Vieillesses féminine et masculine - « Les hommes âgés se mettront-ils à faire les repas ? »
Le mode de vie des femmes s'approche du modèle masculin
Un colloque sur les convergences et les divergences des vieillesses féminine et masculine se tiendra les 3 et 4 octobre, à la chapelle du Bon-Pasteur, à Montréal. L'Europe et l'Amérique se questionnent.
Traditionnellement, les hommes et les femmes ont vécu des vies bien différentes. Or plus les générations passent, plus ces différences s'amoindrissent. Est-ce que ces changements se feront sentir également sur la vieillesse des hommes et des femmes? Voilà de quoi discuteront de nombreux experts européens et canadiens lors du colloque organisé à l'initiative de l'Institut national d'études démographiques (INED), basé à Paris.
«L'un des changements majeurs dans la vie des femmes a été leur passage vers le travail rémunéré. Une fois qu'elles atteindront le troisième âge, est-ce que cela affectera leur situation? Est-ce que la vieillesse des femmes ressemblera désormais davantage à celle des hommes? Quels aspects seront particulièrement influencés? Nous nous poserons ce genre de questions», indique Jacques Légaré, responsable scientifique et coordonnateur du colloque.
«Il y a toujours eu un écart entre l'espérance de vie des femmes et celle des hommes. Aujourd'hui, les femmes travaillent, fument, etc. Est-ce que ces éléments auront un impact? On n'en sait rien. Il y a aussi les facteurs génétiques et hormonaux à considérer. L'intérêt de ce colloque, c'est de se poser la question», affirme Alain Bideau, coordonnateur du colloque et délégué général du Centre Jacques Cartier.
Différents impacts possibles
Le mode de vie des femmes, de plus en plus semblable à celui des hommes, pourrait avoir différents impacts.
«Si l'espérance de vie des femmes et celle des hommes se rapprochent, il sera intéressant de regarder la société vieillissante. Auparavant, c'étaient principalement des femmes veuves. Cela créait certains problèmes, notamment au niveau des ressources financières. C'est plus simple lorsque les gens sont en couple, notamment parce que, lorsqu'un tombe en incapacité, l'autre peut l'aider», indique M. Légaré, qui est également professeur émérite au Département de démographie de l'Université de Montréal.
Encore faudrait-il que les hommes acceptent de jouer ce rôle d'aidant! «Est-ce que les hommes âgés se mettront à faire les repas si leur épouse a une incapacité? Est-ce qu'ils aideront dans les soins personnels comme les femmes le font traditionnellement? Nous allons regarder cela. Nous allons aussi analyser le rôle des grands-parents. Est-ce que les grands-pères vont s'engager dans la vie de leurs petits-enfants? Est-ce qu'ils iront les chercher à l'école, ou cela restera-t-il une affaire de femmes?», questionne M. Légaré.
On sait maintenant que les femmes sont massivement sur le marché du travail, mais comment le quitteront-elles? «Le feront-elles de la même façon que les hommes? Au même âge? Est-ce que les hommes obligeront leur femme à prendre leur retraite en même temps qu'eux? Si les femmes refusent, est-ce que cela causera des séparations?», questionne M. Légaré.
On peut aussi se demander si l'état de santé des femmes sera semblable à celui des hommes. «On parlera lors du colloque, par exemple, des causes de décès. Celles des femmes ne sont traditionnellement pas les mêmes que celles des hommes. Toutefois, dans certains cas, il y a des rapprochements qui se sont faits. C'est le cas des cancers du poumon, parce que les femmes ont récemment plus fumé que dans le passé», explique Jacques Légaré.
Les conférenciers
Pour discuter de ces questions, une quarantaine de conférenciers canadiens et européens seront présents. «C'est un colloque international de très haut niveau. Nous avons rassemblé la fine fleur de la recherche dans le domaine. Nous aurons entre autres Chantal Cases, directrice de l'INED», affirme Alain Bideau, qui est également démographe et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
«Nous aurons des spécialistes des dimensions démographique, gérontologique, sociologique et économique. Nous avons essayé de réunir des gens qui avaient des affinités ou qui avaient déjà collaboré. Nous aurons principalement des Québécois et des Français, mais aussi des gens d'ailleurs au Canada, de la Suisse et de la Belgique», énumère Jacques Légaré.
Les différences entre la France et le Canada
Peut-on s'attendre à voir de grandes différences entre ce que viendront présenter les intervenants de la France et ceux du Québec?
«La situation est relativement différente en France, où on a eu un baby-boom beaucoup moins important. Au Québec, l'entrée des nombreux baby-boomers dans la vieillesse aura un impact beaucoup plus important qu'en France», affirme M. Légaré.
Il souligne d'ailleurs que la France et l'Europe ont connu le vieillissement de leur population avant le Québec. «Il sera donc intéressant pour les Québécois de regarder ce qu'elles ont fait pour faire face à la situation. Dans certains pays en Europe, on est en train de briser le tabou de rémunérer par exemple la fille qui va s'occuper de sa mère. Ça coûte moins cher que de payer des professionnels, ça limite l'institutionnalisation et c'est davantage ce que veulent les aînés. Peut-être aussi que les baby-boomers québécois qui ont accumulé une certaine richesse seront prêts à payer pour avoir des soins professionnels», indique M. Légaré.
«On verra ce que les conférenciers viendront présenter. C'est la première fois que nous organisons un colloque sur ce thème», ajoute Alain Bideau. Ce ne sera toutefois pas la dernière puisque, en 2012, les Entretiens Jacques-Cartier présenteront un colloque sur l'histoire présente et future du baby-boom.
