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La prochaine cible des entrepreneurs: Turcot

À Québec, certains craignent les dérapages financiers du Stade olympique...

Échangeur Turcot<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Échangeur Turcot
Collusion, corruption, mafia, retours d'ascenseur... Les milieux de la construction et de la politique sont secoués par une sérieuse tempête. Mais derrière les portes closes, entrepreneurs, firmes de génie et collecteurs de fonds ont les yeux rivés sur un seul dossier: l'échangeur Turcot.

Le complexe Turcot, avec ses quatre échangeurs, ses 15 structures, ses 12 bretelles à reconstruire et, surtout, ses 3 milliards de dollars en contrats pour les firmes d'ingénierie et les entrepreneurs, est au centre de toutes les convoitises. Et pourrait bien se retrouver au centre de plusieurs dérapages, craint-on au gouvernement du Québec.

Rien n'est encore vraiment lancé dans ce projet gigantesque, mais déjà il provoque une effervescence commerciale. «On est conscients du potentiel d'anomalies, surtout avec le travail d'enquête qui a été fait au sein de l'unité anticollusion. Certains éléments nous ont mis la puce à l'oreille», a confié une source gouvernementale.

Comme le révélait tout au long de la semaine Le Devoir, les enquêteurs de l'unité anticollusion au sein du ministère des Transports (MTQ) ainsi que l'opération Marteau se penchent actuellement sur neuf firmes de génie-conseil qui se concerteraient afin de se partager la tarte des contrats publics dans l'industrie de la construction. Ce «club des neuf», comme il est appelé, travaillerait en étroite collaboration avec un réseau de trente entrepreneurs désireux d'organiser les marchés publics.

Les entrepreneurs relèveraient d'un gros joueur qui arbitre la répartition des mandats octroyés par les municipalités de la grande région de Montréal et par les ministères des Affaires municipales et des Transports. Le «fabulous fourtheen», en référence aux 14 entrepreneurs soupçonnés d'agir de concert pour fixer les prix (tel que révélé il y a un an par Radio-Canada et La Presse), aurait récemment été élargi.

«La poule aux oeufs d'or des prochaines années, c'est Turcot. C'est l'enjeu pour ces groupes. On pourrait comparer ça au chantier du Stade olympique, dérapages compris», a expliqué une personne proche du dossier qui a requis l'anonymat.

La construction du Stade olympique a été un fiasco financier et politique monumental. Une enveloppe de 250 millions était prévue à l'origine. Le Stade aura finalement coûté 1,3 milliard de dollars (4,8 milliards en dollars d'aujourd'hui). Et c'est sans compter les nombreuses enveloppes remplies d'argent comptant qui ont circulé entre les mains de bien des acteurs liés au chantier, y compris le Parti libéral du Québec (voir autre texte).

Le ministre des Transports, Sam Hamad, qui n'ignore pas à quel point Turcot est un projet alléchant pour le monde des affaires, est bien décidé à éviter les dérives. Il a confié au Devoir avoir mis en place un vérificateur afin de suivre le dossier de près. Chaque soumission qui dépassera les estimations de 10 % sera décortiquée et, s'il devait n'y avoir qu'un seul soumissionnaire pour certains contrats, des questions seraient posées, a assuré le ministre. «C'est un gros contrat et on ne laissera pas aller les choses», a-t-il dit.

Turcot: une zone d'influence politique

La reconstruction de cette immense plaque tournante autoroutière fait saliver les firmes privées et risque d'être une zone d'influence de premier ordre. Il n'est donc pas question que l'industrie se laisse importuner, insiste une source bien au fait de l'enquête. «Ce sont de centaines de millions de dollars qu'on parle. Les enjeux sont trop élevés pour risquer de voir les enquêtes en cours déranger leur planification», ajoute-t-elle.

Cette personne soutient qu'en s'intéressant aux joueurs de l'industrie de la construction en général, et aux firmes de génie-conseil en particulier, on se rapproche du monde politique. La collecte de fonds pour les partis politiques et l'organisation d'élections, notamment au niveau municipal, font partie de l'expertise développée dans certaines firmes de génie.

