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Mission - Les ordres professionnels inscrivent l'éthique dans le discours public

La comparution du chef de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, en commission parlementaire a de nouveau ébranlé la confiance du public envers ses institutions.<br />
Photo : Agence Reuters Mathieu Bélanger La comparution du chef de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, en commission parlementaire a de nouveau ébranlé la confiance du public envers ses institutions.
La première mission des ordres professionnels n'est pas de pourfendre les auteurs de manquements mais d'intervenir en amont: donner à leurs membres une grille comportementale qui assure la protection du public. Regard sur le fonctionnement du système professionnel en ces jours troubles.

Qui lit les journaux pourrait croire qu'il n'y a que vices de forme, de procédure, de gestion et d'exécution dans l'espace public. En fait, on en arrive même, dans certains cas, à mettre en doute l'institution québécoise, dans toutes ses formulations publiques. Bref, de quelques exemples, on déduit un mauvais fonctionnement du système mis en place.

Il y a parfois matière à hauts cris quand on constate que «collusion» semble être le mot qui décrit le mieux ce qui se passe dans l'exécution des contrats qu'attribuent municipalités et ministères de l'État: presque pas un jour sans qu'une histoire de pot-de-vin soit mise au jour, qu'il s'agisse de la découverte d'un cartel où professionnels, promoteurs et entrepreneurs s'entendent pour frauder le public, ou d'une matière à scandale dans la dépense des fonds consacrés à un programme de construction ou d'entretien, où l'objet désigné est un édifice, une infrastructure ou un simple aménagement d'un espace.

Dans un tel contexte, la présidente de l'Ordre des ingénieurs, cette profession souvent mise au ban, dénonce le laxisme gouvernemental qui empêche que soient identifiés les responsables d'un mal social qui entache tout le système. «Il y a 60 000 ingénieurs au Québec, informe Maud Cohen, et la majorité d'entre eux sont d'excellents professionnels, des gens qui suivent leur code de déontologie et qui n'ont rien à se reprocher dans tout ce qui est dit depuis deux ans. Malheureusement, la perception du public entache la confiance qu'il a envers ces professionnels. Nous pensons donc que la transparence est nécessaire pour ramener ce lien de confiance, non seulement envers les instances gouvernementales et les différents ministères impliqués, mais aussi envers les professionnels du milieu.»

Et la classe politique aussi demande qu'on enquête: Bernard Généreux a profité la semaine dernière du fait que la fédération dont il est le président, celle des municipalités, était en congrès, et qu'ainsi 2000 acteurs du monde municipal étaient rassemblés, pour s'adresser directement au premier ministre du Québec afin qu'une commission soit instaurée, enquête, tranche et identifie les auteurs de malversations: qu'une ville ou un lieu ait un comportement répréhensible ne devrait pas porter préjudice à tous ceux et celles qui ont à coeur l'intérêt de leurs concitoyens et concitoyennes.

Ainsi, c'est donc de concert que l'Office des professions du Québec, cet organisme qui propose des lois et est un lien direct entre le gouvernement et les 55 ordres reconnus dans l'exercice d'une profession, et le Conseil interprofessionnel du Québec, dont l'un des rôles est d'accompagner les ordres dans l'exercice de leur mandat, oeuvrent présentement pour redonner confiance au public.

Selon Jean Paul Dutrisac, président de l'Office, il est devenu prioritaire que la prévention s'affiche comme premier point sur la liste des priorités des différents ordres: par la suite, il conviendra, comme la loi le prévoit, de laisser les comités de discipline intervenir quand il y a matière à plainte et de pointer celui ou celle par qui la malversation arrive.

Toutefois, Richard Gagnon, le président du Conseil, demande, pour qu'il y ait amélioration réelle des conditions d'exercice, un changement d'attitude dans l'approche de la chose publique: «Si la société veut se donner une prestation de services professionnels, elle doit aussi en assumer le coût.»

Du 11 au 14 octobre, la semaine prochaine donc, le Québec vivra une Semaine des professionnels. Pas de coup d'éclat, mais des rencontres surtout, dont l'une à la Bibliothèque nationale, avec un objectif proposé: réinscrire en tête de liste, dans l'établissement des priorités comportementales, l'éthique. Semaine, donc, «parce que l'éthique et la déontologie sont intrinsèques dans l'exercice d'une profession, déclare Richard Gagnon pour décrire cette initiative lancée il y a trois ans déjà. Il se pose chaque année des centaines de milliers d'actes professionnels, et s'il n'y avait pas d'éthique et de déontologie qui les régissent, ce serait tout simplement le chaos. Et, contrairement à ce que certains peuvent penser, on peut se féliciter au Québec d'avoir une pratique professionnelle de très haut niveau.»

Éthique est un maître mot, ainsi, car il importe que, au-delà de la simple recherche du profit personnel, la société redécouvre et fonctionne selon un système de valeurs qui fasse que le bien collectif détermine, avant l'avantage personnel, toute forme d'action.

Qui visite son médecin, rencontre son avocat, consulte un ingénieur doit pouvoir le faire avec confiance. Normalement, c'est le cas. Où il y a matière à douter, on le sait maintenant, c'est dans la gestion publique. Et là, indépendamment des conseils ou des ordres ou des offices, certains agissent et établissent que là la recherche du profit est la seule chose à considérer.

Et au citoyen de ne pas oublier que les banques, les groupes-conseils et autres grandes corporations peuvent agir en toute liberté: aucun ordre ou office ne réglemente leurs pratiques.
La comparution du chef de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, en commission parlementaire a de nouveau ébranlé la confiance du public envers ses institutions.<br />
À tort ou à raison, la population a perdu confiance en certaines professions.<br />
 
 
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