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La mémoire du Québec pillée au fil des siècles

Des centaines de documents volés se retrouvent à l'Université Harvard et à Chicago: ils ne seront pas rapatriés, par manque de budget et d'intérêt

Le centre montréalais des Archives nationales dans l’ancien établissement des Hautes Études commerciales, avenue Viger. Le Québec a été dépossédé d’une grande quantité de précieux documents datant de la Nouvelle-France.<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Le centre montréalais des Archives nationales dans l’ancien établissement des Hautes Études commerciales, avenue Viger. Le Québec a été dépossédé d’une grande quantité de précieux documents datant de la Nouvelle-France.

À retenir

    • Demain: des documents vendus aux enchères
Des centaines de documents volés aux Archives nationales du Québec au fil des ans se retrouvent aujourd'hui dans les bibliothèques de l'Université Harvard et à la Newberry Library à Chicago. Mais le Québec n'a pas l'intention de rapatrier ces documents qui témoignent de l'histoire des tout débuts de la Nouvelle-France, ni d'en obtenir copie.

Or, quiconque veut en savoir plus sur plusieurs personnages-clés de l'histoire de Nouvelle-France, dont Louis Jolliet, le ministre Colbert ou Nicolas Juchereau, devra se rendre à la bibliothèque Houghton de l'Université Harvard, là où sont détenus des documents provenant des Archives nationales. Même portrait pour des contrats liés à la construction du Château Saint-Louis, bâtiment majeur dans l'histoire du régime français, dont on fouille aujourd'hui les vestiges sous la terrasse Dufferin.

Pas moins de 197 documents datés de 1590 à 1822 détenus par l'Université Harvard ont ainsi été «dérobés» aux Archives nationales de la province, fort probablement par un réseau d'intermédiaires. Près de 350 documents d'époque, originaires de fonds d'archives publics du Québec, se sont retrouvés de la même façon à la Newberry Library à Chicago.

Le dossier des archives volées a été porté en 2008 à l'attention de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui, sous la pression de plusieurs historiens et généalogistes, a contacté les deux universités américaines. Malgré une offre de l'Université Harvard, proposant de microfilmer l'ensemble des pièces pour «un prix d'ami» de 5882 $, les Archives nationales ont décliné la proposition et n'affichent aucun intérêt à l'égard de ces pièces traitant de multiples transactions, concessions de terres et actes civils datant des premières années de la colonie en Nouvelle-France. Point d'intérêt non plus pour les documents volés qui se sont retrouvés à Chicago, dont l'acte de prise de possession de l'île d'Orléans (1638) et des journaux de voyage de Cavelier de La Salle (1684) et de LeMoyne D'Iberville (1699-1721).

«Nous n'avons pas de budget d'acquisition et nous avons jugé que ces documents n'étaient pas prioritaires. L'important, c'est qu'ils soient bien conservés», a répondu au Devoir Mme Suzanne Provost, directrice au Centre d'archives de Québec.

Selon nos informations, corroborées par plusieurs archivistes, les «disparitions» auraient eu lieu il y a plusieurs décennies au moment où un libraire parisien faisait commerce de pièces de choix soutirées aux archives avec l'aide de complices québécois. Les pièces retrouvées à Harvard ont été léguées à l'université par un historien de la Nouvelle-Écosse qui les avait acquises du libraire Charles Chadenat, lui-même détenteur du fonds du libraire parisien Defossé, considéré comme un marchand au sens de l'éthique assez discutable.

Pour ce qui est du vol des documents, la porte-parole d'Archives nationales explique ainsi la disparition de ces centaines de pièces. «Quand ces documents sont-ils partis du Québec? On ne le sait pas. Il y a eu [à l'époque] une frénésie par rapport aux antiquités. Ça n'offusquait pas le sens de l'éthique des gens à l'époque», dit-elle. «Il y a eu des périodes où les mesures de sécurité autour de ces documents étaient différentes de celles en pratique aujourd'hui. Les universités ont acquis ces documents de bonne foi», ajoute-t-elle, assurant que de telles pratiques n'ont plus cours aujourd'hui.