Selon les informations recueillies auprès de personnes au sein de différentes firmes de génie-conseil, le financement politique occulte est une pratique courante qui permet de lucratifs retours d'ascenseur. Un ancien cadre dans l'une de ces firmes raconte qu'il existe une comptabilité parallèle par laquelle des fonds transitent vers le Parti libéral et, dans une moindre mesure, vers le Parti québécois. Des employés servent de prête-nom. Les activités politiques des dirigeants de cette firme sont largement connues dans le milieu, un identifié au PLQ et l'autre, à la famille péquiste.

Cette passerelle entre firmes et partis politiques n'est toutefois pas le véritable nerf de la guerre. Pour maintenir le dynamisme d'une entreprise, il faut savoir ce que trament les corps publics et comment se positionner en vue de l'octroi des contrats. Comment?

L'information: le nerf de la guerre

D'abord, il y a le canal public normal, c'est-à-dire les décisions prises par le gouvernement et les conseils municipaux. Ainsi, les présentations des programmes triennaux d'immobilisation (PTI), à la fin de chaque automne, sont autant d'occasions de savoir quels sont les contrats d'infrastructure à venir.

Les firmes de génie-conseil utilisent également la voie informelle des réseaux d'affaires. Elles recrutent notamment dans la fonction publique, mettant ainsi la main sur une expertise, mais également sur une connaissance intime de la machine gouvernementale, de ses façons de faire et de ses failles. Plusieurs sous-ministres au carnet d'adresses bien garni ont fait le saut dans le privé depuis quelques années.

Les firmes emploient également des personnes qui se consacrent au marketing, aux relations gouvernementales et au développement des affaires, toutes des fonctions intimement liées à leurs contacts. L'une de leurs fonctions est de s'occuper des clients, de les soigner, de les dorloter. Cela prend la forme, par exemple, d'une partie de golf, d'un repas bien arrosé, d'une fin de semaine dans un camp de pêche ou d'un match des Canadiens (voir autre texte en page ).

«Les firmes appliquent les façons de faire du secteur privé avec un client public. C'est cette proximité qui crée le danger», souligne une personne proche du monde municipal.

Les méthodes sont parfois plus subtiles. Ainsi, l'année dernière, Le Devoir révélait que des firmes jouent un rôle déterminant au sein même du ministère des Transports, par l'entremise d'un comité de concertation, dans la façon dont sont investis les millions prévus pour les projets d'infrastructure.

Les grandes firmes, à travers l'Association des ingénieurs-conseils du Québec, bénéficient d'une tribune de premier choix pour influencer les orientations du MTQ, un gros donneur d'ouvrage qui a développé une vision partenariale depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir. «Les firmes ne se contentent plus d'être aux premières loges. Elles écrivent le spectacle», a commenté la source municipale.

Promiscuité

La grande proximité entre les firmes de génie-conseil et le gouvernement a d'ailleurs contribué à mettre en échec le gigantesque projet de rénovation de l'autoroute Métropolitaine, à Montréal. Une apparence de conflit d'intérêts, jamais révélée au public, qui s'est déroulée en 2002, au moment où Québec mettait en place le bureau de projet responsable de gérer les appels d'offres et les travaux à venir de ce chantier, qui devait coûter plus d'un milliard de dollars, au bas mot.

Pour préparer l'appel d'offres menant au choix des firmes de génie qui allaient former le bureau de projet, le MTQ a fait appel à l'ingénieur Yves Papillon. Une fois son travail terminé, Papillon a fait le saut chez la firme BPR. Quelques semaines plus tard, le consortium BPR-Bechtel était disqualifié par le gouvernement, qui refusait qu'il dirige le bureau de projet.

Dans le milieu du génie, ce fut l'émoi: on considéra que le gagnant de la soumission avait lui-même balisé l'appel d'offres. «Ça criait fort, se souvient une source gouvernementale mêlée au dossier à l'époque. Il y avait clairement apparence de conflit d'intérêts.» Furieux, le sous-ministre au MTQ, Jean-Paul Beaulieu, se rendit au bureau du ministre d'alors, Serge Ménard. Les deux prirent la décision d'annuler le contrat avant même que celui-ci soit signé.

