Les centres de gestion des déplacements récompensent - De vraies solutions aux vrais problèmes
Technoparc Montréal, Le Nordelec, le CHU Sainte-Justine et des institutions de Côte-des-Neiges, autant de lieux qui ont trouvé des solutions originales en transport durable. À lire pour découvrir qu'il y a une belle» vie hors «l'automobile reine»
L'achalandage pour la ligne d'autobus 72 a grimpé de 400 % entre 2006 et 2010. L'une des causes de cette explosion de l'utilisation du transport en commun réside dans les revendications et les initiatives du Technoparc Montréal, récipiendaire du prix remis par le CGD Saint-Laurent.
Après un sondage effectué en 2009-2010 auprès des 6000 travailleurs du Technoparc, un constat s'est imposé: près de 20 % des employés utilisent le transport en commun. «Il faut s'assurer que le transport en commun soit efficace», explique Annie Gravier, directrice aux affaires publiques et aux communications du Technoparc.
De multiples collaborations ont donc été mises en branle avec la STM pour améliorer le service de la ligne 72, qui relie cet endroit au métro Côte-Vertu, et pour construire davantage d'abribus, voire des abribus doubles. Le Technoparc effectue actuellement un suivi serré sur le service de transport et toute plainte formulée à ce propos par un travailleur est aussitôt communiquée à la STM. Un service de taxi collectif, reliant le Technoparc Montréal à la gare de train de Sunnybrooke, a aussi été implanté en 2008. Des arrêts identifiés à cet effet permettent d'appeler un taxi, une heure à l'avance, sans payer de frais, moyennant la présentation de la passe mensuelle de la STM.
Peu d'espaces de stationnement
Technoparc Montréal s'est aussi organisé pour décourager l'utilisation «solo» des voitures en favorisant le covoiturage. Un site Internet, réservé aux gens travaillant au Technoparc, permet de repérer facilement les conducteurs qui habitent dans le même quartier et d'entrer en contact avec eux. De plus, les meilleurs espaces de stationnement sont réservés aux covoitureurs pour mieux convaincre les conducteurs d'ouvrir leurs portières à des collègues. Pour favoriser le transport actif, le Technoparc active actuellement des démarches auprès de l'arrondissement Saint-Laurent pour l'aménagement d'un passage pour piétons pour le boulevard Alfred-Nobel, une voie difficile à traverser en raison d'une importante circulation automobile.
Est-ce possible de ne conserver que 400 espaces de stationnement d'automobiles pour un immeuble qui héberge 150 entreprises et 1700 employés? L'édifice Le Nordelec a agi rapidement pour y parvenir. Il a mis de l'avant un ensemble d'incitatifs et de solutions pour convaincre les gens de laisser leur voiture à la maison. C'est pour cette raison qu'il reçoit le prix de Voyagez futé. «On a pris toutes sortes de petites mesures, qui ne coûtent pas cher, mais qui enlèvent de la pression pour la construction de stationnements», explique Michel Dufresne, qui travaille chez Cardinal Hardy et qui s'est engagé dans le comité Allégo du Nordelec depuis 2009. «Ils ont fait vraiment beaucoup d'actions», louange Nadège Gaillard, chargée de projet pour Voyagez futé, qui vante aussi la vitesse à laquelle les démarches ont déboulé.
L'une des solutions les plus novatrices consiste en une navette, achetée par Le Nordelec, qui offre un transport depuis et vers le métro Charlevoix toutes les 15 minutes durant les heures de pointe. Toujours à l'étape de projet-pilote, cet autobus d'environ 20 places permet à plusieurs personnes d'opter pour le transport en commun dans une région mal desservie par le réseau.
Le comité du Nordelec a aussi fait des pressions sur la Société de transport de Montréal pour l'installation de bornes Bixi, alors que la portion au sud du canal de Lachine, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, ne se retrouvait pas dans les plans initiaux. Pour les employés qui désirent se déplacer avec leur propre vélo, des stationnements à vélo ont été ajoutés à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment. Les rénovations qui se déroulent actuellement dans le hall feront d'ailleurs apparaître, prochainement, des douches destinées aux cyclistes qui entrent travailler. Mais, au-delà de seulement encourager le transport durable, Le Nordelec le fête. Chaque année, au mois de mai, un repas festif est organisé autour d'activités variées, dont un atelier d'entretien de vélo.
Transport en commun personnalisé
Le CHU Sainte-Justine, avec son projet «Grandir en santé», a converti près de 28 % des titulaires d'une vignette de stationnement, soit plus de 150 employés, en adeptes du transport en commun ou du transport actif, comme la marche et le vélo. Comme la construction d'un bâtiment était prévue sur un espace de stationnement réservé aux employés, le CHU Sainte-Justine a entrepris des démarches pour les inciter, employé par employé, a adhérer à ces modes de transport durable.