Mais plusieurs historiens et généalogistes déplorent le peu d'efforts déployés par le gouvernement du Québec pour récupérer ces documents ou les rendre accessibles aux Québécois. «Chaque fois qu'il y a un maillon manquant, il y a un bris dans la continuité. Archives nationales du Québec n'est pas déterminé à régler ce problème», affirme l'historien André Lafontaine, qui a le premier alerté les autorités sur cette situation.

Pillage systématique

Le pillage des archives de l'État ne date pas d'hier. En 1926, lors de la création du premier service d'archives nationales, le premier archiviste du Québec, Pierre-Georges Roy, se désolait de la perte immense subie au fil des décennies. «Nous avons peut-être perdu deux fois plus d'archives que nous en avons actuellement dans nos voûtes.» «Deux ou trois individus qui avaient leurs petites et grandes entrées aux archives s'emparèrent des meilleures pièces pour les vendre au libraire Dufossé», écrit-il alors dans un article. «[Les archives] sont rendues un peu partout sur le continent américain. J'en ai vu à Montréal à Ottawa, à Boston, à Chicago et même à La Nouvelle-Orléans, poursuit-il. Elles ont été tout simplement volées et vendues à ces institutions». «Nous ne devons pas moins constater que, légitimement, ils [les documents] appartenaient au gouvernement de la province de Québec.»

La mémoire sur papier des tout débuts de la Nouvelle-France se trouve donc aujourd'hui passablement altérée. «On n'a pas idée du nombre de documents volés, car il n'y avait pas de registres», explique André Lafontaine, qui est l'auteur de plusieurs livres sur l'histoire des grandes familles du Québec.

Le réputé historien Fernand Ouellet, ex-archiviste (1950 à 1961) et professeur à l'Université Laval, affirmait déjà en 1958 que «la désintégration des archives de la Nouvelle-France a eu des répercussions énormes sur la recherche historique».

Dès 1791, Lord Dorchester déplorait l'état lamentable des archives récupérées de la Nouvelle-France après la conquête, et réclamait un inventaire des pièces rescapées des ravages de la guerre et du temps. Une troisième enquête ordonnée en 1845 permet de sauver «une grande partie des archives de la Nouvelle-France», affirme le professeur Ouellet. «Mais si on examine la question de plus près, plusieurs collectionneurs n'ont pas hésité à s'emparer de manuscrits pour augmenter leur collection personnelle. De cette façon, des manuscrits très importants sont passés aux États-Unis et en Europe», dit-il.

Malgré la nomination d'un archiviste en chef en 1925, la déperdition des archives semble s'être poursuivie. «Je me suis toujours posé des questions sur la disparition de toute une série de titres sur les concessions des premières terres dans la région de Québec. Tout a disparu après 1940. J'ai fait enquête auprès de la famille d'un ancien archiviste et je me suis fait revirer de bord», raconte Michel Langlois, ex-archiviste qui déplore l'absence de mesures prises par BAnQ pour retrouver ces documents ou, à tout le moins, en faire des copies accessibles.
   

 
 
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  • courtierenfolie
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 02h29
    le message est clair
    on veut qu'on oubli notre passé... ? c'Est clair que tout document devrait être numérisé et accessible a tous !

  • Claude Jean
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 03h55
    Citation sur l'histoire
    Jacques Lacoursières

    ( un peuple qui ne connait son passé est un peuple amnésique)

    http://tv.uqam.ca/?v=52254

    François Mitterrand conseil des ministres 1982

    ( un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité )

    Sauvons notre patrimoine pour qu'il ne tombe dans l'oubli!

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    mardi 23 novembre 2010 07h20
    Piller, banaliser, dénationaliser...
    Madame Suzanne Provost est la gardienne de quoi au juste ?

    42 milliards se sont volatilisés de la CPDQ et voilà que 5882$, c'est trop cher ?

    Mais on se moque de nous !

    Poursuivons la dénationalisation des Québécois, banalisons notre Histoire; il n'en restera bientôt plus RIEN.

    Et nos ennemis applaudiront.