À ce moment, la conjointe d'Yves Papillon, Johanne Desrochers, écrivit au sous-ministre pour le convaincre de ne pas tout annuler et de rencontrer les parties concernées. Elle utilisa le papier à lettres de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec, qu'elle préside encore aujourd'hui. «Disons qu'on n'a pas été impressionnés par cette manoeuvre», explique l'un des employés du bureau de Serge Ménard à l'époque.

Mme Desrochers a refusé d'accorder une entrevue au Devoir, mais elle a répondu ceci par courriel: «Ce fut une erreur [...] de prendre part personnellement à cette représentation. J'ai agi trop vite dans ce dossier et me suis rendue compte très rapidement de l'impression de conflit d'intérêts que cela pouvait laisser.» Elle dit s'être «excusée» auprès du MTQ et des membres de son association.

Le projet de réfection majeure de l'autoroute Métropolitaine n'a pas été remis sur les rails. «Ce n'était pas une priorité, comparativement aux autres, comme l'échangeur Turcot. Et c'était très cher. Il fallait choisir. Alors, quand on a vu la "marde" que l'appel d'offres BPR-Bechtel avait causée, on a préféré attendre», explique une source aux premières loges à l'époque. Maintenant, c'est le complexe Turcot qui est sur la planche à dessin, sous le regard attentif d'ingénieurs et d'entrepreneurs.

***

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille


***

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  • 54lili
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 06h50
    évidemment
    depuis l'annonce de ce projet, il est évident que les entrepreneurs de tout acabit et le mafieux et sa cote,se pourlèchent les babines évidemment
    tout ce qui grenouille et magouille ont déjà ouverts leurs comptes en Suisse, à l'abri du fisc évidemment
    il en est de même pour le gas de schiste, le Collisée de Québec, la procréation assistée gratuite, le contrat accordé à Bombardier sans appel d'offres, toutes ces décisions prises sans débat évidemment

    la pourriture du parti libéral au Québec et Ottawa dégage une puanteur
    de corruption qui lève le coeur, évidemment

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 27 novembre 2010 07h11
    Encore une fois
    Vous êtes pas tannés de toujours lire la même chose

  • Caroline Moreno
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 07h17
    MÉGA-CENTRES HOSPITALIERS
    On peut aussi se demander pourquoi Montréal a besoin de deux méga-centres hospitaliers...

  • Francois
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 07h57
    Pourquoi ne pas embaucher des employés engagé par le gouvernement
    Pourquoi le gouvernement n'engage ces propres employer? Il me semble que ça coûterait moins cher et éviterais des fiascos financier. Une enquête sur les dépassements coûts existe déjà et cela ne change rien à l'augmentation. Ce sera le plus gros sentier au Québec et le pire qu'on aura connu. Il existe aucune nouvelle structure fiable pour contraindre la corruption. Le gouvernement saute les étapes et entame la construction avant de s'assurer des futurs dépassements coûts et d'implanter une gestion fiable et sûr. Le gouvernement ne démontre en rien que la bonne gestion sera assuré. Et cela devrait être une exigence avant d'entreprendre les travaux de l"échangeur Turcot.

    Un gouvernement réellement responsable agirait de façon à assurer un contrôle pour gérer les projets d'envergures. Ça se présente très mal et le gouvernement ne semble pas avoir appris des erreurs passées. Il lève le petit doigt pour agir.

  • Normand Carrier
    Abonné
    samedi 27 novembre 2010 08h00
    Difficille d'enrayer un système payant .......
    Les intérêts privées sont aux aguets et les entrepreneurs ne dorment jamais et s'assurent d'augmenter leurs profits de toutes les facons possibles et en utilisant tous les trucs légaux et illégaux .....Depuis 2003 , ce système de collusion se rode graduellement pour devenir efficace et très fonctionnel pour ceux qui en connaissent les rouages et ont le privilège d'en faire partie ......

