lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 00h29
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les grands débats – L'a b c du discours public

Ce que débattre veut dire de tout temps, mais surtout ici, maintenant

Il y a des signes de mutation dans la manière de débattre, apparus autour des débats concernant les accommodements raisonnables et le gaz de schiste, soutient Marc Angenot, titulaire de la Chaire d’étude du discours social à l’Université McGill.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Il y a des signes de mutation dans la manière de débattre, apparus autour des débats concernant les accommodements raisonnables et le gaz de schiste, soutient Marc Angenot, titulaire de la Chaire d’étude du discours social à l’Université McGill.
Comment la société québécoise maîtrise-t-elle l'art de nouer et de dénouer la conversation publique? Quels sont les principaux sujets porteurs? Où sont passés les intellectuels? Et puis, les nouvelles technologies favorisent-elles une suralimentation du débat, jusqu'à la morbide obésité des points de vue?

Voilà ce qui arrive quand on laisse un intellectuel jouer avec les allumettes. Mercredi dernier, Le Devoir publiait en une le résultat d'une entrevue avec Gérard Bouchard. L'historien et sociologue émérite déclarait, en gros, comme le résumait le titre de l'article, que «tourner le dos à l'anglais serait "criminel"». Pour lui, le bilinguisme devient une nécessité évidente sur le continent et dans le monde. L'ex-coprésident de la Commission sur les accommodements raisonnables en profitait pour refaire la promotion de l'interculturalisme comme mécanique sociale d'intégration à la québécoise.

Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux passions rhétoriques. Le premier commentaire a été versé sur le site du Devoir à 2h20, une petite heure après la mise en ligne de la manchette. Avant 7h, une dizaine d'internautes avaient déjà réagi. Avant midi, la boîte débordait, ou tout comme, et Twitter en rajoutait quelques cuillérées.

Il y en avait évidemment pour tous les goûts et dégoûts, jusqu'aux arguments démagogiques. Vers 9h, un populaire animateur de radio twittait le lien vers un article annonçant l'assassinat du ministre des Minorités religieuses le jour même, à Islamabad, avec cette demande: «Faire suivre à Gérard Bouchard». Avant 11h, un lecteur sortait son Franz Fanon pour traiter M. Bouchard d'«intellectuel post-colonisé».

Aucun n'avait encore sorti l'artillerie lourde des insultes hitlériennes à la John Galliano. De toute manière, les modérateurs du site auraient filtré de telles bêtises.

Une progression exponentielle

Plus le média est gros, plus cette nouvelle manière de débattre prend de l'ampleur. Radio-Canada a ouvert au public les vannes des tribunes de commentaires en mai 2009, il y a donc près de deux ans. La progression exponentielle fait en sorte que maintenant, le site radio-canada.ca draine 1700 commentaires par jour.

«Les gens participent massivement et veulent entretenir une conversation avec le diffuseur, mais aussi avec les autres utilisateurs», observe la journaliste Geneviève Rossier, devenue directrice générale d'Internet et des services numériques. «Avec le web 2.0, les gens ne veulent plus être passifs: ils veulent réagir. Nos tribunes leur donnent donc la parole. Elles veulent même aider à élever le débat citoyen, pas à le rabaisser. Ce sont des outils démocratiques.»

Churchill disait que le meilleur argument contre la démocratie, le «moins pire» des régimes, c'était cinq minutes avec l'électeur moyen. De même, faudrait-il dire que la lecture de cinq commentaires moyens, anonymes, offre le meilleur argument contre la démocratisation des échanges dématérialisés?

Pour Pierre Champoux, directeur de l'information d'Internet et des services numériques à Radio-Canada, ce serait extrêmement méprisant et réducteur. Il y a des grosses nouvelles qui peuvent susciter jusqu'à mille commentaires, note-t-il, certains très profonds, d'autres proposant des pistes pour continuer le travail journalistique. Une politique de modération très bien balisée permet d'éviter les dérapages du débat postmoderne.

«En information, toutes les tribunes sont ouvertes, explique-t-il. Il faut être prudent et parfois, nous bloquons l'accès pour prévenir les dérapages. Nous raffinons notre pratique de la modération de mois en mois. Le débat est et doit demeurer civilisé.»

Les moyens changent, la fin reste. Et puis, d'abord, qu'est-ce que débattre? Cette question obsède le professeur Marc Angenot depuis des décennies. Au fil d'innombrables articles, livres et conférences, il a notamment épluché et analysé tout, mais alors tout ce qui a été publié en France, en 1889, pour composer un panorama englobant du génie et de la bêtise de ce lieu, un siècle après la Révolution.

«Je suis un obsédé du discours, dit le titulaire de la Chaire d'étude du discours social à l'Université McGill. Je me suis trouvé des étiquettes: historien des idées, la plus banale, analyste du discours, théoricien de l'argumentation. C'est toujours ça, c'est vrai.»

