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Après la commission Bouchard-Taylor - Relancer le débat sur l'interculturalisme

Gérard Bouchard, historien, sociologue et professeur-chercheur à l'Université du Québec à Chicoutimi; Céline Saint-Pierre, professeure émérite de sociologie à l'Université du Québec à Montréal; Geneviève Nootens, professeure de science politique à l'Université du Québec à Chicoutimi et François Fournier, chercheur et ex-analyste à la commission Bouchard-Taylor  2 mars 2011  Actualités en société
L’interculturalisme vise plus qu’à concilier les différences culturelles issues de l’immigration. Son objectif est l’intégration de toute notre société. C’est pourquoi il préconise les échanges, les interactions, les rapprochements et la responsabilisation des citoyens. <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
L’interculturalisme vise plus qu’à concilier les différences culturelles issues de l’immigration. Son objectif est l’intégration de toute notre société. C’est pourquoi il préconise les échanges, les interactions, les rapprochements et la responsabilisation des citoyens.
Trois ans après la commission Bouchard-Taylor, nous croyons qu'il faut relancer le débat sur l'interculturalisme. Pour quelles raisons?

- Afin d'assurer de manière efficace la prise en charge de la diversité ethnoculturelle, le Québec doit adopter un modèle qui propose de grandes orientations et trace les voies de l'intégration de notre société. Un tel modèle est nécessaire pour inspirer et orchestrer les politiques de l'État, associer les citoyens à des choix fondamentaux de notre société, guider les gestionnaires des institutions publiques et privées dans la gestion quotidienne de la diversité et appuyer le travail des intervenants sur le terrain (préposés à l'accueil aux immigrants, travailleurs sociaux, médiateurs culturels...). Or, si jusqu'à récemment les Québécois appuyaient largement l'interculturalisme, ils sont maintenant divisés sur le sujet. Il importe de mieux le définir et d'en montrer la pertinence.

- Notre débat sur la gestion de la diversité s'est largement centré sur la question de la laïcité, particulièrement l'expression d'allégeances religieuses parmi les employés de l'État. Ces discussions risquent maintenant de s'épuiser dans la mesure où l'atteinte d'un consensus paraît très incertaine. Il faut élargir le cadre du débat.

- Depuis peu, la réflexion sur l'interculturalisme a débordé les frontières du Québec. L'Europe est devenue un important foyer de recherche et d'expériences. Nous devons tirer profit de ces précieux apports pour enrichir notre compréhension de la diversité et revoir le traitement que nous en faisons.

- Au cours des dernières décennies, la proportion des immigrants dans la population québécoise s'est accrue lentement, passant de 8 % en 1971 à 11 % en 2006. Selon des prévisions démographiques récentes, cette proportion va pratiquement doubler d'ici vingt ans. La gestion de la diversité (notamment l'insertion des immigrants dans l'emploi, la lutte contre la discrimination et les pratiques d'harmonisation ou d'accommodement) va donc nous solliciter de plus en plus, d'où l'importance de nous entendre sur une démarche claire et équitable, adaptée à nos besoins, à nos aspirations et à ce que nous considérons comme nos valeurs essentielles.

Des conditions favorables

Contrairement au contexte qui prévalait lors de la Commission menée en 2007-2008, le débat public est devenu moins émotif, la tension est tombée; il est donc plus aisé d'échanger sur les enjeux et les idées. Nous bénéficions aussi d'une décennie de pratiques et de discussions intenses; le terrain est désormais reconnu. Nous pouvons tabler sur ces antécédents.

Par ailleurs, dans un contexte de remise en question du multiculturalisme (en Europe notamment), de nouvelles avenues s'ouvrent pour l'interculturalisme. Rappelons, par exemple, que la direction du Conseil de l'Europe s'est vue confier à l'unanimité par ses 47 pays membres le mandat de faire la promotion de ce modèle, de préférence à tout autre.

Un modèle d'intégration

L'interculturalisme vise plus qu'à concilier les différences culturelles issues de l'immigration (récente ou ancienne). Son objectif est l'intégration de toute notre société. C'est pourquoi il préconise les échanges, les interactions, les rapprochements et la responsabilisation des citoyens. Francophonie en Amérique, le Québec est une nation fragile qui a besoin de toutes ses forces pour assurer son avenir, en particulier devant l'immense défi que représente la mondialisation.

