La rentrée, la rentrée...
Et je cherche encore la sortie
Ta menotte vrillée docilement dans la mienne me confie tes appréhensions muettes, à l'image de la petite boule que tu portes au fond du ventre. Nous sommes partis affronter la bête, la rentrée. Notre promenade tonique matinale reprend. Nous emboîtons le pas à la marche du monde. Et nous le refaisons en 20 minutes, à discuter de tout, surtout de rien, à échafauder des gâteaux d'anniversaire décadents, à admirer tes dérapages en trottinette, à imiter les sketches des Inconnus, cette bande de joyeux tarés que tu connais par cœur.
Je te donne du «Hé patate! Tu la bouges ta caisse?» avec l'accent marseillais devant la bagnole qui bloque l'accès au passage piétonnier et nous rions, complices. J'appellerai la police demain. Encore. Au lieu de lui crever ses pneus.
Au final, l'école n'est peut-être qu'un prétexte pour se tirer du lit et rigoler en chemin, te donner des leçons de civisme et d'actions terroristes socialement acceptables ou t'entendre me dire: «Mouammar Kadhafi, c'est un méchant mais Jack Layton, c'est un bon bonhomme.» Dans la même phrase, ça donne un autre sens à la démocratie, même déguisée.
L'été nous aura soudés, dans la langueur de ses réveils en douceur, léchés par les vagues, rafraîchis par un ruisseau. Nous avons cultivé un talent indécent pour laisser filer le temps dans le sablier, nous bécoter, grignoter mille gourmandises, découvrir les chouquettes, nous faire des chatouilles, t'acheter ta première montre à cadran et oublier l'heure.
Un été à cru sur la croupe d'un cheval fou, un été d'insouciance à se tricoter serré... et nous voilà déjà repartis chacun vers nos horizons aussi prometteurs que fuyants. Rentrer dans les rangs est un exercice violent après avoir goûté au miracle des framboises noires qui s'offrent aux plus hardis, à l'émouvante beauté des foufounes à l'air, au beurre qui fond sur l'épi, à la lumière aoûtée qui caresse nos petites joies si éphémères. Et je suis une fée mère; un autre de tes calembours de l'âge de raison.
L'école en roulotte
— J'ai mal au ventre, maman...
— C'est l'anxiété.
— C'est quoi, l'anxiété?
— Un mélange de peur de l'inconnu et de réalisme. On était dans notre cosse, comme des petits pois, durant tout l'été, et la réalité vient de nous rattraper. C'est ça, la rentrée! Et pourtant, on savait bien que la liberté, c'était notre plus grand luxe, un prêt temporaire. Ta liberté, c'était aussi la mienne. Et lorsque tu la perds, je la perds aussi.
— Toi, est-ce que tu avais l'anxiété avant de commencer ta 2e année?
— Je n'ai pas eu de deuxième année!
— Ça n'existait pas?
— Oui, mais je l'ai sautée. J'allais à l'école dans une roulotte; la première et la deuxième années étaient dans la même classe. Alors, quand madame Suzanne avait terminé avec les premières, elle s'occupait des deuxièmes. Et moi, j'enregistrais tout ce qu'elle disait.
Émilie Bordeleau, sors de ce corps! Tu me regardes comme un pianiste examine un harmonium en se demandant si les pédales fonctionnent toujours. Et je ne vais pas te raconter que j'ai appris à écrire avec une plume, un encrier et un buvard, sur des pupitres doubles en bois. Et l'ardoise... Nous sommes loin du iPad et des écrans blancs.
Je t'ai déjà dit qu'on nous tapait les fesses devant toute la classe pour une bavure dans le cahier d'exercices? C'était chez les Français, avant la roulotte. J'aime bien m'en vanter, mais j'étais terrorisée. Ça, c'était de l'anxiété au carré.
Ce matin, les parents aussi ont la boule, mais nous ne disons rien. Certains sont soulagés, d'autres résignés. J'ai entendu le mot «routine» quelquefois. Cet été achevé s'étiole avec une lassitude qu'arrivent à peine à ranimer nos indignations quotidiennes devant les bouchons, les morons, les totons, les non-sens et tous les contresens de l'existence.
