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Un réseau de centres - «On a vraiment l'impression de servir une bonne cause»

Des solutions novatrices sur le plan de la gestion des déplacements

Saviez-vous qu'il existe des organismes dont le mandat est d'offrir des services visant à aider les employeurs à améliorer concrètement la mobilité de leurs employés? Il s'agit des centres de gestion des déplacements (CGD). Qu'en est-il au juste? Entretien avec la présidente de l'association qui les représente, Anne Auclair.

Au Québec, il existe sept CGD: trois à Montréal, un à Québec, un à Trois-Rivières, un au Saguenay et un à Sherbrooke. Un CGD sera mis sur pied sous peu à Gatineau. Les CGD sont soit des OBNL, soit des entreprises d'économie sociale. Voyagez futé, situé à Montréal, a été le premier CGD à être instauré sous forme de projet-pilote en 2001, raconte Anne Auclair, également directrice générale du CGD de Québec, Mobili-T, fondé en 2004.

Les CGD ont pour but principal d'offrir des services visant à aider les employeurs (organismes et entreprises) à améliorer de manière probante la mobilité de leurs employés vers leur lieu de travail. Différentes formules et solutions de rechange à ce qui est appelé «l'auto solo» (vocabulaire utilisé par les CGD) sont envisagées: covoiturage, autopartage (autre vocabulaire provenant de l'interne), transport en commun, vélo, marche, refonte des stationnements, etc.

L'idée n'est pas nouvelle, elle fait mouche en Europe depuis des lustres et aux États-Unis depuis les années 1990. Ici, les CGD se sont regroupés sous l'égide d'un organisme, l'Association des centres de gestion des déplacements au Québec (ACGD), fondée il y a 18 mois, que préside Anne Auclair. L'ACGD a pour but notamment de soutenir le développement de partenariats et d'activités, en favorisant et en encourageant la mise en commun et le partage d'expertise entre CGD, le développement et le partage d'outils techniques et de promotion, le suivi de la réglementation et des programmes existants et en assurant une intervention auprès des décideurs municipaux, provinciaux et fédéraux.

Le financement

Sur le plan du financement, il y a le Programme d'aide gouvernemental aux modes de transport alternatifs à l'automobile (PAGMTAA), qui est sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec. Celui-ci permet aux employeurs d'obtenir un financement en vue d'implanter des programmes visant la réduction de l'utilisation de l'auto solo chez leurs employés. Ce programme rembourse 50 % des frais encourus jusqu'à concurrence d'un montant maximal de 35 000 $. L'autre volet de ce programme apporte un soutien financier au fonctionnement des CGD.

«Notre rôle est d'offrir des services-conseils aux employeurs afin de favoriser l'utilisation des transports alternatifs à l'automobile. En fait, le gros de notre mission est de réaliser des plans de gestion des déplacements et donc de dresser un bilan général de l'accessibilité à leur site. Ce bilan est assorti d'un plan d'action qui cible des mesures efficaces, suivant les habitudes de déplacement des employés», précise Anne Auclair, rappelant que les CGD répondent à des besoins criants dans bien des cas.

«On sait que la congestion automobile peut engendrer de graves conséquences sur le plan de la productivité, en raison du stress. C'est un problème qui est peu visible et dont on parle peu au sein d'une entreprise. Vous savez, un employé qui arrive au travail après avoir passé une heure et demie dans le trafic est non seulement stressé, mais aussi de moins en moins productif en raison de la fatigue».

Le manque d'accessibilité au lieu de travail peut aussi affecter le recrutement de la main-d'oeuvre, tient à dire Anne Auclair. «Ça peut en effet poser un problème sur le plan du recrutement. Je le vois ici, dans la région de Québec, plus précisément au Parc technologique, qui est enclavé entre trois autoroutes et qui ne profite pas d'une bonne desserte sur le plan du transport en commun. Les travailleurs du Parc technologique sont jeunes, la moyenne d'âge est en bas de 30 ans et, en raison d'un choix de vie, ces jeunes ne veulent pas acheter de voiture. Vous voyez le problème qui se pose.»

Un problème majeur

Revenons au financement. Le PAGMTAA est pour l'instant suspendu depuis mars dernier, et ce, jusqu'au 31 décembre 2011, déplore Anne Auclair, précisant que c'est le volet du financement aux employeurs qui l'est. Pourquoi? «Le ministère des Transports invoque des raisons de restrictions budgétaires [liées à l'atteinte du déficit zéro dictée par le ministère des Finances]. Cela a des conséquences négatives. Il y a de nos clients qui ont décidé de suspendre les offres de services qu'ils nous avaient demandées. On nous a dit qu'il y aurait un nouveau programme d'aide à partir du 1er janvier 2012, mais on n'en connaît pas les conditions. On se croise les doigts», lance, un brin inquiète, Anne Auclair. Il reste que, globalement, ajoute-t-elle, «on a vraiment l'impression de servir une bonne cause».

En 2010, les CGD avaient 118 entreprises clientes (dont plusieurs ministères, des municipalités, des établissements d'enseignement et de santé), ce qui profite à plus de 400 000 employés.

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Collaborateur du Devoir
 
 
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