La folie a le dos large
J'ai hésité à parler aujourd'hui soit de la commission Bastarache, qui aura coûté plus de 6 millions pour permettre à deux mâles dominants de faire leur numéro, soit de la situation des personnes âgées, qui n'ont pas eu droit à un bain en deux semaines parce que le CLSC n'a pas les moyens de payer des remplaçantes à celles qui étaient en vacances des Fêtes. Puis, devant la bêtise de ces deux situations, j'ai décidé de parler d'autre chose.
Pendant des années, j'ai gardé dans ma voiture le ruban d'une chanson que j'aimais entendre: «J'ai peur de vivre, j'ai peur de vivre à vos côtés»... C'était un message qui m'allait droit au coeur. Elle était chantée par un petit groupe de garçons et filles appelé Les Enfants terribles. Ils n'ont duré que quelques années. Le groupe s'est défait et ils ont quitté la scène. Je les ai retrouvés sur le Web.
C'est une chanson qu'il faut entendre chaque fois que la violence d'un fou prend les humains comme cibles parce que chaque fois, on dit qu'il n'y a que «les fous, les déséquilibrés, les timbrés du cerveau» pour se livrer à des tueries comme celle qui s'est déroulée à Tucson.
Le goût de la violence de nos voisins américains est bien connu. Il suffit de voir leur cinéma, leurs émissions de télévision et leur passion pour les armes à feu pour comprendre de quoi je parle. Une année, j'ai séjourné dans un petit appartement de location, en Floride, où on m'avait assurée que tous les propriétaires étaient tranquilles et respectueux du désir de tranquillité des autres locataires. Le premier matin, à la piscine, je découvris qu'un de mes voisins transportait un revolver roulé dans une serviette de bain et qu'il s'installait dans sa chaise longue, son pistolet placé à côté de lui.
J'allai discrètement expliquer au concierge que je trouvais déplacé que quelqu'un se présente à la piscine portant un revolver dans sa serviette. Ça l'a fait rire! Il m'a expliqué que ce monsieur fréquentait la maison depuis des années, qu'il n'y avait jamais eu de plainte à son sujet et qu'il avait le droit de faire ce qu'il voulait... J'ai eu droit par la même occasion à une longue explication sur la Constitution américaine et aussi sur le fait que mon voisin avait peut-être des raisons de penser qu'il devait être prêt à se défendre. De quoi? De qui? Aucune réponse. Le concierge m'a aussi expliqué que si ça me dérangeait, je pouvais choisir de tirer ma chaise un peu plus loin sur le gazon.
J'ai peur de vivre à vos côtés. Au Canada, nous avions marqué des points grâce à la Loi sur les armes à feu que des jeunes femmes d'ici, victimes de la tuerie de Polytechnique, ont payée de leur vie et que Stephen Harper veut saccager au moment même où un grand nombre de nos voisins américains nous envient cette avance que nous avons sur eux, une avance qu'ils n'envisagent même pas de réussir à faire accepter par tous leurs enragés des guns.
Ils appellent ça la civilisation, alors que parfois, on se croirait à l'âge des cavernes. Les guerres, la torture, les otages qu'on assassine, les avions qu'on lance sur les immeubles, les fouilles, les femmes qu'on viole, celles qu'on bat ou qu'on tue, les enfants qu'on prostitue ou qu'on envoie au combat. J'ai peur de vivre à vos côtés.
Si c'est vraiment la folie qui est la cause de toutes ces horreurs, il faut sans doute avoir le courage de l'appeler par son nom et si c'est le cas, il faudra aussi avoir le courage de nommer tous ceux et celles qui sont fous, un par un, sans égard aux postes importants qu'ils occupent.
Chez nous, je ne sais pas si c'est parce qu'il est devenu plus difficile de se procurer des armes à feu, mais le retour des «armes blanches» est signalé dans presque toutes les bagarres récentes. Moins spectaculaires peut-être, mais tout aussi redoutables que les autres joujoux des fous en circulation et aussi accessibles qu'un paquet de cigarettes de contrebande ou une ligne de coke. J'ai peur de vivre à vos côtés.
On a dit que c'était un fou qui avait tiré à Polytechnique, que c'était un fou qui avait tiré à Dawson et un autre fou qui avait tiré à l'Assemblée nationale du Québec. La folie a le dos large. Quand des événements comme ceux-là se produisent, j'imagine que c'est un réflexe de protection de ne pas vouloir aller au fond des choses. Dire que c'est un fou qui a tiré, ça recouvre toute l'horreur d'un manteau de silence. C'est ce que les bien-pensants de Tucson vont essayer de faire. Parce que la vérité pourrait faire très mal. Trop mal.