    L'exemple de 2002 sous Serge Ménard et son sous-ministre Jean-Paul Beaulieu illustre que les fonctionnaires impliqués savaient et n'ont pas laissé faire .... Pourquoi ce système de collusion s'est si bien implanté au gouvernement du Québec et dans les municipalités dont Montréal et Laval ? Comme tous les ministres et sous-ministres furent remplacés en 2003 , on peut conclure que ces nouveaux venus ont fermé les yeux et ont décidé d'être des complices volontaires et/ou involontaires de ce système de collusion ....Pourquoi ???? .

    On peut conclure que ce nouveau système fut très lucratif pour le PLQ qui a vu sa caisse s'engraisser de $4 millions a $12 millions durant ces années sans compter les avantages de nominations , permis de garderies , octrois de contrats , argent comptant dans des enveloppes brunes dont toute la classe libérale qui en a les deux mains dans l'assiette au beurre ....Cela au dépant de 95% des payeurs de taxes qui doivent contribuer de leurs deniers a l'enrichissement de cette caste privilégiée ! Il n'est pas nécessaire d'être grand devin pour anticiper toute la peur d'une enquête publique par le gouvernement de Jean Charest .......

  • bourgeoisgentilhomme
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 08h41
    Turcot tombe bien
    Les travaux devraient commencer en 2012. Comme les libéraux seront battus aux prochaines élections, le PQ se doit de garder un oeil là-dessus car ils devront ramasser les pots cassés comme le PLQ avec le métro de Laval. C'est ce qui me fait dire que plus ça change, plus c'est pareil. Et combien d'autres projets comme ceux-là vont tomber entre deux gouvernements? Bien triste tout cela.

  • alen
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 09h32
    @ Georges Paquet
    Voilà bien, Georges, pourquoi une enqête publique est nécessaire; afin que les libéraux aient assez honte qu'ils n'aient plus envie de recommencer pour un bout.

  • alen
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 09h45
    Question / réponse
    Pourquoi ne pas exécuter les travaux en régie interne, avec son propre personnel?

    Faudrait savoir ce que vous voulez. (Les gens en général je veux dire) On peut pas couper dans la fonction publique ou dans le personnel et l'augmenter en même temps. À Montréal, c'est quand on est allé à l'extérieur aussi que le problème s'est accéléré sinon commencé.

    Réduire la fonction publique, le personnel, c'est donner plus de contrats à l'extérieur, avoir moins de contrôle interne, et aiguiser l'apétit des loups.

    Alors, je vote PQ ou AdQ à la prochaine. Pour une fonction publique compétente ou pour sa démolition?

  • PClermont
    Abonnée
    samedi 27 novembre 2010 10h25
    Métropolitaine et Notre-Dame
    Et dire qu'on avait justifié 'l'urgence' de la nouvelle autoroute Notre-Dame par 'l'urgence' de rénover l'autoroute Métropolitaine. On nous prend vraiment pour des cruches.

  • Jean Claude Pomerleau
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 10h36
    La "ré-ingénirie'"de l'État
    On sait maintenant ce que Charest voulait dire avec la " ré-ingénirie" de l'État: Donné le contrôle et les clé du trésor aux sociétés d'ingénieurs du privé.

  • Guy Fauteux
    Abonné
    samedi 27 novembre 2010 10h36
    prive vs public (pourquoi pas regle ca une fois pour toute sur ce projet)
    voyons ce que ca donnerais alons y
    -toute la conception realise a l'interne (transport Quebec) sans prive
    -meme chose pour la construction realiser exclusivement l'oeuvre avec des fontionnaires ne jamais faire appel au prive.
    par la suite analysons le resultat technique et economique.
    je pense connaitre le resultat de la demarche pas vous ???.

  • Claude Kamps
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 11h18
    Toujours la même cible
    L'argent des contribuables, si facile à siphonner quand le PLQ est au pouvoir.

    Malheureusement le prochain gouvernement devra vivre avec le payement des contrats signés par Charest avec ses amis à 30% de plus que la normal....

