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Villes de savoir - Les universités montréalaises accueillent chaque année 30 000 étudiants étrangers

Pour Lyon, « nos établissements d'enseignement supérieur sont le principal facteur d'attractivité »

Le pavillon principal de l’Université de Montréal<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le pavillon principal de l’Université de Montréal
Le colloque Villes de savoir des Entretiens Jacques-Cartier a choisi pour thème cette année «Les enjeux de la mobilité internationale des talents». Une preuve que la mondialisation n'est plus une question uniquement réservée aux seuls acteurs économiques, mais que maintenant elle touche également à la formation et au parcours des individus.

«Nous ne pouvons plus penser localement, affirme Marie-Pierre Favre, directrice des relations internationales de l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon et participante au colloque. D'abord, nous devons confronter nos étudiants français aux réalités internationales, et la présence d'étudiants étrangers à l'INSA nous le permet. C'est ce que nous appelons l'internationalisation à domicile.»

Ensuite, le monde du travail, mondialisation oblige, a considérablement évolué. «Nous devons répondre aux nouveaux besoins des entreprises françaises qui, de plus en plus, recherchent des travailleurs qualifiés ayant un profil international, puisque ces entreprises ont maintenant des activités dans plusieurs pays et doivent souvent mettre en place des équipes multiculturelles. L'étudiant, qu'il soit de la France ou d'ailleurs, se doit d'être ouvert aux autres cultures. De plus, au-delà de l'aspect technique de la formation, un ingénieur aujourd'hui doit aussi être formé aux enjeux sociaux à l'échelle de la planète. Les enjeux écologiques, par exemple, n'ont pas de frontières.»

Conférencier invité au colloque, Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable du développement économique, croit pour sa part «que toute formation à l'étranger, en tout ou en partie, est une source de richesse et d'expérience pour un étudiant et pour le travailleur qu'il deviendra».

Comment s'y prendre

Malgré l'idéal qui sous-tend cette démarche, et comme il y a souvent loin de la coupe aux lèvres, comment des villes, telles Montréal et Lyon, peuvent-elles attirer des étudiants internationaux?

D'emblée, Richard Deschamps tient à rappeler «que Montréal est une importante ville universitaire en Amérique du Nord, avec quatre universités et plusieurs grandes écoles de formation, ce que nous oublions trop souvent. Déjà, nos établissements montréalais accueillent près de 30 000 étudiants étrangers, et nous pourrions en accueillir plus. La présence de nos établissements postsecondaires est sans doute notre meilleur atout pour attirer des étudiants étrangers.» Une affirmation que partage Jean-Marie Reynouard, directeur de la recherche à l'INSA. «Pour la grande région de Lyon, et même pour la région Rhône-Alpes, nos établissements d'enseignement supérieur sont le principal facteur d'attractivité.»

Mais comment faire plus? «Il faut notamment mieux soutenir la promotion de nos universités à l'échelle internationale par la mise en place d'actions concrètes, soutient Richard Deschamps. Et ces actions ne doivent pas être la seule responsabilité des universités. Les autres acteurs, qu'ils soient politiques ou économiques, doivent y contribuer. L'action doit être concertée et collective.» Même son de cloche du côté de Lyon. «Nous avons établi des liens avec notre environnement politique et économique, entre nos établissements d'enseignement et nos institutions collectives», explique Jean-Marie Reynouard.

Et Marie-Pierre Favre de souligner que «nous sommes dans un environnement très concurrentiel où plusieurs établissements d'enseignement cherchent à attirer les étudiants étrangers. Il faut donc redoubler d'efforts afin d'augmenter notre visibilité et mettre en place de meilleurs moyens de communication. D'ailleurs, nous avons à cet égard ouvert des bureaux de représentation à l'étranger, notamment au Brésil et en Chine. De plus, on ne peut pas tout faire. À l'INSA, nous avons donc fait le choix de nous concentrer sur nos créneaux d'expertise et sur les pays où l'on a déjà une présence.»

L'encadrement des étudiants étrangers est aussi un facteur qui joue. «Il faut une politique d'accueil, soutient Richard Deschamps. Par exemple, nous avons mis en place avec nos partenaires une infrastructure d'accueil qui permet de prendre contact avec l'étudiant étranger dès sa descente de l'avion.» À l'INSA de Lyon, ce sont les résidences étudiantes qui servent de cadre d'accueil. «Comme plusieurs étudiants vivent dans nos résidences étudiantes, explique Marie-Pierre Favre, le contact entre les étudiants français et étrangers ne se fait pas uniquement en salle de classe mais aussi en résidence, ce qui favorise les liens personnels entre les étudiants issus de différentes cultures.»

La finalité du processus

Selon Marie-Pierre Favre, le fait d'attirer chez soi des étudiants étrangers s'inscrit principalement dans cette idée, mentionnée plus haut, de donner aux étudiants, qu'ils soient français ou étrangers, une ouverture d'esprit internationale. «Que ce soit des étudiants étrangers qui viennent étudier ici ou des étudiants français qui vont étudier à l'étranger, ce que nous cherchons à favoriser, c'est la mobilité internationale des étudiants et, par conséquent, leur ouverture aux réalités des autres cultures. Nous avons besoin des deux modèles.»

La réalité au Québec est par contre différente en raison de la situation démographique. «Non seulement nous devons attirer des étudiants étrangers, explique Richard Deschamps, mais nous devons aussi les retenir. La situation démographique fait en sorte que le Québec manquera de travailleurs et nous comptons sur l'immigration pour combler cette pénurie. Il faut donc mettre en place des actions pour les retenir et faire preuve d'innovation urbaine en créant, par exemple, des quartiers de style work, live, and play, comme on dit en anglais. Mais il ne faut pas oublier que c'est un ensemble d'actions et de choses qui rendra Montréal plus attractive et qui fera que les étudiants étrangers choisiront ensuite de s'établir ici.»

Un problème que ne connaît pas la région Rhône-Alpes. «Nous ne prévoyons pas de pénurie de main-d'oeuvre, précise Marie-Pierre Favre. Si les étudiants étrangers formés chez nous veulent y rester, c'est tant mieux. Mais s'ils retournent dans leur pays après leurs études, nous considérons alors qu'ils seront nos meilleurs ambassadeurs.»

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