«Ça», c'est-à-dire «un ensemble de manières de dire, de figures et d'arguments» qui taraude l'humanité depuis très longtemps, surtout quand il s'agit de débattre pour persuader. «La rhétorique depuis 2500 ans est l'art de convaincre. Seulement, les humains se persuadent assez rarement, assez difficilement», dit encore le professeur qui vient de consacrer au sujet une synthèse éclairante, un livre judicieusement intitulé Dialogue de sourds. Traité de rhétorique antilogique (Éditions Mille et une nuits). «Et puis, d'abord, on argumente pour un tas de raisons autres que l'idée de persuader.»

Il donne alors l'exemple de la souveraineté. «Naïvement, on pourrait dire que depuis un demi-siècle, le but des péquistes est de convaincre les non-convertis à la cause, dit l'historien des idées. Dans les faits, il s'agit aussi de communier avec les siens, de se positionner face aux autres, de soutenir un siège qui peut durer une génération. D'ailleurs, ce qui est frappant dans les grands débats que j'ai observés en Europe francophone, c'est que généralement ils s'éteignent avec la génération qui en a tant débattu. Les nouveaux passent à autre chose.»

Marc Angenot observe aussi l'entêtement de certains à ne pas bouger d'un iota, particulièrement les philosophes et certaines autres catégories plus ou moins intellectuelles capables de camper sur une position assurée pendant toute une vie. «À la taverne, il faut bien conclure une discussion. À l'université, on peut débattre pendant toute une carrière sans jamais changer.»

Pour le reste, dans la population, il note surtout une lenteur de mutation tout aussi fascinante. Les appuis à la souveraineté pure et dure stagnent, en gros, au tiers de la population sur le long terme et les arguments en sa faveur se renouvellent à peine.

«Il y a une rareté des sentiments, dit encore le professeur. Quand je lis sur cette cause ou sur le gaz de schiste, au fond, je trouve une demi-douzaine de bons arguments fondamentaux. À la base, il n'y a jamais d'idées que collectives et c'est bien pourquoi ça n'évolue pas vite, comme la précession des équinoxes. La plupart des idées que nous avons dans la tête, moi compris, sont répandues.»

Faire sortir le lièvre du trou

Le professeur suggère l'exercice consistant à prendre du recul pour bien mesurer l'ampleur de ce magistère surpuissant. Cette semaine, Le Devoir rappelait aussi le séjour à Montréal, en 1946, du joueur de baseball Jackie Robinson qui allait briser la stricte ségrégation des ligues majeures à une époque où le racisme allait de soi, comme la misogynie ou l'antisémitisme.

«En lisant un journal de l'époque d'Adélard Godbout, vous découvrez un tas d'arguments qui ne vous convainquent pas du tout, ajoute le théoricien de l'argumentation. Vous sentez aussi très vite que ça tourne en rond, parce que les idées se trouvent en nombre limité, poursuit Marc Angenot. Évidemment, maintenant, les arbres cachent la forêt et nous ne voyons pas que nous subissons aussi des contraintes invisibles.»

Lesquelles? Le professeur souligne des signes de mutation dans la manière de débattre, apparus autour des débats concernant les accommodements raisonnables et le gaz de schiste. «D'une part, pendant un demi-siècle, tous les débats ont été indexés à la polarisation souverainiste-fédéraliste, avec un personnel intellectuel, des partis, toute une infrastructure. Le débat sur les accommodements raisonnables a fait éclater la polarisation. Je connais des péquistes qui sont pour le voile et d'autres, contre. Je connais des fédéralistes qui sont pour la laïcité et d'autres, contre. D'autre part, comme justement les échanges ne sont pas gérés par des institutions fortes, ils ont tendance à se terminer en queue de poisson.»

Bref, le monde a changé. Le Québec a vécu une division manichéenne qui donne de sérieux signes d'effritement.

Et les médias suivent comme ils peuvent. «Aussi curieux que cela puisse paraître, les médias n'ont pas la capacité de clarifier les débats, tranche l'analyste du discours. Dans le meilleur des cas, ils peuvent faire sortir le lièvre du trou, ce qui est déjà bien. Dans le pire, ils savent souffler sur les braises puisque, plus ça s'engueule, plus c'est excitant pour les médias. Seulement, ils n'ont pas le pouvoir de La Pravda pour dire ce qui est bien ou mal, et dans une société démocratique, c'est très bien ainsi.»

Porter certaines vérités


Les intellectuels ont longtemps servi d'oracles dans les débats. Ce rôle très dernier-siècle serait pratiquement disparu avec le repli des universitaires dans leur tour d'ivoire surspécialisée.

