Devenir intolérant au suicide
À force d'utiliser le mot «suicide» à toutes les sauces, on en est venu à en tolérer la portée au Québec. C'est ce que disait hier Bruno Marchand, directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), quelques jours avant le début de la Semaine nationale de prévention du suicide.
Alors que l'on peut manger des ailes de poulet suicide, sans doute très épicées, ou boire des tequilas suicide, dit-il, on ne penserait jamais à commander des ailes de poulet cancer, par exemple. Selon M. Marchand, le taux de suicide dans une société a entre autres comme variable la tolérance à l'idée que le suicide puisse mettre un terme à la souffrance. Ainsi, dit-il, l'Italie et la Grèce ont des taux sept fois inférieurs au Québec, tandis que le Japon et l'Ukraine ont des taux plus élevés que le Québec.
ajoutermavoix
Par ailleurs, l'AQPS constatait hier que le taux de suicide au Québec, s'il demeure le plus élevé au pays, a baissé cette année. Cela n'empêche pas l'organisme de poursuivre son action de prévention, notamment à travers la pétition ajoutermavoix, qui affirme que le suicide n'est pas une solution, et qui circule depuis quelques années.
Près de 13 000 Québécois ont signé à ce jour cette «déclaration de solidarité» qui refuse de considérer le suicide comme une solution à la souffrance. On espère ainsi créer une sorte de «filet humain» qui refuse, par exemple, qu'on retourne une personne chez elle après une tentative, sans autre forme de soutien ou de suivi.
En entrevue, Bruno Marchand soulignait par ailleurs que c'était chez les baby-boomers qu'il observait le plus de résistance à l'idée de proscrire le suicide. Les individus de ce groupe d'âge, qui ont autrefois été brimés par l'Église, sont réfractaires au fait de restreindre l'individu dans ses choix. «Comme si le suicide était un choix», commente M. Marchand. Cette tendance ne se vérifie pas chez les jeunes, qui sont plus enclins à signer la pétition de l'AQPS.
M. Marchand avance aussi que le tabou qui entourait le suicide dans les années 1980 et 1990 a eu pour effet de légitimer ce geste. Or, il est parfois difficile de faire de l'information préventive sans poser le suicide en exemple. Dans une école donnée, on constate qu'après qu'un suicide a lieu, le risque qu'il en survienne un autre augmente de 300 % dans les trois semaines suivant le premier geste.
Enfin, la ministre des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé hier une aide financière de 745 000 $ sur trois ans à l'AQPS pour contrer le suicide chez les aînés.
Alors que l'on peut manger des ailes de poulet suicide, sans doute très épicées, ou boire des tequilas suicide, dit-il, on ne penserait jamais à commander des ailes de poulet cancer, par exemple. Selon M. Marchand, le taux de suicide dans une société a entre autres comme variable la tolérance à l'idée que le suicide puisse mettre un terme à la souffrance. Ainsi, dit-il, l'Italie et la Grèce ont des taux sept fois inférieurs au Québec, tandis que le Japon et l'Ukraine ont des taux plus élevés que le Québec.
ajoutermavoix
Par ailleurs, l'AQPS constatait hier que le taux de suicide au Québec, s'il demeure le plus élevé au pays, a baissé cette année. Cela n'empêche pas l'organisme de poursuivre son action de prévention, notamment à travers la pétition ajoutermavoix, qui affirme que le suicide n'est pas une solution, et qui circule depuis quelques années.
Près de 13 000 Québécois ont signé à ce jour cette «déclaration de solidarité» qui refuse de considérer le suicide comme une solution à la souffrance. On espère ainsi créer une sorte de «filet humain» qui refuse, par exemple, qu'on retourne une personne chez elle après une tentative, sans autre forme de soutien ou de suivi.
En entrevue, Bruno Marchand soulignait par ailleurs que c'était chez les baby-boomers qu'il observait le plus de résistance à l'idée de proscrire le suicide. Les individus de ce groupe d'âge, qui ont autrefois été brimés par l'Église, sont réfractaires au fait de restreindre l'individu dans ses choix. «Comme si le suicide était un choix», commente M. Marchand. Cette tendance ne se vérifie pas chez les jeunes, qui sont plus enclins à signer la pétition de l'AQPS.
M. Marchand avance aussi que le tabou qui entourait le suicide dans les années 1980 et 1990 a eu pour effet de légitimer ce geste. Or, il est parfois difficile de faire de l'information préventive sans poser le suicide en exemple. Dans une école donnée, on constate qu'après qu'un suicide a lieu, le risque qu'il en survienne un autre augmente de 300 % dans les trois semaines suivant le premier geste.
Enfin, la ministre des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé hier une aide financière de 745 000 $ sur trois ans à l'AQPS pour contrer le suicide chez les aînés.
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