  • danduc
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 07h41
    Pas d'argent - MON OEIL
    Extrait du rapport annuel 2009-2010

    "En 2009-2010, elle a acquis plusieurs fonds d’archives importants, dont ceux de l’auteure Andrée Maillet, de l’illustratrice Mireille Levert et de la
    Société de Saint-Vincent de Paul de Québec. D’autres fonds ont pris
    de l’ampleur grâce à des ajouts notables : celui du poète Gaston Miron et
    celui de l’auteur et humoriste Claude Meunier, par exemple. BAnQ a acquis
    plus de 500 maquettes et plus de 300 esquisses qui sont venues enrichir
    le fonds d’archives du concepteur de costumes François Barbeau."

    Et ça continue...

    "Le patrimoine de l’avenir se crée chaque jour ; c’est pourquoi, en
    2009-2010, BAnQ a commencé à recueillir des sites Web québécois
    pour assurer leur conservation à long terme. En effet, les pages Web
    d’aujourd’hui font partie elles aussi du patrimoine de demain !"

    De toute façon, voulez vous vraiment que le Québec rapatrie les documents volés. Ils sont bien mieux ou ils sont présentement.

  • EPlante
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 09h06
    C'est à notre tour!

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 23 novembre 2010 09h10
    Pillage systématique et vigilance molle
    Combien a coûté aux citoyens la construction et l'administration de la bibliothèque de Montréal de BAnQ ?

    Combien coûte aux citioyens l'administration du site Internet de BAnQ ?

    Que fait M. Couture, le super et dynamique archviste médaillé du Québec Conservateur des Archives nationales, pour régler ce problème essentiel ?

    « Qu'on cesse de livrer aux flammes, au pillage, Ces archives de lois, ce vaste amas d'écrits, Tous ces fruits du génie, objets de vos mépris »

    VOLTAIRE, L'Orphelin de la Chine, tragédie, 1755

  • Yves Claudé
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 09h38
    Un vol est un vol ! À qui appartient la mémoire du Québec ?

    Il est étonnant de constater que les biens culturels volés par les nazis sont restitués à leurs propriétaires ou à leurs descendants, et que ce principe élémentaire ne s'applique pas dans le cas du patrimoine culturel de la nation québécoise !

    Serions nous, comme l'affirment des "conquérants" et "néo-conquérants"... un "petit peuple sans culture" ... donc inapte à prendre soin de sa mémoire collective ?

    Yves Claudé

  • Audy Emile
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 09h43
    Bien plus que pas d'argent... pas d'intérêt...
    Je suis l'auteur principal de l'article dont il est ici question et qui a été publié dans «L'Entraide Généalogique» vol. 32, no 4, le journal de la Société de Généalogie des Cantons de l'Est. Avant de publier l'article en question, je l'ai soumis aux autorités du BAnQ à Québec, lesquels m'ont invité à ne pas le publier... pour des raisons évidentes...
    C'est lors de la préparation d'un article antérieur à celui dont il est question ici que j'ai découvert «le pot au rose». En effet, je recherchais un contrat dans le greffe du notaire Tronquet dont j'en ai finalement trouvé l'existence à la bibliothèque de l'université Harvard avec qui j'ai communiqué et qui m'en ont fait parvenir une photocopie (voir L'Entraide Généalogique vol.31, no1).
    C'est pourquoi, j'ai toujours mentionné aux autorités du BAnQ qu'il était tout à fait illusoire de penser à récupérer les originaux et qu'au moins des copies feraient l'affaire (faute de mieux), c'est d'ailleurs ce que j'ai mentionné à Mme Suzanne Provost et à plusieurs reprises. Celle-ci m'a mentionné que BAnQ avait communiqué avec les deux bibliothèques en question: Harvard demandait un prix pharamineux et la demande adressée à Chicago est restée lettre morte.
    Récupérons au moins les photocopies... quand on le peut...
    Ainsi, j'ai trouvé sur e-bay de la correspondance de Cavelier de La Salle qui était mise à l'encan...

    Émile Audy
    Sherbrooke.

  • Jacques Lafond
    Abonné
    mardi 23 novembre 2010 09h55
    Ridicule
    Simplement ridicule. SVP, me dire à qui je dois faire le chèque, et je vais aller chercher moi même ces microfilms à Harvard et à Chicago. J'en profiterai en même temps pour prendre quelques jours de vacances ...

