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Mettre fin à la pollution - La gestion intégrée de l'eau par bassin versant s'impose

L'UPA se félicite des résultats obtenus

En 2005, à l’initiative de la Fondation de la faune, l’UPA s’est lancée dans un ambitieux projet-pilote de gestion de l’eau par bassin versant.<br />
Photo : Centre d'expertise sur les produits agroforestiers En 2005, à l’initiative de la Fondation de la faune, l’UPA s’est lancée dans un ambitieux projet-pilote de gestion de l’eau par bassin versant.
Depuis 2005, le nombre de projets de gestion intégrée de l'eau par bassin versant ne cesse de croître au Québec. Gagnant chaque jour en popularité auprès des agriculteurs, la démarche semble avoir un impact appréciable sur l'amélioration de la qualité des cours d'eau de la province. Heureuse du chemin parcouru, l'UPA signale tout de même que l'avenir ne manque pas de défis!

Ayant pour objectif l'amélioration de la qualité des cours d'eau, le mode de gestion intégrée se caractérise par des actions concertées sur le territoire d'un bassin versant, lequel regroupe l'ensemble des cours d'eau affluant vers un même point d'écoulement. Implantée en France depuis le milieu des années 1960, cette démarche n'est employée au Québec que depuis moins d'une décennie.

«C'est en 2005 qu'on a vraiment commencé à utiliser cette démarche au Québec, précise Louis Ménard, coordonnateur de la stratégie agroenvironnementale de l'Union des producteurs agricoles (UPA). Avant 2005, il y avait eu quelques projets-pilotes par bassin versant qui s'étaient avérés concluants, mais il s'agissait d'initiatives assez isolées.»

Si, en 2005, à l'initiative de la Fondation de la faune, l'UPA s'est lancée dans un ambitieux projet-pilote de gestion de l'eau par bassin versant, c'est parce qu'elle constatait déjà depuis quelques années la nécessité d'agir en amont pour régler les problèmes complexes de pollution diffuse agricole.

«L'UPA s'est dotée d'une stratégie agroenvironnementale en 1994. Même si ça remonte à un temps pas si lointain, il faut se rappeler que, à l'époque, on avait beaucoup moins de connaissances en agroenvironnement. À ce moment-là, on faisait face à un problème de phosphore, qui était surtout lié à l'entreposage des fumiers et à tout ce qui touchait aux matières fertilisantes. Il n'y avait à peu près pas de services-conseils en la matière. On s'est donc doté d'une stratégie pour apporter des solutions au problème », raconte M. Ménard.

Dans la foulée, en collaboration avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), l'UPA a effectué en 1998 une enquête à l'échelle de la province afin de dresser un portrait agroenvironnemental du Québec et d'établir des priorités d'action. Par la suite, deux sondages consécutifs ont été menés afin d'évaluer l'évolution des pratiques et de mesurer les gains réalisés.

«Le portrait de 1998 et les sondages qui ont suivi nous ont permis de constater que notre stratégie agroenvironnementale avait porté fruit, puisqu'on avait réussi à réduire considérablement la pollution ponctuelle agricole, mais ça nous a aussi confirmé qu'il y avait encore beaucoup à faire du côté de la protection des cours d'eau, au niveau de ce qu'on appelle la pollution diffuse agricole. C'est de ce constat que découle notre volonté de travailler avec une démarche par bassin versant», confie le coordonnateur.

Une démarche réussie


Aujourd'hui, une cinquantaine de projets de gestion intégrée de l'eau en milieu agricole ont cours dans près de 60 bassins versants de la province. De dix projets-pilotes en 2005, ce nombre est rapidement passé à 50 en 2007.

«En 2007, on a mis sur pied un plan d'action concerté en agroenvironnement qui était ni plus ni moins un partenariat entre le MAPAQ, le ministère de l'Environnement et l'UPA. La gestion de l'eau est alors devenue notre priorité et on a développé d'autres projets de bassin versant. Peu de temps après, le ministère de l'Agriculture s'est vu confier une enveloppe de plusieurs millions de dollars pour s'attaquer au problème des algues bleu-vert. On s'est empressé de rencontrer les gens du MAPAQ pour créer des partenariats et ç'a abouti à une trentaine d'autres projets de gestion de l'eau par bassin versant», résume M. Ménard.

Étant pour la plupart terminés, les projets-pilotes qu'a développés l'UPA en 2005 sont toujours à l'étude. D'après M. Ménard, les résultats obtenus sont plutôt satisfaisants. Non seulement les concentrations de phosphore ont considérablement diminué, mais, en plus, le retour de certaines espèces de poissons a été constaté dans quelques cours d'eau.

«Ç'a été le cas dans la rivière Niagarette, par exemple, où on a observé le retour d'ombles de fontaine. C'est très encourageant, ce genre de résultat», souligne le coordonnateur.

Défis

Bien qu'elle se dise satisfaite des résultats obtenus jusqu'à ce jour, l'UPA souligne que bon nombre d'importants défis restent à relever, notamment au plan des ressources financières.

À l'heure actuelle, comme les producteurs désireux d'améliorer leurs pratiques agricoles sont soutenus par des programmes de financement, plusieurs peuvent se permettre d'effectuer certains travaux de réaménagement, mais, d'après M. Ménard, si les ressources de ces programmes venaient à manquer, le succès des projets en cours et futurs pourrait être compromis.

«Le premier défi, c'est clairement de s'assurer que ces programmes restent en place. Au niveau conceptuel, la gestion intégrée de l'eau par bassin versant, c'est bien beau mais, dans la réalité, ça nécessite beaucoup de travail et de moyens. Ça implique d'une part de mobiliser les producteurs et les partenaires, mais aussi de caractériser les cours d'eau, d'identifier les zones problématiques, de rencontrer individuellement tous les agriculteurs pour revoir avec eux leurs pratiques agricoles, puis d'effectuer les changements nécessaires! Ensuite, il faut faire un suivi, effectuer des relevés et poursuivre le dialogue avec les agriculteurs, même lorsque le projet est théoriquement terminé. On ne se le cachera pas: faire tout ça, c'est coûteux», relève le coordonnateur.

Un second défi devra aussi être relevé: celui du développement de l'expertise nécessaire pour déployer d'autres projets de gestion de l'eau par bassin versant. D'après M. Ménard, on note déjà un manque d'experts en géomatique, en hydrologie et en génie végétal et, si celui-ci n'est pas comblé, il sera très difficile dans les années à venir de réaliser des projets novateurs.

«Je suis certain qu'on peut considérablement améliorer la qualité de l'eau de nos cours d'eau si on continue à travailler avec cette démarche, affirme le spécialiste, mais, si on veut que ce soit le cas, il va falloir qu'on y mette les moyens nécessaires!»

***

Collaboratrice du Devoir
 
 
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