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Est du Québec - La Matapédia est une région à la croisée des chemins

«On veut susciter la revitalisation»

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L’origine du nom «Matapédia» vient d’un mot micmac, matapediag, qui signifie «rencontre des eaux» ou «confluent».<br />
Photo : Club VTT de La Matapédia, Josée Lauzier et Karine Masson
L’origine du nom «Matapédia» vient d’un mot micmac, matapediag, qui signifie «rencontre des eaux» ou «confluent».
Une équipe d'agents de développement rural est à pied d'œuvre pour faire de la MRC de la Matapédia, située à cheval entre la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, une région d'avenir. Constatations.

Il est jeune, dynamique, il a des idées plein la tête et veut faire de sa MRC une région d'avenir. Il s'appelle Stéphane Pineault et dirige une équipe de quatre agents de développement rural (engagés par le Centre local de développement) qui sillonnent la MRC de la Matapédia: un territoire grand comme un pays, couvert à 90 % de forêt et s'étendant sur plus de 5300 kilomètres carrés.

Cette région, traversée par la rivière du même nom qui joue le rôle de mère nourricière d'un écosystème, dont la magnificence saisit le visiteur au premier contact, compte 18 municipalités (Amqui, Causapscal et Sayabec, entre autres).

L'origine du nom «Matapédia» vient d'un mot micmac, matapediag, qui signifie «rencontre des eaux» ou «confluent», lit-on dans la documentation de la MRC. Plus loin, on apprend qu'en «1603 Samuel de Champlain, alors sans titre officiel, accompagnait le capitaine François Gravé du Pont en Gaspésie. Les Micmacs qu'il a rencontrés dans la Baie-des-Chaleurs lui ont mentionné l'existence de ce territoire. Ils connaissaient bien l'endroit car ils y accédaient par la rivière et le lac Matapédia. Ils s'y rendaient pour chasser et y pêcher le saumon.»

On raconte aussi qu'un certain Pierre Brochu fut en 1833 le premier habitant à s'installer dans la Matapédia. Aujourd'hui, ils sont des milliers à y vivre, parfois, sinon souvent, difficilement en raison d'une économie fragile qui n'est pas étrangère à la crise forestière. Notons à titre indicatif que 1225 travailleurs oeuvrent dans l'exploitation des ressources (secteur primaire), 1725 dans le secteur de la transformation (secteur secondaire) et 5345 au sein des services (secteur tertiaire).

Relance

Va pour la mise en contexte. À présent, la relance de cette région passe inexorablement par le travail quotidien et in situ des agents de développement rural, dont le mandat est intimement lié au pacte rural propre à une région, lui-même issu de la Politique nationale de la ruralité. À l'échelle de la province, ils sont environ 180 agents à oeuvrer sur le terrain: dans la Matapédia, ils sont quatre, dont Stéphane Pineault, en poste depuis quatre ans. «Le travail d'un agent rural consiste à accompagner les collectivités dans leur recherche de solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées. Cela passe par un soutien continu. Nous avons aussi le rôle de stimuler, d'animer et de mobiliser le milieu dans ses actions visant à mettre sur pied des projets.»

Son équipe et lui, poursuit-il, couvrent les 18 municipalités de la MRC. «Vous savez, ces municipalités ont un indice de développement inférieur à 0, selon les critères du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. Cela signifie qu'elles sont dévitalisées. Et 12 d'entre elles ont un indice de -5, ce qui signifie qu'elles sont très dévitalisées. Chaque membre de notre équipe accompagne quatre ou cinq municipalités. On travaille de concert avec les conseils municipaux et les comités de développement de chacune des municipalités.»

Même si le secteur forestier est à son plus bas et que la relève agricole n'est pas au rendez-vous autant qu'il le faudrait, en raison des investissements colossaux nécessaires pour se lancer dans cette filière, la MRC mise notamment sur le tourisme et le créneau de la mise en valeur de la biomasse forestière pour donner un souffle nouveau à l'économie, raconte Stéphane Pineault. Celui-ci indique de plus que, il y a une trentaine d'années, la Matapédia comptait près de 30 000 habitants, alors qu'à présent on en compte quelque 17 000. Par contre, le mot «défaitisme» ne semble pas faire partie de son vocabulaire, tant il a de projets d'avenir dans ses cartons et tant les choses bougent depuis quelques années.

Des projets plein les cartons

Ainsi, depuis 2008, dit-il, le pacte rural est venu en appui à une centaine de projets sur le territoire, ce qui représente une moyenne de trente projets sur une base annuelle. Le pacte rural a consenti un total de 1,6 million de dollars. Quels types de projet? «Ils sont extrêmement diversifiés. Je pense à la mise sur pied d'un journal communautaire, à un projet de rénovation d'une patinoire, à des activités liées à la commémoration du 125e anniversaire d'une collectivité, à un projet de halte municipale, à un projet de vermicompostage, au marché public matapédien, etc.»

Quoi d'autre? «Ah oui, des projets dans le secteur de l'économie sociale, comme des dépanneurs et des coopératives, un appui à l'agrandissement et à la modernisation d'une résidence pour personnes âgées, un appui à la Corporation de gestion du parc régional de Val-d'Irène, un appui à l'émission La Petite Séduction, qui est venue à Lac-au-Saumon, ou encore une aide à un projet de nouveau centre de conditionnement physique à Sayabec.»

En conclusion, Stéphane Pineault soumet cette réflexion qui pourrait être reprise par le monde rural à titre de slogan, tellement elle dicte le chemin à suivre, tellement elle tonne d'authenticité: «On ne veut pas contrer la dévitalisation, on veut susciter la revitalisation.»

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