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Infirmières et inhalothérapeutes - Encore plus d'heures de cours!

Une infirmière doit s'investir dans un minimum de formation continue

Tant du côté de l'Ordre des infirmières que de l'Ordre des inhalothérapeutes, des efforts sont consentis pour procéder à des réajustements dans les formations, qu'elles soient initiales ou continues. Ces professions exigent des connaissances pointues dans un environnement de changements technologiques et de transferts pédagogiques en vue d'assurer l'autonomie des patients.

Il y a quelques semaines, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a laissé savoir qu'il existait une nouvelle norme pour encadrer et guider la formation continue de ses 71 399 membres; celle-ci s'appliquera à compter de janvier 2012 et prescrit 20 heures de formation par année, dont sept recevront une accréditation. «C'est le gros dossier de l'automne», selon Gyslaine Desrosiers, présidente de l'OIIQ.

Elle explique la procédure retenue: «La plupart des ordres dans le secteur de la santé avaient déjà statué sur des normes et on a fait de même. À compter de 2012, les infirmières vont devoir comptabiliser un certain nombre d'heures; celles-ci seront déclarées lors de leur inscription au tableau de l'Ordre. C'est un complément au code de déontologie.»

S'agit-il d'un processus obligatoire? «Oui, au sens déontologique du terme, à savoir qu'elles devront le faire dans ce sens-là. Et c'est aussi négatif, dans le sens d'un règlement qui entraînerait leur disparition du tableau si celles-ci ne déclarent pas d'heures. Si elles ne le font pas, il est certain qu'elles seraient visées par des mécanismes d'inspection professionnelle ou d'autres gestes du même genre.»

Mme Desrosiers parle de mesures incitatives très fortes: «Il est question d'une norme; quand l'une de celles-ci doit être respectée dans un hôpital, ça veut dire qu'elle est associée au respect même des règles de l'art. Une infirmière, pour se garder à jour au Québec, doit donc s'investir dans un minimum de formation continue.»

Des outils

L'Ordre fournira des outils à ses membres pour les appuyer dans cette démarche: «En février, on va ouvrir dans notre site web une plate-forme de téléapprentissage qui contiendra des cours émanant de nos services ou des milieux universitaires; des répertoires de formation seront aussi mis en ligne.» Les infirmières elles-mêmes financent ce soutien pédagogique: «Elles ont accepté de verser une cotisation spéciale à raison de 20 $ durant trois années de suite, qui nous a servi à créer le Fonds Patrimoine, qui s'élève à 4,5 millions de dollars; cette somme facilitera grandement l'accès à la formation.»

Dans un autre dossier, la présidente se félicite de la reconnaissance professionnelle récente de la spécialité en prévention et contrôle des infections: «On vise là toutes les actions posées pour prévenir les infections nosocomiales acquises en cours de traitement et pour contrôler les épidémies en milieu hospitalier. Il y a des gestes à poser dès qu'un patient est identifié comme un facteur possible d'infection.»

Le réseau avait bien besoin d'un nouveau soutien infirmier: «Il y a à peu près deux médecins microbiologistes infectiologues par établissement; ils sont très peu nombreux et leur association avait réclamé le soutien d'infirmières mieux formées et spécialisées pour les appuyer. Il y en avait déjà qui travaillaient dans ce domaine mais, avant la grande épidémie de clostridium difficile, les postes d'infirmière en contrôle des infections avaient été quelque peu emportés dans la foulée des coupes budgétaires.»

Chez les inhalothérapeutes

Directrice générale d'un ordre qui compte quelque 3700 membres, Josée Prudhomme cerne le grand dossier en cours sur le plan de la profession: «Actuellement, la priorité de l'Ordre, c'est certainement la formation initiale des inhalothérapeutes. Nous suivons un processus afin que nous puissions allonger le programme au Québec; il y a déjà plusieurs années qu'on revendique sa révision et, finalement en 2009, les ministères de la Santé et de l'Éducation ont répondu à cet appel.»

Auparavant, plusieurs études avaient été réalisées sur l'analyse de la profession: «L'Ordre a même produit un document appelé La formation initiale en inhalo au Québec, déficience et insuffisance, qui est un rapport d'experts sur cette question en rapport avec les nouveaux besoins qui émergent maintenant sur le plan des soins cardiorespiratoires.»

Il manquerait au programme actuel 1147 heures pour répondre aux critères définis et les discussions portent actuellement sur l'ampleur de la formation additionnelle à transmettre, souligne Mme Prudhomme: «C'est maintenant la formation technique collégiale de trois ans [DEC, pour diplôme d'études collégiales] qui prévaut. Plusieurs scénarios sont sur la table, notamment ceux d'un DEC enrichi et d'un DEC-bac, et, pour nous, il est certain qu'il doit y avoir une prolongation du cours de une à deux années pour vraiment satisfaire aux besoins.»

Évolution technologique

Elle cerne les raisons qui motivent une telle exigence: «Il y a l'évolution des technologies et des nouvelles pratiques cliniques, qui font en sorte que les choses ont changé. Il y a aussi les nouveaux créneaux et aspects qui se sont ajoutés: prenons pour exemple tout le secteur de l'apnée et des troubles du sommeil, qui ne faisait pas partie du cursus de formation.»

Elle signale de plus que l'inhalothérapeute se voit de nos jours confier un mandat de transmission des connaissances: «Ils sont appelés à enseigner beaucoup aux patients et aux familles, non seulement l'aspect technique des traitements auxquels ils sont soumis, mais également toutes les caractéristiques de la maladie.» Du rôle technique de la profession, ils sont passés à celui qui est d'ordre pédagogique, dans un monde où le patient est appelé à se prendre en mains: «C'est une priorité ministérielle qu'il en soit ainsi, mais, pour y arriver, il doit comprendre sa médication et les instruments qui servent à la prendre de la bonne façon.» Elle pose ce constat: «Maintenant, les malades respiratoires sont à domicile, ce qui n'était pas le cas il y a 15 ans. Et, pendant ce temps, les tâches et les responsabilités des inhalothérapeutes ne cessent de croître en matière de complexité.»

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Collaborateur du Devoir
 
 
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