Pendant des années, j'ai gardé dans ma voiture le ruban d'une chanson que j'aimais entendre: «J'ai peur de vivre, j'ai peur de vivre à vos côtés»... C'était un message qui m'allait droit au coeur. Elle était chantée par un petit groupe de garçons et filles appelé Les Enfants terribles. Ils n'ont duré que quelques années. Le groupe s'est défait et ils ont quitté la scène. Je les ai retrouvés sur le Web.
C'est une chanson qu'il faut entendre chaque fois que la violence d'un fou prend les humains comme cibles parce que chaque fois, on dit qu'il n'y a que «les fous, les déséquilibrés, les timbrés du cerveau» pour se livrer à des tueries comme celle qui s'est déroulée à Tucson.
Le goût de la violence de nos voisins américains est bien connu. Il suffit de voir leur cinéma, leurs émissions de télévision et leur passion pour les armes à feu pour comprendre de quoi je parle. Une année, j'ai séjourné dans un petit appartement de location, en Floride, où on m'avait assurée que tous les propriétaires étaient tranquilles et respectueux du désir de tranquillité des autres locataires. Le premier matin, à la piscine, je découvris qu'un de mes voisins transportait un revolver roulé dans une serviette de bain et qu'il s'installait dans sa chaise longue, son pistolet placé à côté de lui.
J'allai discrètement expliquer au concierge que je trouvais déplacé que quelqu'un se présente à la piscine portant un revolver dans sa serviette. Ça l'a fait rire! Il m'a expliqué que ce monsieur fréquentait la maison depuis des années, qu'il n'y avait jamais eu de plainte à son sujet et qu'il avait le droit de faire ce qu'il voulait... J'ai eu droit par la même occasion à une longue explication sur la Constitution américaine et aussi sur le fait que mon voisin avait peut-être des raisons de penser qu'il devait être prêt à se défendre. De quoi? De qui? Aucune réponse. Le concierge m'a aussi expliqué que si ça me dérangeait, je pouvais choisir de tirer ma chaise un peu plus loin sur le gazon.
J'ai peur de vivre à vos côtés. Au Canada, nous avions marqué des points grâce à la Loi sur les armes à feu que des jeunes femmes d'ici, victimes de la tuerie de Polytechnique, ont payée de leur vie et que Stephen Harper veut saccager au moment même où un grand nombre de nos voisins américains nous envient cette avance que nous avons sur eux, une avance qu'ils n'envisagent même pas de réussir à faire accepter par tous leurs enragés des guns.
Ils appellent ça la civilisation, alors que parfois, on se croirait à l'âge des cavernes. Les guerres, la torture, les otages qu'on assassine, les avions qu'on lance sur les immeubles, les fouilles, les femmes qu'on viole, celles qu'on bat ou qu'on tue, les enfants qu'on prostitue ou qu'on envoie au combat. J'ai peur de vivre à vos côtés.
Si c'est vraiment la folie qui est la cause de toutes ces horreurs, il faut sans doute avoir le courage de l'appeler par son nom et si c'est le cas, il faudra aussi avoir le courage de nommer tous ceux et celles qui sont fous, un par un, sans égard aux postes importants qu'ils occupent.
Chez nous, je ne sais pas si c'est parce qu'il est devenu plus difficile de se procurer des armes à feu, mais le retour des «armes blanches» est signalé dans presque toutes les bagarres récentes. Moins spectaculaires peut-être, mais tout aussi redoutables que les autres joujoux des fous en circulation et aussi accessibles qu'un paquet de cigarettes de contrebande ou une ligne de coke. J'ai peur de vivre à vos côtés.
On a dit que c'était un fou qui avait tiré à Polytechnique, que c'était un fou qui avait tiré à Dawson et un autre fou qui avait tiré à l'Assemblée nationale du Québec. La folie a le dos large. Quand des événements comme ceux-là se produisent, j'imagine que c'est un réflexe de protection de ne pas vouloir aller au fond des choses. Dire que c'est un fou qui a tiré, ça recouvre toute l'horreur d'un manteau de silence. C'est ce que les bien-pensants de Tucson vont essayer de faire. Parce que la vérité pourrait faire très mal. Trop mal.
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