Les lieux secrets de Québec - La bibliothèque des Anglos
Photo : Yan Doublet – Le Devoir
La bibliothèque du Morrin College, dans le Vieux-Québec. Quoiqu’en très bon état, les meubles affichent fièrement leur âge vénérable et les planchers craquent sous chaque pas.
À retenir
Le Devoir poursuit sa série estivale sur des lieux méconnus de la ville de Québec. Aujourd'hui: la bibliothèque du Morrin College, un lieu magique.
Québec — La ville de Québec est plutôt bien pourvue en matière de bibliothèques, mais aucune n'égale en beauté celle du Morrin College, dans le Vieux-Québec. Et pourtant, ce petit joyau demeure paradoxalement peu connu du grand public
Visiter cette bibliothèque, c'est retrouver le ravissement de l'enfance. L'endroit aurait facilement pu s'intégrer aux décors de la série de films Harry Potter et on n'aurait pas eu besoin d'ajouter de fioritures.
Soigneusement classés dans de grands meubles en bois, les livres grimpent jusqu'au plafond des quatre côtés de la pièce. Tout en haut, une vieille galerie de bois ceinture l'ensemble. On y accède par un escalier en tire-bouchon au bois en dentelle. Quoiqu'en très bon état, les meubles affichent fièrement leur âge vénérable et les planchers craquent sous chaque pas.
«C'est un centre historique, mais en même temps, c'est très vivant», observe fièrement Simon Jacobs, le directeur du centre où se trouve la bibliothèque. En effet, on trouve ici une impressionnante collection d'ouvrages historiques, mais aussi les dernières parutions de qualité de la littérature anglophone dans le monde.
Construit durant les années 1860, le lieu demeure un point de référence pour la petite communauté anglophone de Québec. On le doit à la Literary and Historical Society of Quebec, la plus vieille société savante au Canada, dont le dynamisme intellectuel est illustré par les nombreuses publications qui se trouvent dans la bibliothèque.
Wolfe et son tour du monde
L'endroit a aussi son lot d'histoires légendaires comme celle de la petite sculpture du général Wolfe. Anciennement exposée dehors, en haut de la côte du Palais, cette oeuvre au style naïf s'est fait kidnapper durant les années 1830 par deux militaires saouls qui l'ont trimbalée avec eux aux quatre coins de la planète avant de finalement la faire parvenir par la poste au maire de la ville. La pauvre sculpture a même fait l'objet d'un second «attentat» durant les années 1960 qu'on laissera au personnel le plaisir de vous raconter si vous vous rendez sur place.
Selon M. Jacobs, la bibliothèque reçoit grosso modo une quarantaine de visiteurs par semaine. Méconnue du grand public, elle ne fait pas partie du réseau municipal et gère seule sa collection. L'endroit est ouvert aux visiteurs, mais il faut payer son abonnement pour emprunter des livres, somme dont l'administration se sert pour les acquisitions.
Or, comme le souligne M. Jacobs, l'endroit est si charmant que certains visiteurs de l'étranger s'y sont abonnés pour servir la cause même s'ils ne peuvent pas en profiter.
Plus près de chez nous, les gens du Morrin Centre sont sollicités de temps en temps par des équipes de tournage. Robert Lepage et Ex Machina les ont notamment approchés en vue d'un projet, signale-t-il.
M. Jacobs insiste par ailleurs sur le fait que l'ensemble de l'immeuble gagne à être découvert. Situé à deux pas de l'hôtel de ville sur la chaussée des Écossais, le Morrin Centre abrite aussi les anciens cachots de la plus vieille prison au Canada dont une petite exposition relate l'histoire.
Le bâtiment, qui a été restauré ces dernières années, compte aussi une belle salle de spectacle dotée d'une bonne acoustique, poursuit le directeur qui, dans une ancienne vie, jouait du violon alto pour l'Orchestre symphonique de Québec.
