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Éthique et pratique - Le rôle du Conseil est de «forcer» les débats portant sur la pratique et l'exercice d'une profession

«Si la société veut se donner une prestation de services professionnels, elle doit aussi en assumer le coût»

Richard Gagnon, président du Conseil interpro-fessionnel du Québec<br />
Photo : Source CIQ Richard Gagnon, président du Conseil interpro-fessionnel du Québec
Les questions d'éthique sont devenues de nos jours une préoccupation pour l'ensemble des acteurs de la société. Non seulement pour enrayer fraudes et malversations, mais aussi pour trouver la façon appropriée d'agir dans un monde de plus en plus complexe. Et ceux et celles qui exercent des professions sont bien placés pour participer et contribuer au débat.

«Les questions d'éthique et de déontologie font partie des discussions courantes chez tous les professionnels, rappelle Richard Gagnon, président du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), car elles sont intrinsèques dans l'exercice de toute profession.»

La raison en est fort simple. «Le professionnel dans l'exercice de sa profession pose des gestes qui peuvent comporter un risque de préjudice pour la personne envers qui les gestes sont posés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les professions sont encadrées par un ordre professionnel et un code de déontologie. Le professionnel doit toujours se soucier de l'impact de son geste sur celui qui le reçoit et même sur la société dans son ensemble. En ce sens, le professionnel n'est pas qu'un simple fournisseur de services répondant à une quelconque demande. Il doit aussi exercer un jugement éthique. De plus, le professionnel intervient souvent dans des situations très complexes et il doit être en mesure de gérer cette complexité, d'où encore une fois l'obligation d'exercer son jugement et de poser le meilleur geste qui soit.»

Défis éthiques actuels


L'immigration, la mondialisation, les nouvelles technologies de l'information sont de nouveaux facteurs qui influencent aujourd'hui l'exercice d'une profession. «Ces facteurs peuvent parfois introduire des zones d'incertitude. Comment alors s'orienter et surtout comment agir justement?»

Il donne par exemple le cas de l'exercice de la médecine à distance. «La rareté des médecins et des services médicaux rend parfois difficile l'accès aux soins de santé. La télémédecine est une réponse pour les personnes vivant en région éloignée. Mais la question du diagnostic demeure un problème. Pour certains médecins, poser un diagnostic par l'entremise de la télévision ne représente pas un problème; pour d'autres, par contre, il s'agit d'un manque à l'éthique et au code de déontologie, car il ne saurait y avoir de diagnostic sans la présence réelle du patient et un examen physique. Il faut alors chercher à trouver le juste milieu.»

Autre défi qui menace l'exercice professionnel et le jugement éthique qui s'y rattache? «Ce sont la commercialisation et la banalisation de l'acte professionnel. On ne peut pas toujours négocier au plus bas taux possible. Si la société veut se donner une prestation de services professionnels, elle doit aussi en assumer le coût. Par exemple, si, par simple souci d'économie, une organisation réduit son nombre de professionnels, non seulement se coupe-t-elle de leurs expertises techniques, mais aussi de leurs jugements éclairés. On en reçoit toujours plus d'un professionnel, même si, sur le moment, on n'en est pas toujours conscient.»

La contribution des ordres professionnels

Les ordres professionnels sont mandatés par l'État québécois pour encadrer la pratique professionnelle que chacun d'entre eux représente et pour s'assurer de la probité de leurs membres dans l'exercice de leurs fonctions professionnelles. «C'est le lieu idéal pour toutes les discussions concernant l'éthique et les nouveaux défis, parce que c'est là où se trouvent les professionnels. Ils peuvent discuter entre eux des nouveaux enjeux et ensuite modifier le code de déontologie afin d'en tenir compte. C'est donc aux ordres professionnels de définir le comportement éthique attendu de la part de leurs membres. Ce comportement éthique doit par la suite être traduit dans le code de déontologie, afin que le professionnel ait toujours à sa portée un référentiel pertinent.»

Ce sont aussi les ordres qui ont le pouvoir de sanctionner les membres fautifs. «Mais, avant de sanctionner un professionnel, il faut lui dire à l'avance quels sont les comportements éthiques attendus de lui.»

Le Conseil interprofessionnel du Québec

«Le Conseil interprofessionnel du Québec est le carrefour de tous les ordres professionnels québécois. Notre rôle et notre responsabilité, entre autres, sont de mettre sur la table et de forcer les débats sur les questions qui concernent les ordres professionnels. Nous sommes là pour préparer les débats que les professionnels auront. C'est exactement ce que nous faisons cette année avec la Semaine des professionnels, en faisant porter les débats sur les questions d'éthique et de déontologie.»

Un autre des rôles du CIQ est «d'accompagner les ordres dans l'exercice de leur mandat». À cet effet, le CIQ a mis en place deux programmes de soutien. «On a remarqué, depuis un certain temps, qu'il y a de plus en plus de chevauchement de pratiques entre les ordres professionnels. On a donc mis en place un programme de médiation volontaire entre les ordres professionnels afin de faciliter les discussions et trouver les ententes nécessaires.»

Aussi, le CIQ offre une formation sur mesure aux personnes qui ont à assumer la présidence d'un ordre professionnel. «La présidence d'un ordre professionnel est une importante tâche et la pratique de la profession à laquelle appartient celui qui doit assumer le poste ne suffit pas à elle seule à bien l'outiller. La présidence d'un ordre professionnel exige jugement et sens de la décision et la formation est là pour aider les présidents d'un ordre professionnel à assumer leurs responsabilités de la meilleure façon possible.»

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