Loin derrière nous avons abandonné Robin des Bois dans sa forêt de Sherwood (une leçon de social-démocratie offerte par Géronimo Stilton) et Achille Talon à ses aventures, ta première incursion sérieuse dans les dérobades du langage et l'anarchie délicieuse des rodomontades. Dans un instant, les fraises Chantilly et mon thé glacé à la menthe sauvage ne seront plus qu'un lointain souvenir. Tout ça fera partie de l'été de tes sept ans.
Ta casquette, tes basckets, ta trottinette
Est-ce que tes potes L. et I. vont être dans ta classe? La grande question angoissante. Pas de veine, mon vieux. C'est à croire qu'ils l'ont fait exprès. Séparer les trois mousquetaires, faut le faire! Comme disait le papa de N., la ligne entre le sadisme et la pédagogie s'avère parfois bien mince. En témoignent les quelques enfants qui sanglotent, même des grandes de 5e, dans la cour d'école de ce matin frisquet de rentrée.
Tu as encaissé avec beaucoup d'élégance, sans effusion de larmes ni de sang. Je me suis dit que tu t'en sortirais. J'ai eu envie de te réciter le poème de Kipling: Tu seras un homme, mon fils. Mais bon, c'est un peu solennel pour une rentrée.
«Y a pas de soucis», comme tu dis en imitant les Français. Je me demande pourtant comment tu feras pour être sage et appliqué durant toutes ces longues heures et comment tes petites gambettes vont s'habituer à ne plus gambader partout. L'école n'est pas faite pour les mecs. À preuve, y en a le tiers qui décrochent avant leur premier diplôme.
Quant à toi, tu t'accroches. Tu deviens un grand, avec tes toutous et tes tags, un tas de contradictions. Chose certaine, je sais que nous reprenons nos rôles, toi, élève, moi, parent. Le canard nasille, le chameau blatère, la gélinotte glousse et le coucou coucoule. Le parent répète. Et toi, tu me racontes ta blague de «Pète et Répète» en t'imaginant que je ne connais pas l'entourloupette.
Je m'éloigne de la grille le coeur broyé. Je te laisse à ton monde où je ne suis plus qu'un point de repère dans le firmament d'un tableau noir. Tout un été à se donner du peau contre peau et nous voici, désormais séparés par une grille, comme des poules sans tête.
Je ne saurai plus rien de ce qui t'anime et te déchire. Je t'emmerderai avec mes questions. J'aurai droit à un soupir, au mieux à: «C'était correct, m'man... qu'est-ce qu'on mange ce soir?»
Je me raisonne; c'est aussi cela, l'amour. Quelque chose d'inséparable qui se sépare.
***
cherejoblo@ledevoir.com
twitter.com/cherejoblo
***
Et les zestes
Lu: Leçons d'éléphants. Pour la réussite des garçons à l'école, du psychologue Égide Royer. J'ai été frappée de voir toute cette rangée d'enseignantes (pas un seul mec!) dans la cour d'école lundi, de la secrétaire jusqu'à la directrice. Je ne sais trop le message que ça envoie dans la tête d'un petit garçon de sept ans mais je sais qu'il rêverait d'un gars comme prof.
Égide Royer secoue les poux de notre système d'éducation, laissant à leur sort le tiers des garçons qui n'auront aucun diplôme à accrocher au mur à 20 ans. Un livre qui a intéressé la ministre Line Beauchamp, qui tente de valoriser la profession auprès des hommes. Mais, fait étonnant, le nombre de décrocheurs varie aussi selon la langue: seulement 20 % chez les Anglos contre 32 % chez les Francos...
Même disparité entre banlieues et villes (taux de décrochage plus élevé) et entre le public et le privé. Reste que «l'adaptation scolaire a un sexe et il est masculin». Et pour reprendre l'une des thèses abordées par M. Royer: les garçons font des choses ensemble et les filles en discutent. Il serait peut-être temps de faire au lieu de parler.
