Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Les centrales syndicales québécoises seront au Forum - Le syndicalisme répond présent à l'économie solidaire

La création d’emplois est un enjeu qui sera abordé par les syndicats lors du Forum. <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir La création d’emplois est un enjeu qui sera abordé par les syndicats lors du Forum.
Trois centrales syndicales n'en feront plus qu'une pour prendre parole et position lors du Forum international de l'économie sociale et solidaire (FIESS). La FTQ, la CSN et la CSD se sont regroupées et défendront les couleurs du mouvement syndical québécois à cette occasion.

Nathalie Guay, conseillère syndicale à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), situe la présence actuelle et historique des syndicats dans cette forme d'économie: «On doit remonter à son émergence au Québec, parce qu'il y a ici même beaucoup d'initiatives dans ce domaine qui ont émané de militants syndicaux.»

Elle fournit des exemples: «Pensons aux garderies populaires, qui conduiront à l'avènement des centres de la petite enfance [CPE] par la suite; à la fin des années 1960, on invitait les gens à créer des associations de consommation en économie familiale, ce qui a donné naissance aux ACEF [Associations coopératives d'économie familiale], qui existent toujours, et à plusieurs autres coopératives de consommation.»

«Finalement, les parcours se sont imbriqués, parce que les gens des syndicats se sont retrouvés sur le terrain pour construire l'économie sociale», indique-t-elle. Par la suite, la situation évolue: «Dans les années 1990, et même auparavant avec la FTQ, on assiste à l'engagement des fonds des travailleurs pour la soutenir. Il existe de plus des structures régionales, que ce soit à la CSN ou à la FTQ, où les représentants sur le terrain sont vraiment actifs dans le développement local. Il y a aussi une collaboration qui est beaucoup plus organisationnelle, dans le sens où le mouvement syndical est représenté, par exemple, au Chantier de l'économie sociale et solidaire. Sur un autre aspect, qui est plus fondamental, on doit prendre en compte les travailleurs syndiqués de ce secteur qui sont dans nos rangs; il y a là comme un lien organique.»

Les syndicalistes et les gens de l'économie sociale font bon ménage. «Entre nous, il y a avant tout le partage de valeurs communes; le mouvement de cette économie comme celui des syndicats visent à une transformation sociale, cherchent à inclure d'une certaine façon les exclus de la société, à créer de l'emploi, à répondre à des besoins spécifiques qui sont ressentis dans les collectivités et à défendre les gens; tous ces moyens d'action découlent d'une valeur de solidarité et de partage que nous avons en commun.»

«Cela fait en sorte de valoir un investissement collectif à cette économie, poursuit-elle. Ailleurs dans le monde, comme aux États-Unis et en Grande-Bretagne, beaucoup d'organisations sont dépendantes de fondations privées; on parle alors d'une toute autre dynamique, pendant qu'existe ici ce levier-là que le mouvement s'est donné pour être autonome et garder les valeurs qui le caractérisent.»

Les moyens d'action utilisés


Isabelle Coulombe, conseillère syndicale au Service de l'éducation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), rapporte de quelles façons le mouvement syndical aborde la tenue du Forum. «D'abord, il faut bien dire que la FTQ, la CSN et la CSD ont mis sur pied un comité syndical et que les trois centrales travaillent conjointement pour participer au Forum; on a même tenu un séminaire de réflexion inter-centrales pour établir notre plan d'intervention.»

Tout comme sa collègue de la CSN, elle indique de quelles façons le syndicalisme québécois s'engage directement et indirectement dans une économie qui occupe de plus en plus d'espace. Elle insiste sur un volet particulier: «On a des liens et on fait preuve d'engagement dans le développement régional par la relance d'entreprises et la réalisation de projets dans les localités. On s'occupe de tout ce qui est maintien et création d'emplois.»

Elle soulève un autre point: «Dans nos rangs syndicaux, on fait de la formation. Personnellement, je m'occupe du dossier local et régional, au sujet duquel on traite souvent d'économie sociale. On a également une politique d'achats responsables et de commerce équitable, comme les deux autres centrales, qui contribue à sa valorisation.»

Valeurs communes

Le mouvement syndical s'accommode plutôt bien de son engagement et de ses interventions de toutes sortes dans cette sphère d'activité: «De ce côté, ça va assez bien. Il y a des structures qui sont en place, on possède des valeurs communes et on a conduit des batailles et des luttes historiques rassembleuses, ce qui fait qu'on travaille bien ensemble.»

Isabelle Coulombe laisse tout de même savoir qu'il y a des enjeux en cause et des défis à relever dans ce domaine: «On ne les cachera pas. Dans le fond, on dit souvent que les deux mouvements sont très liés mais, de notre côté, c'est aussi avec un regard critique: notre première préoccupation, ce sont les conditions de travail dans ce secteur; celles-ci demeurent fondamentales. Ces questions sont difficiles parce qu'elles sont parfois liées à des difficultés de financement de ces entreprises-là. On a tout de même bon espoir, en travaillant fort, d'arriver à trouver des solutions à la longue, mais il y a un problème dans les conditions de travail sur le plan des salaires, des assurances collectives, des régimes de retraite, etc.»

Elle dévoile un autre aspect de la question: «C'est celui de la faible représentation syndicale, qui est très tributaire, selon moi, des conditions de travail elles-mêmes des employés. Il est clair pour nous que les travailleurs dans cette économie ont tout intérêt à être syndiqués, mais ça reste un milieu où le taux de syndicalisation n'est pas très élevé; je crois qu'il s'élève à 4 ou 5 %.» Elle mentionne une autre cause de cet état de fait: «C'est sûr qu'il y a des difficultés qui relèvent aussi du financement et des politiques publiques adéquates et conséquentes qui seraient requises pour favoriser une offre appropriée.»

À la suite de quoi, elle fait ressortir un autre enjeu: «Il est important de ne pas substituer l'économie sociale au secteur public; celle-ci est importante et plus humaine, car elle répond aux besoins des collectivités, mais elle ne doit pas devenir le réceptacle de l'État qui se désengage. Elle n'a pas à déshabiller Jacques pour rhabiller Paul.»

Syndicalisme et Forum


La participation du mouvement syndical québécois à la manifestation élargie qui s'ouvrira le 17 octobre prend plusieurs formes. «Les présidences de la FTQ et de la CSD interviendront à l'ouverture; le président de la CSN interviendra le 19 octobre au cours d'une présentation pour introduire un bloc de thèmes autour de l'emploi, des conditions de travail et du développement régional.» Plus tard en soirée se tiendra un caucus syndical auquel sont conviés tous les participants appartenant à ce mouvement pour partager leur engagement dans l'économie sociale et solidaire.

Il en viendra d'ailleurs de plusieurs horizons: il y aura notamment des gens du Brésil, de l'Afrique, de la France et d'ailleurs qui seront au rendez-vous.

***

Collaborateur du Devoir
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel