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La lutte continue - «Des décisions majeures devront être prises»

Photo : Newscom
Il y a 90 ans, au Québec prenait forme ce qui allait devenir la première centrale syndicale d'origine et de nature québécoises: à l'époque, on l'aurait dit canadienne-française, quand ses fondateurs, eux, la voulaient d'abord catholique. Aujourd'hui, la Confédération des syndicats nationaux compte près de 2000 syndicats affiliés et est devenue une composante essentielle de la société québécoise. Et, en congrès la semaine prochaine, les dirigeants et dirigeantes de cette organisation démocratique poursuivront leur tâche: définir et mettre en place des outils pour que le Québec soit pour tous, ceux et celles qui y vivent et y travaillent, une société juste et équitable.

Mieux connu par son sigle, soit CSN, que par son appellation longue où se conjuguent confédération, travail et nation, ce regroupement de travailleurs et de travailleuses formulait ainsi, en 1990, son plan et sa stratégie d'action: «La CSN a opté officiellement pour la souveraineté politique du Québec. Elle a toujours été partie prenante des débats et des luttes populaires pour une société plus juste, plus égalitaire et démocratique. Que ce soit le droit à la syndicalisation, pour l'égalité des femmes sur le marché du travail ou encore pour combattre la discrimination sous toutes ses formes, la CSN a toujours pris le parti de combattre l'injustice. Son action est inspirée de la volonté et de la capacité des travailleuses et des travailleurs et de la population d'améliorer leur quotidien.»

Et 21 ans plus tard, à lire le programme préliminaire du congrès qui se tiendra la semaine prochaine au Palais des congrès à Montréal, on peut affirmer que l'organisation ne dévie pas de ces lignes directrices.

Débats

De quoi auront donc à s'entretenir celles et ceux qui militent pour de meilleures conditions de travail et de vie dans un Québec voulu prospère? De formation; de francisation; de vieillissement dans la dignité; d'endettement et de surendettement des personnes; de régimes de retraite; des communautés autochtones; de développement durable; d'organisation du travail; de l'avenir du secteur industriel et manufacturier; et de l'avenir du syndicalisme.

«Des décisions majeures devront être prises par les syndicats, énonce Claudette Carbonneau, elle qui est à la tête de la centrale depuis maintenant neuf ans, pour qu'ils puissent mieux défendre leurs membres, pour qu'on puisse vivre dans une société plus progressiste à une époque où on connaît une réelle montée de la droite et des inégalités.»

Car il faut admettre que la dernière année a été pénible pour qui oeuvre et travaille en terre québécoise: les lois ne tiennent plus compte des transformations technologiques et les ententes internationales autorisent les entreprises à agir comme bon leur semble, le concept de profits ayant priorité sur tout autre, quand décence, responsabilité et respect sont mis au ban.

Équilibre

Historiquement, le Québec a été, et demeure, une anomalie dans le paysage du travail. Sur ce territoire, la syndicalisation y est une valeur admise et le taux affiché des travailleurs qui participent à ce mouvement est exceptionnel en Amérique du Nord.

Mais les résultats globaux des dernières élections fédérales, où le ROC se colore en bleu, comme les gestes d'éclat qui font la manchette au sud des frontières, avec pour conséquence que le droit de représentation des travailleurs est trop souvent bafoué, tout cela fait craindre pour l'avenir, pour un avenir qui n'est pas nécessairement lointain.

Si, dans le passé, on se félicitait d'un équilibre des forces entre les pouvoirs, soit le politique, l'économique et celui du travail, il y a toujours danger que les mirages du néolibéralisme aveuglent citoyens et citoyennes. Le rêve de richesse, défini selon un modèle de consommation, fait oublier les inégalités qu'une telle recherche dans plus d'un cas génère.

La CSN a toujours eu une conception citoyenne du monde. Si l'organisation défend des intérêts locaux, elle le fait souvent parce qu'elle croit qu'un bien-être collectif est réel si tous, travailleurs et citoyens, ont eux et elles aussi accès à des conditions de vie et de travail décentes.

Aux congressistes de la semaine prochaine, il sera donné occasion d'assurer cet héritage.
 
 
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