***
Collaboratrice du Devoir
Traditionnellement, les hommes et les femmes ont vécu des vies bien différentes. Or plus les générations passent, plus ces différences s'amoindrissent. Est-ce que ces changements se feront sentir également sur la vieillesse des hommes et des femmes? Voilà de quoi discuteront de nombreux experts européens et canadiens lors du colloque organisé à l'initiative de l'Institut national d'études démographiques (INED), basé à Paris.
«L'un des changements majeurs dans la vie des femmes a été leur passage vers le travail rémunéré. Une fois qu'elles atteindront le troisième âge, est-ce que cela affectera leur situation? Est-ce que la vieillesse des femmes ressemblera désormais davantage à celle des hommes? Quels aspects seront particulièrement influencés? Nous nous poserons ce genre de questions», indique Jacques Légaré, responsable scientifique et coordonnateur du colloque.
«Il y a toujours eu un écart entre l'espérance de vie des femmes et celle des hommes. Aujourd'hui, les femmes travaillent, fument, etc. Est-ce que ces éléments auront un impact? On n'en sait rien. Il y a aussi les facteurs génétiques et hormonaux à considérer. L'intérêt de ce colloque, c'est de se poser la question», affirme Alain Bideau, coordonnateur du colloque et délégué général du Centre Jacques Cartier.
Différents impacts possibles
Le mode de vie des femmes, de plus en plus semblable à celui des hommes, pourrait avoir différents impacts.
«Si l'espérance de vie des femmes et celle des hommes se rapprochent, il sera intéressant de regarder la société vieillissante. Auparavant, c'étaient principalement des femmes veuves. Cela créait certains problèmes, notamment au niveau des ressources financières. C'est plus simple lorsque les gens sont en couple, notamment parce que, lorsqu'un tombe en incapacité, l'autre peut l'aider», indique M. Légaré, qui est également professeur émérite au Département de démographie de l'Université de Montréal.
Encore faudrait-il que les hommes acceptent de jouer ce rôle d'aidant! «Est-ce que les hommes âgés se mettront à faire les repas si leur épouse a une incapacité? Est-ce qu'ils aideront dans les soins personnels comme les femmes le font traditionnellement? Nous allons regarder cela. Nous allons aussi analyser le rôle des grands-parents. Est-ce que les grands-pères vont s'engager dans la vie de leurs petits-enfants? Est-ce qu'ils iront les chercher à l'école, ou cela restera-t-il une affaire de femmes?», questionne M. Légaré.
On sait maintenant que les femmes sont massivement sur le marché du travail, mais comment le quitteront-elles? «Le feront-elles de la même façon que les hommes? Au même âge? Est-ce que les hommes obligeront leur femme à prendre leur retraite en même temps qu'eux? Si les femmes refusent, est-ce que cela causera des séparations?», questionne M. Légaré.
On peut aussi se demander si l'état de santé des femmes sera semblable à celui des hommes. «On parlera lors du colloque, par exemple, des causes de décès. Celles des femmes ne sont traditionnellement pas les mêmes que celles des hommes. Toutefois, dans certains cas, il y a des rapprochements qui se sont faits. C'est le cas des cancers du poumon, parce que les femmes ont récemment plus fumé que dans le passé», explique Jacques Légaré.
Les conférenciers
Pour discuter de ces questions, une quarantaine de conférenciers canadiens et européens seront présents. «C'est un colloque international de très haut niveau. Nous avons rassemblé la fine fleur de la recherche dans le domaine. Nous aurons entre autres Chantal Cases, directrice de l'INED», affirme Alain Bideau, qui est également démographe et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
«Nous aurons des spécialistes des dimensions démographique, gérontologique, sociologique et économique. Nous avons essayé de réunir des gens qui avaient des affinités ou qui avaient déjà collaboré. Nous aurons principalement des Québécois et des Français, mais aussi des gens d'ailleurs au Canada, de la Suisse et de la Belgique», énumère Jacques Légaré.
Les différences entre la France et le Canada
Peut-on s'attendre à voir de grandes différences entre ce que viendront présenter les intervenants de la France et ceux du Québec?
«La situation est relativement différente en France, où on a eu un baby-boom beaucoup moins important. Au Québec, l'entrée des nombreux baby-boomers dans la vieillesse aura un impact beaucoup plus important qu'en France», affirme M. Légaré.
Il souligne d'ailleurs que la France et l'Europe ont connu le vieillissement de leur population avant le Québec. «Il sera donc intéressant pour les Québécois de regarder ce qu'elles ont fait pour faire face à la situation. Dans certains pays en Europe, on est en train de briser le tabou de rémunérer par exemple la fille qui va s'occuper de sa mère. Ça coûte moins cher que de payer des professionnels, ça limite l'institutionnalisation et c'est davantage ce que veulent les aînés. Peut-être aussi que les baby-boomers québécois qui ont accumulé une certaine richesse seront prêts à payer pour avoir des soins professionnels», indique M. Légaré.
«On verra ce que les conférenciers viendront présenter. C'est la première fois que nous organisons un colloque sur ce thème», ajoute Alain Bideau. Ce ne sera toutefois pas la dernière puisque, en 2012, les Entretiens Jacques-Cartier présenteront un colloque sur l'histoire présente et future du baby-boom.
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Collaboratrice du Devoir