Mais est-ce vraiment le cas? «Je crois qu'il faut déboulonner deux idées reçues, répond Dominique Garand, professeur d'études littéraires à l'UQAM. D'abord, l'idée selon laquelle il n'y aurait pas de débats au Québec et qu'on aurait peur de la polémique. Ensuite, l'opinion répandue voulant que les intellectuels n'interviendraient pas sur la place publique.»

Lui aussi se passionne pour les théories de l'argumentation, la rhétorique, les polémiques et le débat en général. Il prépare une anthologie sur la polémique au Québec depuis la Conquête et un essai sur le même sujet dans les années 1990. «Des débats, il n'en manque pas, sur le gaz de schiste, le téléchargement numérique ou la place de l'anglais au festival d'été de Québec, poursuit le professeur Garand. Et pour ces débats, les intellectuels interviennent dans une foule de revues, dans des essais, sur des sites. Par contre, on perçoit chez ces gens une certaine morosité. On est dans le syndrome de la pensée impuissante. Comme si la réflexion n'engendrait pas un mouvement vitalisant.»

Bref, les intellos parlent, mais en vase plus ou moins clos. Ou bien ils s'y prennent mal, ou bien leur parole n'est pas relayée, propose alors le polémologue des idées, qui souligne alors la difficulté de percer les grands médias pour alimenter les débats. En lieu et place s'activent des hypercommentateurs professionnels, souvent sur plusieurs tribunes combinées, une émission de télé ou de radio, un édito, un blogue. Ça se voit.

«On se demande sur quoi repose leur crédibilité, poursuit M. Garand. Ils demeurent dans l'opinion. Ils exposent une pensée qui manque d'organisation et, de ce fait, qui est fuyante. Il est d'ailleurs très difficile de les confronter. Ils se défilent et ils ont une prochaine chronique à écrire. En plus, on accepte mal la contingence ou l'impureté.»

Mais qui peut jeter la pierre? Si le grand intello avait la prétention d'éclairer la société, dans les faits, comme l'a bien montré Michel Winock dans Le Siècle des intellectuels (1997), beaucoup d'engagements de la pensée ont versé dans la confusion, le dogmatisme, pour ne pas dire la bêtise pure et simple. Un hitlérien par ci. Un misogyne par là. Et des communistes partout.

M. Garand le sait bien et il ajoute que les universitaires n'ont pas le monopole de la parole sensée. Ça pense et ça débat aussi chez les artistes, les scientifiques, les écrivains ou les poètes.

«Il faudrait ajouter les citoyens, avec les nouveaux médias, conclut-il. Je me préoccupe de mon milieu. Mais je souhaite que plus de penseurs s'engagent. Je souhaite aussi qu'il y ait plus d'espace pour débattre. Ce serait bien qu'il y ait plus de journaux au Québec et que les journaux se campent sur des positions plus fermes, à droite et à gauche, notamment, pour là encore stimuler le débat.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Dadine - Inscrite
    5 mars 2011 09 h 58
    Les intellectuels ?
    Pour ce qui est d'inviter les intellos dans le débat, si c'est pour entendre ou lire des "penseux" comme Gérard Bouchard, hé bien, non merci!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    5 mars 2011 12 h 00
    À Dadine
    Votre intervention sur Bouchard illustre bien l'un des écueils des débats : vous tirez sur le messager sans discuter ses thèses!

    Gérard Bouchard a le mérite d'exposer un point de vue argumenté sur une question délicate à traiter. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord avec lui et plusieurs ses sont opposés à ses thèses avec intelligence. Le combattre, très bien, mais de là à lui refuser le droit de parler, non.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • richardle - Abonné
    5 mars 2011 12 h 08
    Un gros problème: la non signature
    Quand je signe mon vrai nom au complet au bas d'une platitude, d'un commentaire imbécile, d'un texte truffé de fautes d'orthographe, d'une suite d'illogismes ou d'un bla-bla qui tourne en rond, je suis obligé d'assumer pleinement ce qui précède. Quand je signe uniquement d'un pseudonyme, je puis être n'importe qui et défendre n'importe quoi sans avoir à subir l'odieux de la différence de point de vue, d'être minoritaire ou de révéler mon appartenance (avouable ou non) à un groupe d'intérêts (financiers, corporatifs, politiques ou religieux).
    Mon nom dit déjà une part de qui je suis et empêche au moins, un peu si pas assez, les dérapages auxquels on assiste tous les jours sur le NET.
    Richard Lépine
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michele - Inscrite
    5 mars 2011 12 h 54
    Le discours interépistémologique: des mots et des choses différentes
    Un des problèmes à l'heure actuelle, avec l'arrivée des épistémologies constructivistes, c'est la diversité dans la nature des discours. Deux grandes tendances se dessinent, d'une part plusieurs intervenants orientent encore leur discours à partir de fondements politiques alors que d'autres part certains optent pour un discours à fondements sociaux. Les référents, la conception de la personne, la conception de la vérité, les modalités d'énonciation et les stratégies varient d'un discours à l'autre.