Aimé: Ça, je l'ai su!, de Jean-Pierre Caparros, un bouquin qui ressasse tout ce qu'on a appris à l'école primaire (entre 1955 et 1965). Bon, c'est la France, passons par-dessus La Marseillaise, mais j'y ai retrouvé mon ardoise, le subjonctif, les pluriels masculins sans singulier (déboires, confins, gens), les cris des animaux, quelques notions d'histoire, de science naturelle, de physiologie, et les tables de multiplication... Pour vous rafraîchir la mémoire. Mais tout est déjà sur Internet.
Reçu: le Dictionnaire bilingue illustré (Québec Amérique), un mélange du Merriam-Webster's et du Dictionnaire visuel. Mille illustrations bilingues et 40 000 termes et expressions traduits. Utile et plus ludique qu'un traducteur virtuel. Je le refile à mon B.
Retenu: une larme en écoutant chanter Benjamin Biolay, Ton héritage, tiré de l'album La superbe. Ça résume bien l'esprit de cette délicieuse insouciance qui s'éteint avec la rentrée, avec l'âge... (merci à Laloux).
Territoire de l'ambigu
Avec tout ce qui se brasse présentement au Parti québécois, la thèse du géographe Henri Dorion m'est apparue comme étant plus brillante que farfelue dans le dernier Québec Science (août-septembre 2011). Interviewé au sujet de son dernier ouvrage avec Jean-Paul Lacasse (Le Québec, territoire incertain, Septentrion), il nous rappelle que le Québec n'a pas de frontière clairement établie. Il explique le principe de l'hinterland (un joli titre pour un roman), la ligne de partage des eaux en amont des rivières qui définit là où un territoire commence.
À marée basse, des îles à quelques mètres du rivage surgissent mais ne font pas partie du territoire du Québec, notamment dans la péninsule de l'Ungava. Un principe qualifié d'unique au monde! Le géographe-juriste ajoute: «C'est notre conscience identitaire relativement floue qui se transpose sur notre conception et notre gestion du territoire. [...] Un peuple dont le territoire est mal défini risque fort de ne pas savoir comment se définir.» Si j'étais Mme Marois, je consulterais M. Dorion rapido.
***
http://blogues.chatelaine.com/blanchette
***
«Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans.»
- Benjamin Biolay, Ton héritage
«Un enfant, c'est le dernier poète d'un monde qui s'entête à vouloir devenir grand.»
- Jacques Brel
«C'est peut-être cela, enseigner: en finir avec la pensée magique, faire en sorte que chaque cours sonne l'heure du réveil.»
- Daniel Pennac, Chagrin d'école
Je te donne du «Hé patate! Tu la bouges ta caisse?» avec l'accent marseillais devant la bagnole qui bloque l'accès au passage piétonnier et nous rions, complices. J'appellerai la police demain. Encore. Au lieu de lui crever ses pneus.
Au final, l'école n'est peut-être qu'un prétexte pour se tirer du lit et rigoler en chemin, te donner des leçons de civisme et d'actions terroristes socialement acceptables ou t'entendre me dire: «Mouammar Kadhafi, c'est un méchant mais Jack Layton, c'est un bon bonhomme.» Dans la même phrase, ça donne un autre sens à la démocratie, même déguisée.
L'été nous aura soudés, dans la langueur de ses réveils en douceur, léchés par les vagues, rafraîchis par un ruisseau. Nous avons cultivé un talent indécent pour laisser filer le temps dans le sablier, nous bécoter, grignoter mille gourmandises, découvrir les chouquettes, nous faire des chatouilles, t'acheter ta première montre à cadran et oublier l'heure.
Un été à cru sur la croupe d'un cheval fou, un été d'insouciance à se tricoter serré... et nous voilà déjà repartis chacun vers nos horizons aussi prometteurs que fuyants. Rentrer dans les rangs est un exercice violent après avoir goûté au miracle des framboises noires qui s'offrent aux plus hardis, à l'émouvante beauté des foufounes à l'air, au beurre qui fond sur l'épi, à la lumière aoûtée qui caresse nos petites joies si éphémères. Et je suis une fée mère; un autre de tes calembours de l'âge de raison.
L'école en roulotte
— J'ai mal au ventre, maman...
— C'est l'anxiété.
— C'est quoi, l'anxiété?