C'est pour cet effort, et bien d'autres qui vont dans la même direction, que lui sont décernés les Prix continuité et persévérance attribués par les trois Centres de gestion des déplacements. Comme la direction a remarqué que les lieux de résidence des employés étaient trop dispersés dans la grande région métropolitaine pour élaborer une démarche globale, 538 employés qui possédaient une vignette de stationnement ont été consultés individuellement. Dans ces rencontres personnalisées, le meilleur itinéraire possible en transport en commun était évalué et tracé pour chacun. «Cela a permis à des gens qui n'utilisaient pas le transport en commun d'en constater les possibilités», considère Claude Fortin, directeur de la transition au CHU Sainte-Justine. Il ajoute que cette démarche «obligeait les gens à prendre une décision».
Pour convaincre certains conducteurs d'essayer le transport collectif, des rabais seront bientôt offerts dans le cadre du programme Allégo. Ainsi, pendant une période d'essai, l'employeur paiera la totalité de la passe du premier mois, 50 % de celle du mois suivant et 25 % de celle du troisième mois.
Démarche collective
La Table des transports des institutions de Côte-des-Neiges, qui reçoit un prix remis par Mobiligo, vient de lancer, le 15 septembre dernier, un logiciel de covoiturage qui réunit 11 établissements et qui peut rejoindre jusqu'à près de 86 000 personnes. Ainsi, des gens qui travaillent dans ce quartier, soit au collège Notre-Dame, à l'Université de Montréal, au CSSS de la Montagne, à HEC Montréal ou à l'Hôpital général juif, entre autres, et qui habitent dans le même quartier peuvent entrer en contact, via un portail, pour effectuer le trajet à plusieurs. «Un collège, ce n'est pas petit, mais, seulement pour le covoiturage, le bassin demeure restreint, donc ça ne levait jamais, explique Luc Thifault, directeur des ressources matérielles et technologiques au collège Jean-de-Brébeuf, aussi membre de la Table des transports de Côte-des-Neiges. Là, en augmentant le bassin à tous les gens [qui travaille dans] Côte-des-Neiges, on pense qu'il y plus de chances d'avoir des combinaisons, des jumelages.» Un projet qui tombe à point, avec la réduction volontaire du nombre d'espaces de stationnement prévue par le collège Jean-de-Brébeuf dans ses infrastructures.
Au-delà du covoiturage, cette alliance entre les institutions du quartier permet aussi de revendiquer plus efficacement, via Mobiligo, une amélioration du transport en commun, particulièrement celui de l'autobus 129, qui dessert les environs. «On pourrait, au collège Jean-de-Brébeuf, appeler directement la STM, mais c'est sûr que ça aide quand ça vient d'un regroupement, d'une Table des transports», considère Luc Thifault.
L'achalandage pour la ligne d'autobus 72 a grimpé de 400 % entre 2006 et 2010. L'une des causes de cette explosion de l'utilisation du transport en commun réside dans les revendications et les initiatives du Technoparc Montréal, récipiendaire du prix remis par le CGD Saint-Laurent.
Après un sondage effectué en 2009-2010 auprès des 6000 travailleurs du Technoparc, un constat s'est imposé: près de 20 % des employés utilisent le transport en commun. «Il faut s'assurer que le transport en commun soit efficace», explique Annie Gravier, directrice aux affaires publiques et aux communications du Technoparc.
De multiples collaborations ont donc été mises en branle avec la STM pour améliorer le service de la ligne 72, qui relie cet endroit au métro Côte-Vertu, et pour construire davantage d'abribus, voire des abribus doubles. Le Technoparc effectue actuellement un suivi serré sur le service de transport et toute plainte formulée à ce propos par un travailleur est aussitôt communiquée à la STM. Un service de taxi collectif, reliant le Technoparc Montréal à la gare de train de Sunnybrooke, a aussi été implanté en 2008. Des arrêts identifiés à cet effet permettent d'appeler un taxi, une heure à l'avance, sans payer de frais, moyennant la présentation de la passe mensuelle de la STM.
Peu d'espaces de stationnement
Technoparc Montréal s'est aussi organisé pour décourager l'utilisation «solo» des voitures en favorisant le covoiturage. Un site Internet, réservé aux gens travaillant au Technoparc, permet de repérer facilement les conducteurs qui habitent dans le même quartier et d'entrer en contact avec eux. De plus, les meilleurs espaces de stationnement sont réservés aux covoitureurs pour mieux convaincre les conducteurs d'ouvrir leurs portières à des collègues. Pour favoriser le transport actif, le Technoparc active actuellement des démarches auprès de l'arrondissement Saint-Laurent pour l'aménagement d'un passage pour piétons pour le boulevard Alfred-Nobel, une voie difficile à traverser en raison d'une importante circulation automobile.