    Faute de cadre d'analyse adéquat, les tenants du discours politique percoivent les tenants du discours social comme des adversaires alors que ce n'est pas nécessairement le cas. À mon avis nous sommes devant deux systèmes de pensée, deux systèmes langagiers que tous auraient intérêt à distinguer.

    M.Poupore
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    5 mars 2011 15 h 19
    Le rôle de l'école
    Un aspect important de la question n'a pas été traité ici, soit le rôle de l'école dans la connaissance du discours politique, du discours social et du discours socio-politique. Les élèves devraient être initiés dès le primaire à l'analyse critique, notamment en développant une habilité certaine en lecture critique. Mais le sort des programmes d'études sont maintenant entre les mains de la droite au pouvoir, qui souhaite rétablir l'inégalité des chances dans la scolarisation en opposant une contre-réforme à la réforme en cours. On ne peut s'attendre à rien d'autre d'individus nombrils toujours prêts à jeter le bébé avec l'eau du bain.

    Roland Berger
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Charles F. Labrecque - Abonné
    5 mars 2011 16 h 53
    Un sport
    Il est vrai que de plus en plus nous pouvons lire des critiques formulées par les lecteurs, cependant beaucoup de citoyens que je connait qui auraient beaucoup avantage à faire connaitre leurs pensés évitent de le faire a cause de leurs gênes de pouvoir s'exprimer en bon français.
    Il est intéressant de lire ces critiques sur des textes soumis dans les journaux comme le devoir et d'ajouter notre grain de sel. Je trouve cette lecture valorisante et un invitation à lire le journal avec plus d'intérêts. Cela nous donne l'impression que l'on participe au développement de notre société en devenir.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    5 mars 2011 18 h 18
    La vraie démocratie (humaine)
    La soumission de tous les membres d’un groupe à un seul individu du groupe qui agit en roi et maître est une caractéristique de plusieurs sociétés animales. La direction d’un groupe animal par le plus fort d’entre eux est voulue par la nature essentiellement pour la protection et la survie du groupe ou de l’espèce. C’est la notion de troupeau.

    Dans le cas des sociétés humaines développées, la vraie démocratie s’éloigne quelque peu de ce paradigme de troupeau. Oui, dans une société humaine développée il y a un chef et des dirigeants, mais il y a aussi des citoyens intelligents qui conservent leur capacité personnelle d’agir et de penser par eux-mêmes.

    Aussi, les gorges chaudes sur les discussions à l’intérieur du PQ ne sont que l’expression d’une analyse primaire de la situation. Certains vont plus loin en traitant ces discussions de chicanes. Une telle analyse manifeste un émoussement de l’esprit critique sinon de la malhonnêteté partisane. Le PQ doit être fier de la vie qui anime chacun de ses membres, contrairement à l’autre parti d’affairistes.

    Je pense qu’en Europe (du moins dans l’Europe de culture latine) on aime mieux discuter qu’ici au Québec.

    Ici, dès que l’on discute, les gens considèrent cela comme des chicanes. Vieil héritage du colonialisme, de la chape de plomb du clergé sur le peuple autrefois, du “crois ou meurs”, de l’obéissance aveugle aux dogmes de toute sorte ?

    Pour moi, cela démontre l’anémie du sens critique, et à la limite, l’anémie du jugement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    6 mars 2011 08 h 14
    Les intellos pontifiants

    M. Garant a raison de dire, à propos des intellos, qu’«Il est d'ailleurs très difficile de les confronter». Des intellos refusent de participer à certains débats si tel autre, dûment nommé, s’y trouve. D’autres encore acceptent, à la condition d’être le premier à parler afin de charmer l’auditoire d’entrée de jeu, tout en intimidant les autres participants par des attaques personnelles. Enfin, certains s’arrangent pour parler les derniers, arriver après le débat, pontifier sans débattre, et quitter finalement les lieux précipitamment.

    Michel Paillé, Québec,
    Site internet : http://michelpaille.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    6 mars 2011 10 h 34
    À Michel Paillé
    Il est peut-être opportun que je clarifie le passage auquel vous faites référence. En réalité, je ne parlais pas là des intellectuels, mais des chroniqueurs de nos quotidiens.

    Cela dit, je ne contesterai pas votre impression au sujet des intellectuels. En fait, je pense que vous décrivez ici plus particulièrement l'intellectuel universitaire, assez peu formé aux débats (les étudiants forment un public plutôt docile...).