En conséquence, il doit éviter autant que possible la fragmentation, la marginalisation, les divisions durables et les formes d'exclusion qui découleraient d'un manque de compréhension ou d'une rigueur excessive dans la gestion de la diversité.

Cet impératif se conjugue avec un autre: l'intégration exige le respect des droits de chacun. Il faut donc mettre en oeuvre un pluralisme authentique qui s'accorde avec ce que nous sommes et ce que nous voulons devenir collectivement.

L'interculturalisme ou la recherche d'équilibres

Fondamentalement, l'interculturalisme est un modèle mitoyen qui rejette la fragmentation (associée au multiculturalisme) et l'assimilation (associée aux nations unitaires ou à des formes radicales de républicanisme). Il vise l'intégration, c'est-à-dire une recherche d'équilibres entre des impératifs concurrents. Il peut s'agir de droits, de valeurs ou de traditions entre lesquels il faut soit effectuer un choix, soit négocier des formules de compromis originales et créatrices.

Dans cet esprit, l'interculturalisme québécois entend assurer l'avenir de cette francophonie nord-américaine tout en respectant la diversité. Il vise donc à mettre au point des modus vivendi qui préservent pleinement l'essentiel de l'identité, de la mémoire et des traditions de cette culture sans sacrifier le respect des droits. La promotion du pluralisme n'entraîne nullement un affaiblissement de la culture majoritaire. Au contraire, l'une de ses conséquences est de favoriser l'intégration et de renforcer la francophonie québécoise.

Enfin, il va de soi que, dans le contexte québécois, la définition de l'interculturalisme doit aussi prendre en compte la question nationale.

La voie québécoise

Des sceptiques douteront du réalisme de cette formule qui fait appel au dépassement des antinomies et des impasses grâce à des mesures inventives et audacieuses. Mais n'est-ce pas ainsi que le Québec a assuré sa survie et son développement depuis plus de deux siècles? La capacité qu'il a démontrée d'évoluer à l'heure de l'Amérique anglophone tout en faisant rayonner sa culture et en affirmant sa différence en constitue une démonstration spectaculaire.

L'aire des négociations et des compromis n'est toutefois pas illimitée. Elle comporte d'importantes restrictions dictées par des valeurs ou principes fondamentaux. Ainsi, il faudrait des raisons exceptionnelles pour porter atteinte à la préséance du français, à l'égalité homme-femme ou à la séparation des pouvoirs entre l'État et les Églises.

Une culture commune

En vertu des interactions et rapprochements que préconise l'interculturalisme, on s'attend à ce qu'émerge à la longue une culture commune nourrie des apports de la majorité et des minorités culturelles, mais sans les y fondre nécessairement. Cet élément est essentiel pour trois raisons.

Pour se gouverner, toute société a besoin d'un fort dénominateur commun de valeurs, de solidarité et d'appartenance. En deuxième lieu, la francophonie québécoise doit viser la plus grande intégration possible pour continuer à se développer dans un monde qui s'exprime de plus en plus en anglais. Enfin, parmi les citoyens issus des minorités ethnoculturelles et de l'immigration récente, un certain nombre souhaitent renégocier leur appartenance première pour s'imprégner de ce qu'ils perçoivent comme la culture «québécoise». Pour ceux-là, l'existence de la culture commune est un horizon indispensable.

Un Symposium international

Pour contribuer à relancer le débat dans ces directions, Interculturalisme 2011 organise un Symposium international qui se tiendra à Montréal les 25, 26 et 27 mai prochain. Cette rencontre sera largement ouverte au public, dont nous souhaitons la participation. Dans les prochaines semaines, nous soumettrons des textes d'analyse aux journaux et animerons un site Internet (http://www.symposium-interculturalisme.com) que le public est invité à consulter dès maintenant.

Afin d'apporter du neuf au débat, nous avons conçu le Symposium sous la forme d'un dialogue Québec-Europe. De hauts dirigeants du Conseil de l'Europe se sont étroitement associés à cet événement où plusieurs experts européens prendront la parole. Cette formule permettra d'élargir le champ de nos réflexions tout en ouvrant de nouvelles perspectives de recherche et d'action.

