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    Tout nu et forcément inquiet

    Dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, le cadre sécuritaire et le culte de la surveillance désormais imposés aux citoyens, notamment dans les aéroports, ne cessent d’être remis en question, si l’on en croit les résultats d’une enquête du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada. <br />
    Photo: Agence Reuters Jessica Rinaldi Dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, le cadre sécuritaire et le culte de la surveillance désormais imposés aux citoyens, notamment dans les aéroports, ne cessent d’être remis en question, si l’on en croit les résultats d’une enquête du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.
    Ce n'est pas parce que ça semble devenir une norme qu'il faut cesser de s'en méfier. Dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, le jour où un fou a mis l'Amérique en échec en faisant tomber deux tours, le cadre sécuritaire et le culte de la surveillance désormais imposés aux citoyens ne cessent d'être remis en question, si l'on en croit les résultats d'une enquête exhaustive dévoilés il y a quelques jours par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

    En relief: naïveté, angoisse et appel à l'aide. Les 2000 humains passés à la question par Harris/Décima trouvent en effet que, au nom de la sécurité nationale, des bouts de leur vie privée sont peut-être en train de foutre le camp.

    Ils admettent toutefois mettre eux-mêmes leurs données personnelles en danger, par négligence, surtout dans les espaces de communication numériques, mais ils voudraient malgré tout que les gouvernements prennent leurs craintes avec un peu plus de considération pour éviter que la dérive ne s'accentue. En gros.

    «Quelqu'un me regarde», chantait Rockwell dans les années 80, et, trois décennies plus tard, le refrain tient toujours la route. Dans les aéroports et aux postes-frontières, les citoyens doivent désormais se mettre à nu, à travers des scanneurs corporels, en dévoilant empreintes digitales ou iris, à la demande d'autorités qui utilisent tout ça pour alimenter des bases de données, pour le bien et la sécurité de tous. Les données s'accumulent, elles s'échangent et le peuple n'est pas rassuré.

    En fait, 85 % des Canadiens se disent quelque peu ou très préoccupés par la quantité de renseignements que le gouvernement canadien peut partager avec des gouvernements ou d'autres autorités d'autres pays, selon le coup de sonde lancé entre fin février et début mars pour prendre le pouls de la population sur la question de la vie privée.

    Ils s'inquiètent aussi, dans une proportion de 79 %, de la mise en interrelation des bases de données du gouvernement pour vérifier «des demandes de prestations sociales ou le paiement des impôts» et voient également d'un mauvais ou très mauvais oeil (79 %) l'idée qu'Ottawa pourrait se mettre à échanger «davantage de renseignements personnels avec les États-Unis afin d'assurer une plus grande sécurité frontalière».

    On ne s'en étonne pas: la peur de l'autre, de l'attaque, des extrêmes, et la culture de la surveillance, articulée forcément dans des disques durs, des nuages informatiques et par l'entremise de codes binaires, ne pouvaient qu'avoir des effets pervers.

    En chiffres, cela donne deux tiers des Canadiens qui, en 2011, estiment que leurs renseignements personnels sont moins bien protégés dans le cadre de leurs activités quotidiennes qu'il y a dix ans, poursuit le sondage. Cette crainte est toutefois moins exprimée au Québec (50 %), mais l'est plus par les femmes (64 %).

    Au passage, la majorité écrasante des répondants (82 %) ont exprimé le fait que les services policiers devraient continuer d'obtenir un mandat des tribunaux pour pouvoir lire les courriels et obtenir l'historique des sites web visités par un citoyen. Le contraire aurait été étonnant: il est toutefois soutenu par 17 % des gens.

    Détaillé et multipiste — on apprend en effet que les trois quarts des Canadiens ne veulent rien savoir des tests génétiques pour connaître quelles maladies ils pourraient développer —, le sondage vient également mettre en lumière le fait qu'aujourd'hui, moins de la moitié de la population se sent bien équipée, en connaissances s'entend, pour faire face à la protection de sa vie privée dans un contexte social en mutation et de plus en plus technologique.

    Au Québec, à peine 30 % des gens se sentent dans cet état d'esprit. Et, bien sûr, le vide attise la peur, entretient la dérive et incite aujourd'hui 65 % des Canadiens à voir la protection de leur vie privée comme un des enjeux sociaux les plus importants auxquels ils vont être confrontés au cours de la prochaine décennie, conclut le sondage.

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