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    Services de garde: l'attente s'éternise

    620 bambins sont inscrits sur la liste de chaque CPE, 340 dans chaque garderie

    Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620.
    Les listes d'attente s'allongent dans les services de garde à 7 $ du Québec. Et les 15 000 places supplémentaires promises par Québec aux dernières élections tardent à se concrétiser.

    Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620, selon le dernier rapport annuel Situation des centres de la petite enfance, des garderies et de la garde en milieu familial du ministère de la Famille et des Aînés. Même histoire dans les garderies, où les noms de bambins en attente sont passés de 250 à 340 par établissement. Et la situation continue de se dégrader, selon les associations de service de garde consultées.

    L'Association québécoise des CPE reçoit même des appels d'entreprises paniquées de voir des employés ne pas arriver à rentrer au travail à la date prévue après un congé parental, faute de garderie. «Ils nous demandent: "Est-ce qu'on peut faire des pressions pour créer des places?"», raconte le directeur général de l'association, Jean Robitaille.

    S'il est difficile de connaître le nombre exact de places manquantes puisque beaucoup d'enfants sont inscrits à plusieurs listes d'attente, l'Association québécoise des CPE estime qu'il faut créer environ 50 000 nouvelles places pour répondre à la demande. «Un pas de géant a été fait depuis 15 ans: on répond aujourd'hui aux besoins de 75-80 % des familles, alors qu'à l'époque on répondait à 25 %, reconnaît M. Robitaille. Néanmoins, pour les familles dont les besoins ne sont pas comblés, c'est catastrophique.» Avec le «minibaby-boom» qui se poursuit — on apprenait mardi de l'Institut de la statistique du Québec que 88 300 bébés sont nés en 2010 alors qu'avant 2006, le nombre de naissances se tenait loin sous la barre de 80 000 —, la pression sur le réseau est plus grande.

    À l'Association des garderies privées du Québec, qui regroupe surtout des établissements subventionnés, on indique que des parents sont si découragés qu'ils n'inscrivent plus leurs enfants sur les listes des services à 7 $. «Quand un parent appelle et qu'il y a trois ans d'attente pour un service de garde à 7 $, il se tourne parfois directement vers le privé non subventionné», raconte le directeur général, Jean-François Belleau. Les dernières données du ministère révèlent d'ailleurs que le nombre de places en garderies non subventionnées a littéralement bondi, passant de 4750 places à 16 500 ces trois dernières années. Les listes d'attente y sont moins longues, mais le coût à la journée y est beaucoup plus important. Un crédit d'impôt remboursable rétablit toutefois en bonne partie les coûts au bout du mois ou de l'année.

    Engagements de Québec


    Il y a présentement 214 000 places à contribution réduite dans la province. En août 2008, la ministre de la Famille de l'époque, Michelle Courchesne, avait annoncé la création de 18 000 nouvelles places pour septembre 2010, engagement qui n'est pas encore réalisé. Trois mois plus tard, le premier ministre Jean Charest promettait 15 000 places de plus si un gouvernement libéral était élu, un engagement qui n'a pas encore eu de suite. «On les attend toujours, laisse tomber Jean-François Belleau. Si le gouvernement veut être capable de les livrer avant les prochaines élections, il doit les annoncer dans son prochain budget», à venir bientôt.

    Au bureau de la ministre Yolande James, on assure que la promesse de 2008 n'est pas oubliée. Les parents devront toutefois être patients. «Les 15 000 places supplémentaires, c'est un engagement que l'on compte tenir, car on est conscients de la pression pour les développer, explique l'attachée de presse de la ministre, Geneviève Hinse. Il nous reste encore du temps pour le faire», soit d'ici la fin du présent mandat du gouvernement libéral. Ces 33 000 places prévues au total, «ce n'est quand même pas rien. Ça représente des sommes et des efforts importants».

    L'augmentation des places dans les garderies non subventionnées sont à considérer dans la balance, surtout avec les dernières bonifications du crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants, ajoute Mme Hinse. «On voit ça d'un oeil très positif, car se sont des places régies, de qualité.»

    Jean Robitaille y voit plutôt un «pis aller», «en attendant».

    La porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille et députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, croit que c'est maintenant qu'il faut agir. «Le régime [québécois d'assurance parentale instauré en 2006] a donné aux Québécois le goût de faire plus de bébés, mais les libéraux n'ont pas livré la marchandise du côté des services de garde. Est-ce qu'on va nous repasser cette promesse de 15 000 places lors de la prochaine campagne électorale?»












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