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    Information et communications - Technologie « verte », dites-vous ?

    Les TIC consomment autant d'énergie que l'ensemble de la circulation aérienne

    C'est à Rimouski que Telus construira son prochain centre de données Internet. À l'heure où la demande croissante chauffe à bloc les serveurs, le virage vert que s'impose l'industrie passe entre autres par le choix d'emplacements frais qui officient à titre de systèmes de refroidissement naturels. Des pistes de solutions qui seront abordées dans le cadre du colloque intitulé: Les technologies de l'information et de la communication sont-elles vertes?

    En évitant des déplacements par le télétravail ou en nous permettant de lire nos magazines préférés en ligne, on a souvent l'impression que les technologies de l'information et des communications (TIC) participent à la diminution de notre empreinte écologique. Et pourtant!

    Déjà, les TIC consomment autant d'énergie que l'ensemble de la circulation aérienne, souligne Brigitte Jaumard. La titulaire de la Chaire en optimisation des réseaux de communication et professeure à l'Université Concordia agit à titre de responsable scientifique du colloque qui se tiendra dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier.

    «C'est-à-dire environ deux pour cent [des émissions de gaz à effet de serre], précise-t-elle. Les gens ne le savent pas. Chaque fois, ils sont très surpris.» Alors que la quantité des données transmises par Internet pourrait quintupler entre 2008 et 2013, au mieux, dit Mme Jaumard, «on parle de maintenir au niveau d'aujourd'hui les émissions de carbone et la consommation d'électricité, en dépit de l'augmentation du trafic. Même s'il est multiplié par quatre ou par dix dans les deux ou trois prochaines années. C'est déjà un énorme défi.»

    «Une étude réalisée par INC-Que Choisir a évalué le nombre de mois de production d'un réacteur nucléaire mobilisés par la seule alimentation des boîtiers ADSL en France: de 2,5 mois en 2008, cette durée devrait passer à 4 mois en 2010. Et elle ne prend pas en compte la consommation électrique des autres équipements du réseau!», ajoute Laurent Lefèvre en entrevue avec le magazine Pour la science. Le chercheur à l'Institut national de recherche en informatique et automatique (INRIA) en France présidera la portion du colloque sur les centres de données et l'informatique en «nuages», cette nouvelle tendance qui pourrait contribuer à améliorer le bilan énergétique des TIC.

    Des nuages verts

    La préoccupation de l'industrie pour sa consommation énergétique est nouvelle, dit Brigitte Jaumard, qui a observé ce changement de direction il y a à peine trois à cinq ans. «Auparavant, ce qui les intéressait, c'était de minimiser les coûts. Aujourd'hui, c'est de minimiser la consommation d'énergie ou, du moins, de trouver un compromis acceptable entre le carbone, la consommation d'électricité et le coût.»

    Pour ce faire, l'industrie explore deux avenues: fabriquer des équipements plus verts et moins gourmands, et s'arranger pour que les logiciels fassent plus avec moins.

    Derrière les Google et Facebook de ce monde se cachent par exemple d'immenses «fermes» de serveurs, monstres de consommation d'énergie et véritables bouilloires surchauffées par le trafic Internet qu'elles gèrent. Comme on peut fermer une route en dehors de l'heure de pointe, on peut «fermer un centre de données sans que les utilisateurs s'en rendent compte, à des périodes moins occupées, pour réduire la consommation d'énergie», explique Brigitte Jaumard.

    Elle croit que l'informatique en nuage, qui gagne en popularité, pourra contribuer à améliorer la situation. Cette tendance, qui consiste à stocker logiciels et données à l'extérieur et à ne conserver qu'un écran et un clavier à la maison ou au bureau, connectés à Internet, diminuera le gaspillage d'énergie, prédit-elle. «Le développement en nuage va permettre de relever ce défi qui est, malgré l'augmentation du nombre d'applications, de maintenir la consommation d'énergie au point où elle est.»

    Suivre le soleil, suivre le vent: à cela on pourrait ajouter «suivre le froid». En effet, si l'éolien et l'énergie solaire permettraient d'alimenter l'industrie des TIC en énergie plus verte, les climats tempérés peuvent servir de refroidisseurs naturels et diminuer leurs besoins en climatisation. «Un ordinateur, on utilise 50 % de l'énergie pour le faire fonctionner et 50 % pour le refroidir», indique Mme Jaumard. Pas besoin d'aller dans le Grand Nord: le Québec aurait tout intérêt à développer cette filière, selon elle, car elle présente un bon compromis entre climat tempéré et accessibilité.

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    Collaboratrice du Devoir
     
     
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