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Crise du logement - Les Québécois s'en tirent bien dans les circonstances

Mais où donc mettre la roue de secours?
Photo : Patrick Sanfaçon
Mais où donc mettre la roue de secours?
Québec — Le 1er juillet n'a pas été aussi pénible que prévu à Québec, la ville qui compte le plus bas taux de logements vacants au Canada, soit à peine 0,3 %. Quelque 36 ménages n'ont pu trouver un logement hier et ont eu recours aux services d'hébergement temporaire.

Même si deux fois plus de ménages que l'an dernier ont réclamé de l'aide au cours des dernières semaines, la Ville de Québec estime que la crise du logement est sous contrôle. «Globalement, c'est une crise qui a été extrêmement bien gérée et ne présente pas de difficultés particulières. Personne n'est en panique et tout se déroule normalement», a affirmé hier, en conférence de presse, le vice-président du conseil exécutif et responsable du dossier du logement à la Ville de Québec, Claude Larose.

La Croix-Rouge canadienne, à qui la Ville de Québec a confié le mandat de coordonner les opérations d'aide du 1er juillet, a dû héberger hier 36 ménages (70 personnes) dans les trois centres d'hébergement désignés, dont les résidences de l'Université Laval. L'organisme estime que ce nombre ne devrait pas augmenter au cours des prochains jours, tout en précisant que les ménages hébergés bénéficient d'un soutien particulier pour la recherche d'un logement. La Croix-Rouge disposait hier d'une banque de 244 logements disponibles à Québec, ce qui laisse croire que peu de ménages se retrouveront sans logis pendant une longue période de temps.

Seulement une dizaine d'appels de locataires en difficulté ont été reçus hier au centre de coordination de la Croix-Rouge. L'organisme explique la situation par le fait que ses opérations ont été mises en oeuvre dès le début du mois de juin, un mois avant la date fatidique du 1er juillet. «On a essayé d'étendre sur une plus longue période notre intervention pour ne pas qu'on ait tout à faire durant la période du 30 juin et du 1er juillet. C'est pourquoi, aujourd'hui, il n'y a pas d'urgence», a expliqué hier au Devoir le coordonnateur du programme à la Croix-Rouge, François Larochelle.

Selon le bilan provisoire de la Croix-Rouge, 923 demandes d'information ont été faites auprès de son centre de dépannage depuis le 5 juin. Quelque 130 ménages, soit deux fois plus que l'année dernière, ont bénéficié des services d'hébergement, de déménagement ou encore d'entreposage de meubles avant la prise de possession d'un logement. «Même si c'est plus important que l'an passé, ça se déroule relativement bien. Chaque ménage qui vit une situation difficile a toute l'attention voulue», a précisé Claude Larose.

Par ailleurs, 158 ménages ont acheminé une demande d'obtention d'un supplément au loyer auprès de l'Office municipal d'habitation du Québec. Ce supplément, fixé à 300 dollars par mois, permet à des locataires de s'offrir un logement qu'ils ne pourraient se payer autrement. Une centaine de personnes ont travaillé hier à l'opération d'aide, dont des employés de la Croix-Rouge, des membres d'organismes de bienfaisance et des intervenants de CLSC pour l'aide psychosociale.

Selon la Ville de Québec, la crise pourrait se résorber d'ici le 15 août, date à laquelle prendrait fin le programme d'aide. Le coût total de ce programme devrait atteindre de 200 000 $ à 300 000 $, une facture qui sera partagée entre la Ville et le gouvernement du Québec.

Pour ne plus faire face à une crise année après année, la Ville de Québec exhorte les gouvernements provincial et fédéral à mettre au point des incitations fiscales destinées à amener le secteur privé à construire davantage de logements locatifs. «Il s'en fait peu, voire pas du tout, dans les prix de location qui sont entre 500 $ et 800 $, car ce n'est pas rentable pour un promoteur de le faire sans subvention. C'est pourtant de ça dont on a le plus besoin. Il faudrait que les deux gouvernements fassent un effort particulier pour inciter les promoteurs, pour au moins une année, à construire des logements privés à prix abordable. Après ça, on pourrait être correct pour les années ultérieures», a souligné Claude Larose.
 
 
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