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Marijuana - Les États-Unis maintiennent la ligne dure

Les autorités américaines ne reconnaissent aucune vertu thérapeutique à la marijuana et persistent à croire qu'il faut maintenir la ligne dure à l'égard de la drogue illicite la plus utilisée sur le continent.

Au nom des enfants et d'un idéal de société, le grand responsable de la lutte antidrogue aux États-Unis, John Walters, a réitéré l'engagement de son pays à freiner l'usage de la marijuana, hier, lors de son passage à Québec dans le cadre de l'assemblée annuelle du College on problems of drug dependance.


Le tsar de la lutte anti-drogue s'est bien gardé de condamner le Canada, qui s'est éloigné de l'approche répressive américaine dans deux récentes initiatives. Le Canada a permis, par l'entremise de son ministère de la Santé, à quelques centaines de citoyens de fumer du cannabis pour apaiser leurs souffrances. Sous la houlette de Pierre-Claude Nolin, un comité spécial du Sénat a par ailleurs initié un débat public sur la légalisation de la mari.


Sur l'aspect médical, M. Walters s'est montré on ne peut plus clair: «Nous n'avons pas trouvé d'efficacité à la marijuana.» Quant à la légalisation, ce n'est pas une option valable. «On n'élimine pas l'ampleur du problème en légalisant [la marijuana]», a-t-il dit. Criminalité, détresse humaine et dépendance constituent autant de maux dont la société ne viendrait pas à bout par un changement de cap aussi radical.


«Marie Jeanne» compte 10,7 millions de fidèles aux États-Unis parmi la population de 12 ans et plus, ce qui représente un marché annuel de 10,4 milliards $US. L'accoutumance est bien réelle, affirme John Walters. Environ 65 % des 4,3 millions d'Américains qui dépendent de la drogue sont des utilisateurs courants de marijuana. Quinze pour cent de tous les toxicomanes entrent en cure pour soigner une dépendance à la mari.


Les Américains sont particulièrement alarmés par la hausse de consommation chez les jeunes, un phénomène également observé au Canada. Selon les données de 1999, le quart des étudiants de niveau secondaire fument régulièrement du cannabis aux États-Unis; près de la moitié ont essayé au moins une fois.


Le chef par intérim du Parti marijuana, Marc-Boris Saint-Maurice, reconnaît que certaines personnes puissent développer une dépendance au cannabis. Mais les politiques américaines ont fait la preuve de leur inefficacité, a-t-il rappelé hier en marge de la visite de M. Walters. «On serait peut-être plus réceptif à leur message si leur politique était plus efficace, a-t-il dit. C'est la politique la plus répressive, et les États-Unis présentent le plus haut taux de consommation dans le monde. Ils ne sont pas bien placés pour donner des leçons à personne.»
 
 
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