  • Jacques Paul
    Inscrit
    samedi 27 novembre 2010 13h05
    Réjeanne Padovani
    Une vieille histoire qui illustre le présent.
    Réjeanne Padovani est un film de Denys Arcand produit en 1973.
    Il donne un aperçu de la réalité politique d'une époque qui ne semble
    pas du tout avoir changé. Un parrain, des politiciens et des contrats
    lucratifs de construction. Et, Ô coïncidence, des scènes du films
    simulent l'inauguration de l'échangeur Turcot.
    À voir absolument !

  • MJ
    Inscrite
    samedi 27 novembre 2010 20h00
    Le Québec est administré comme une république de bananes (1)
    1. La proximité et la promiscuité des joueurs pour la collusion (AICQ, firme-conseils et MTQ)

    L’Association des ingénieurs-conseils du Québec est présidée par la conjointe d’un ingénieur qui avait préparé un appel d’offres pour le gouvernement de l’époque dans les années 1990 et aussitôt après, cet ingénieur est passé au privé pour le consortium BPR-Bechtel qui avait obtenu le contrat grâce à lui; mais fort heureusement, ce contrat a été annulé par le ministre de l’époque, Serge Ménard, avisé par son sous-ministre. Pas de corruption et de collusion de ce côté!

    Sur la compagnie américaine Bechtel:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bechtel

    Sur la firme de génie-conseil BPR et ses violations nombreuses à la Loi sur le lobbyisme, sa participation au projet de compteurs d’eau à Montréal, et ses liens étroits avec le monde municipal:
    “BPR passe aux mains des américains”, (Kathleen Lévesque, Le Devoir, 20 octobre 2010):
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

  • MJ
    Inscrite
    samedi 27 novembre 2010 20h06
    Le Québec est administré comme une république de bananes (2)
    2. Premiers signes en 2004 vers la privatisation et l’abolition d’une partie de la mission de l’Etat et de ses compétences par le gouvernement Charest:

    Une vision partenariale depuis l’arrivée au pouvoir du PLQ en 2003 avec un Comité de concertation entre acteurs du MTQ et le privé, favorisant un nid de favoritisme, de corruption et de magouilles.

    “De fait, comme l'a constaté Le Devoir à la lecture des procès-verbaux du comité, le ministère a exprimé dès le départ sa volonté «d'ouvrir le dialogue sur la relation d'affaires» du gouvernement avec les ingénieurs du secteur privé. L'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ) a plaidé pour le développement d'une alliance entre le ministère des Transports et les firmes de génie-conseil. Cette approche «pourrait s'élargir pour inclure davantage de mandats touchant des activités de planification, d'organisation, de gestion, de conservation et d'exploitation», peut-on lire.” (“La collusion légitimée?”, Le Devoir, 27 novembre, 2009)

    Autrement dit, le privé veut remplacer le gouvernement dans sa mission (planifier les travaux à faire, rédiger les appels d’offres, gérer l’attribution des contrats, autant pour les ouvrages à ériger que les ouvrages de conservation et d’exploitation dans les travaux publics et ce, jusqu’à une privatisation complète? Ceci signifie à plus ou moins long terme la diminution du pouvoir d’action du gouvernement et le rétrécissement de ses compétences dévolues par la Constitution? En clair, cela signifie pour le privé, prendre les décisions à la place du gouvernement sur l’opportunité des ouvrages à réaliser jusqu'à l'octroi et la gestion des contrats!

  • MJ
    Inscrite
    samedi 27 novembre 2010 20h07
    Le Québec est administré comme une république de bananes (3)
    3. Le passage lucratif du public au privé: des vases communicants comme véhicule d’informations privilégiées pouvant desservir les intérêts du privé

    “Les deux sous-ministres adjoints de l'époque, André Bossé (est du Québec) et Liguori Hinse (Montréal et ouest du Québec), présents pour démarrer en 2004 ce comité, se sont retrouvés de l'autre côté de la table les années suivantes. M. Bossé travaille aujourd'hui pour Génivar et M. Hinse est vice-président chez Roche. Parmi les représentants de l'Association des ingénieurs-conseils, on retrouve également Luc Crépeault de la firme BPR, qui a fait carrière dans la haute fonction publique québécoise jusqu'en 2006, dont au ministère des Transports à titre de sous-ministre adjoint.” (Le Devoir, 24 octobre 2009)

  • MJ
    Inscrite
    samedi 27 novembre 2010 20h12
    Le Québec est administré comme une république de bananes (4)
    4. Des règles d’éthique nulles ou un Code de déontologie inexistant pour les hauts fonctionnaires? Aucun contrôle des passages du public au privé et du privé au public? Passage du public au privé plus discret et passant inaperçu pour des sous-ministres adjoints, non connus de la population, malgré les avantages retirés de la connaissance des dossiers du public et ensuite leur passage au privé.