    Mais permettez-moi d'insister sur un point. Si l'on entend par «intellectuel» un individu non seulement formé intellectuellement, mais également désireux d'intervenir dans les affaires de la cité, il nous faut reconnaître qu'il en existe assez peu au Québec. Pratiquement tous les intellectuels sont des professeurs (du cégep ou de l'université). Il y a aussi des écrivains, mais les plus intellectuels d'entre eux sont également professeurs. Il faudrait étudier les raisons socio-économiques expliquant cette absence d'une catégorie d'intellectuel indépendant.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    6 mars 2011 10 h 35
    À M. Paillé (suite)
    Néanmoins, plusieurs intellectuels-professeurs interviennent sur la place publique, dans des revues comme Liberté, L'inconvénient, Argument, Spirale, etc. Des débats existent dans ces revues et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils ne sont pas toujours abscons. Le problème est que ces revues ne sont pas lues en dehors du cercle de ceux qui y participent (au grand dam de ceux-ci, qui souhaiteraient rejoindre le public).

    Alors, ou bien on s'y prend mal (il faudrait accepter d'envisager cette hypothèse), ou bien il manque un relai. Voilà une piste que j'ai ouverte avec M. Baillargeon. Ce relai ne peut se trouver que du côté des journalistes et chroniqueurs de nos quotidiens. Or, s'il arrive au Devoir, dieu soit loué, de rendre compte de livres «intellectuels», la chose est pratiquement inexistante dans un journal comme La Presse. Dans ce dernier journal, les chroniqueurs font même une sorte de profession de foi anti-intellectuelle, c'est-à-dire qu'ils prétendent pouvoir se passer de ces débats issus de l'université. Pis encore, leur discours emprunte volontiers la voie de la parole d'autorité. Leur refus d'interroger très avant leurs présupposés les conduit à produire des chroniques branchées sur l'humeur ou la tendance du moment. Et si on les confronte en exigeant d'eux qu'ils aillent au fond des choses, ils se défilent en prétextant qu'ils n'ont pas le temps ou que tout cela est ennuiera le lecteur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    6 mars 2011 13 h 27
    Pas vraiment le lieu pour débattre
    Pour débattre efficacement, il faut savoir, au moins un peu.
    Personnellement, je ne considère pas l'espace alloué aux commentaires sous les textes, sur le site du Devoir par exemple, comme un lieu de débat mais principalement comme un lieu de commentaires publics, ce qui est différent. Un lieu d'écoute créative où des voix se font entendre, un choeur de voix.
    Pour débattre, il faut savoir et je lis le Devoir pour apprendre et éventuellement débattre. D'ailleurs, sous les combles d'une chronique ou d'un article, ce n'est pas physiquement un endroit très commode pour débattre et puis il manque la présence matérielle des interlocuteurs.
    On ne perd rien, pour un éventuel débat par exemple, à bien comprendre ce qui est dit. Je ne suis peut-être pas à même de discuter de plusieurs sujets mais je veux dire au journaliste que j'ai bien entendu ce qu'il me dit, je veux lui dire que le mot communiquer veut vraiment dire quelque chose. La lecture attentive est elle-même créatrice et il semble qu'elle fait défaut; elle peut pourtant donner le goût de débattre si on a la certitude qu'on ne sera pas tout seul à s'entendre parler. On en prépare le lit en s'écoutant. Évidemment, les lieux de débats virtuels sont certainement possibles.
    Pour animer l'espace public réel, je songe parfois à des tribunes extérieures, dans les parcs, dans des lieux publics, où auraient lieux de vraies joutes verbales entre tous ceux qui auraient le cran de s'avancer...y compris les intellectuels. La capacité de débattre pourrait s'exercer n'importe où, comme un art.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    6 mars 2011 15 h 08
    @ Dominique Garand

    Merci d’avoir pris la peine d’apporter toutes ces précisions. Espérons que je ne serai pas le seul à lire vos propos, par ailleurs si justes. Et n’allez pas croire que vous avez été trop long. Au contraire, j’en redemanderais.

    Avec mon admiration,

    Michel Paillé, démographe, Québec,
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Denis Pageau - Abonné
    6 mars 2011 21 h 36
    Débat gauche droite? Non merci
    Stéphane Baillargeon a écrit à la toute fin de cet article: "Ce serait bien qu'il y ait plus de journaux au Québec et que les journaux se campent sur des positions plus fermes, à droite et à gauche, notamment, pour là encore stimuler le débat."

    Je crois que ce serait un débat stérile. Il faut outrepasser cette habitude que nous avons. Ni l'un ni l'autre n'a raison. La vérité contient un peu de l'un et un peu de l'autre. On doit trouver une façon de canaliser nos énergies pour créer ensemble la société de demain qui inclut les meilleures pratiques de l'un et de l'autre.

    Denis Pageau
    www.societologie.ca
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    6 mars 2011 22 h 44
    Je signe volontiers
    Merci à messieurs Baillargeon et Garand. Au premier pour un article pertinent et bien recherché et au second pour avoir pris la peine d'élaborer davantage ses idées dans ce fil de discussion.