***

Gérard Bouchard, historien, sociologue et professeur-chercheur à l'Université du Québec à Chicoutimi

Céline Saint-Pierre, professeure émérite de sociologie à l'Université du Québec à Montréal

Geneviève Nootens, professeure de science politique à l'Université du Québec à Chicoutimi

François Fournier, chercheur et ex-analyste à la commission Bouchard-Taylor
 
 
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  • Elmer Smith - Abonné
    2 mars 2011 03 h 25
    Interculturalisme
    N'est-ce pas mieux que le multiculturalisme?
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  • Monsieur Pogo - Inscrit
    2 mars 2011 05 h 46
    Tant qu'à faire...
    À quand l'intermulticulturalité ?
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  • Sansterre Gilles - Inscrit
    2 mars 2011 07 h 11
    Le fossoyeur!
    Gérard Bouchard passera à l'histoire comme le fossoyeur de la culture québécoise!
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  • johanne fontaine - Abonné
    2 mars 2011 08 h 34
    @ Rodrigue Tremblay, une question existentielle
    Trois enfants métissés qui portent le nom Fontaine,
    avec deux hommes d'origine haÏtienne,
    tous deux décédés par ailleurs.
    Et moi, toujours célibataire!

    Ai-je contribué à l'immigration?

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • michel lebel - Inscrit
    2 mars 2011 08 h 53
    Un débat à relancer?
    Je ne suis pas certain qu'il faille relancer tout ce débat. Je ne suis pas sûr. Les choses, à cet égard, vont ici plutôt bien. Certains pays d'Europe connaissent de sérieux problèmes vis-à-vis le multiculturalisme, qui serait un bouc-émissaire pour bien des saloperies. Attention donc de transposer, sans distenction, la donne européenne au Québec. Ne nous faisons aussi pas d'illusion, c'est essentiellement la question de l'islam qui pose problème. Le crucifix et la prière à l'Hôtel de ville sont des questions d'ordre secondaire.
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  • François Dugal - Abonné
    2 mars 2011 08 h 55
    Tour d'ivoire
    1-le mot interculturalisme ne veut absolument rien dire.
    2-ces moralisateurs devraient rester dans leur tour d'ivoire et nous sacrer patience.
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  • Michel Page - Inscrit
    2 mars 2011 08 h 56
    Le français dégringole, on s'acharne contre des traditions chrétiennes de régions, on n'intègre pas l'immigration allophone, Wake up intellctuels
    Je ne comprends pas le raisonnement à l'envers de M Bouchard, qui en tout, en bout de piste, fait reposer la "faute" originelle sur la minorité francophone. Cette attitude, étendue en toutes choses, parmi la population ferait du Québec de demain, l'Ontario francophone d'aujourd'hui.

    Je ne comprends pas cette propension à l'autodestruction d'un peuple.
    Je pense à quitter cette terre de tiraillements sans avenir pour aller m'installer aux État-unis et m'y assimiler: fini l'angoisse d'un peuple qui ne s'assume pas et d'intellectuels peu conscients de leur influence négative ....
    Bravo monsieur Bouchard.
    Je suis retombé sur un petit travail de M. Bouchard datant de 1990: le même génie en herbe professant pour les mêmes préjugés anti-cléricaux, laïcisme extrémiste et pluralistes dont la responsabilité incomberait à la méchante minorité francophone
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  • Michel Page - Inscrit
    2 mars 2011 09 h 06
    La Commission Bouchard... les mêms préjugés que les anciens écrits de M. Bouchard,
    Plurimulti- ceci-cela laïcisme extrême, rien sur la contribution des communautés religieuses de 1800 à 1960 .. : les propos de M. Bouchard perdurent et continuent les mêmes préjugés et la même quête pour « l'homme nouveau » fabriqué à l'image d'une idéologie qui mène vers l’annihilation des traditions des coutumes : pauvre attitude de la part d'un sociologue-historien. Vous devriez savoir M Bouchard que l'annihilation des racines culturelles et des traditions à travers les âges correspond à ce que des despotes ont tenté de faire pour assimiler les nouveaux territoires conquis ou les minorités...

