Elle présente à ce titre le cas de Saint-Adelphe, dans la MRC de Mékinac. Ainsi, une coopérative de solidarité a été mise sur pied par des citoyens. Celle-ci regroupe des services de base: épicerie, quincaillerie et poste d'essence, notamment.
«C'est en fait, note Mme O'Cain, un partenariat d'affaires avec d'autres coopératives, ce qui facilite la rentabilité du projet. Les élus se sont beaucoup engagés dans le projet. Pour bien illustrer l'ampleur du projet sur une population d'environ 1000 habitants, plus de 350 personnes ont adhéré à la coop et payé leur part sociale de 350 $ avant même que le projet ne voie le jour.» Elle note de plus que ce projet est «devenu une plaque tournante pour les municipalités avoisinantes».
***
Collaborateur du Devoir
Lynn O'Cain fera partie d'une délégation d'une quarantaine de personnes de la Mauricie qui participera au Forum international de l'économie sociale et solidaire qui se tiendra à Montréal du 17 au 20 octobre. «Je vous avouerai qu'on est fébrile d'y participer. En plus, ce Forum se passe au Québec. J'ai eu l'occasion de participer à des forums mondiaux [dont un au Luxembourg en 2009]. Mais là, de savoir que ça se passe chez nous au Québec et de constater qu'autant de gens de la Mauricie y seront, c'est vraiment bien. Je me disais au départ que je serais fière si on était une dizaine de personnes de la Mauricie: on est une quarantaine...»
Ce Forum, dit-elle, est une occasion unique de créer des liens et de s'inscrire dans un réseau intercontinental. «On apprend tout le temps quelque chose dans ce type de rencontre. Il y a aussi la partie informelle [du Forum] où, durant les pauses, par exemple, ça peut devenir "payant". C'est dans ces occasions qu'on tisse des liens, qu'on crée des con-tacts. D'autant que maintenant on peut communiquer sur une base régulière par l'entremise des nouvelles technologies.»
Territoire et développement local
Les notions de territoire et de développement local seront au coeur de cette grand-messe. Par ailleurs, c'est à l'intérieur de ce thème que sera abordé de façon plus précise le rôle des pouvoirs publics et des acteurs locaux. Un thème qui interpelle au premier chef Lynn O'Cain.
«L'un des enjeux auxquels le secteur de l'économie sociale est confronté est celui de l'accès aux décideurs, aux élus. Nous, en Mauricie, on a la chance d'avoir un de nos maires de la région qui siège au sein de notre comité exécutif. Il croit à l'importance de l'économie sociale» comme facteur de développement régional.
Au bout du fil, on sent que Mme O'Cain connaît son sujet. Selon elle, sa région ne pourrait plus se passer de ce secteur. En d'autres mots, les projets à caractère social, communautaire et solidaire sont devenus des vecteurs de développement incontournables en Mauricie. Elle en veut pour preuve un portrait socio-économique des entreprises d'économie sociale de la Mauricie qui a été réalisé par l'Université du Québec à Trois-Rivières, en partenariat avec le CRES de la Mauricie. Le groupe ciblé par l'étude était composé de 129 entreprises d'économie sociale (organismes à but non lucratif, coopératives et organismes communautaires ayant un volet d'économie sociale). La prise des données a été réalisée de janvier à juin 2008. Le taux de réponse a été de 76 %.
Des chiffres à l'appui
Les secteurs d'activité sont nombreux, parmi lesquels on retrouve les services de garde (33 entreprises), les loisirs et le tourisme (28 entreprises), les services aux personnes, l'environnement, les arts et la culture (14 entreprises), l'habitation, la santé et l'agroalimentaire. Des entreprises qui, fait notable, fonctionnent dans la durée. À titre d'exemple, 47,9 % des organismes à but non lucratif existent depuis plus de 20 ans, 16,4 % ont de 15 à 19 ans d'existence et 12,3 % d'entre eux ont de 10 à 14 ans d'existence.
Les revenus de l'ensemble des entreprises d'économie sociale sont évalués à 100 millions. Ce secteur de l'économie mauricienne génère 2500 emplois et 1600 autres personnes y travaillent à titre de bénévole (une contribution providentielle évaluée à trois millions de dollars en salaires).
Toujours selon ce portrait, la moyenne salariale pour les postes de direction et de coordination (postes à temps plein) est de 21,70 $ l'heure. Le quart (26,5 %) des employés aux postes de direction ont de six à dix ans d'ancienneté et un autre quart (25,3 %) d'entre eux ont 16 ans ou plus d'ancienneté. De plus, 66,3 % des employés de direction possèdent un diplôme universitaire, alors que 36 % possèdent un diplôme collégial. Les entreprises ont en moyenne 20 employés. Les employés travaillant à temps plein sont payés en moyenne de 13 $ à 14 $ l'heure. Près du tiers des employés réguliers ont 35 ans ou moins. Les postes saisonniers représentent 18 % des emplois réguliers. Enfin, 14,9 % des entreprises d'économie sociale ont un syndicat et la majeure partie appartiennent au secteur des services de garde.
Prise en mains
«En Mauricie, poursuit Lynn O'Cain, on compte de plus en plus sur le secteur de l'économie sociale en raison de ses valeurs et de ses principes. Il y a des cas [de prise en mains par le milieu] qui sont devenus nos emblèmes dans la région.» Elle présente à ce titre le cas de Saint-Adelphe, dans la MRC de Mékinac. Ainsi, une coopérative de solidarité a été mise sur pied par des citoyens. Celle-ci regroupe des services de base: épicerie, quincaillerie et poste d'essence, notamment.
«C'est en fait, note Mme O'Cain, un partenariat d'affaires avec d'autres coopératives, ce qui facilite la rentabilité du projet. Les élus se sont beaucoup engagés dans le projet. Pour bien illustrer l'ampleur du projet sur une population d'environ 1000 habitants, plus de 350 personnes ont adhéré à la coop et payé leur part sociale de 350 $ avant même que le projet ne voie le jour.» Elle note de plus que ce projet est «devenu une plaque tournante pour les municipalités avoisinantes».
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Collaborateur du Devoir