Secret trop bien gardé, le Morrin Centre ne demande qu'à être découvert et davantage fréquenté, dit-il. Et pas seulement par les Anglos! «Le potentiel est incroyable, dit-il. C'est un centre de langue anglaise, mais ce n'est pas un centre juste pour les anglophones. Notre raison d'être, c'est de produire des choses en anglais pour tout le monde.»
Québec — La ville de Québec est plutôt bien pourvue en matière de bibliothèques, mais aucune n'égale en beauté celle du Morrin College, dans le Vieux-Québec. Et pourtant, ce petit joyau demeure paradoxalement peu connu du grand public
Visiter cette bibliothèque, c'est retrouver le ravissement de l'enfance. L'endroit aurait facilement pu s'intégrer aux décors de la série de films Harry Potter et on n'aurait pas eu besoin d'ajouter de fioritures.
Soigneusement classés dans de grands meubles en bois, les livres grimpent jusqu'au plafond des quatre côtés de la pièce. Tout en haut, une vieille galerie de bois ceinture l'ensemble. On y accède par un escalier en tire-bouchon au bois en dentelle. Quoiqu'en très bon état, les meubles affichent fièrement leur âge vénérable et les planchers craquent sous chaque pas.
«C'est un centre historique, mais en même temps, c'est très vivant», observe fièrement Simon Jacobs, le directeur du centre où se trouve la bibliothèque. En effet, on trouve ici une impressionnante collection d'ouvrages historiques, mais aussi les dernières parutions de qualité de la littérature anglophone dans le monde.
Construit durant les années 1860, le lieu demeure un point de référence pour la petite communauté anglophone de Québec. On le doit à la Literary and Historical Society of Quebec, la plus vieille société savante au Canada, dont le dynamisme intellectuel est illustré par les nombreuses publications qui se trouvent dans la bibliothèque.
Wolfe et son tour du monde
L'endroit a aussi son lot d'histoires légendaires comme celle de la petite sculpture du général Wolfe. Anciennement exposée dehors, en haut de la côte du Palais, cette oeuvre au style naïf s'est fait kidnapper durant les années 1830 par deux militaires saouls qui l'ont trimbalée avec eux aux quatre coins de la planète avant de finalement la faire parvenir par la poste au maire de la ville. La pauvre sculpture a même fait l'objet d'un second «attentat» durant les années 1960 qu'on laissera au personnel le plaisir de vous raconter si vous vous rendez sur place.
Selon M. Jacobs, la bibliothèque reçoit grosso modo une quarantaine de visiteurs par semaine. Méconnue du grand public, elle ne fait pas partie du réseau municipal et gère seule sa collection. L'endroit est ouvert aux visiteurs, mais il faut payer son abonnement pour emprunter des livres, somme dont l'administration se sert pour les acquisitions.
Or, comme le souligne M. Jacobs, l'endroit est si charmant que certains visiteurs de l'étranger s'y sont abonnés pour servir la cause même s'ils ne peuvent pas en profiter.
Plus près de chez nous, les gens du Morrin Centre sont sollicités de temps en temps par des équipes de tournage. Robert Lepage et Ex Machina les ont notamment approchés en vue d'un projet, signale-t-il.
M. Jacobs insiste par ailleurs sur le fait que l'ensemble de l'immeuble gagne à être découvert. Situé à deux pas de l'hôtel de ville sur la chaussée des Écossais, le Morrin Centre abrite aussi les anciens cachots de la plus vieille prison au Canada dont une petite exposition relate l'histoire.
Le bâtiment, qui a été restauré ces dernières années, compte aussi une belle salle de spectacle dotée d'une bonne acoustique, poursuit le directeur qui, dans une ancienne vie, jouait du violon alto pour l'Orchestre symphonique de Québec.
Secret trop bien gardé, le Morrin Centre ne demande qu'à être découvert et davantage fréquenté, dit-il. Et pas seulement par les Anglos! «Le potentiel est incroyable, dit-il. C'est un centre de langue anglaise, mais ce n'est pas un centre juste pour les anglophones. Notre raison d'être, c'est de produire des choses en anglais pour tout le monde.»
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