    JL

    lafond.overtime@gmail.com

  • J.M. Rodrigue
    Inscrite
    mardi 23 novembre 2010 10h08
    Vol d'une mémoire nationale...
    Pendant la deuxième guerre mondiale les nazis ont dépouillés dans les musées européens occupés et chez les particuliers juifs une quantité importante non seulement d’œuvres d’art, d’objets précieux mais aussi des livres anciens (incunables), des documents historiques volés dans les bibliothèques et les archives qu’ils rapatriaient en Allemagne où ils apposaient sitôt reçus le tampon de l’Institut allemand. La guerre finie, un patient travail de reconstitution des fonds volés fut entreprit afin de rapatrier aux propriétaires les objets volés.

    Il me semble que les descendants des premiers colons français en Amérique méritent mieux que de disparaître dans l’indifférence générale des Nations. S’il est possible de trouver des fonds pour les espèces animales en voie de disparition on peut aussi trouver des fonds pour que leur mémoire, qui est aussi la nôtre, ne disparaisse tout-à-fait.

    Il est faux de prétendre comme le fait actuellement les Archives nationales que le coût serait exorbitant. Cela semble plus à une excuse pour ne rien faire qu’à une raison pour réagir. Il faudrait dans un premier temps faire l’inventaire (l’aide de l’Unesco ne serait pas impossible) de tout ce qui fut subtilisé aux Archives et bibliothèques du Québec et d’en dresser l’importance et la valeur patrimoniale. Ensuite s’entendre pour que soient restitués, ou pour le moins microfilmés, les documents volés à notre mémoire.

  • François Dugal
    Abonné
    mardi 23 novembre 2010 10h09
    Jurisprudence
    Le œuvres d'art volées par les nazis sont restituées actuellement. Alors, que fait-on avec le vol de nos archives?

  • Audy Emile
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 10h15
    Les articles originaux....
    À ceux et celles qui seraient intéressé(e)s,
    je peux faire parvenir à qui en fera la demande, copie de l'article original que j'ai publié avec A. Lafontaine «Mais où sont donc passés plusieurs de nos documents anciens» de même que l'article qui m'a mis sur la piste de ce problème: «Charles Huault de Montmagny, premier gouverneur de la Nouvelle-France, a-t-il voulu faire du Fort Saint-Louis une forteresse de l'ordre de Malte?»

    Émile Audy,
    Sherbrooke
    emile.audy@videotron.ca

  • MJ
    Inscrite
    mardi 23 novembre 2010 10h16
    Autre signe d’indifférence et de trahison du gouvernement Charest à l’égard de son propre peuple canadien-français
    Sachant que ces documents ont été volés aux Archives nationales du Québec, il tombe sous le sens que l'Université Harvard et la Newberry Library de Chicago étaient illégalement en possession de ces documents! Prescription ou pas, ils devraient avoir l’éthique, la décence et la courtoisie de retourner ces documents historiques à Bibliothèque Nationale et Archives nationales du Québec ou à tout le moins, avec la technologie actuelle, numériser ces documents et les retourner.

    Et pourquoi une équipe d’historiens Québécois n’irait pas récupérer ces documents qui datent du régime français en Nouvelle-France? Documents trop subversifs qui pourraient être compromettants ou gênants pour la suite logique de notre Histoire nationale - surtout depuis la colonisation du conquérant anglais en 1760? Quoiqu’il en soit, le gouvernement libéral a le devoir de récupérer ces documents d'origine, importants pour l’Histoire (complète) du Québec. S’ils ne le font pas, c’est que leurs politiques sont vouées inexorablement aux intérêts "économiques" et politiques de la classe anglophone du Québec majoritairement libérale! Rien de nouveau depuis la Colonie! Donc, faire disparaître ces documents pour éviter que le peuple canadien-français comprenne le sens de son Histoire et reprenne son destin en mains contre vents et marées!

