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    Les photos trouvées d'Hiroshima

    Ruines de la compagnie de distribution de gaz Chugoku, 8 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
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    Photo: International Center of Photography Ruines de la compagnie de distribution de gaz Chugoku, 8 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».

    Hiroshima: Ground Zero 1945
    International Center of Photography
    1133 Avenue of the Americas, New-York
    Jusqu'au 28 août.
    Découverte étonnante que celle réalisée par un simple badaud du Massachusetts, un beau soir où il promenait tout bonnement son chien. Imaginez: au bord d'un trottoir, une valise remplie de vieilles photographies. Il la ramasse et y découvre des images prises à Hiroshima après l'explosion de la bombe qui, le 6 août 1945, rasa la ville en une fraction de seconde sous l'effet d'une boule de feu atomique. Ces photos exceptionnelles, découvertes par ce passant curieux, sont exposées jusqu'au 28 août à New York, à l'International Center of Photography.

    L'exposition présente une soixantaine de tirages qui montrent des poutres d'acier tordues comme des cure-pipes et des édifices pulvérisés comme des châteaux de cartes. Les images sont frontales, très dures, sans mise en scène. Ce sont des travaux de documentalistes qui font peur.

    Ces photos saisissantes ont été trouvées par Don Levy, qui a ramené ce petit trésor à la maison et en a parlé autour de lui. Il ne connaît rien à la photographie, mais il sait d'instinct qu'il a affaire à des documents historiques d'une grande gravité.

    Ces documents appartenaient à l'origine à un ingénieur américain du nom de Robert L. Corsbie. Ils auraient été égarés lors d'un déménagement.

    L'ingénieur Corsbie avait été envoyé à Hiroshima à l'automne 1945 afin d'évaluer les dégâts possibles de l'arme atomique. Il était alors accompagné de deux photographes et de cinq soldats. Tous avaient avec eux des appareils photographiques. Cette équipe va produire des images documentaires les plus froides possible afin d'offrir une idée de la puissance de la nouvelle arme des Américains. Les photos offrent des perspectives uniques du malheur nucléaire. On y montre des paysages urbains qui appartiennent à l'apocalypse. On comprend que dans ces lieux mêmes vivaient, il y a peu de temps, des êtres humains qui furent broyés par le souffle nucléaire ou laissés en lambeaux à la suite des radiations.

    Au matin du 6 août 1945, en un éclair, au moins 60 000 civils perdirent la vie tandis que tout s'enflammait et se consumait sur place. Ce fut la même chose à Nagasaki. Dans les années qui suivirent, les radiations firent encore à peu près 140 000 victimes. On ne parle pas bien sûr du sort des survivants, mutilés, brûlés, défigurés, intoxiqués, loques humaines ne demandant plus qu'à mourir.

    Plus d'un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale, comment une valise remplie de photos aussi terrifiantes peut-elle bien se retrouver abandonnée au bord d'un trottoir, par un soir de pleine lune, dans un État tranquille du nord des États-Unis?

    À Hiroshima comme à Nagasaki, il y eut plusieurs professionnels qui arpentèrent les ruines au bénéfice de l'armée américaine, sans compter les photographes amateurs et les témoins de toutes sortes. Le président Harry Truman, responsable du massacre, avait envoyé 1150 ouvriers civils et militaires sur les lieux pour enregistrer les témoignages du désastre dans le cadre d'un plan de surveillance des effets des «bombardements stratégiques». Où sont passés leurs photos et leurs travaux? La plupart demeurent peu ou prou connus. D'autres documents se retrouvent un jour sur un trottoir...

    Aujourd'hui que les nations les plus puissantes de la planète possèdent des armes nucléaires mille fois plus meurtrières que celles qui ont pulvérisé deux simples villes japonaises dénuées d'importance stratégique, les images du désastre d'Hiroshima n'en demeurent pas moins rares, tout comme les témoignages des victimes de cette horreur qui n'avait rien à voir avec la guerre habituelle. Il faut dire qu'à la suite de la capitulation du Japon, les forces militaires d'occupation avaient imposé la prohibition des documents et des témoignages sur ce bombardement apocalyptique. Du silence alors imposé, il demeure toujours quelque chose pour justifier ce faux pas du côté d'une tragédie sans nom.

    Aux États-Unis, plus d'un demi-siècle après les événements, on présente encore le feu nucléaire lancé sur le Japon comme un passage obligé du conflit et un acte légitime pour mettre fin à la guerre. Pourtant, les historiens savent que dès le printemps 1945, le gouvernement japonais était prêt à se rendre, à condition seulement de pouvoir sauver la face en conservant son empereur.

    Fallait-il sauver des vies humaines ou persister à faire l'étalage de sa force contre de simples civils afin de prouver la puissance de destruction dont les États-Unis étaient désormais capables?

    Certains membres de l'entourage du président Truman suggérèrent de faire une démonstration de la bombe afin que les Japonais puissent voir ce à quoi ils s'exposaient. La proposition fut rejetée. Des milliers de victimes civiles étaient bel et bien au programme militaire de l'opération lancée sur Hiroshima lorsque le B-29 Enola Gay décolla avec sa bombe à l'uranium, baptisée Little Boy. Trois jours plus tard, sans raison apparente, on lança un autre type de bombe, cette fois au plutonium, avec un effet tout aussi destructeur, cette fois encore contre une ville sans importance stratégique: Nagasaki. Dans la seconde, les civils n'y furent plus que de petits tas de cendres parsemant les rues et les trottoirs, tandis qu'une pluie de cendres glissait sur les corps nus et couverts d'ampoules des survivants qui allaient bientôt mourir à leur tour dans d'atroces souffrances. Comme le laisse sous-entendre le titre de cette exposition présentée à New York — Hiroshima: Ground Zero 1945 —, l'histoire de l'humanité de manque pas de chapitres barbares, peu importe le camp idéologique où l'on se trouve.
    Ruines de la compagnie de distribution de gaz Chugoku, 8 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
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Structure tordue du magasin Odamasa, Hiroshima, 20 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
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Cimetière avec débris, Temple Kokutai, avec la Banque du Japon à l'arrière, Hiroshima, 5 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
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Ruines du centre d'exposition commercial de la préfecture d'Hiroshima, 24 octobre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
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«Ombre» d'une valve manuelle sur un mur, Hiroshima, 14 octobre/26 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
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Veston trouvé près de l'hôtel de ville de Hiroshima, 5 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
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Restes d'une école, Hiroshima, 17 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
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Intérieur de l'auditorium de l'hôtel de ville de Hiroshima, 1er novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division».<br />
Partie d'un mur de la Funairi Grammar School de Hiroshima, 20 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
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Vue aérienne de la destruction atomique, en direction du sud-ouest, Hiroshima, 31 octobre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
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Escaliers de fer tordus par la chaleur, bibliothèque Asano, Hiroshima, 15 novembre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
Immeuble de la compagnie de téléphone de Hiroshima, avec les planchers de bois complètement détruits, 28 octobre 1945. «United States Strategic Bombing Survey, Physical Damage Division». <br />
     
     
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