    J'aime bien imaginer la partie «Vos réactions» du Devoir.com comme un espace public aménagé et entretenu par une entreprise privée et, dans cette optique, je suis toujours reconnaissant aux journalistes et aux commentateurs qui s'y expriment.

    Ils font de cet espace un endroit agréable où passer un moment de détente tout en s'informant des points de vue des autres particuliers qui s'y promènent et y posent leur griffe.

    François Genest (asclepios)
    Intellectuel et Manuel :-p
    FGenest sur Twitter
    socrate@athenacity.org
    francois.genest@gmail.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dadine - Inscrite
    7 mars 2011 08 h 41
    "Penseux" et penseurs
    À Dominique Garand,

    Définition du PENSEUR: personne qui se consacre à la réflexion, aux idées profondes et souvent novatrices.

    Un "PENSEUX" est tout le contraire, telle est mon opinion sur Gérard Bouchard.

    Et ne vous en déplaise, je continuerai d'exprimer mes opinions ici, tant que le modérateur du Devoir me le permettra.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dadine - Inscrite
    7 mars 2011 09 h 01
    La non signature
    À Richard Lépine,

    Faudrait peut-être demander à la Direction du Devoir pourquoi elle permet la "non signature" comme vous dites.

    Étant visé ou visée par votre commentaire, je me permet de vous assurer que mes prénom et nom ne vous diraient absolument rien. Je pourrais vous dire que je suis Suzanne Dumoulin de la rue Panet à Montréal, vous me croiriez? Pas moi.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    7 mars 2011 10 h 48
    À Dadine, alias Suzanne Dumoulin
    Rien dans mon commentaire ne vous interdit d'exprimer votre opinion. Je vous ai seulement invitée à élever le niveau de votre intervention. Dire que Bouchard est un «penseux» et non un penseur est un point de vue que vous avez le droit d'exprimer. Mais vous en tenir à cette assertion péremptoire réduit le débat à zéro et n'entraîne aucune compréhension des faits. C'est aussi stérile et enfantin que de se crier des noms.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    7 mars 2011 10 h 58
    @Dadine
    Félicitations! Vous avez réussi à attirer mon attention et même à susciter une réponse directe de ma part, ce dont vous pouvez vous vanter, je ne vous en tiendrai pas rigueur.

    Monsieur Richard Lépine, qui a le premier soulevé ici le problème de l'attribution des propos tenus sur des sites publics où il est possible de rester anonyme, donne le bon exemple en signant son commentaire. Vous, en revanche, proposez une vision pessimiste de la réalité où on ne doit faire confiance à personne, même si cette personne, homme ou femme, donne son nom.

    Permettez-moi d'être brutalement honnête et de spéculer sur votre identité.

    Ma première impression était que vous étiez une personne qui avait lu l'article de mercredi et les commentaires subséquents et qui écrivait ici simplement pour signifier sa colère et sa frustration. Une telle personne peut bien dire ce qu'elle veut, l'important pour les autres commentateurs est de ne pas faire l'erreur d'aborder ces propos comme étant rationnels. Pourquoi? Parce que des espaces publics où entamer des discussions sensées font cruellement défaut au Québec et qu'il est préférable, dans les circonstances, d'en préserver la quiétude et de ne pas persévérer dans des échanges qui s'enveniment et risquent de faire dérailler la discussion.

    Puis vos commentaires subséquents m'ont amené à penser que vous êtes une personne qui n'a que faire de la discussion et qui cherche simplement à provoquer des réactions viscérales de la part des autres commentateurs. Les motivations d'une telle personne m'importent peu et je sais par expérience qu'il vaut mieux ne pas répondre à ce genre d'intervention. Je me permets de le faire ici parce que vous tenter maintenant de provoquer messieurs Garand et Lépine et de les amener à vous répondre sur le même ton que vous, ce qui aurait pour effet de diminuer l'intérêt de ce fil de discussion, et je préfère que ces derniers ne tombent pas dans ce piège.

    Passez u
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    7 mars 2011 11 h 48
    @Dadine (suite)
    Passez une bonne journée Suzanne :-)

    François Genest

    @Dominique : Rookie mistake
    Un expert en rhétorique comme toi ne devrait pas se laisser avoir comme un amateur. *secoue la tête en signe de désapprobation*
    Mais tu as mes félicitation pour ton implication citoyenne :))))
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    7 mars 2011 13 h 34
    In for a penny, in for a pound (1/2)
    D'abord un petit ;-) à Michel Paillé. Le titre exprime le sentiment que j'ai. Puisque j'ai commencé à commenter dans ce fil de discussion, aussi bien y ajouter mon grain de sel et voir ce que ça goûtera à la fin.

