Seul(e) dans son auto - Défi sans auto veut contrer les habitudes
Il faut améliorer l'offre de transport collectif
Inciter les Trifluviens à laisser de côté leur véhicule pendant une journée, alors que 70 % d'entre eux n'ont jamais pris l'autobus, voilà le pari que veut relever Jeanne Charbonneau, directrice du Centre de gestion des déplacements (CGD) de Trois-Rivières.
L'objectif du Défi sans auto, créé en 2009, est d'inviter les gens à délaisser leur voiture une première fois, le 22 septembre, pour amorcer un changement dans les modes de transport et dans les mentalités.
Il s'adresse d'abord aux entreprises, aux élus et aux décideurs. Les entreprises qui auront le plus haut taux d'employés se déplaçant ainsi gagneront une visibilité médiatique régionale ou provinciale, selon leur taille. En 2009, 10 sociétés ont participé à Trois-Rivières, et 21 l'année suivante.
Le Défi sans auto s'exporte à présent dans d'autres villes de la province. Saguenay, Québec, Montréal, Gatineau, Drummondville emboîtent le pas dans le cadre de la Journée mondiale sans voiture. «C'est une façon de créer des habitudes chez les gens, pour qu'ils voient que ce n'est pas si loin que ça, que c'est agréable et que peut-être ils s'aperçoivent ainsi qu'il y a aussi des douches sur leur lieu de travail», explique la directrice du CGD Roulons vert.
Les entreprises ont dû user d'imagination (déjeuner offert, prix à gagner) pour convaincre leur personnel de se déplacer en transport durable. Cela comprend l'autobus, le covoiturage, le partage de voitures, le vélo, les patins à roulettes, la marche et d'autres moyens actifs. «Tout ce qui n'est pas l'auto solo, résume Jeanne Charbonneau. Quand on sait que 37 % des gaz à effet de serre (GES) sont produits par les transports, on comprend que le Défi sans auto est un moyen important et efficace pour essayer de changer les habitudes.»
Dans les petites villes
À Trois-Rivières, comme à Saguenay, plus de 85 % des gens ont l'habitude de se déplacer seuls en voiture. Le nombre des Trifluviens qui prennent principalement l'autobus varie de 1,5 % à 3 %. Et seulement 5 % des résidants utilisent en premier les transports actifs. «En transport, l'offre vient avant la demande, mais il y a un certain nombre de gens qui habitent dans un rayon de moins de cinq kilomètres [de leur travail], qui pourraient prendre le vélo — notre ville est plate — mais qui ne le font pas. Il y en a même qui habitent à moins de deux kilomètres et qui préfèrent l'auto solo», affirme l'initiatrice du Défi sans auto.
«C'est plus difficile d'obtenir des changements de comportement dans les petites villes, c'est pour ça qu'on a mis en place ces défis, à l'origine. Dans notre ville, il y a aussi une question de perception des transports durables: "C'est plus long", "c'est encore cher". On veut les rendre le fun et in», dit la jeune trentenaire.
Cela explique en partie que les autobus soient gratuits à Trois-Rivières, Québec, Saguenay, Drummondville, entre autres, le 22 septembre.
Dans les grandes villes, la problématique est différente. Les usagers des transports publics sont déjà nombreux. Le Défi est une façon de mesurer le potentiel de changement des comportements et d'approcher de nouvelles entreprises intéressées par des politiques de transport durable (vélos à disposition, retour garanti à domicile, horaires décalés, casiers, douches).
Faire embarquer les élus
«Un de nos objectifs est aussi de faire prendre l'autobus à nos élus municipaux pour qu'ils se rendent compte que c'est important d'investir dans le transport en commun», souligne Mme Charbonneau.
On leur demande de participer à ce Défi sans auto en s'inscrivant comme «élus» ou «décideurs». Ces derniers peuvent prendre n'importe quel moyen autre que l'auto solo. «Le recteur de l'université, s'il vient en vélo, va s'apercevoir que ce n'est pas très agréable de traverser une mer de voitures pour aller à sa propre université», imagine-t-elle.
Cela permet également de créer des modèles de société, car ces gens servent d'exem-ples et entraînent d'autres personnes. «On se dit: "Si mon directeur, qui est plus occupé que moi, le fait, je peux bien le faire pour aujourd'hui"», commente la jeune femme, qui, l'année dernière, elle qui habite de l'autre côté du pont, est venue en bus mais est «repartie en covoiturage, parce qu'il n'y a pas de bus le soir. C'est un des inconvénients!»
Dans la région de Trois-Rivières, les transports durables ne sont pas les meilleurs du monde, concède Jeanne Charbonneau: «Il n'y a pas eu de refonte du système de transport. Quelques bus express sont arrivés, cela a un peu amélioré la situation. Mais il y a un travail plus gros à faire.» C'est peut-être le plus grand défi à venir pour la directrice de Roulons vert et les autorités publiques.