— Un mélange de peur de l'inconnu et de réalisme. On était dans notre cosse, comme des petits pois, durant tout l'été, et la réalité vient de nous rattraper. C'est ça, la rentrée! Et pourtant, on savait bien que la liberté, c'était notre plus grand luxe, un prêt temporaire. Ta liberté, c'était aussi la mienne. Et lorsque tu la perds, je la perds aussi.
— Toi, est-ce que tu avais l'anxiété avant de commencer ta 2e année?
— Je n'ai pas eu de deuxième année!
— Ça n'existait pas?
— Oui, mais je l'ai sautée. J'allais à l'école dans une roulotte; la première et la deuxième années étaient dans la même classe. Alors, quand madame Suzanne avait terminé avec les premières, elle s'occupait des deuxièmes. Et moi, j'enregistrais tout ce qu'elle disait.
Émilie Bordeleau, sors de ce corps! Tu me regardes comme un pianiste examine un harmonium en se demandant si les pédales fonctionnent toujours. Et je ne vais pas te raconter que j'ai appris à écrire avec une plume, un encrier et un buvard, sur des pupitres doubles en bois. Et l'ardoise... Nous sommes loin du iPad et des écrans blancs.
Je t'ai déjà dit qu'on nous tapait les fesses devant toute la classe pour une bavure dans le cahier d'exercices? C'était chez les Français, avant la roulotte. J'aime bien m'en vanter, mais j'étais terrorisée. Ça, c'était de l'anxiété au carré.
Ce matin, les parents aussi ont la boule, mais nous ne disons rien. Certains sont soulagés, d'autres résignés. J'ai entendu le mot «routine» quelquefois. Cet été achevé s'étiole avec une lassitude qu'arrivent à peine à ranimer nos indignations quotidiennes devant les bouchons, les morons, les totons, les non-sens et tous les contresens de l'existence.
Loin derrière nous avons abandonné Robin des Bois dans sa forêt de Sherwood (une leçon de social-démocratie offerte par Géronimo Stilton) et Achille Talon à ses aventures, ta première incursion sérieuse dans les dérobades du langage et l'anarchie délicieuse des rodomontades. Dans un instant, les fraises Chantilly et mon thé glacé à la menthe sauvage ne seront plus qu'un lointain souvenir. Tout ça fera partie de l'été de tes sept ans.
Ta casquette, tes basckets, ta trottinette
Est-ce que tes potes L. et I. vont être dans ta classe? La grande question angoissante. Pas de veine, mon vieux. C'est à croire qu'ils l'ont fait exprès. Séparer les trois mousquetaires, faut le faire! Comme disait le papa de N., la ligne entre le sadisme et la pédagogie s'avère parfois bien mince. En témoignent les quelques enfants qui sanglotent, même des grandes de 5e, dans la cour d'école de ce matin frisquet de rentrée.
Tu as encaissé avec beaucoup d'élégance, sans effusion de larmes ni de sang. Je me suis dit que tu t'en sortirais. J'ai eu envie de te réciter le poème de Kipling: Tu seras un homme, mon fils. Mais bon, c'est un peu solennel pour une rentrée.
«Y a pas de soucis», comme tu dis en imitant les Français. Je me demande pourtant comment tu feras pour être sage et appliqué durant toutes ces longues heures et comment tes petites gambettes vont s'habituer à ne plus gambader partout. L'école n'est pas faite pour les mecs. À preuve, y en a le tiers qui décrochent avant leur premier diplôme.
Quant à toi, tu t'accroches. Tu deviens un grand, avec tes toutous et tes tags, un tas de contradictions. Chose certaine, je sais que nous reprenons nos rôles, toi, élève, moi, parent. Le canard nasille, le chameau blatère, la gélinotte glousse et le coucou coucoule. Le parent répète. Et toi, tu me racontes ta blague de «Pète et Répète» en t'imaginant que je ne connais pas l'entourloupette.
Je m'éloigne de la grille le coeur broyé. Je te laisse à ton monde où je ne suis plus qu'un point de repère dans le firmament d'un tableau noir. Tout un été à se donner du peau contre peau et nous voici, désormais séparés par une grille, comme des poules sans tête.
