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Mini-sommet de l'OMC - Les ONG appellent les ministres à tenir compte des pays pauvres

Une escouade policière déployée hier au centre-ville de Montréal.
Photo : Jacques Grenier
Une escouade policière déployée hier au centre-ville de Montréal.
Divers groupes de la société civile se sont réunis hier à Montréal pour exhorter les participants à la Mini-ministérielle de l'OMC à aborder les problèmes des pays pauvres dans les négociations en cours. Selon ces groupes, la réunion qui se déroule actuellement au Sheraton est la dernière occasion pour les pays riches de montrer de façon sérieuse qu'ils prennent en considération les préoccupations des pays pauvres avant la réunion de Cancún.

La réunion qui se tient à Montréal du 28 au 30 juillet prépare en effet la rencontre de l'OMC qui se tiendra au Mexique au mois de septembre. La Mini-ministérielle est censée clarifier les enjeux et mettre la table pour ces futures discussions.

Des représentants de Droits et Démocratie, du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), d'Oxfam, de Médecins sans frontières (MSF) et de l'Association de la Banque Canadienne de Grains Inc (ABCG), ont uni leurs voix hier pour rappeler aux 25 ministres du Commerce qui participent à la rencontre que leurs discussions vont avoir des impacts sur les 146 États membres de l'OMC, ainsi que sur des millions d'hommes et de femmes.

Le président du CCCI, Gerry Barr, a d'ailleurs mentionné que «la réunion qui se déroule actuellement à Montréal est un exemple flagrant du manque dangereux de démocratie qu'il y a à l'OMC. Il y a juste 25 pays qui ont été invités, ce qui est moins de 20 % des pays membres de l'OMC». Selon M. Garr, «l'OMC devrait abandonner de façon permanente les mini-ministérielles et ses négociations en coulisse qui excluent la participation de plusieurs pays pauvres».

L'agriculture au centre des débats

Le président de l'organisme Droits humains et démocratie, Jean-Louis Roy, a pour sa part mentionné que les règles entourant le commerce international devaient être plus équitables, particulièrement en ce qui concerne l'agriculture. Il a vigoureusement dénoncé les importantes subventions à l'agriculture dont bénéficient les fermiers des pays riches et le dumping de produits agricoles exercé par les États-Unis, le Japon et l'Union européenne.

«Aujourd'hui, le Japon, les États-Unis, et l'Union européenne vont dépenser un milliard en subventions à la production agricole, explique M. Roy. Ce qui fait 350 milliards par année. Si vous êtes un fermier africain, vous devez vous battre contre ces subventions. C'est une concurrence déloyale. Ce sont des règles qui sont radicalement inéquitables.»

Le représentant d'Oxfam, Mark Fried, a dénoncé les subventions de six milliards versées en 2001 aux producteurs de coton américains. «Les États-Unis occupent 40 % du marché mondial du coton, mais ce sont eux qui ont les coûts de production les plus élevés, souligne M. Fried. Ils sont capables de vendre leurs produits moins cher que les autres producteurs grâce aux énormes subventions qu'ils reçoivent».

M. Fried souligne que 10 millions d'Africains vivant dans l'Ouest du continent dépendent entièrement du coton pour leur survie. Il indique également que les subventions américaines au coton dépassent le budget total de l'aide au développement pour l'Afrique des États-Unis.

Stu Clark, de l'ABCG, exige que les subventions aux agriculteurs dans les pays riches cessent immédiatement, ainsi que le dumping. «Les fermiers des pays pauvres voient dans l'actuelle situation rien d'autre que la mort. Ils ne peuvent même plus vendre leurs produits sur leurs propres marchés à cause du dumping et des subventions», a déclaré M. Clark.

Les médicaments génériques

La représentante de MSF, Carol Devine, a rappelé hier que 42 millions de personnes vivaient aujourd'hui avec le sida et que seulement 5 % d'entre elles avaient accès à des médicaments. Mme Devine invite les ministres du Commerce à agir le plus tôt possible pour permettre la fabrication de médicaments génériques pour venir en aide aux personnes qui souffrent du sida ou de différentes maladies et qui ne peuvent pas se payer des médicaments.

«Nos patients sont en train de mourir aujourd'hui, parce qu'ils n'ont pas accès à des médicaments. Les médicaments ne sont pas fabriqués, parce qu'il n'y a pas de marché. Les personnes pauvres n'ont pas les moyens pour acheter des médicaments, alors les compagnies pharmaceutiques n'en produisent pas pour eux», soutient M. Devine.

Elle demande aux pays riches de respecter leurs promesses faites à Doha qui impliquaient la création de nouvelles lois qui permettraient la production de médicaments, même pour des marchés qui n'existent pas. «La dignité humaine est, à mon sens, plus importante que le commerce», a déclaré Mme Devine.
 
 
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