    “En 2008, entre les mois de janvier et octobre, on dénombre 1411 contrats de génie octroyés par le ministère des Transports, pour un montant de 217 millions de dollars. Pour la même période, en 2005, le ministère avait adjugé seulement 236 contrats, totalisant 103 millions.” (Le Devoir, 24 octobre 2009)

    Selon ces chiffres, est-ce à dire que la mainmise du privé, soit de ces firmes de génie-conseil sur le MTQ s’est confirmée depuis quelques années? Ces firmes ont carte blanche pour planifier, organiser, gérer, voir à la conservation et à l’exploitation des travaux publics? On pourrait donc en déduire que le gaspillage des fonds publics s’est accru depuis 2005 et qu’il en coûte de plus en plus cher aux contribuables, dû à la démission du MTQ d’être le maître-d’oeuvre au centre de sa mission, dû aussi au manque de contrôle et de surveillance exercé par le MTQ lui-même ou par un autre organisme indépendant? Le MTQ serait-il incompétent à ce point ou de collusion avec ces firmes de génie-conseil?

  • MJ
    Inscrite
    samedi 27 novembre 2010 20h13
    Le Québec est administré comme une république de bananes (5)
    5. Non fractionnement des contrats (impartition), carte blanche totale aux services de conseil professionnels (dont les firmes de génie-conseil) dans le domaine de la construction, laissent supposer un laisser-aller et un laisser-faire de la part du gouvernement, une croissance exponentielle des coûts pour les contribuables (contrats ouverts). A quoi sert le MTQ au juste, sinon qu’à être une usine à favoritisme, collusion et corruption par la délégation au privé de ses devoirs et obligations? Où est l’imputabilité du MTQ face aux administrés?

  • Alain Bonin
    Abonné
    samedi 27 novembre 2010 20h59
    Pauvres générations futures.
    Tous ces travaux sont faits à partir d'argent emprunter. Les taux d'intérêts sont bas présentement, mais lorsqu'ils augmenteront les générations futures seront prises avec ce désastre économique. 40 milliards de plus, quand on aurait sauvé jusqu'à 30% sur les coûts réelles, c'est tout un héritage pour nos enfants.

    Pensez y bien.

  • TRIPOD
    Inscrit
    dimanche 28 novembre 2010 01h06
    Les entreprises qui ont été reconnues coupables ou qui sont sous enquête ...
    Les entreprises qui ont déjà été reconnues coupables d'activités frauduleuses par le passé ou qui sont sous enquête devraient être d'emblée écartées du processus des soumissions ! On a justement ASSEZ pour ne pas dire TROP PAYÉ pour les installations olympiques et curieusement c'était encore le PLQ qui était au pouvoir ! Il y a des chalets qui se sont bâtis dans le Nord avec des matériaux détournés des sites olympiques et donc avec l'argent des contribuables québécois !

    Et les dépassements de coûts, allez-vous me dire, si dès le début, les contrats étaient bien rédigés, les entreprises soumissionnaires concernées en seraient tout simplement responsables ! Il y a plein d'avocats dans ce "gouvernement pourri", le premier ministre en tête, jamais je ne croirai qu'ils ne sont pas capables de rédiger un contrat qui se tienne !

    Comment dit-on, autres temps, autres "bandits" !!!

  • Marc Lavoie
    Inscrit
    dimanche 28 novembre 2010 09h57
    @ MJ
    Que de détails dans votre long texte... vous auriez pu écrire cet article. Ou peut-être est-ce le cas en partie?

    Chose certaine, je ne crois pas qu'on serait avantagés de tout confier aux fonctionnaires du MTQ. Pas certain que ça coûterait moins cher et ça serait sûrement pas plus productif.