  • MJ
    Inscrite
    mardi 23 novembre 2010 10h24
    Trop chers ces documents?
    Le gouvernement libéral de Charest n’a aucun sens des priorités. Ses politiques sont menées à hue et à dia, au gré des vents électoraux. Et pourquoi pas trop chère cette politique de procréation assistée dans le domaine de la santé? Et trop ridicules, ces redevances, odieuse et criminelle, cette indifférence environnementale dans le dossier des gaz de schiste! Trop coûteuse cette Commission Bastarache bidon! Etc., etc. ad nauseam! D'où vient cet argent qui coule à flot au Parti libéral, dès qu'une élection se profile à l'horizon (élection partielle, générale, peu importe)? Les libéraux (du militant de la base au sommet) ne travaillent donc jamais bénévolement pour leurs comtés à l’occasion d’élections, hormis les postes rémunérés et prévus dans la Loi électorale? Il est urgent de revoir la Loi sur le financement des partis politiques!

  • MJ
    Inscrite
    mardi 23 novembre 2010 10h45
    Une aberration libérale?
    Les documents historiques, concessions de terres, traités avec une autre nation, gouvernement, mère-patrie, etc. sont des instruments de preuves de première main et d’importance capitale pour une nation lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts, ses droits et son territoire. Konrad Sioui, chef de la nation huronne-wendat, n’a-t-il pas eu gain de cause devant la Cour Suprême du Canada pour sa nation avec l’évocation d’un traité historique dont il a pu prouver l’existence? Voir l’émission “Francs-tireurs” à Télé-Québec qui date de quelques semaines.

    D’où vient cette décision de hauts-fonctionnaires de Archives nationales du Québec, à l’effet qu’il serait trop coûteux d’acquérir ou de faire micro-filmer des documents volés concernant le Québec? Qui alloue le budget d’opérations et d’immobilisations de BnAnQ? En dernière instance, le gouvernement libéral de Charest!

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 23 novembre 2010 11h25
    Y a-t-il des avantages à l'amnésie?
    Déjà qu'on déplore la méconnaissance que nous avons comme Québecois ont de notre histoire et les conséquences identitaires que cela entraîne. On apprend maintenant que de toute façon elle est pleine de trous.
    Si l'avenir nous souriait franchement, on pourrait peut-être y trouver un certain avantage; on regarderait tous dans la même direction. Nous voilà plutôt coincés dans le présent, ne sachant trop d'où on vient et surtout où on va. On est comme quelqu'un dont la maison a pris feu et qui a perdu tous ses papiers et ses photos de famille. On ne peut quand même pas rester éternellement figés sur le pavé, il faut avancer.

  • Patrick Lavallée
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 11h47
    Ça fait mal
    J'ai mal à ma fierté québécoise.

    Mais quelle gabegie.

    Quel peuple de couillons nous faisons.

    Honte à nous.

    Le premier qui crée une fondation pour récupérer ces trésors aussi agressivement que les fondations juives le font partout autour de la planète a mon appui actif et je contribue financièrement.

    Les institutions doivent restituer les bien mal acquis.

  • camelot
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 11h58
    Scandaleux
    Je tombe des nues. Il faut poursuivre ces escrocs et leurs descendants. Il faut récupérer TOUS ces documents. L'indifférence des autorités compétentes est scandaleuse. Comment le journal de Cavelier de Lasalle peut-il être négligeable ? Tout document a son importance. Il y a trop de trous noirs dans notre histoire, on ne peut se permettre aucun laxisme de ce côté.

    Les institutions qui possèdent ces documents doivent nous les retourner (Ils peuvent en garder un microfilm, s'il le désire)

    Sinon, ils se font complice de ces gougats.

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 23 novembre 2010 12h38
    Enveloppes brunes et archives
    Vous écrivez :

    «...Deux ou trois individus qui avaient leurs petites et grandes entrées aux archives s'emparèrent des meilleures pièces pour les vendre...

    ...« J'ai fait enquête auprès de la famille d'un ancien archiviste et je me suis fait revirer de bord»...»

    A qui peut-on se fier M. Couture ? Qu'en pensez-vous ?

