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Le projet de loi 16 manque de mordant, dit la FIQ

«S'agit-il de servir l'âge d'or [au privé] sur un plateau d'argent?»

Déçue par le manque de mordant du projet de loi 16 sur les résidences privées pour personnes âgées, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a reproché à Québec de vouloir servir les aînés sur un plateau d'argent au secteur privé, en commission parlementaire hier.

«Le gouvernement disait que le projet de loi 16 aurait des dents: et bien, ce sont des dents de lait», dit la présidente de la FIQ Régine Laurent. Pour la FIQ, il s'agit d'un projet de loi «présenté à la hâte, sans réflexion sérieuse», une «réponse inadéquate et incomplète aux problématiques vécues par les aînés hébergés dans les résidences privées».

La FIQ, qui représente les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, juge que les normes de certification des résidences pour aînés proposées sont nettement insuffisantes. Elle demande que le secteur privé soit soumis aux mêmes normes que les CHSLD publics. «Le constat est plutôt que les normes de contrôle se retrouvent allégées lorsque des capitaux privés sont investis», écrit la FIQ dans son mémoire.

«La volonté d'accélérer et de faciliter la privatisation du secteur de l'hébergement est très claire. Les mesures présentées dans le projet de loi semblent trop incomplètes pour assurer la sécurité des aînés. S'agit-il de servir l'âge d'or sur un plateau d'argent?» demande la FIQ. Elle doute fortement que les mesures mises de l'avant par Québec permettent d'éviter que des «entrepreneurs peu scrupuleux investissent davantage dans le marché des résidences privées». Elle se demande même si Québec servira ainsi les intérêts des aînés ou ceux des investisseurs.

Logique de marché

Le projet de loi 16 encadre également l'approvisionnement dans le réseau de la santé, un volet moins mis en lumière depuis le début de la commission parlementaire. Or, pour la FIQ, la stratégie de Québec d'inclure cet aspect dans le projet de loi est «déloyal» et constitue une «stratégie pour passer sous silence une importante réforme». Le syndicat estime qu'il pourrait ouvrir au marché international de plus en plus d'achats faits par le réseau de la santé et ainsi mettre à mal les économies locales. Si les valeurs minimales à partir desquelles les établissements doivent aller en appel d'offres sont abaissées, dit Régine Laurent, des fournisseurs locaux pourrait en souffrir, voire fermer.
 
 
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