Je ne saurai plus rien de ce qui t'anime et te déchire. Je t'emmerderai avec mes questions. J'aurai droit à un soupir, au mieux à: «C'était correct, m'man... qu'est-ce qu'on mange ce soir?»
Je me raisonne; c'est aussi cela, l'amour. Quelque chose d'inséparable qui se sépare.
***
cherejoblo@ledevoir.com
twitter.com/cherejoblo
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Et les zestes
Lu: Leçons d'éléphants. Pour la réussite des garçons à l'école, du psychologue Égide Royer. J'ai été frappée de voir toute cette rangée d'enseignantes (pas un seul mec!) dans la cour d'école lundi, de la secrétaire jusqu'à la directrice. Je ne sais trop le message que ça envoie dans la tête d'un petit garçon de sept ans mais je sais qu'il rêverait d'un gars comme prof.
Égide Royer secoue les poux de notre système d'éducation, laissant à leur sort le tiers des garçons qui n'auront aucun diplôme à accrocher au mur à 20 ans. Un livre qui a intéressé la ministre Line Beauchamp, qui tente de valoriser la profession auprès des hommes. Mais, fait étonnant, le nombre de décrocheurs varie aussi selon la langue: seulement 20 % chez les Anglos contre 32 % chez les Francos...
Même disparité entre banlieues et villes (taux de décrochage plus élevé) et entre le public et le privé. Reste que «l'adaptation scolaire a un sexe et il est masculin». Et pour reprendre l'une des thèses abordées par M. Royer: les garçons font des choses ensemble et les filles en discutent. Il serait peut-être temps de faire au lieu de parler.
Aimé: Ça, je l'ai su!, de Jean-Pierre Caparros, un bouquin qui ressasse tout ce qu'on a appris à l'école primaire (entre 1955 et 1965). Bon, c'est la France, passons par-dessus La Marseillaise, mais j'y ai retrouvé mon ardoise, le subjonctif, les pluriels masculins sans singulier (déboires, confins, gens), les cris des animaux, quelques notions d'histoire, de science naturelle, de physiologie, et les tables de multiplication... Pour vous rafraîchir la mémoire. Mais tout est déjà sur Internet.
Reçu: le Dictionnaire bilingue illustré (Québec Amérique), un mélange du Merriam-Webster's et du Dictionnaire visuel. Mille illustrations bilingues et 40 000 termes et expressions traduits. Utile et plus ludique qu'un traducteur virtuel. Je le refile à mon B.
Retenu: une larme en écoutant chanter Benjamin Biolay, Ton héritage, tiré de l'album La superbe. Ça résume bien l'esprit de cette délicieuse insouciance qui s'éteint avec la rentrée, avec l'âge... (merci à Laloux).
Territoire de l'ambigu
Avec tout ce qui se brasse présentement au Parti québécois, la thèse du géographe Henri Dorion m'est apparue comme étant plus brillante que farfelue dans le dernier Québec Science (août-septembre 2011). Interviewé au sujet de son dernier ouvrage avec Jean-Paul Lacasse (Le Québec, territoire incertain, Septentrion), il nous rappelle que le Québec n'a pas de frontière clairement établie. Il explique le principe de l'hinterland (un joli titre pour un roman), la ligne de partage des eaux en amont des rivières qui définit là où un territoire commence.
À marée basse, des îles à quelques mètres du rivage surgissent mais ne font pas partie du territoire du Québec, notamment dans la péninsule de l'Ungava. Un principe qualifié d'unique au monde! Le géographe-juriste ajoute: «C'est notre conscience identitaire relativement floue qui se transpose sur notre conception et notre gestion du territoire. [...] Un peuple dont le territoire est mal défini risque fort de ne pas savoir comment se définir.» Si j'étais Mme Marois, je consulterais M. Dorion rapido.
***
http://blogues.chatelaine.com/blanchette
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«Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans.»
- Benjamin Biolay, Ton héritage
«Un enfant, c'est le dernier poète d'un monde qui s'entête à vouloir devenir grand.»
- Jacques Brel
«C'est peut-être cela, enseigner: en finir avec la pensée magique, faire en sorte que chaque cours sonne l'heure du réveil.»
- Daniel Pennac, Chagrin d'école
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