    Si la généalogie daigne encore quelque peu vous intéressez M. Couture :

    « En 1690 lors du siège de Québec, on raconte que le capitaine Guillaume Cousture (alors âgé d'environ 73 ans) et ses hommes auraient empêché le débarquement des troupes de Phipps à la côte de Lauzon. À plusieurs occasions, il fut invité à siéger au Conseil souverain lors de l'absence de membres réguliers. Le valeureux Cousture rendit l'âme le 4 avril 1701. L'endroit où ce héros de la Nouvelle-France fut enterré demeure un mystère. »

    http://www.republiquelibre.org/cousture/COUST.HTM

    Réveillez-vous chez BAnQ

  • Luc Bertrand
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 12h41
    La mémoire du Québec pillée au fil des siècles
    Une preuve de plus de la mentalité provincialiste du gouvernement du Québec actuel. J'espère juste que, si le problème n'a pas été résolu du temps où le gouvernement du Québec était péquiste, ce ne soit dû à un manque de jugement crasse ou la paresse de quelque fonctionnaire en pouvoir de la BAnQ. Sinon, cela en dit gros sur la totale démission du Parti québécois lorsqu'il s'agit de passer du discours à l'action concrète pour faire du Québec un pays. Aucun État digne de ce nom ne laisserait un tel trésor historique pillé de la sorte.

    Malgré tout, la réponse des universités américaines reste encourageante. Ce sont plutôt les raisons invoquées par la BAnQ qui ne font à nouveau que la démonstration que le gouvernement Charest n'est qu'une république de bananes.

    Une des raisons pour ce refus d'agir que le gouvernement doit passer sous silence est probablement le fait que ces archives pourraient constituer des documents légaux solides pour appuyer les revendications territoriales ancestrales des Premières nations du Québec. On sait que la nation huronne-Wendat et son ancien chef Max Gros-Louis ont fait savoir qu'un territoire de plus de 100 km carrés autour de la ville de Québec leur a été cédé par les Sulpiciens. Les fonctionnaires de la BAnQ auront beau sacrifier notre héritage collectif passé pour une poignée de dollars, maintenant que les dépositaires de ces précieux documents sont connus, ceux qui pourraient en tirer profit savent maintenant où les trouver.

    Quand fera-t-on circuler une pétition pour remplacer la Castafiore Marois par Jean-Claude St-André à la direction du PQ?

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 12h45
    Mes déprimantes questions existentielles...
    Malgré une offre de l'Université Harvard, proposant de microfilmer l'ensemble des pièces pour «un prix d'ami» de 5882 $, les Archives nationales ont décliné la proposition et n'affichent aucun intérêt à l'égard de ces pièces traitant de multiples transactions, concessions de terres et actes civils datant des premières années de la colonie en Nouvelle-France. Point d'intérêt non plus pour les documents volés qui se sont retrouvés à Chicago, dont l'acte de prise de possession de l'île d'Orléans (1638) et des journaux de voyage de Cavelier de La Salle (1684) et de LeMoyne D'Iberville (1699-1721).

    «Nous n'avons pas de budget d'acquisition et nous avons jugé que ces documents n'étaient pas prioritaires. L'important, c'est qu'ils soient bien conservés», a répondu au Devoir Mme Suzanne Provost, directrice au Centre d'archives de Québec.
    ____________________

    Je me demande de plus en plus, à mesure que les dossiers pourris de notre administration publiques nous sont dévoilés, qu'il s'agisse de nos archives nationales, de l'informatisation du dossier médical des Québécois, du nouveau CHUM, comment des personnes supposément intelligentes et compétentes... peuvent prendre (ou ne pas prendre) des décisions aussi imbéciles.

    Notre problème national et collectif, au Québec, n'en est pas qu'un de «mafia». Il y a des gens qui sont payés pour prendre des décisions et qui sont supposés en être imputables... et qui n'ont pas l'air de savoir pourquoi ils ont été placés là où ils sont!

  • Dante79
    Abonné
    mardi 23 novembre 2010 13h26
    Je me souviens...
    Ceci est une grave atteinte à notre mémoire collective. En attendant, à qui le crime profite-t-il? À ceux qui s'accommoderaient très bien de notre assimilation. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que c'est ce qui nous guette, si nous choisissons d'oublier qui nous sommes, et la décision des Archives nationales va dans ce sens. Bien sûr, je n'irais pas jusqu'à crier au complot, puisque les vols en question semblent n'avoir été motivés que par le lucre. Mais les conséquences sont tout aussi fâcheuses... Même un historien l'affirme : «la désintégration des archives de la Nouvelle-France a eu des répercussions énormes sur la recherche historique».
    Monsieur Lafond, l'idée d'une initiative populaire visant à fournir les fonds nécessaires pour ces microfilms serait excellente.