    À mon sens, ce que le nouvel arrivant veut voir c'est la manifestation d'un peuple fier qui affiche l'ensemble de ses coutumes et de ses traditions et l'invite à s'y joindre fortement...
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  • Michel Paillé - Abonné
    2 mars 2011 09 h 26
    Responsabilisation des francophones
    Je retiens que l’interculturalisme « préconise les échanges, les interactions, les rapprochements et la responsabilisation des citoyens ». La première responsabilisation est d’abord celle de la majorité francophone. Elle consiste à parler le français en tout temps, en tout lieu et devant n’importe qui. Quand un important segment de cette majorité se fait un devoir, voire une fierté, de s’adresser aux « Autres » d’abord en anglais, il faut y voir une démission camouflée derrière la bonne conscience appelée « ouverture, mondialisation, respect d’autrui, etc. » Démission d’autant plus profonde que cette majorité ne remplace plus ses générations depuis 40 ans.

    D’une part on nous dit que d’ici 20 ans la population immigrée formera 20% de la population du Québec. D’autre part on nous promet que l’interculturalisme conduira à l’émergence « à la longue [d’]une culture commune ». Or, la croissance de la population immigrée se fera beaucoup trop rapidement pour conduire à long terme à cette culture commune mythique tant désirée. D’autant plus que l’immigration est toujours concentrée à Montréal, Laval et leurs environs.

    Bref, deux Québec évoluent différemment l’un de l’autre. La fracture s’élargit ave le temps. Et avec 60 000 immigrants par année pendant encore 10 ou 15 ans, elle sera à jamais définitive.

    Michel Paillé, démographe, Québec
    http://michelpaille.com
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  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit
    2 mars 2011 09 h 27
    Enfin!
    Merci pour cette mise à jour. À espérer que la population intéressée par ce débat n'est pas représentée par les commentaires des lecteurs, encore et toujours accrochés à l'héritage et à l'homogénéité d'une nation, des termes qui rappellent d'autres nationalismes.

    L'interculturalisme est une question et un défi : on doit en discuter en mettant nos propres sensibilités en veilleuse avant de faire des choix, et ne pas se laisser mener par quelques manchettes ou quelques chiffres.

    On se revoit au Symposium?
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  • johanne fontaine - Abonné
    2 mars 2011 09 h 29
    @Michel Pagé et "L'annihilation des traditions des coutumes"...
    Ces "traditions et coutumes" que vous glorifiez,
    ont été imposées aux Premières Nations
    à travers tout le continent américain
    depuis cinq siècles.

    Par la force, la plupart du temps
    et dans un bain de sang.

    Y a-t-il vraiment lieu d'en déplorer la disparition?

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • Jean de Cuir - Abonné
    2 mars 2011 09 h 47
    Prémisses
    Prémisses : la diversité ethnoculturelle du Québec; le Québec a des valeurs essentielles, des aspirations et des besoins; importance de nous entendre; importance de l'intégration ( contre la fragmentation; contre le républicanisme radical). Il y aurait des impératifs concurrents ( droits, valeurs, traditions); donc, faire un choix ou négocier des compromis. Préséance du français, égalité hommes-femmes et séparation des pouvoirs enre État et Églises; mais des raisons exceptionnelles sont possibles pour porter atteinte à ces "valeurs". Société a besoin de dénominateur commun de valeurs, de solidarité et d'appartenance: "on s'attend à ce qu'émerge à la longue une culture commune nourrie des apports de la majorité et des minorités culturelles, mais sans les y fondre nécessairement." Tout ceci suppose une conception de l'État, de la culture et de la raison. Aller voir !
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  • Jean Richard - Abonné
    2 mars 2011 09 h 56
    De plus en plus en anglais ? Nuances...
    « la francophonie québécoise doit viser la plus grande intégration possible pour continuer à se développer dans un monde qui s'exprime de plus en plus en anglais. »

    Une petite nuance qui n'est pas sans importance...