    @Michèle Poupore : Votre commentaire commence bien mal. En utilisant le terme : «épistémologie constructiviste» sans mise en contexte, vous me donnez envie de rétorquer : «positivisme obscurcissant» et «tergiversation élitiste». Mais je crains qu'il faille réserver cette conservation à un moment plus propice à la franche camaraderie. Cependant je me dois de souligner une erreur fondamentale dans votre discours, soit l'opposition que vous faites entre le politique et le social. Cette erreur est à la base, je pense, de la haine viscérale que de nombreux Québécois éprouvent envers les politiciens. À mon sens, il faut accepter que tous les discours sociaux sont aussi des discours politiques.

    @Roland Berger : Vous avez bien raison de souligner l'importance du développement du sens critique à l'école et je suis d'accord avec vous que le primaire n'est pas trop tôt pour encourager les enfants à utiliser cet outil inestimable. Mais vous ratez la cible lorsque vous attribuez à une «droite au pouvoir» la faute de l'érosion du sens critique au sein de la société québécoise. Mais peu importe à qui la faute, je souhaite de tout mon cœur une réhabilitation du système scolaire québécois.

    @Charles F. Labrecque : Merci de vos encouragements. C'est pour des gens comme vous que je passe autant de temps à intervenir sur le site du Devoir : ))))))))))))
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    7 mars 2011 13 h 36
    In for a penny, in for a pound (2/2)
    @France Marcotte : Comment un espace public est utilisé ne dépend que des gens qui l'entretiennent et des gens qui s'y présentent. Une fois sur place, du moment que les règlements soient respectés, on peut faire ce qu'on veut. N'ayez pas peur de vous exprimer sans détenir de doctorat sur le sujet qui vous intéresse. Quand on est trop sûr de soi, on risque de ne pas écouter les autres. Personnellement, je promets de vous lire avec ouverture d'esprit.

    @Denis Pageau : Je comprends votre dépit. N'entend-t-on pas régulièrement qu'il n'y a pas assez de place pour la droite de la part de gens qui se situent à droite? *d'oh* Laissons la définition du clivage gauche-droite aux historiens politiques et cherchons ensemble ce qui est le mieux pour les citoyens de notre pays.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    7 mars 2011 14 h 22
    En vrac
    @ François Genest (Asclepios)
    Ah ah, croyez-vous vraiment que je tomberai dans le panneau de votre gentille provocation ?

    @ Roland Berger
    Développer le «sens critique» chez les élèves fait partie des préoccupations au coeur de la dernière réforme, à tel point qu'on leur demande d'être critiques avant même de leur fournir les connaissances nécessaires à tout sens critique. C'est ainsi que le soi-disant sens critique tombe dans un subjectivisme très peu éclairé.

    À mon sens, il serait plus urgent de former les jeunes à la logique argumentative, ancienne branche de la philosophie. Quand on sait comment fonctionne un énoncé, quand on sait repérer les présupposés, quand on est aptes à détecter les sophismes, eh bien on est mûr pour la pensée critique.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    7 mars 2011 14 h 43
    À Denis Pageau
    Je me dois d'expliquer cette suggestion de journaux de droite et de gauche, car elle vient de moi (M. Baillargeon a simplement rapporté mes propos).

    Gauche et droite, je vous le concède, sont des étiquettes trompeuses et qu'il faudra sans doute dépasser. Mais les dépasserons-nous dans un simple entre-deux qui effacerait magiquement ce que ces termes recouvrent? Ce serait là gommer des différences fondamentales entre des conceptions qui s'affrontent au sujet, par exemple, du rôle de l'État, des relations de travail, de l'éducation, des relations entre le privé et le public, etc.

    L'idée que j'avais en tête en faisant cette proposition était de permettre une plus grande intelligibilité entre ces positions (et d'autres, peut-être, qui échapperaient à cette opposition). Le mythe que nous entretenons aujourd'hui est celui d'un espace médiatique qui permettrait l'expression de toutes les différences. L'autre mythe, qui lui est associé, est que l'idéal d'une société serait la mise en place d'un consensus. Or, rien n'est plus dangereux.

    Ce qui est à souhaiter, c'est l'existence de plusieurs journaux (et non pas deux ou trois qui sont comme «blanc bonnet, bonnet blanc») capables d'exposer leurs orientations fondamentales en les rendant intelligibles. Certaines pensées peut-être trop rapidement qualifiées de droite par des réactions instantanées qui rappellent Pavlov, méritent sans doute d'être entendues et prises en considération.

