Affaire Kazemi - Ottawa durcit le ton
Le ministre Bill Graham exige que les responsables de la mort de la photographe soient punis
22 juillet 2003
Actualités en société
Photo : Agence Reuters
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham.
Ottawa — Ottawa a durci le ton envers l'Iran, hier, pressant le gouvernement iranien de punir les responsables de la mort de la journaliste et photographe Zahra Kazemi et d'autoriser le rapatriement de la dépouille au Canada.
Au lendemain du dévoilement des conclusions de l'enquête du gouvernement iranien sur la mort tragique de la Montréalaise, le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a exigé que les responsables «de cet acte horrible» soient punis le plus rapidement possible, sans plus de délai.
«Nous demandons maintenant au gouvernement iranien de prendre les mesures qui s'imposent pour que les responsables de la mort de Mme Kazemi soient traduits rapidement en justice, de façon à décourager toute violation future et à montrer clairement au Canada ainsi qu'au reste de la communauté internationale que ses fonctionnaires ne peuvent pas agir en toute impunité», a déclaré le ministre, par voie de communiqué.
Le rapport d'enquête de 14 pages indique que le décès de Mme Kazemi est dû à une fracture du crâne qui a entraîné une hémorragie cérébrale. Le décès serait survenu quelques jours après son arrestation, le 23 juin.
Le rapport est cependant muet sur la cause de la fracture, à savoir si des coups ont été assénés ou si la victime a pu heurter un objet en tombant, comme certains représentants iraniens l'ont laissé entendre. Mme Kazemi, âgée de 54 ans, est décédée le 11 juillet après plusieurs heures d'interrogatoires.
La semaine dernière, le vice-président iranien admettait que la Canadienne d'origine iranienne avait été battue, une déclaration contrastant avec le récent rapport.
En conclusion de leur rapport, les cinq ministres iraniens chargés de l'enquête demandent que toutes les personnes qui ont pu être en contact avec la journaliste et photographe pendant ces journées de détention soient retrouvées et interrogées.
Pour le ministre Graham, plusieurs questions demeurent encore sans réponse et l'Iran doit, pour prouver sa transparence, faire plus, dont accepter le rapatriement de la dépouille au Canada. M. Graham s'est dit «agacé et consterné par les atermoiements» du gouvernement iranien autour de cette question, d'autant plus que la famille de la victime s'est maintenant entendue.
«Les autorités iraniennes ont reçu l'avis commun de la famille par écrit, a fait valoir le ministre. La dépouille de Mme Kazemi devrait donc être rapatriée sans plus de délais au Canada. Il est inacceptable que les autorités iraniennes refusent de respecter les voeux unanimes de la famille.»
Le ministre canadien espère pouvoir avoir une conversation, aujourd'hui, avec son homologue iranien afin de lui faire part des «préoccupations» du gouvernement canadien. Les deux hommes se sont déjà entretenus sur le sujet, la semaine dernière.
Hier, le chef de l'autorité judiciaire iranienne a ordonné que des actions soient prises pour punir les coupables, rapportait l'agence de presse officielle, IRNA.
Par contre, l'autre demande d'Ottawa portant sur la dépouille de Mme Kazemi, se heurte à un barrage. Hamid Reza Asefi, le porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères, déclarait hier qu'un tribunal devra trancher la question.
«La décision de retourner ou non le corps au Canada devra être prise par le tribunal», a indiqué M. Asefi. «L'enquête n'avait pas pour but d'apaiser un pays ou un autre, a-t-il ajouté. Mme Kazemi est Iranienne et nous avons enquêté sur sa mort puisqu'il est de notre responsabilité de clarifier l'incident.»
La double nationalité de la victime pose un problème sur cet aspect. L'Iran la considère une de leurs citoyennes et nie tout droit d'intervention du Canada.
En Iran
Par ailleurs, à Téhéran, e président iranien Mohammad Khatami a demandé au chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi d'ordonner des investigations pour identifier les responsables dans l'affaire de la mort de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, a indiqué lundi l'agence Irna.
«J'attends que vous ordonniez immédiatement des investigations complètes pour connaître toute la vérité et identifier le coupable ou les personnes ayant agi par négligence dans cet événement tragique pour qu'une action judiciaire appropriée soit décidée à leur encontre», a affirmé le président Khatami qui a envoyé au chef de l'autorité judiciaire le rapport de la commission spéciale d'enquête.
«Une action judiciaire appropriée permettra l'application de la justice et de la loi et donnera l'assurance à la société que les droits individuels seront défendus encore plus que par le passé», ajoute le président Khatami.