    Internet est devenu un moyen de communication incontournable. Vers la fin du siècle dernier, l'anglais y avait pris une avance qu'on croyait insurmontable. Or, il se pourrait que les choses commencent à changer, du moins si on en juge par la tendance des dix dernières années.

    http://www.internetworldstats.com/stats7.htm

    En faisant des projections sur la tendance des dix dernières années, certains estiment que le mandarin aura dépassé l'anglais d'ici dix ans. Par ailleurs, certaines langues occidentales dont l'espagnol, le portugais et le français connaissent une progression beaucoup plus rapide que celle de l'anglais. Il est vrai toutefois qu'entre ces trois dernières, le français arrive en dernier. Sa progression est plus marquée que celle de l'anglais, mais elle est loin derrière l'espagnol.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    2 mars 2011 10 h 25
    Une question sur la culture
    Est-ce que la culture est quelque chose de monolithique, immuable et constant. Ou bien c’est quelque chose qui change, qui s’adapte, qui se métisse au fils des ans et des changements démographique. La culture québécoise d’aujourd’hui est elle la même qu.il y a 100 ans ? Sera-t-elle la même dans 50 ans.
    La vitesse du changement est proportionnelle à la vitesse des communications et des moyens de transport.
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  • johanne fontaine - Abonné
    2 mars 2011 10 h 28
    @Jean Richard ; et pourquoi pas l'espéranto
    Malgré les chiffres, la culture américaine demeure
    et forcément sa langue.

    Mes deux fils, néo résidents de Colombie Britannique
    peinent à parler français; quant à l'écrire.
    c'est vrai que l'exemple, n'est pas représentatif; tous deux sont métissés.

    Tant qu'à s'angliciser,
    je préfère que,
    vivement,
    notre continent adopte l'espéranto...comme langue commune!

    Est-ce utopique ?

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • Gauthier Isabelle - Inscrit
    2 mars 2011 10 h 40
    Diversion
    Le problème n'est pas la diversité culturelle, à part pour certains nationaleux. Le problème est la place de la religion, sous toutes ses formes, dans notre société. La pensée magique de l'interculturalisme ne règlera pas cela. Ce n'est pas parce qu'une problématique est complexe et source de désaccord qu'il faut l'occulter!
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  • Bernard Gervais - Abonné
    2 mars 2011 10 h 50
    Échec d'une doctrine
    Le multiculturalisme ou interculturalisme, comme l'appelle Gérard Bouchard, ne fonctionne pas vraiment. Et le premier ministre britannique, David Cameron, ainsi que la chancelière allemande, Angela Merkel, sont loin d'être les seuls à le dire.

    Cependant, ceux qui défendent encore cette doctrine, ne veulent bien entendu pas l'admettre.
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  • Rejean Labrie - Inscrit
    2 mars 2011 10 h 58
    La condamnation généralisée du multiculturalisme par l'Europe; à quand le Canada?

    L'échec du modèle multiculturaliste est complet et reconnu comme tel

    Chaque identité nationale doit être protégée de la dilution


    Un vent de libération salutaire souffle sur l'Europe tout entière visant à se débarrasser du carcan du multiculturalisme désagrégateur de l'identité des nations. Mais quand donc le Canada emboîtera-t-il le pas? Sinon on risque de recevoir les hordes de ceux que l'Europe n'acceptera plus pour cause d'incompatibilité fondamentale à la société d'accueil occidentale.

    Les gouvernements européens ont identifié les catégories de candidats inaptes au mode de vie occidental, qui lui nuisent ou qui le combattent, que ce soit par la religion (on pense bien sûr aux islamistes revendicateurs) ou par un choc des cultures trop considérable (les africains et les hindous en particulier, les tiers-mondistes en général). Des mesures sont en voie d'être prises un peu partout afin de remédier à ces sources de problèmes sociaux majeurs souvent accompagnés de violence urbaine typique du tiers-monde.

    Ce qu'il y a d'éminemment positif dans cette constatation généralisée de l'échec du modèle multiculturaliste, c'est que chacun peut désormais l'affirmer haut et fort et revendiquer la préservation de l'identité nationale comme valeur fondamentale de sa société. La chose est officialisée.

    C'est maintenant au tour du Canada d'emboîter le pas dans cette lutte contre les méfaits du multiculturalisme qui n'aurait même jamais dû être implanté, tant il est évident que l'entreprise reposait sur des fondements illusoires et ne pouvait entraîner que des effets nuisibles aux populations établies, à commencer par le choc du système de valeurs et des modes de vie, sans oublier l'appauvrissement de la culture prédominante.