Est-ce possible de ne conserver que 400 espaces de stationnement d'automobiles pour un immeuble qui héberge 150 entreprises et 1700 employés? L'édifice Le Nordelec a agi rapidement pour y parvenir. Il a mis de l'avant un ensemble d'incitatifs et de solutions pour convaincre les gens de laisser leur voiture à la maison. C'est pour cette raison qu'il reçoit le prix de Voyagez futé. «On a pris toutes sortes de petites mesures, qui ne coûtent pas cher, mais qui enlèvent de la pression pour la construction de stationnements», explique Michel Dufresne, qui travaille chez Cardinal Hardy et qui s'est engagé dans le comité Allégo du Nordelec depuis 2009. «Ils ont fait vraiment beaucoup d'actions», louange Nadège Gaillard, chargée de projet pour Voyagez futé, qui vante aussi la vitesse à laquelle les démarches ont déboulé.
L'une des solutions les plus novatrices consiste en une navette, achetée par Le Nordelec, qui offre un transport depuis et vers le métro Charlevoix toutes les 15 minutes durant les heures de pointe. Toujours à l'étape de projet-pilote, cet autobus d'environ 20 places permet à plusieurs personnes d'opter pour le transport en commun dans une région mal desservie par le réseau.
Le comité du Nordelec a aussi fait des pressions sur la Société de transport de Montréal pour l'installation de bornes Bixi, alors que la portion au sud du canal de Lachine, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, ne se retrouvait pas dans les plans initiaux. Pour les employés qui désirent se déplacer avec leur propre vélo, des stationnements à vélo ont été ajoutés à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment. Les rénovations qui se déroulent actuellement dans le hall feront d'ailleurs apparaître, prochainement, des douches destinées aux cyclistes qui entrent travailler. Mais, au-delà de seulement encourager le transport durable, Le Nordelec le fête. Chaque année, au mois de mai, un repas festif est organisé autour d'activités variées, dont un atelier d'entretien de vélo.
Transport en commun personnalisé
Le CHU Sainte-Justine, avec son projet «Grandir en santé», a converti près de 28 % des titulaires d'une vignette de stationnement, soit plus de 150 employés, en adeptes du transport en commun ou du transport actif, comme la marche et le vélo. Comme la construction d'un bâtiment était prévue sur un espace de stationnement réservé aux employés, le CHU Sainte-Justine a entrepris des démarches pour les inciter, employé par employé, a adhérer à ces modes de transport durable.
C'est pour cet effort, et bien d'autres qui vont dans la même direction, que lui sont décernés les Prix continuité et persévérance attribués par les trois Centres de gestion des déplacements. Comme la direction a remarqué que les lieux de résidence des employés étaient trop dispersés dans la grande région métropolitaine pour élaborer une démarche globale, 538 employés qui possédaient une vignette de stationnement ont été consultés individuellement. Dans ces rencontres personnalisées, le meilleur itinéraire possible en transport en commun était évalué et tracé pour chacun. «Cela a permis à des gens qui n'utilisaient pas le transport en commun d'en constater les possibilités», considère Claude Fortin, directeur de la transition au CHU Sainte-Justine. Il ajoute que cette démarche «obligeait les gens à prendre une décision».
Pour convaincre certains conducteurs d'essayer le transport collectif, des rabais seront bientôt offerts dans le cadre du programme Allégo. Ainsi, pendant une période d'essai, l'employeur paiera la totalité de la passe du premier mois, 50 % de celle du mois suivant et 25 % de celle du troisième mois.
Démarche collective
La Table des transports des institutions de Côte-des-Neiges, qui reçoit un prix remis par Mobiligo, vient de lancer, le 15 septembre dernier, un logiciel de covoiturage qui réunit 11 établissements et qui peut rejoindre jusqu'à près de 86 000 personnes. Ainsi, des gens qui travaillent dans ce quartier, soit au collège Notre-Dame, à l'Université de Montréal, au CSSS de la Montagne, à HEC Montréal ou à l'Hôpital général juif, entre autres, et qui habitent dans le même quartier peuvent entrer en contact, via un portail, pour effectuer le trajet à plusieurs. «Un collège, ce n'est pas petit, mais, seulement pour le covoiturage, le bassin demeure restreint, donc ça ne levait jamais, explique Luc Thifault, directeur des ressources matérielles et technologiques au collège Jean-de-Brébeuf, aussi membre de la Table des transports de Côte-des-Neiges. Là, en augmentant le bassin à tous les gens [qui travaille dans] Côte-des-Neiges, on pense qu'il y plus de chances d'avoir des combinaisons, des jumelages.» Un projet qui tombe à point, avec la réduction volontaire du nombre d'espaces de stationnement prévue par le collège Jean-de-Brébeuf dans ses infrastructures.
Au-delà du covoiturage, cette alliance entre les institutions du quartier permet aussi de revendiquer plus efficacement, via Mobiligo, une amélioration du transport en commun, particulièrement celui de l'autobus 129, qui dessert les environs. «On pourrait, au collège Jean-de-Brébeuf, appeler directement la STM, mais c'est sûr que ça aide quand ça vient d'un regroupement, d'une Table des transports», considère Luc Thifault.