En réponse à la demande du président Khatami, l'ayatollah Chahroudi a ordonné au procureur de Téhéran d'entamer «immédiatement et dans le cadre de la loi» l'examen de ce dossier.
Il a demandé «une action forte contre les coupables» dans cette
affaire.
Au lendemain du dévoilement des conclusions de l'enquête du gouvernement iranien sur la mort tragique de la Montréalaise, le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a exigé que les responsables «de cet acte horrible» soient punis le plus rapidement possible, sans plus de délai.
«Nous demandons maintenant au gouvernement iranien de prendre les mesures qui s'imposent pour que les responsables de la mort de Mme Kazemi soient traduits rapidement en justice, de façon à décourager toute violation future et à montrer clairement au Canada ainsi qu'au reste de la communauté internationale que ses fonctionnaires ne peuvent pas agir en toute impunité», a déclaré le ministre, par voie de communiqué.
Le rapport d'enquête de 14 pages indique que le décès de Mme Kazemi est dû à une fracture du crâne qui a entraîné une hémorragie cérébrale. Le décès serait survenu quelques jours après son arrestation, le 23 juin.
Le rapport est cependant muet sur la cause de la fracture, à savoir si des coups ont été assénés ou si la victime a pu heurter un objet en tombant, comme certains représentants iraniens l'ont laissé entendre. Mme Kazemi, âgée de 54 ans, est décédée le 11 juillet après plusieurs heures d'interrogatoires.
La semaine dernière, le vice-président iranien admettait que la Canadienne d'origine iranienne avait été battue, une déclaration contrastant avec le récent rapport.
En conclusion de leur rapport, les cinq ministres iraniens chargés de l'enquête demandent que toutes les personnes qui ont pu être en contact avec la journaliste et photographe pendant ces journées de détention soient retrouvées et interrogées.
Pour le ministre Graham, plusieurs questions demeurent encore sans réponse et l'Iran doit, pour prouver sa transparence, faire plus, dont accepter le rapatriement de la dépouille au Canada. M. Graham s'est dit «agacé et consterné par les atermoiements» du gouvernement iranien autour de cette question, d'autant plus que la famille de la victime s'est maintenant entendue.
«Les autorités iraniennes ont reçu l'avis commun de la famille par écrit, a fait valoir le ministre. La dépouille de Mme Kazemi devrait donc être rapatriée sans plus de délais au Canada. Il est inacceptable que les autorités iraniennes refusent de respecter les voeux unanimes de la famille.»
Le ministre canadien espère pouvoir avoir une conversation, aujourd'hui, avec son homologue iranien afin de lui faire part des «préoccupations» du gouvernement canadien. Les deux hommes se sont déjà entretenus sur le sujet, la semaine dernière.
Hier, le chef de l'autorité judiciaire iranienne a ordonné que des actions soient prises pour punir les coupables, rapportait l'agence de presse officielle, IRNA.
Par contre, l'autre demande d'Ottawa portant sur la dépouille de Mme Kazemi, se heurte à un barrage. Hamid Reza Asefi, le porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères, déclarait hier qu'un tribunal devra trancher la question.
«La décision de retourner ou non le corps au Canada devra être prise par le tribunal», a indiqué M. Asefi. «L'enquête n'avait pas pour but d'apaiser un pays ou un autre, a-t-il ajouté. Mme Kazemi est Iranienne et nous avons enquêté sur sa mort puisqu'il est de notre responsabilité de clarifier l'incident.»
La double nationalité de la victime pose un problème sur cet aspect. L'Iran la considère une de leurs citoyennes et nie tout droit d'intervention du Canada.
En Iran
Par ailleurs, à Téhéran, e président iranien Mohammad Khatami a demandé au chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi d'ordonner des investigations pour identifier les responsables dans l'affaire de la mort de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, a indiqué lundi l'agence Irna.
«J'attends que vous ordonniez immédiatement des investigations complètes pour connaître toute la vérité et identifier le coupable ou les personnes ayant agi par négligence dans cet événement tragique pour qu'une action judiciaire appropriée soit décidée à leur encontre», a affirmé le président Khatami qui a envoyé au chef de l'autorité judiciaire le rapport de la commission spéciale d'enquête.
«Une action judiciaire appropriée permettra l'application de la justice et de la loi et donnera l'assurance à la société que les droits individuels seront défendus encore plus que par le passé», ajoute le président Khatami.
En réponse à la demande du président Khatami, l'ayatollah Chahroudi a ordonné au procureur de Téhéran d'entamer «immédiatement et dans le cadre de la loi» l'examen de ce dossier.
Il a demandé «une action forte contre les coupables» dans cette
affaire.
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