    Bien sûr, je comprends que l'on craigne l'existence d'un journal d'extrême-droite, puisque l'existence d'un tel journal signifierait la présence d'un nombre significatif d'adhérents. Mais, entre vous et moi, je crains davantage une extrême-droite qui se terre et s'insinue subrepticement dans les discours sans dévoiler son vrai visage.
    Pouvoir les combattre à ciel ouvert est de loin préférable.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • asclepios - Inscrit
    7 mars 2011 15 h 27
    @Dominique Garand
    J'ai récemment visionné un film d'essai par un jeune conservateur et destiné aux jeunes conservateurs intitulé "Indoctrinate U". Le traitement est tendancieux et peut donner des frissons à quiconque redoute une montée de l'extrême-droite. Cependant, je suis forcé d'admettre la validité de l'argumentation suivante:

    1) Traiter quelqu'un d'extrémiste peut s'assimiler à un appel à la censure.
    2) Le peuple souhaite que tous puissent exprimer leur point de vue.
    3) Donc il faut faire preuve de retenue lorqu'on éprouve de la colère envers des gens qui défendent des idées que l'on considère extrémistes.

    Pour ma part, je suis toujours prêt à écouter, tant qu'on respecte mon intelligence et qu'on ne me mène pas en bateau. À la colère, je préfère la compassion. Mais, bon, c'est juste mon point de vue, ça.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    7 mars 2011 16 h 26
    @ asclepios
    Mon point n'est pas de permettre à tout le monde de s'exprimer indistinctement dans le plus tolérant des mondes possibles. Tous les points de vue ne se valent pas et l'endoctrinement tendancieux est détestable à droite comme à gauche.

    Je rappelle la question à la base de l'article ci-haut : dans quelles conditions des débats fructueux peuvent-ils avoir lieu? Est-ce que nos médias sont une sorte de tour de Babel où chacun crie son opinion sans écouter ce que les autres ont à dire? Est-il possible de convaincre un adversaire? Etc, Ma position n'est pas pessimiste, je crois raisonnablement en la vertu de la discussion, fut-elle musclée. Mais j'ai cherché à cerner des écueils possibles.

    Chemin faisant, j'ai observé la rareté des journaux au Québec, Il fut un temps où les journaux pullulaient dans notre province. En Europe, c'est encore le cas et chaque journal ou magazine affiche des positions politiques assez claires.

    Toujours chemin faisant, j'ai dit regretter que nos journalistes ne débattent pas entre eux. Le principe qui règne ici est : je n'écoeure pas l'autre pour qu'il ne m'écoeur pas à son tour. Sous le couvert du respect, une certaine lâcheté se développe.

    Voir apparaître de nouveaux quotidiens demeure pour l'instant une vue de l'esprit et ce n'est certes pas mon seul souhait qui les fera exister. Il y a tout de même quelque chose qui pourrait se tramer du côté de Rue Frontenac, ça reste à voir.

    Chose certaine, j'en appelle à des journaux responsables animés par des journalistes qui respectent l'éthique professionnelle. Cela exclut d'emblée les fanatiques qui ne connaissent que l'art du tract idéologique. Une pensée dite «de droite» peut être articulée, respectueuse de la démocratie et nullement rétrograde ou fasciste (je pense à un Mathieu Bock-Côté, par exemple). Cette pensée peut être productive si elle force la gauche à sortir des ornières de sa rhétorique et à interroger ses croyances et réfle
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    7 mars 2011 20 h 31
    @ François Genest
    À mon tour de vous remercier ( et les autres aussi ). C'est un échange stimulant et mené dans un esprit qui me convient.

    Mais c'est assez pour aujourd'hui, n'est-ce pas, même si de nombreuses questions restent en suspens...

    À la prochaine, donc.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Denis Pageau - Abonné
    7 mars 2011 21 h 23
    @Dominique Garand
    Je comprends votre objectif, mais je crois toujours que c'est une perte de temps. Ce ne sont, comme dirait Marc Angenot, que des dialogues de sourds.

    Je crois que la seule façon de se sortir de là c'est d'identifier les meilleures pratiques et de les utiliser sans se demander si ce sont des meilleures pratiques de droite ou des meilleures pratiques de gauche.

    Denis Pageau
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dadine - Inscrite
    8 mars 2011 04 h 26
    Conclusion
    À Dominique Garand,

    À mon tour de vous féliciter! vous avez réussi, mais par la bande, à me "crier des noms" (l'expression est de vous) sans en avoir l'air. Donc en relisant vos deux réponses, je comprends que je suis un être inintelligent, stérile et enfantin. Bravo! Vous avez élevez le débat.

    À asclepios,

    Vous savez par expérience qu'il vaut mieux ne pas répondre à ce genre de personne (moi) Eh bien, je vous invite à continuer dans cette voie, vous avez entièrement raison...

    En conclusion, après avoir lu les différentes interventions ici, que vous appelez pompeusement un "débat", j'ai le regret de vous dire que je n'ai rien appris de nouveau, rien que je ne savais déjà. Perte de temps, malheureusement pour moi. Déception. Tant de mots! Tant de mots!

    Bon mardi!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
28 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012