  • Audy Emile
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 13h54
    Attention...
    Lors de mes différentes discussions avec les autorités du BAnQ, on m'a mentionné que ce ne sont pas toutes les archives qui ont les mains blanches... y compris le BAnQ... donc ne brassons pas trop fort le panier de crabes...

    Émile Audy
    Sherbrooke, Qc
    emile.audy@videotron.ca

  • Janko Pavsic
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 23h38
    Lorsque l'insignifiance passe inaperçue !
    Quelle marque de prévisible mais tout-de-même désolante insignifiance que cette réponse de madame Suzanne Drolet, hors du Canada jusqu’au 6 décembre. En voyage d’affaire pour le compte de la BAnQ ? Il parait qu’il ne faut pas, dans ses critiques, oser mettre dans le même plat, les budgets de dépenses de cette noblesse de démocratie et les budgets d’acquisition des organismes qui les emploient. Je m’objecte ! Si la BAnQ n’avait pas les moyens en 2008 de se procurer le numéro complet des Statuts provinciaux du Bas-Canada au coût de 300,00$ alors que moi je l’ai fait (l’acte d’incorporation de la Cité de Montréal s’y trouve), la BAnQ ne devrait pas lui accorder un budget de déplacement autre qu’un livret de billets d’autobus. Et les pertes et lacunes sont hélas tellement plus nombreuses que ce que souligne cet article…

    The Canada Gazette :

    Entre autres pour les mois d’avril et mai 1850, on ne retrouve sur le site des NAC (National Archives of Canada), que la portion anglaise des cahiers «The Canada Gazette». La première moitié de ces cahiers était alors rédigée en anglais et la seconde en français. Malgré le partenariat liant NAC et BAnQ, il me semble inacceptable que BAnQ se lave les mains de la non publication de la portion française de ces textes de loi relatifs au Bas-Canada (le Québec). Plusieurs autres exemplaires de ces cahiers ne sont en ligne que pour la portion anglaise.

    Janko Pavsic

    jankopavsic@hotmail.com
    mairesduquebec@hotmail.com

  • Janko Pavsic
    Inscrit
    mardi 23 novembre 2010 23h38
    Lorsque l'insignifiance passe inaperçue (suite)
    Gazette officielle du Québec :

    J’ai contacté à plusieurs reprises la BAnQ depuis octobre 2009 afin de comprendre les délais retardant la mise en ligne de GOQ pour la tranche chronologique 1969-1975. Il y a quelques semaines, je contacte de nouveau BAnQ fin octobre au même propos et j’apprends alors que BAnQ ne possède plus, ni l’exemplaire de consultation, ni l’exemplaire de conservation pour ces années. Ces « pertes » ne sauraient être antérieures à 1976 ! Il semble donc que le problème souligné dans l’article d’Isabelle Paré et que l’on pourrait résumer en ces mots (la BAnQ est une passoire), perdure dans les années qui suivent ce trou documentaire. Relativement aux années 1969-1975, quelle que soit la cause de la perte de ces documents gouvernementaux qui ont à peine quarante ans, je me désole de constater l’incapacité de la BAnQ pour stopper ces vols ou disparitions ou destructions par erreur… et l’absence totale de budget permettant de récupérer ou de remplacer ce qu’on a si négligemment laissé disparaître.

    Statuts provinciaux du Bas-Canada :

    Numéro de 1840 incomplet à BAnQ. Automne 2008, je signale à Louise Fortier que le cahier relatif à l’incorporation de la Cité de Montréal est manquant. La BAnQ n’ayant pas les moyens d’acheter ce volume en édition complète, je l’ai alors acquis au coût de 300,00 $. Les chercheurs québécois qui devront se rendre à Boston ou Chicago pour consulter les documents jadis volés à la BAnQ devront peut-être me contacter pour consulter la proclamation d’incorporation de Montréal.