    Réjean Labrie de Québec
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    2 mars 2011 11 h 14
    Remettre ça...
    Le 11 mai 2008, Michel David dans le Devoir collait l’étiquette d’ «homme égaré» à Gérard Bouchard, c’est dire…

    De leur coté, les sociologues Guy Rocher et Jacques Beauchemin voyaient, avec raison, dans la publication du Rapport B-T de la mauvaise foi. Et aujourd’hui M. Bouchard cherche à remettre ça ?
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  • Charles Dubois - Inscrit
    2 mars 2011 12 h 04
    Tour d'ivoire pour des universitaires incompris pas la plèbe..
    Les Bouchard-Taylor de ce monde ne sont plus crédibles. Les faits réels viennent contredire leur idéologie. L'interculturalisme: c'est un un terme inventé de toute pièce pour ne pas utiliser le mot multiculturalisme..

    Vous pouvez continuer à discourir, mais votre discours est vide de sens!

    Qui financera leur colloque ? Encore les contribuables..leur discours est peut-être dépassé, mais ils ont des amis influents au gouvernement et dans les départements de sciences humaines des universités au Québec. Ils ont plus d'influence que 80 % de la population québécoise qui ne partagent pas leur avis...

    C'est déplorable!
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mars 2011 13 h 16
    Une fatalité?
    "Au cours des dernières décennies, la proportion des immigrants dans la population québécoise s'est accrue lentement, passant de 8 % en 1971 à 11 % en 2006. Selon des prévisions démographiques récentes, cette proportion va pratiquement doubler d'ici vingt ans", dit-on.
    Je crois qu'il faudrait d'abord expliquer en quoi, pour quoi le Québec fait le choix d'une immigration aussi massive.
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  • Michele - Inscrite
    2 mars 2011 16 h 40
    Pour un colloque sur la citoyenneté québécoise
    Pourquoi ce soudain retour vers l'interculturel?

    Qu'est-ce que la culture québécoise en 2011? Outre la langue française et les valeurs démocratiques qu'est-ce qui caractérise la culture québécoise? Les amérindiens font-ils partie de la culture québécoise? Les vieux immigrants en provenance d'Europe et d'Asie font-ils partie de la culture québécoise? Que dire des nouveaux arrivants? Un acadien vivant au Québec fait-il partie de la culture québécoise? Peut-on vraiment parler de la majorité francophone en un seul bloc alors que l'on sait que la population est divisée sur divers fronts? Fort à parier, ici que selon la perspective adoptée il y aura une diversité de réponses à cette question. C'est pourquoi, je pense qu'il faille mettre de côté l'idée de la culture qui est un phénomène social élaboré et pensé par les sciences de l'homme, du 19e siècle.

    En ce début du 21e siècle, nous sommes citoyens de la nation franco-québécoise héritiers de cultures et ouverts, égaux en droit, libre de penser et de choisir nos affiliations diverses. Ce qui importe c'est la contribution que chacun peut apporter à la société québécoise. C'est pour quand le colloque du 21e siècle, sur la citoyenneté québécoise?

    M.Poupore
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  • Socrate - Inscrit
    2 mars 2011 19 h 45
    intercultûralité
    L'intercultûralité, c'est tout comme les inspecteurs Dupond Bouchard et Dupont Bouchard dans la Castafiore. Elle peut toujours faire sauter les verres du Capitaine Haddock selon son bon plaisir, mais l'heureux Professeur Tournesol n'y entendra jamais rien de toutes façons selon Milou. Ciao!
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    2 mars 2011 19 h 52
    Juste un petit paragraphe du texte
    Oui, juste un petit paragraphe du texte, et tout le reste pourrait être remis à plus tard. Mais ce petit paragraphe est si important qu'il nous renvoie à l'installation en premier lieu d'une véritable LAÏCITÉ.

    Voici ce petit paragraphe : «L'aire des négociations et des compromis n'est toutefois pas illimitée. Elle comporte d'importantes restrictions dictées par des valeurs ou principes fondamentaux. Ainsi, il faudrait des raisons exceptionnelles pour porter atteinte à la préséance du français, à l'égalité homme-femme ou à la séparation des pouvoirs entre l'État et les Églises.»