***
Collaboratrice du Devoir
L'objectif du Défi sans auto, créé en 2009, est d'inviter les gens à délaisser leur voiture une première fois, le 22 septembre, pour amorcer un changement dans les modes de transport et dans les mentalités.
Il s'adresse d'abord aux entreprises, aux élus et aux décideurs. Les entreprises qui auront le plus haut taux d'employés se déplaçant ainsi gagneront une visibilité médiatique régionale ou provinciale, selon leur taille. En 2009, 10 sociétés ont participé à Trois-Rivières, et 21 l'année suivante.
Le Défi sans auto s'exporte à présent dans d'autres villes de la province. Saguenay, Québec, Montréal, Gatineau, Drummondville emboîtent le pas dans le cadre de la Journée mondiale sans voiture. «C'est une façon de créer des habitudes chez les gens, pour qu'ils voient que ce n'est pas si loin que ça, que c'est agréable et que peut-être ils s'aperçoivent ainsi qu'il y a aussi des douches sur leur lieu de travail», explique la directrice du CGD Roulons vert.
Les entreprises ont dû user d'imagination (déjeuner offert, prix à gagner) pour convaincre leur personnel de se déplacer en transport durable. Cela comprend l'autobus, le covoiturage, le partage de voitures, le vélo, les patins à roulettes, la marche et d'autres moyens actifs. «Tout ce qui n'est pas l'auto solo, résume Jeanne Charbonneau. Quand on sait que 37 % des gaz à effet de serre (GES) sont produits par les transports, on comprend que le Défi sans auto est un moyen important et efficace pour essayer de changer les habitudes.»
Dans les petites villes
À Trois-Rivières, comme à Saguenay, plus de 85 % des gens ont l'habitude de se déplacer seuls en voiture. Le nombre des Trifluviens qui prennent principalement l'autobus varie de 1,5 % à 3 %. Et seulement 5 % des résidants utilisent en premier les transports actifs. «En transport, l'offre vient avant la demande, mais il y a un certain nombre de gens qui habitent dans un rayon de moins de cinq kilomètres [de leur travail], qui pourraient prendre le vélo — notre ville est plate — mais qui ne le font pas. Il y en a même qui habitent à moins de deux kilomètres et qui préfèrent l'auto solo», affirme l'initiatrice du Défi sans auto.
«C'est plus difficile d'obtenir des changements de comportement dans les petites villes, c'est pour ça qu'on a mis en place ces défis, à l'origine. Dans notre ville, il y a aussi une question de perception des transports durables: "C'est plus long", "c'est encore cher". On veut les rendre le fun et in», dit la jeune trentenaire.
Cela explique en partie que les autobus soient gratuits à Trois-Rivières, Québec, Saguenay, Drummondville, entre autres, le 22 septembre.
Dans les grandes villes, la problématique est différente. Les usagers des transports publics sont déjà nombreux. Le Défi est une façon de mesurer le potentiel de changement des comportements et d'approcher de nouvelles entreprises intéressées par des politiques de transport durable (vélos à disposition, retour garanti à domicile, horaires décalés, casiers, douches).
Faire embarquer les élus
«Un de nos objectifs est aussi de faire prendre l'autobus à nos élus municipaux pour qu'ils se rendent compte que c'est important d'investir dans le transport en commun», souligne Mme Charbonneau.
On leur demande de participer à ce Défi sans auto en s'inscrivant comme «élus» ou «décideurs». Ces derniers peuvent prendre n'importe quel moyen autre que l'auto solo. «Le recteur de l'université, s'il vient en vélo, va s'apercevoir que ce n'est pas très agréable de traverser une mer de voitures pour aller à sa propre université», imagine-t-elle.
Cela permet également de créer des modèles de société, car ces gens servent d'exem-ples et entraînent d'autres personnes. «On se dit: "Si mon directeur, qui est plus occupé que moi, le fait, je peux bien le faire pour aujourd'hui"», commente la jeune femme, qui, l'année dernière, elle qui habite de l'autre côté du pont, est venue en bus mais est «repartie en covoiturage, parce qu'il n'y a pas de bus le soir. C'est un des inconvénients!»
Dans la région de Trois-Rivières, les transports durables ne sont pas les meilleurs du monde, concède Jeanne Charbonneau: «Il n'y a pas eu de refonte du système de transport. Quelques bus express sont arrivés, cela a un peu amélioré la situation. Mais il y a un travail plus gros à faire.» C'est peut-être le plus grand défi à venir pour la directrice de Roulons vert et les autorités publiques.
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Collaboratrice du Devoir