    La BAnQ se laisse piller ses coffres en considérant des documents du XVIe siècle comme de petites coupures. Comment peut-on être si bête et demeurer en poste si la bêtise n’est pas raison d’État jusqu’au haut de la pyramide ? Il semble que cette prétendue institution soit davantage la Mecque du retrait illégal que le sanctuaire du dépôt légal…


    Janko Pavsi

  • Janko Pavsic
    Inscrit
    mercredi 24 novembre 2010 22h41
    Lorsque l'insignifiance passe inaperçue (correction)
    La fonctionnaire mentionnée en début de texte hier est Suzanne Provost, en non Suzanne Drolet.

    jankopavsic@hotmail.com

  • Michel Roberge
    Inscrit
    jeudi 25 novembre 2010 08h37
    Outré!
    Outré. Je suis outré par ces à propos du pillage des archives nationales du Québec et de l’incapacité de l’institution de protéger la mémoire « originale » du Québec. J’ai œuvré pendant sept ans au sein des Archives nationales du Québec (ANQ), avant qu’elles soient fusionnées pour des raisons obscures avec la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ). Ottawa l’avait fait, le Québec a suivi! Et la capitaine du nouveau paquebot de verre on nous assurait que l’organisation aurait désormais les moyens de remplir sa mission. Constat : foutaise! Les archives sont reléguées à la cale du navire. C’est normal, les archives sont toujours dans des sous-sols sombres et poussiéreux.

    «On n’a pas de moyens pour récupérer les documents originaux de note mémoire nationale. L’important c’est que les documents dans leur forme originale soient protégés, même si on n’y a pas accès. D’accord, si les originaux étaient détruits, on peut se contenter de copies. Mais quelle nation qui se respecte, accepte que ses documents fondateurs soient détenus par des étrangers? Pas de moyens pour récupérer et aucune volonté pour garder ici des fonds d’archives privées d’importance. Régulièrement, des collections d’archives de grande valeur pour l’histoire du Québec prennent la route vers les archives du Canada sans que s’y intéresse Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Dans les années 80, le slogan des Archives nationales du Québec était : « les archives, la Mémoire des Québécois ». Et on en était tous fiers comme membres de cette institution.

    En 2010, c’est un scandale de constater qu’il y a un trou béant dans cette mémoire, une brèche qui ne cesse de s’agrandir en catimini. Le tout fait probablement partie d’une même politique de culture et d’éducation qui vise à faire des Québécois des ignares de leurs origines, incapables d’évaluer et d’orienter à la lumière du passé leur ave

  • Michel Roberge
    Inscrit
    jeudi 25 novembre 2010 10h54
    Outré (suite)
    En 2010, c’est un scandale de constater qu’il y a un trou béant dans cette mémoire, une brèche qui ne cesse de s’agrandir en catimini. Le tout fait probablement partie d’une même politique de culture et d’éducation qui vise à faire des Québécois des ignares de leurs origines, incapables d’évaluer et d’orienter à la lumière du passé leur avenir collectif comme Nation en Amérique.

    Pas surprenant d’apprendre, le même jour que celui de la publication de ces articles que les nouvelles générations de Québécois ne connaissent même pas les fondements de leur histoire : la Révolution tranquille, c’est quoi ça? Robert Bourassa et Jean Drapeau, connaît pas. Et pourquoi pas René Lévesque, premier ministre du Canada! Que voulez-vous, on n’a pas les moyens… Au risque de me répéter, outré, je suis outré!

    Michel Roberge
    Ex-employé d'ANQ avant B

  • chat58
    Inscrit
    lundi 29 novembre 2010 09h43
    Histoire du Québec.
    Bonjour.
    Au québec les autorités ne sont pas intéresser a faire connaître l' histoire a nos enfants. Ma compagne était enseignante, elle a demander a des jeunes, ou est né Jésus, plusieurs ne le savaient pas , l' un a répondu que Jésus est né en Gaspésie. Les enfants n' apprennent même pas la carte géographique du monde mais ils savent tout sur Harry Potter, le gouvernement veux laisser nos enfants dans l' ignorance pour mieux les manipuler plus tard, nous faisons pitié au Québec avec notre classe politique corrompue qui ne pense qu' au pouvoir et s' enrichir. Au sujet de nos livres d' histoires qui sont ailleurs, on devrait les récupérer au plus tôt pour apprendre a nos enfants la VRAI histoire du Québec au lieu de s' écraser devant les demandes des immigrants qui un jour nous gouverneront.
    Gaston Dufour, Alma.

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