    Les gens comme vous sont remplis de contradictions : d'un côté ils se plaignent de la qualité des infrastructures et de l'autre, quand les budgets sont débloqués, ils se plaignent que ça coûte trop cher.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    dimanche 28 novembre 2010 10h16
    Concurrence
    Que l'on sollicite expressément les offres de consortiums des provinces voisines. Cela sera plus efficace que douze commissions d'enquête, aussitôt que l'on saura, de part et d'autre de la "frontière", que les grands travaux québécois ne sont plus une chasse gardée.

  • Comite Action Civique
    Inscrit
    dimanche 28 novembre 2010 18h23
    L'urgence de signer les contrats au plus vite.
    TRIPOD.
    Les entreprises qui ont déjà été reconnues coupables d'activités frauduleuses par le passé ou qui sont sous enquête devraient être d'emblée écartées du processus des soumissions !

    Je vois que vous ne connaissez pas le monde merveilleux de la construction.
    Empêchez la compagnie magouilleuse ABC de soumissionner et aussitôt une nouvelle compagnie toute propre XYZ sera créé avec des administrateurs blanc comme neige.

    Plusieurs entreprises font extrêmement attention à leurs images, elles sont très exigeantes pour l'embauche de leurs laissant croire qu'elles sont immaculés et que leurs activités sont exemplaires, toutefois ce n'est pas toujours le cas.

    J'ai vécu l'expérience bien malgré moi en croyant être à l'emploi d'un homme très honnête alors qu'il n'était qu'un administrateur prête-nom. Le véritable propriétaire nous était présenté comme le vérificateur externe d'une firme de comptable agréé. Ce dernier ne parlait à personne dans le bureau, pas même un seul mot et ce même lorsqu'il était présent pendant plusieurs heures. Ne sachant pas qu'il était le vrai boss les employés l'avaient surnommé l'embaumeur tellement il était froid.

    Ce n'est que lorsque nous l'avons vu dans les médias que nous avons réalisé qui il était.

    C'est comme ça que les contrôles sont contourné dans les appels d'offres exigeant que les soumissionnaires et leurs administrateurs n'aient pas d'antécédent judiciaires.

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    dimanche 28 novembre 2010 21h38
    Où est l’imputabilité du MTQ face aux administrés?
    Oui il y aura une enquête publique qui va permettre d'économiser au moins près de 15 milliards pour tous les contrats. Mais depuis 2008, a cause des connivences de collusion, de PPP ou l'on va payer pour encore 30 ans, travail au noir et corruption devente de terrain et autres magouilles celà nous à couté plus de 4 milliards sur seulement 3 ans.Il ne faut pas se surprendre que les firmes et les contracteurs ont cotisé pour près de 5 millions à la caisse du PLQ.

    Les conseils des génies
    Suite à l'arrivée de Jean Charest et des libéraux au pouvoir, l'Association des ingénieurs-conseils du Québec a pris, avec la connivence du ministère du transport, de plus en plus de place et de pouvoir. Dès 2004 ils demandèrent que leur mandat soit élargi afin d'inclure "les activités de planification, d'organisation,de gestion,de conservation et d'exploitation", tel qu'il apparaît dans le procès-verbal du comité. Les deux sous-ministres de l'époque, M.André Bossé et M. Liguori Hinse, présents pour démarrer ce comité en 2004, se sont retrouvés de l'autre côté de la table les années suivantes. On se demande aujourd'hui si le rôle du Ministère des Transports ne se limite pas seulement à déterminer la hauteur des balises sur les routes et la largeur des bandes réfléchissantes?... Alors, pour maximiser les profits, il suffisait de se regrouper afin d'abolir la concurrence et de fixer les prix. Mais ça c'est on ne peux plus dans la LÉGALITÉ, et jamais un enquête de police n'y trouvera à y redire. Etant donné que des manigances de cet ordre existent à profusion et à tous les nivaux, une enquête publique est la seule solution afin de redonner aux Québécois des institutions qu'ils méritent.


    de richard lepage

    jeudi 25 novembre 2010

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