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Centres d'hébergement de Montréal - Tout est fin prêt pour recevoir les sans-logis

Les journalistes visitaient hier les trois centres d’hébergement qui accueilleront les sans-logis du premier juillet. Entrevues dans une salle de classe transformée temporairement en chambre pour une famille.
Photo : Patrick Sanfaçon
Les journalistes visitaient hier les trois centres d’hébergement qui accueilleront les sans-logis du premier juillet. Entrevues dans une salle de classe transformée temporairement en chambre pour une famille.
Dans les trois centres d'hébergement montréalais de l'Opération 1er juillet, le personnel de la Ville et les bénévoles de la Croix-Rouge étaient fin prêts hier à accueillir les premiers sans-logis. Hier, première journée de fonctionnement des centres, seuls une famille de sept personnes, deux couples et une personne seule s'étaient annoncés pour la nuit.

«On est préparé pour héberger 400 personnes. J'ai l'intuition qu'il pourrait même en venir moins que cela», affirme le responsable de l'habitation à la Ville de Montréal, Michel Prescott. En comparaison, 300 personnes avaient été hébergées l'an dernier au plus fort de la crise. M. Prescott précise que les statistiques de demandes d'aide sont semblables et même légèrement inférieures à ce qu'elles étaient l'an dernier à pareille date. Depuis le 16 juillet, la ligne 868-GITE a enregistré 2681 appels et 538 personnes ont été jugées admissibles à des subventions au loyer (sur 820 disponibles).

«On me disait qu'il y avait moins de déménagements. Les gens sont plus prudents, on espère que cela va se traduire par moins de demandes d'hébergement», poursuit M. Prescott, qui espère que toutes les personnes hébergées pourront être relogées avant la mi-juillet.

Mieux organisés

Alors que l'hébergement d'urgence avait été marqué par une bonne dose d'improvisation l'année dernière, rien n'est laissé au hasard cette fois. Les trois centres — dont un pour les familles, un autre pour les couples et les femmes seules et un troisième pour les hommes seuls — sont dotés d'un système de climatisation. «L'année dernière, ce n'était pas climatisé. En pleine canicule, on avait dû faire venir d'immenses ventilateurs», se rappelle Michel Prescott.

Alors qu'un seul téléphone était à la disposition des locataires en recherche d'appartement en juillet 2002, chaque centre est maintenant pourvu d'une pièce avec des téléphones et les journaux du matin pour éplucher les petites annonces.

Une halte-garderie sera aussi ouverte dans le centre qui accueille les familles avec enfants. Ces dernières seront logées dans les classes d'une école polyvalente du quartier Villeray, alors que plusieurs d'entre elles avaient dû dormir l'an dernier dans de vastes dortoirs d'une polyvalente de Saint-Henri, où des cours aux adultes étaient encore dispensés.



De bonnes nouvelles

Au-delà de la simple logistique de l'hébergement, les personnes qui se rendent dans les centres, après y avoir été dirigées par la ligne 868-GITE, peuvent aussi bénéficier d'un soutien dans la recherche d'un logement et même d'une aide psychologique. «Cette année, on a un système d'accompagnement des ménages pour les aider à se trouver un logement. L'an dernier, les gens étaient davantage laissés à eux-mêmes», explique le responsable de l'Opération 1er juillet, Jean-Bernard Guindon. Des employés de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), des CLSC, de l'aide sociale et des bénévoles de Jeunesse au soleil sont sur place pour aider les locataires.

Cette aide était très bienvenue pour Mariette Grenier, son conjoint et ses cinq enfants, la première famille à être hébergée, hier. Depuis que son appartement a flambé en mars, la famille séjournait chez un ami. Ce dernier a cependant été lui-même évincé de son logement la semaine dernière.

À son arrivée au centre, en début d'après-midi hier, elle a immédiatement rencontré un employé de la SHDM, qui l'a envoyée visiter un des logements abordables gérés par l'organisme. «C'est un grand cinq et demi dans le quartier Petite-Bourgogne. Cela va être la première fois dans ma vie que je vais avoir un appartement beau comme cela», s'exclame la dame, tout juste après avoir signé son bail. Avec la subvention au loyer, elle devrait payer moins de 200 $ par mois pendant un an et un peu moins de 600 $ par la suite.

Si la femme n'est pas tendre à l'égard des propriétaires «qui sont très durs avec les familles et considèrent que les enfants sont de trop», elle louange le personnel des services d'urgence. «Les gens s'occupent de toi, tu ne peux pas te démoraliser!», déclare la mère, qui restera au centre jusqu'au moment d'emménager dans son nouveau logement, mardi.

Même le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) semblait juger satisfaisant le degré d'organisation des mesures d'urgence. «Je suis assez impressionné», déclare François Saillant, du FRAPRU. «Mais l'objectif, ce n'est pas d'être toujours meilleur dans la gestion de la crise. Il faut que la situation puisse aussi s'améliorer. J'espère que l'an prochain on va en être sorti», fait valoir M. Saillant.

Il s'inquiète pour l'aide qui sera accordée aux sans-logis après la période du 1er juillet et fonde beaucoup d'espoir sur le projet de construction d'un centre d'hébergement permanent, qui fait l'objet de négociations entre Montréal et le gouvernement du Québec.
Les journalistes visitaient hier les trois centres d’hébergement qui accueilleront les sans-logis du premier juillet. Entrevues dans une salle de classe transformée temporairement en chambre pour une famille. Plusieurs bénévoles de la Croix-Rouge étaient à pied d’oeuvre hier dans les différents centres d’hébergement.
 
 
 
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