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Mini-sommet de l'OMC - Des manifestations refroidies

L'opération policière de la veille semble avoir calmé considérablement l'ardeur des manifestants antimondialisation

Brian Myles   30 juillet 2003  Actualités en société
Manifestation en solitaire, hier, face à un barrage policier.
Photo : Patrick Sanfaçon
Manifestation en solitaire, hier, face à un barrage policier.
La démonstration de force des policiers a porté fruits. Les deux manifestations d'hier contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont déroulées sans la moindre anicroche.

Les policiers ne signalaient aucun incident, mis à part l'arrestation pour méfait de deux personnes qui auraient réalisé des graffitis sur une camionnette du réseau de télé TQS et d'une troisième pour bris de condition.

Quelques dizaines de personnes traînaient en fin de journée à l'angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Peel, à l'extrémité est du périmètre de sécurité aménagé autour du Centre Sheraton. Elles ne faisaient rien de mal, à part traiter les policiers antiémeute de «fascistes» et leur offrir des beignes.

À ce point, il s'agissait davantage d'un cas de flânerie par un après-midi ensoleillé que d'un attroupement illégal. Quelques manifestants s'amusaient même à chercher le policier qui arborait «la plus grosse moustache» au sein de l'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec (SQ).

Les deux manifestations d'hier ont réuni environ 400 personnes en matinée et un peu plus de 200 en après-midi. Dans les deux cas, les organisateurs ont tout fait pour éviter l'affrontement direct avec les forces de l'ordre. Les casseurs — qualifiés de voyous et de vandales par la presse — n'ont pas récidivé.

Lundi, une poignée d'individus masqués ont fracassé les vitrines de quatre commerces de la rue Sainte-Catherine (le centre de recrutement des Forces armées canadiennes, le restaurant Burger King et les boutiques de vêtements Gap et Jacob). Les policiers ont arrêté 236 personnes, vidant du coup la rue pour la durée du minisommet de l'OMC.

Seul le candidat-vedette de l'Union des forces progressistes (AFP), Amir Khadir, et son épouse ont été relâchés sans qu'aucune accusation soit portée contre eux. Les 234 autres personnes sont accusées d'avoir formé un attroupement illégal (voir autre texte en page A 1).

Amir Khadir perçoit cette gigantesque rafle comme «une tentative d'intimidation de l'opinion publique et une tentative de briser la capacité d'organisation des protestataires, avec le résultat net que nos libertés démocratiques sont brimées», a-t-il commenté.

Le calme plat

Avec le coup de force de lundi, les policiers ont pu assurer la sécurité du déroulement du minisommet de l'OMC comme ils l'avaient promis. Même les organisateurs de la Mobilisation populaire contre l'OMC espéraient hier matin que les démonstrations se déroulent dans le calme. «Quand les policiers arrêtent autant de monde, c'est sûr que ça affecte notre capacité d'organisation», avait reconnu en matinée Stefan Christoff, l'un des porte-parole de la Mobilisation populaire contre l'OMC.

Une première marche, en partance du square Philips, a duré environ 90 minutes. Si les manifestants se sont arrêtés lundi à moins d'un mètre du périmètre de sécurité, ils ont préféré hier mettre 150 mètres de distance entre eux et l'escouade antiémeute de la SQ. Ils ont serpenté dans les rues du centre-ville avant que sonne l'ordre de dispersion sur le coup de midi, à l'intersection des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.

Pour la deuxième marche, le groupe avait fondu de moitié. Partis de la station de métro Guy-Concordia, les manifestants ont marché jusqu'au coin de Berri et Sainte-Catherine avant de se disperser à l'invitation des organisateurs.

Une centaine d'irréductibles ont alors décidé de retourner vers le Centre Sheraton, à l'ouest, brandissant bien haut le drapeau noir de l'anarchisme. Les organisateurs ont préféré s'abstenir.

L'ultime groupe de résistants a fini par s'écraser au pied des barricades. Il s'est dispersé sans que l'escouade antiémeute soit obligée d'intervenir, las, fatigué d'exercer son droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique garanti aux articles 2 b et c de la Charte canadienne des droits et libertés. Fin de la résistance... pour le moment.
 
 
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