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Université rurale québécoise - Quand la Gaspésie se réinvente pour mieux avancer

«Il y a des gens qui, pour différentes raisons, ont décidé de rester»

Cette année, l’URQ élira domicile en Gaspésie, principalement dans la région de la Baie-des-Chaleurs et des plateaux de la Matapédia. La pointe de la péninsule ne sera pas en reste pour autant puisque Percé, notamment, est à l’horaire.<br />
Photo : Sylvain Majeau - Tourisme Québec Cette année, l’URQ élira domicile en Gaspésie, principalement dans la région de la Baie-des-Chaleurs et des plateaux de la Matapédia. La pointe de la péninsule ne sera pas en reste pour autant puisque Percé, notamment, est à l’horaire.
Cette année, l'Université rurale québécoise se tiendra en Gaspésie, du 12 au 16 septembre, et aura pour thème «Innover pour se réinventer». Cet événement d'envergure est une occasion unique de démontrer à quel point la mobilisation des forces du milieu peut engendrer des initiatives en tous genres en faveur d'une région. Quand la Gaspésie partage ses savoirs avec les autres, et vice-versa.

La mission de l'Université rurale québécoise (URQ) consiste à accompagner le développement des collectivités et des territoires ruraux au moyen d'activités de formation permanente des acteurs et des agents de développement rural selon une démarche de «croisement des savoirs». L'URQ a déjà tenu son événement au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscaminque, entre autres. Cette année, elle élira domicile en Gaspésie, principalement dans la région de la Baie-des-Chaleurs et des plateaux de la Matapédia. La pointe de la péninsule ne sera pas en reste pour autant puisque Percé, notamment, est à l'horaire. Les organisateurs de cet événement de taille ont ciblé, à partir du thème «Innover pour se réinventer», six axes d'intervention autour desquels s'articuleront 36 initiatives d'entreprises et d'organismes qui mettent en valeur les savoir-faire et l'esprit d'innovation qui animent la région.

Axes d'intervention


Les axes d'intervention sont les suivants: innover par le tourisme, la culture et le patrimoine (photographie, apport de la communauté autochtone, etc.), innover par l'utilisation ou le développement des technologies de l'information (télé-enseignement, géolocalisation, etc.), innover par la mobilisation du milieu (microcrédit, fondation communautaire, transport collectif), innover par les initiatives collectives (autonomie alimentaire, recyclage, foresterie), innover par l'environnement et l'utilisation des ressources naturelles (fruits sauvages, mariculture, éolien) et innover par le développement des compétences (jeunesse, développement, littérature).

Pour chacune des initiatives, trois intervenants donneront des conférences. Les participants pourront avoir le point de vue du promoteur de l'initiative en question, celui d'un intervenant régional qui accompagne ce projet et finalement le regard d'un chercheur universitaire. Toutes ces activités se dérouleront sur le terrain, alors que six autobus sillonneront le territoire dans le cadre de visites guidées et animées qui permettront de découvrir le dynamisme de la région.

On conviendra que l'organisation d'une telle initiative mobilise un chapelet d'acteurs. Ainsi, la Table de concertation Avignon-Bonaventure, qui regroupe 26 organismes et une soixantaine d'intervenants en développement socio-économique, est mise à contribution afin d'assurer l'organisation et la réalisation de l'URQ 2011. Pour ce faire, elle bénéficie du soutien de plusieurs partenaires financiers, dont le gouvernement du Québec, Développement économique Canada, la Conférence régionale des élus de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, les MRC de Bonaventure et d'Avignon ainsi que le Réseau SADC/CAE. À ceux-ci s'ajoutent également les centres locaux de développement, le Mouvement Desjardins et la Fédération UPA Gaspésie, notamment.

Bâtir une région


En tout, 300 participants issus des secteurs universitaire, économique, social et communautaire sont attendus à l'URQ 2011. «Il est question ici de croisement et de partage des savoirs, rappelle le coordonnateur de l'événement, Jacques Rivière. Ce sera une occasion pour les Gaspésiens de procéder à une réflexion sur ce qu'ils font par l'entremise d'universitaires et de chercheurs issus du réseau universitaire québécois, et, en contrepartie, les universitaires vont apprendre des choses par les gens d'ici. On allie donc théorie et pratique». M. Rivière souligne de plus que le thème choisi pour l'occasion n'est pas sans rappeler les efforts déployés par les Gaspésiens au cours des ans pour bâtir leur région, aux prises avec une économie en déclin et des fermetures d'usine en série.

«Nous avons connu plusieurs fermetures d'usine ces dernières années [usine Gaspésia à Chandler en 1999, Mines Noranda à Murdochville en 2002 et la cartonnerie Smurfit-Stone à New Richmond en 2005, ainsi que plusieurs scieries]. Durant cette période, beaucoup de personnes ont quitté la région. Par contre, il y a des gens qui, pour différentes raisons, ont décidé de rester et bâtir des projets dans la région en innovant et en réinventant les choses.»

Le président de la Conférence régionale des élus, Bertrand Berger, tient à noter l'importance de la tenue de cet événement en Gaspésie. «Nous, à la CRÉ, on s'est empressé d'y participer. Nous y avons versé la somme de 45 000 dollars. C'est majeur comme événement et, par sa tenue, on va démontrer que dans la région on est capable de faire des choses novatrices et le faire collectivement.»

Val-d'Espoir


Parmi les initiatives et autres réussites collectives qui seront présentes à l'URQ 2011, il y aura le laboratoire rural appelé Produire la santé ensemble. Situé dans le village de Val-d'Espoir, près de Percé, et couvrant la MRC du Rocher-Percé, ce projet-pilote vise l'amélioration de la santé humaine par l'entremise d'une prise en charge de l'alimentation par et pour la collectivité (potagers communautaires, ateliers et foire agricole). Depuis 2008, ce laboratoire expérimente un modèle qui facilite la renaissance d'une agriculture de proximité, tout en mesurant son impact sur la santé et le développement du milieu. Gaëtanne Mauger, agente de développement communautaire de l'organisme, précise «qu'on veut encourager l'autonomie alimentaire des gens et de leur collectivité. Rendre plus accessibles les produits locaux et créer un circuit court entre les producteurs et les consommateurs.»

D'ailleurs, le village de Val-d'Espoir est un lieu d'expérimentation idéal, rappelle-t-elle. «Si on a visé ce village, c'est parce qu'on savait qu'il y avait là un problème d'autonomie alimentaire. Il n'y avait plus de dépanneur et l'exode des gens était en marche. Vous savez, notre projet fonctionne bien, il s'agit de faire germer des idées et puis les gens embarquent.»

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Collaborateur du Devoir
 
 
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