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Crise du logement - Le 1er juillet sera moins chaud qu'en 2002

Le 1er juillet s'annonce moins chaotique qu'au cours des deux dernières années dans les villes de Montréal et Québec.

Dans la Vieille Capitale, où la Croix-Rouge assume le soutien aux sans-logis, la situation est actuellement sous contrôle. Parce qu'il s'y est pris tôt et qu'il a étalé son intervention sur une plus longue période, l'organisme croit bien pouvoir répondre aux attentes des locataires dans le besoin.

«Nous sommes en train de devancer la crise. À sept jours de la date fatidique, les gros cas problèmes nous ont déjà été signalés et ils sont déjà assimilés. Nous tentons de devancer les déménagements et les entreposages afin de garder la période du 31 juin et 1er juillet pour faire face à des situations d'urgence», explique le coordonnateur du dossier à la Croix-Rouge, François Larochelle. Alors que l'organisme prévoyait devoir effectuer entre 80 et 90 déménagements autour du

1er juillet, il estime qu'il n'en restera qu'une quinzaine.

Depuis le 3 juin, la Croix-Rouge est venue en aide à plus de 300 personnes, qu'il s'agisse de déménagement, d'entreposage ou d'hébergement temporaire. Présentement, une quarantaine de personnes ont trouvé un refuge temporaire, à l'Université Laval et à la Maison Jésus-Ouvrier, notamment, le temps qu'elles trouvent un toit pour l'année. Une banque de 280 logements disponibles est aussi mise à la disposition des sans-logis de la capitale.

Les choses se passent tellement bien à Québec qu'on a embauché moins de personnel que prévu, a ajouté M. Larochelle.

À Montréal, le centre de coordination des mesures d'urgence n'a commencé à prendre ses premiers appels que le 16 juin. Déjà 1600 personnes ont formulé une demande d'information ou d'aide en composant la ligne téléphonique d'urgence 868-GITE. L'an dernier, la Ville avait reçu 250 demandes d'hébergement d'urgence et on se prépare cette année à recevoir 400 ménages. Mais une semaine après l'ouverture du bureau, on n'a dû traiter que 80 demandes d'hébergement temporaire, a indiqué une porte-parole de la Ville, Nadia Seraiocco.

Outre l'hébergement d'urgence, la Ville dispose aussi d'une banque d'environ 200 logements pour venir en aide aux victimes de la crise.

Suppléments au loyer

En mai, le gouvernement Charest annonçait des mesures d'urgence d'aide directe, d'un montant de 5,7 millions de dollars, pour atténuer les effets de la crise annuelle du logement.

On prévoit notamment que 1500 locataires pourront recevoir de l'État un chèque pouvant aller jusqu'à 300 $ par mois, pendant un an, pour s'offrir un logement qui serait autrement au-dessus de leurs moyens. Des 1500 subventions disponibles, 820 sont réservées aux locataires de Montréal et une centaine à ceux de Québec.

Déjà, à Montréal, 815 ménages ont demandé le supplément de loyer et 361 ont été jugés admissibles. À Québec, 27 suppléments au loyer ont été accordés et une trentaine de dossiers sont encore à l'étude. Les demandes sont évaluées entre autres en fonction du revenu du ménage. Le coordonnateur de la Croix-Rouge à Québec estime que la centaine de suppléments au loyer prévus devrait répondre à la demande.

François Saillant, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), convient que la crise appréhendée devrait être moins importante que ce qui avait été anticipé. «C'est sûr que les mesures en place sont des mesures qui devraient être suffisantes pour traverser le 1er juillet et faire en sorte que ses effets se fassent moins sentir», a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique.

Mais il s'empresse d'ajouter qu'il est «tout à fait anormal» de voir autant de gens obligés de demander de l'aide pour se loger.

M. Saillant se dit inquiet de la situation ailleurs que dans les grands centres, dans les municipalités où le taux d'inoccupation dépassait la limite fixée par le gouvernement — 1,5 % — pour avoir droit aux mesures d'aide. Il donne l'exemple de Sherbrooke, où le taux d'inoccupation est de 1,6 %, qui se demande comment venir en aide à ses locataires dans le besoin. À Montréal, le taux d'inoccupation n'est que de 0,7 % et il est de 0,3 % à Québec, alors que le point d'équilibre se situe autour de 3 %.
 
 
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