    Tout y est : rien à ajouter, rien à enlever, simplement se donner les moyens de réaliser ces trois beaux principes. Commençant par la séparation des pouvoir de l'État et des Églises (laïcité), nous pourrons ensuite nous donner des moyens pour faire respecter l'égalité homme-femme. Le plus difficile sera d'atteindre la préséance du français. Plusieurs lecteurs ont longuement commenté cette difficulté, ce qui m'en dispense. L'ensemble du texte demeure une belle réflexion d'universitaires, une belle utopie sans prise sur le réel, si l'on ne commence pas par instaurer une véritable laïcité.
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  • johanne fontaine - Abonné
    3 mars 2011 12 h 23
    L'ordonnance de soins, vous connaissez?
    C'est la trouvaille qu'à très grands frais, la société québécoise met en en oeuvre, depuis quelques années maintenant, pour soigner contre son gré ma fille métissée Raphaëlle, 34 ans, de sa "désorganisation mentale".

    Au Dr François Lespérance du CHUM, je pose, cette question:
    Combien, à date, toute cette affaire coûte-t-elle au trésor québécois en frais professionnels en tout genre engloutis, que ce soit justice, sécurité publique, soins de santé etc?

    Cela, alors que le noeud de l'affaire est que ni elle ni moi
    n'avons -depuis sa naissance en juillet 1976 à Montréal-
    de place dans l'espace social québécois.

    Ne vaudrait-il pas mieux, tout simplement, octroyer à Raphaëlle un logement social décent?

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • Simon Drouin - Abonné
    3 mars 2011 12 h 51
    La désuétude du modèle républicain «français»
    Je salue grandement l'article de monsieur Bouchard. Il rappelle des nuances fort importances concernant le modèle de l'inculturalisme auquel je souscris entièrement.

    Il est navrant de constater une forme manichéisme qui polarise le débat autour d'une alternative: le modèle d'intégration selon paradigme républicain à «la française» ou le multiculturalisme inspiré davantage de l'univers anglosaxon.

    Or, la difficulté du modèle républicain «français» auquel se réfère certains mouvements nationalistes met l'accent sur une intégration en imposant une forme de laïcité et de culture positiviste propre aux 18e et 19e siècles. Il proposait une forme d'universalisme qui éradiquait la spécificité culturelle des régions au profit d'une culture homogène nationale faisant fi de l'originalité des peuples. Par conséquent, le paradigme républicain à la «française» s'avère incapable de composer, de manière féconde, avec la complexité contemporaine.

    Compte tenu du contexte actuel sur le plan international ainsi que du pluralisme croissant, le modèle interculturel peut contribuer à relever les défis tant d'une culture commune que d'un vivre-ensemble tant au sein des nations que dans les relations internationales.
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  • johanne fontaine - Abonné
    3 mars 2011 13 h 12
    Des fessées nécessaires pour l'intégration à l'école?
    J'ai dû recourir à la fessée afin de contraindre mon fils cadet, Pierre-
    Emmanuel à aller à l'école québécoise.
    Ça, je ne me le pardonnerais jamais.

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • johanne fontaine - Abonné
    4 mars 2011 05 h 04
    Empreinte d'une mère sur ses enfants métissés: "vous avez votre possible, Madame
    Regret infini de n'avoir su, en temps utile, réagir à la morosité; d'avoir cédé au réflexe d'assistance et ce qui vient avec, d'avoir sacrifié trois innocents sur l'autel d'un dieu jaloux qui porte le nom de Québec.

    Comment peut-on contraindre des enfants, les siens, à une éducation contraire à ses propres valeurs, à une école dégénérée, moribonde; pourquoi cette passivité face à un processus mortifère?


    Dès lors que je manifeste mon désarroi, on me disculpe, moi l'adulte! "Vous avez fait de votre mieux Madamme....

    Erreur! Rien ne m'excuse.

    Devoir de résultat que celui des parent.

    Lorsque je pense au degré d'étude - de niveau secondaire I - de ce fils de 22 ans, insolvable et gambler.
    Sur toute la ligne, ma "parentalité" : une faillite retentissante.

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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  • johanne fontaine - Abonné
    4 mars 2011 08 h 47
    "Vous avez fait votre possible, Madame!"
    Autrement dit: le chapître est clos, il est temps de passer et penser à autre chose.
    Discours-type qu'on tient, au Québec, qu'on me tient.



    C'est proprio motu que mon précédent commentaire sur ce forum s'est expédié, avant même que je me relise.

    Je le trouve vague et un peu confus! Non, je n'écris pas d'un premier jet et je dois me relire, comme tout le monde.

    J'y reviendrai donc...

    Johanna Fontaine
    St-Cuthbert
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